Titre : mémoire intime 02/
Série : Journal de Ianto Jones – entrée 21
Perso : Ianto et Jack
Résumé : Ianto se souvient de son enfance avec Thomas Prescott et leur bien étrange école.
Rating : PG-13
Spoilers : Nope ! Pas dans celui-ci
Disclaimer : Bien sûr je me contente d'emprunter des personnages appartenant à la BBC.
Beta : Black59
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Après la mort de sa mère Ianto s'était retrouvé seul face au reste du monde. Il y avait bien Rhyanon, sa grande sœur, mais elle ne savait pas et ne comprenait pas toujours cet étrange petit frère, même si du haut de ses douze ans, elle faisait de son mieux.
Son père ? Il le terrifiait, il semblait à Ianto que l'homme était toujours en colère, quand ce n'était pas contre lui, c'était contre le reste du monde…
A l'école ce n'était pas mieux, il faisait le désespoir de ses maîtres, il se retrouvait régulièrement puni et était le souffre douleur de ses camarades et, pour couronner le tout, la dame des services sociaux n'arrêtait pas de le harceler de questions, qu'il ne comprenait pas.
Finalement, ils avaient débarqué un jour sans prévenir, ce qui avait mis son père dans une rage folle :
« Non, mais qu'est-ce que vous croyez ? »
« Où est votre fils, Monsieur Jones ? »
« C'est pas vos affaires ! »
« Monsieur Jones, ou vous coopérez, ou je serais contraint de vous faire emmener… »
« Il est dans sa chambre, où voulez vous qu'il soit ? »
Ianto était terrifié, pourquoi ces gens ne le laissaient-ils pas tranquille, c'était tout ce qu'il voulait lui, qu'on le laisse tranquille dans son coin.
Il s'était pelotonné au fond de la penderie avec sa lampe torche et un livre, le plus gros qu'il avait trouvé…
« Y a personne dans cette chambre, Monsieur Jones ! »
« Regardez dans le placard ! Oh et puis vous, ne me regardez pas comme ça, j'y suis pour rien, moi, si ce môme aime les placards ! »
On l'avait emmené, ils avaient été gentils avec lui, même s'il sentait beaucoup de colère, elle n'était pas dirigée contre lui. Un médecin l'avait examiné sous toutes les coutures, lui avait posé des drôles de questions, et puis, pendant quelque jours, on lui avait demandé de faire des dessins, et puis aussi des jeux, et puis, finalement, on l'avait ramené chez lui. Son père l'avait pris dans ses bras, il était toujours en colère mais il était aussi très content de le retrouver.
Lui, il était content d'avoir retrouvé son placard, sa lampe de poche et son livre… pourquoi les grands ne voulaient-ils pas comprendre qu'il aimait être seul dans son coin.
Cet épisode houleux avec les services sociaux avait eu lieu juste avant les vacances de Pâques, que Ianto et Rhyanon avaient passées chez les grands-parents, partageant la chambre qui avait été celle de leur mère. L'appartement occupait les deux étages au-dessus de la boutique de tailleur du grand-père, et il y avait aussi un grenier avec de vieilles malles pleines de vieux trucs, et un grand fauteuil de cuir tout usé, c'est là que Ianto aimait se réfugier avec son livre, sa lampe torche et bien sûr Cap'tain Jack, l'ours en peluche de sa mère…
C'était le samedi avant la fin des vacances, qu'une des dames des services sociaux était venue voir Monsieur Jones pour parler de l'avenir de Ianto, pour parler de l'école.
« Ianto n'est pas un petit garçon comme les autres Monsieur Jones, il a besoin d'un encadrement plus… spécifique »
« Il a perdu sa maman, et il était là, il à juste besoin d'un peu de temps… » Avait grogné son père.
« Oui, bien sûr, mais Ianto… comment dire, vous avez certainement entendu parler de ces enfants, qui, trop doués, finissent par rater complètement leur scolarité… »
« Est-ce-que vous êtes en train de me dire que mon fils est un petit singe savant ? »
« Il est trop tôt pour faire des pronostics, mais Ianto est capable de déductions logiques complexes pour un enfant de son âge… »
« Je n'ai pas les moyens… »
« Bien sûr Monsieur Jones, tous les frais de scolarité seront pris en charge, et de plus, il bénéficiera d'une bourse… »
« C'est quoi cette école ? Vous n'allez pas m'en faire une fiotte en costume trois pièces ? »
Le dimanche soir, ils avaient chargé sa maigre valise dans le coffre de la voiture et ils avaient pris la direction de l'école, Rhyanon lui tenait la main et tentait de le rassurer :
« Tu sais, tu as de la chance de pouvoir aller dans une école comme ça, maman aurait été fière de toi… »
« Oui, sûr que ta mère aurait été fière… » Avait renchéri son père.
Ianto, lui se demandait s'il trouverait un placard accueillant et tenait serré contre lui sa lampe de poche avec sa pile toute neuve.
L'école ne se trouvait qu'à un peu plus d'une heure de Cardiff, c'était une belle propriété : un de ces vieux manoirs gothiques dont les écuries avaient été aménagées, cela lui avait paru immense à l'époque, et magnifique.
Parce que Ianto avait aimé cette école, il l'avait aimée tout de suite parce qu'elle respirait le calme et la sérénité.
Il avait embrassé son père et sa sœur, puis il avait suivi Thomas Prescott qui serait son tuteur pour ses premiers pas à l'école, et qui l'avait guidé jusqu'à sa chambre.
« Ce n'est pas le grand luxe, mais je suppose qu'il y a pire !» Avait dit le garçon qui devait être à peine plus vieux que lui.
La chambre était claire, il y avait outre le lit, une commode, une armoire, un bureau avec sa chaise, mais aussi, un fauteuil. Ianto l'avait tout de suite aimée.
« T'es pas du genre bavard ! » Avait constaté Thomas.
« Non » Avait répondu Ianto.
« Tu veux visiter ? »
« On peut ? »
« Oui, bien sûr ! Pourquoi ? T'es du genre à faire que ce qui est permis ? »
« Non, c'est juste que ça me plait bien ici.. »
« Oh ! Je vois ! »
Thomas lui avait fait visité les salles de cours, d'informatique, de chimie, la bibliothèque, la salle de récréation, celle d'escrime, le tir à l'arc, la piscine couverte, l'infirmerie, les cuisines, le réfectoire…
Il lui avait présenté, au fur et à mesure qu'ils les avaient croisés, les autres enfants, ceux qui étaient arrivés car, évidement, la plupart arriverait que lundi matin de bonne heure avec le bus.
Ianto n'avait jamais cherché de placard pour se cacher, lorsqu'il avait besoin de s'isoler, il se choisissait un livre à la bibliothèque et montait dans sa chambre. De plus, ici, personne ne s'offusquait qu'il préfère étudier dans le calme qu'elle lui offrait, plutôt que dans la grande salle d'étude comme ses petits camarades.
D'ailleurs pour la première fois de sa vie, Ianto arrivait même à apprécier la compagnie d'autres personnes. Probablement parce qu'on le laissait s'isoler quand il le désirait et aussi parce que l'ambiance studieuse lui convenait.
Un de ses plus grand plaisir était d'argumenter de tout et à tout propos avec Thomas. Ça avait commencé dès les premiers jours et cela avait continué année après année, leur amitiés et leur connivence n'en devenant que plus forte.
Ils argumentaient sur les filles pendant les cours de biologie, sur le système social pendant les séances de tir, du rôle politique des religions pendant les cours de self-défense, des fluctuations des marchés financiers pendant les cours de piratages informatiques…
C'était très stimulant !
Ianto avait passé ses premières vacances au manoir pour Pâques 95, il était revenu à l'école deux week-end plus tôt avec le souvenir cuisant de la ceinture de son père sur le bas du dos, ce n'était pas la première fois mais, jusque ici, il avait pu le cacher.
Mais là, il n'avait pu retenir une grimace pendant le cours de combat rapproché et le professeur Mac Gillis avait soulevé son T-shirt devant tout le monde… Il avait été convoqué chez la directrice, à qui il avait répondu que ça ne la regardait pas, et il avait quitté son bureau en claquant la porte pour aller se réfugier dans sa chambre.
« Salut, je peux entrer ? »
« Pourquoi faire ? » Avait-il répondu.
« Mac Gillis fait ses bagages… ! » l'avait informé Thomas.
« Sérieux ? »
« Oui, la Directrice l'a incendié… et c'est justifié, ce qu'il a fait était humiliant…» Avait-il ajouté.
« Il ne l'a pas fait dans ce but là… » Avait dit Ianto.
« N'empêche ! »
Alors Ianto avait pris sur lui et avait été voir la Directrice, il s'était excusé pour son emportement et avait plaidé la cause du professeur.
« Monsieur Jones, je peux admettre un sursaut d'agressivité de la part d'un enfant mal traité et humilié, je ne peux tolérer l'incompétence à gérer ce genre de situation de la part d'un de mes professeurs »
« Madame… »
« Suffit, parlons de vous, Monsieur Jones, désirez-vous passer les vacances de Pâques, ici ? »
Ianto avait demandé qu'on lui accorde un temps de réflexion, il savait que l'école pourrait faire des ennuis à son père, et que dans ce cas, sa sœur risquait de se retrouver à l'assistance…
« Si tu venais au manoir, je dirais à mon oncle qu'on a un travail à faire ensemble… »
C'est comme ça que Ianto avait passé ses premières vacances au manoir.
A suivre…
