Titre : mémoire intime 03/
Série : Journal de Ianto Jones – entrée 22
Perso : Ianto et Jack
Résumé : Ianto se souvient de son enfance avec Thomas Prescott et leur bien étrange école.
Rating : PG-13
Spoilers : Nope ! Pas dans celui-ci
Disclaimer : Bien sûr je me contente d'emprunter des personnages appartenant à la BBC.
Beta : Black59
Note de l'auteur : Comme toujours, dans mes fics, tout se tient, ce qui se passe ici, trouvera une partie de son dénouement dans Une Rose pour Monsieur Jones. De même certain indices et certaines réponses à d'autres mystères émaillent Les Années Tish, hantées parle souvenir omniprésent de Ianto.
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Le manoir avait été pour Ianto un autre coin de paradis. Au début, il avait ressenti une certaine réticence de la part du vieux Lord. Ianto n'appartenait pas à leur monde, il serait toléré que s'il se pliait aux règles… mais, Ianto avait vite séduit tous le monde, y compris Lord Henry : Il était posé, poli, attentif à leur moindre réaction et discret.
Thomas et Amy avaient perdu leur mère très tôt, la mort de leur père les avaient laissés orphelins et sous la tutelle de leur oncle maternel : Lord Henry Lothian
Lord Henry s'était marié sur le tard avec une jeunette : Margaret, de vingt ans sa cadette, mais qui ne lui avait donné qu'un seul fils.
Le manoir était grand et accueillait pour les vacances neveux et nièces du vieux couple dans un joyeux brouhaha, il y avait Gaby et Matthew, leur sœur Esther, les jumeaux Carol et Peter et puis Steven, Loïs, Claryss, et Helen, et cela faisait beaucoup de monde ! Plus les domestiques dont les enfants partageaient leurs jeux.
Bien, souvent deux clans se formaient les filles d'un côté, les garçons de l'autre, et Ianto dans la bibliothèque au calme et au milieu des livres.
Quelque fois, Lord Henry le surprenait là et s'asseyait un moment avec lui, et ils se mettaient à parler lectures ou voyages, Ianto aimait bien le vieux Lord, il était droit comme un i, posé et généreux…
Ianto ne passait pas toutes ses vacances dans la bibliothèque loin de là : il y avait des chevaux ! Et il ne se passait pas une journée sans qu'ils ne fassent une grande promenade autour de la propriété.
En 97, ils avaient même passé dix jours dans la résidence d'été de Corfou, c'était une grande villa blanche, dessinant un U encadrant une piscine qui s'ouvrait sur la mer ! Ianto avait adoré, d'autant que pour ces vacances là, il n'y avait que Thomas, Amy et lui.
Mais, Margaret regardait d'un œil mauvais Alexi le gardien de la villa, trop beau, trop jeune, et beaucoup trop cultivé, le jeune homme faisait une thèse sur des textes anciens, et il avait eu le malheur de demander des nouvelles de Jack.
Ce Jack était un sujet récurrent de dispute au manoir entre Henry et Margaret, ou plus exactement, de bouderies et de silences…
C'était trop subtil pour que les autres se rendent compte de quoi que ce soit ! Mais, pour Ianto, il y avait au sein de ce couple, un malaise qui avait pour nom : Jack, ou le capitaine, ou Torchwood…
Ianto en était venu à la conclusion que le Capitaine Jack avait fricoté avec Henry à Corfou…
Le séjour avait été écourté et la villa vendue !
Ianto continuait de passer ses week-ends à Cardiff, mais le plus souvent chez ses grands-parents où Rhyanon le rejoignait. Là aussi, l'omniprésence du capitaine suscitait des silences, mais ils étaient d'une qualité différente, ils étaient teintés de peur et en même temps de gratitude.
La toute première fois que Ianto avait vu Jack en chair et en os, c'était en bas, dans la boutique. Ianto était en train de descendre lorsque les trois hommes avaient fait irruption, ils dégageaient une telle charge de stress que Ianto en était resté cloué sur place.
Son grand-père avait accueilli le capitaine avec respect, mais avait lancé aux deux hommes qui l'accompagnaient un regard mauvais, chargé de mépris. Il avait remis au capitaine ce qu'il était venu chercher, le paquet était prêt, cela n'avait pas durée trois minutes, échange de politesse compris !
« Foutu Torchwood ! » avait sifflé, son grand-père entre ses dents.
Les Week-ends à Cardiff, Ianto n'aurait en aucun cas voulu les perdre. Ils étaient somme toutes, son seul contact avec le monde réel, parce qu'il en était bien conscient : l'école et le manoir étaient des mondes à part, auxquels il n'appartenait pas.
Avec Rhyanon, il compulsait les magazines que les jeunes de son âge étaient supposés lire, ils allaient au cinéma, et au centre commercial. Evidement pour Ianto c'était à chaque fois une épreuve, les transports en commun surtout : trop de monde et trop de stress, le centre commercial c'était différent, c'était un feu d'artifice d'émotions fugaces et contradictoires, il en sortait généralement groggy !
Mais il se disait que s'il voulait pouvoir vivre dans le monde réel, il fallait qu'il se prépare à l'affronter, et c'est à cela que servaient ces week-ends.
L'été 98, Ianto avait décidé de passer moins de temps dans la bibliothèque et un peu plus avec les filles. Elles l'aimaient bien, il était différent, il les écoutait, ne se moquait pas, se faisait leur complice et excitait leur curiosité…Et elles, la sienne, alors ensemble ils avaient entrepris des recherches Ianto avait bien évidement repéré les bouquins interdits dissimulés derrière une intégrale d'Agatha Christie et il en lisait les passages les plus intéressants à haute voix, ce qui finissait généralement dans une hilarité confuse… Après quoi on commentait joyeusement, ils n'étaient véritablement passés aux travaux pratiques que l'été suivant.
À la rentrée 99, sa réputation était faite : Ianto avait viré sa cuti ! Et franchement, il s'en foutait comme de l'an quarante, parce que lorsqu'il écoutait ses copains parler de leurs exploits de l'été, il était clair qu'ils n'en avaient pas vu la moitié de ce que lui avait fait avec Amy, Esther et Carol…
Le retour à l'école avait été bizarre, il y avait tout à coup, tout un tas de choses qui le dérangeaient, rien de précis, c'était plus un sentiment général.
« La terre appelle Ianto ! »
« Hum ? »
« Ta pupille ? »
« Oui, quoi ? »
« Eh, bien, Parles… ! »
« Que veux tu que je te dise, elle à huit ans, elle est futée et elle n'est pas commode… »
« Huit ans ? Ok, je comprends mieux… » Avait conclu Thomas.
« Tu as vu Nathaniel ? » Avait demandé Ianto.
« Oui, pourquoi ? »
« Je ne sais pas, je me fais probablement des idées… » Avait murmuré Ianto, il n'aurait pas du mentionner leur aîné. Nathaniel était un des plus anciens.
Ils n'étaient pas véritablement répartis en classes de niveau par année, mais à l'intérieur de chaque matière.
Nathaniel avait atteint le niveau sept dans presque toutes les matières, c'était un garçon qui se mettait beaucoup de pression, et il semblait à Ianto qu'il était prêt à exploser.
Ianto lui continuait à observer les préceptes de Sylphide :
« Ne te fais pas remarquer, Ianto, ne cède pas à la tentation du succès, garde-toi d'attirer les regards »
Ianto se contentait de faire juste ce qu'il fallait pour être dans les bons, et laisser l'excellence aux autres. Quand à Thomas, il était trop imbu de son aristocratie pour en faire plus que le strict minimum, ce qui cachait son intelligence hors du commun.
« Je ne crois pas que tu sois son genre, non… » Avait conclu Thomas.
« Jaloux ? » Avait ironisé Ianto, qui savait que c'était là, la façon qu'avait son ami de lui faire payer le fait qu'il les ait surpris lui et Carol dans la grange.
Une chance d'ailleurs que Thomas n'ait pas insisté et qu'il ait immédiatement rebroussé chemin, parce que s'il avait vu que sa sœur était là aussi…
Ianto avait gardé un œil sur Nathaniel, il sentait la peur, une peur confuse, un sentiment que Ianto connaissait que trop bien et qu'il sentait l'envahir à nouveau sans qu'il soit capable de dire pourquoi.
Il y avait la façon qu'avait la Directrice de le surveiller du coin de l'œil.
Il y avait ces livres qu'il trouvait chaque lundi sur son bureau.
Ce n'était pas quelque chose de nouveau, il y avait toujours eu une nouvelle pile de livre, le lundi sur son bureau, comme pour chaque élève, ce n'était là que des conseils de lectures rien de plus, sauf que depuis la rentrée le choix de ces livres le perturbait.
Et toujours le regard de Miss Brown qui semblait fouiller au plus profond de lui pendant les exercices de physique, pour Ianto Miss Brown était un mystère : elle était la seule personne dont il ne ressentait rien… on lui aurait dit : c'est un robot ! Il y aurait cru sans problème.
Ianto en était arrivé à se dire qu'il fallait qu'il parle avec Nathaniel, mais c'était à croire que le garçon le fuyait ! Réflexion faite, il le fuyait bien, quelqu'un lui avait dit que Ianto s'intéressait à lui !!! Stupide, d'autant plus stupide que huit jours avant les vacances de Noël, Nathaniel avait fait le saut de l'ange depuis le 5e étage de la tour nord, et cela devant tous les élèves.
On les avait immédiatement fait rentrer dans le réfectoire, les plus grands avaient réconforté les plus petits. On leur avait interdit de ressortir, on leur avait servi une collation et les cours avaient repris dans un silence de mort…
Le corps de Nathaniel avait été rendu à sa famille et la vie continuait, Ianto trouvait cela un peu court. Et son malaise grandissait…
« Allez, viens on se barre ! » Avait dit Thomas.
Ianto n'était pas chaud pour faire le mur deux jours avant la trêve de Noël, mais Thomas avait décidé que se saouler la gueule ferait du bien à Ianto.
Ils étaient sortis par la petite fenêtre du local de service du second, et avait escaladé le mur, de là, ils avaient marché jusqu'au village, où ils n'avaient eu aucun mal à se procurer de la bière.
Ce n'est qu'à minuit passé, poussé par le froid qu'ils avaient repris le chemin de l'école : sauf, que d'école, il n'y en avait plus !!!
Disparue !
Simplement disparue ! Les larges grilles, l'enceinte, le bâtiment avec ses écuries et ses tours, disparus !
Restait un champ d'herbes folles sans aucune trace qu'il n'y ait jamais eu autre chose !!!
Les deux garçons avaient passé le reste de la nuit blottis l'un contre l'autre au pied d'un grand chêne, encore plus sonnés par cette disparition que par la mort de leur camarade.
Le jour se levant, il avait bien fallu constater, que ce n'était pas eux qui s'étaient égarés que c'était bien l'école. Ils étaient retournés au village, où on leur avait ri au nez :
« Quelle école ? Y a jamais eu d'autre école que celle du village, par ici ! »
« Viens, n'insiste pas, viens ! » Avait dit Ianto, qui commençait vraiment à sentir venir la panique : le type qui les avait servis la veille ne se souvenait plus d'eux.
« Viens, ne restons pas là, rentrons »
« Rentrons ? Est-ce que tu te rends compte, Ianto, que l'on est à deux jours de marche de chez nous ? »
« Génial, comme ça, on arrivera juste comme si de rien n'était ! »
« Oui, et après ? »
« Après, chacun de notre côté, on fait en sorte de démarrer le nouveau millénaire dans une autre école, crois-moi, ce sera plus sain ! »
A suivre…
