Merci beaucoup pour toutes ces reviews!
Je n'ai pas encore eu le temps de répondre à vos messages cette fois-ci, mais je me suis dit qu'un chapitre serait une meilleure surprise pour vous qu'une simple réponse à vos reviews... Donc voilà, voilà enfin LE chapitre de la première confrontation entre Jasper et Bella... Avouez que je ne vous ai pas fait trop attendre!
J'espère qu'il va vous plaire en tout cas!
Je ne sais pas encore quand je publierai le chapitre 5, il est traduit mais pas encore corrigé donc... A voir XD Tout dépend de vous, comme toujours!
N'oubliez pas de donner vos avis!
Bonne lecture!
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Chapitre 4: Mannequin
Nous avons marché jusqu'au salon, et je vis que j'avais été dans le vrai en ce qui concernait les fenêtres de derrière: elles étaient recouvertes d'un rideau opaque, tout comme celles de devant. Personne n'aurait pu, à la mine extérieure de la maison, deviner que quelqu'un y vivait actuellement.
La pièce était éclairée par la lumière tamisée d'une unique lampe, qui illuminait néanmoins suffisamment la pièce pour quelqu'un avec la vision parfaite de Jasper.
« Prends tes aises, assieds-toi. »
Jasper m'indiqua un fauteuil d'un mouvement de main et je m'y assis, suivant son conseil. Lui-même prit place dans un siège de l'autre côté de la pièce.
« Bella, je veux que tu saches à quel point je suis désolé pour ce qui s'est passé le jour de ton anniversaire. Avec le temps que nous avons passé à proximité ces derniers mois, je me suis autorisé trop de choses et je suis devenu trop confiant. J'étais certain de pouvoir contrôler ma soif, alors j'ai laissé ma garde se baisser progressivement. J'aurais dû chasser avant cette nuit, mais j'ai manqué de temps. Je pensais pouvoir me contrôler... J'avais tellement tort! »
« Jasper... »
Il leva la main pour demander mon silence.
« Laisse-moi finir s'il-te-plaît. Il faut que je te dise ça. S'il n'y avait eu que la coupure à cause du papier, j'aurais pu réussir à contenir mon envie, mais quand tu es tombée alors qu'Edward tentait de te protéger et que le sang à commencé à couler de ton bras, j'ai complètement perdu le contrôle. J'aurais pu te tuer, Bella. Je t'aurais tuée si Emmett et Edward n'avaient pas été là pour m'arrêter. Je ne les remercierai jamais assez pour ça. »
Je voyais bien qu'il n'avait pas fini, et je continuais donc à le fixer sans rien dire. Cela semblait très douloureux pour lui.
« Je sais que tu ne pourras jamais me pardonner, Bella. Ce que j'ai fait a changé le cours de nos vies à jamais. Mais je ne fais pas ça pour avoir ton pardon. Il fallait que je te dise tout ça pour m'assurer que cela ne se reproduirait plus jamais. A partir d'aujourd'hui, je chasserai quotidiennement s'il le faut, pour m'assurer que ma soif ne mettra plus jamais personne en danger: ni toi, ni quelqu'un d'autre. »
Je continuais à le fixer, et il tourna son regard au loin. Je savais à quel point ça devait être dur pour lui. Jasper se détestait pour cette faiblesse qu'il avait. L'admettre à voix haute, qui plus est à une humaine, devait être au-delà même de l'humiliation.
« Jasper, je t'ai pardonné pour ce qui s'est passé cette nuit-là. Alice ne te l'a pas dit? »
Bien sûr, même si elle le lui avait bel et bien dit, il était probablement persuadé qu'elle lui mentait pour lui permettre de se sentir mieux.
J'aurais dû insister pour lui parler moi-même. J'aurais alors pu lui éviter une bonne quantité de souffrance inutile.
« Arrête de croire que tu es responsable. C'est dans ta nature de vouloir tuer des humains. Tu as réussi à te contrôler pendant des années. C'est moi qui aurais dû être plus attentive. Je n'aurais jamais dû te mettre dans cette situation, surtout dans ta propre maison! Tout ça est de ma faute. J'ai été idiote de croire seulement un instant que j'aurais pu être avec quelqu'un comme Edward. Je vous mettais tous en danger, chaque jour, en brisant votre engagement de ne jamais prendre une vie humaine. J'avais espéré qu'Edward céderait et me transformerait, mais je comprends maintenant qu'il n'a jamais eu l'intention de rester avec moi pour l'éternité. »
Jasper sursauta et reporta son regard sur moi. Il me parla calmement:
« Bella, Edward t'aime. »
« Il m'a peut-être aimé pendant un moment. Je sais qu'il a risqué beaucoup de choses pour moi, donc je suppose qu'il m'a aimée durant une certaine période, mais il ne m'aimait pas assez pour passer le reste de l'éternité avec moi. Il ne voulait pas vraiment de moi, en fait. »
Jasper me regardait, confus, comme si je parlais une autre langue.
« Mais de quoi parles-tu, Bella? »
Il semblait réellement intrigué, donc je me mis à lui expliquer. Je lui racontais tout ce qui s'était passé deux jours auparavant, quand Edward m'avait annoncé leur plan. C'était si clair dans ma tête que je réussis à lui faire un compte-rendu presque mot pour mot de notre dernière rencontre.
C'était douloureux, mais également libérateur en quelque sorte. Durant les deux derniers jours, j'avais vécu dans mon mensonge construit avec toute la précaution du monde, alors pouvoir partager la vérité avec quelqu'un, pour une fois, se révélait être un certain soulagement.
Tandis que je parlais, le visage de Jasper devint de plus en plus neutre, impassible et impénétrable. Quand j'eus fini, il ne dit rien et regarda au loin. Mon sentiment de soulagement à enfin pouvoir parler se dissipa rapidement alors que le silence s'installait de manière inconfortable entre nous deux.
Il ne bougeait pas, toujours assis, son visage dépourvu de toute expression. Ses yeux étaient ouverts, mais il était évident que son esprit était au contraire très loin.
Les secondes se changèrent en minutes. Un quart d'heure se déroula ainsi, sans un mot, sans même un autre bruit dans la pièce que ma respiration. Je commençais à avoir l'impression que je partageais la pièce avec une sorte de poupée-mannequin. Je ne tenais pas en place dans mon siège, je me sentais mal à l'aise, embarrassée et idiote. Une autre minute se déroula ainsi et j'atteignis la limite que ma patience pouvait supporter. Je me levai brusquement, dans un besoin urgent de quitter cette pièce.
« Ne pars pas, Bella. »
Sa voix me fit sursauter.
« Je suis désolé si je te mets mal à l'aise. Tu n'as aucune raison de te sentir gênée. Encore une fois, c'est juste mon comportement qui est inadapté. »
Il me parlait, et pourtant il n'avait toujours fait aucun geste, et il ne me regardait pas. Un mannequin devenu robot.
Il se tourna enfin vers moi, ses yeux droits dans les miens. Je ne pouvais plus détourner mon regard. Je ne pouvais même pas cligner des yeux. Le siens, couleur topaze, si semblables à ceux d'Edward, me tenaient en quelque sorte captive.
« J'essayais de comprendre tout ce que tu viens de me dire, de comparer les choses qu'Edward t'a dites avec celles qu'il nous a dites... J'essayais de comprendre ce qui a bien pu le mener à de telles extrémités. »
« Pou... Pourquoi? »
Ma voix n'était rien de plus qu'une sorte de grognement quelque peu grinçant sortant de ma gorge totalement asséchée. J'avalai difficilement, et essayai à nouveau:
« Pourquoi dois-tu... comparer? En quoi ce qu'il vous a dit était-il différent de ce qu'il m'a dit? »
Jasper soupira.
« Je ne peux pas te confier ce qu'Edward nous a dit. Je pense que c'est suffisant de te dire qu'à ce moment-là, nous avons vraiment senti que quitter Forks sans un mot semblait la meilleure chose pour toi. Mais aux vues de tout ce que tu viens de me dire... ça a peut-être été une erreur. »
Son explication ne rendait en rien les choses plus claires, pourtant l'aveu que peut-être partir sans avoir dit au revoir avait été une erreur me réconfortait d'une manière étrange.
« Edward est compliqué, le plus compliqué de nous tous, Carlisle excepté, peut-être. Je ne vais pas prétendre que je comprends pourquoi il a fait ce qu'il a fait, ou pourquoi il t'a dit ces choses. Il n'a jamais beaucoup partagé ses émotions depuis toutes ces années que je le connais, en tout cas jusqu'à ce qu'il te rencontre. Quand il t'a rencontrée, c'est comme si le barrage de ses émotions avait été ouvert, déversant une immense quantité d'euphorie et de bonheur dans sa vie. A de nombreux égards, il était comme un adolescent atteignant la puberté. Il y a tellement de choses avec lesquelles il n'est pas familier. La confusion est encore pire pour Edward parce qu'il a toujours fait tant attention à se contrôler. Il n'arrive plus à penser de manière cohérente depuis quelques temps, et toutes ces nouvelles sensations ont pu le conduire à dire ou à faire des choses qu'il ne se serait jamais permises en temps normal. Mais Bella, je sais avec certitude qu'il t'aime profondément, plus qu'il n'a jamais aimé personne auparavant. »
Je réprimai à nouveau un sanglot. Je savais que Jasper pensait bien faire, et il croyait probablement en tout ce qu'il m'avait dit, mais s'il croyait vraiment que quelqu'un m'aimant réellement m'aurait fait ça, alors sa définition de l'amour était dramatiquement différente de la mienne, cela ne faisait aucun doute. Edward ne m'aimait pas.
Peut-être avait-il été fasciné par moi. Peut-être avait-il été intrigué par son incapacité à lire mes pensées. Peut-être avait-il même apprécié ces nouveaux sentiments que je lui inspirais. Mais finalement, je causais trop d'ennuis. Il en avait certainement eu assez d'agir comme un humain. Je n'étais apparemment plus assez pour lui.
Ce torrent d'émotions me rendait hystérique. Je sentais finalement une vague de calme s'immiscer en moi. Jasper!
« S'il-te-plaît, pas ça. Je ne veux pas être manipulée. »
Je sentis ce sentiment de calme se dissiper, mais l'hystérie ne revint pas. Je suppose qu'il me restait finalement un certain contrôle de moi-même.
Il s'avança dans son fauteuil et s'assit sur le bord. Il se pencha, appuyant ses coudes sur ses jambes, joignant ses mains, les doigts entrelacés. L'expression de son visage était très sérieuse et sincère à la fois.
« Je vois que tu n'es pas convaincue, Bella, alors laisse-moi juste te dire autre chose. Même si Edward n'est pas émotionnellement capable de s'engager dans une relation sérieuse, même s'il pense vraiment que vous devriez être séparés, cela n'a rien à voir avec toi. Comme je te l'ai dit à Phoenix, tu vaux le coup que l'on fasse un effort! Ta vie est d'une grande valeur pour nous. Tu es une jeune femme intelligente, belle, compatissante et chaleureuse. Beaucoup de monde gravite naturellement autour de toi, n'as-tu pas remarqué? Tu mérites de connaître le bonheur et l'amour, et si Edward ne veut pas ou n'est pas capable de te procurer tout ça, eh bien il a bien fait de partir, et tu ne seras que mieux sans lui. »
Des larmes se formèrent dans mes yeux et coulèrent sur mes joues. Ce qu'il venait de dire était très beau et aurait du me faire me sentir mieux, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que je n'avais pas été assez pour lui. Quoi que tout le monde me dise, je n'étais pas assez pour faire qu'Edward reste.
Jasper se leva. Je pouvais voir le dilemme qui s'imposait à lui: il aurait voulu me réconforter mais il fallait qu'il garde ses distances. Je lui rendais les choses encore plus difficiles. J'essuyai mes larmes avec le dos de ma main.
« Merci, Jasper. »
J'étais sincère. Je voulus partir afin de lui faciliter les choses.
« Je ferais bien d'y aller. »
Je me suis alors retournée, et je me suis dirigée vers la porte.
« Reviendras-tu? »
Je m'arrêtai et me retournai, lui faisant face.
« Veux-tu que je revienne? »
Ma surprise était plus qu'évidente. Cette rencontre n'avait certainement pas été plus agréable pour lui qu'elle ne l'avait été pour moi. Peut-être plus douloureuse encore, étant donné le malaise physique qu'il ressentait en ma présence. Et ce n'est pas comme si Jasper avait jamais voulu passer du temps en ma compagnie.
« Personne ne sait que je suis ici sauf toi. La solitude ne me dérange pas, et c'est pourquoi je suis resté ici, mais ce serait sympathique d'avoir quelqu'un à qui parler de temps en temps. Une fois par semaine, peut-être? Si ce n'est pas trop pour toi bien sûr. »
Je pensais à sa proposition. Je comprenais bien sûr qu'il veuille parler à quelqu'un de temps en temps, mais n'aurait-il pas pu appeler Alice, ou Emmett, ou un autre membre de sa famille? Mais peut-être n'était-ce pas une option? Peut-être m'avait-il menti comme j'avais moi-même menti à tous mes amis? Peut-être que sa solitude n'était pas volontaire. Etait-ce possible que les membres sa famille aient étés à ce point furieux qu'ils n'aient pas voulu que Jasper parte avec eux? J'avais beaucoup de mal à les imaginer capables de ce genre de chose, mais en même temps je ne les aurais jamais cru capables de partir sans un simple au revoir, donc... Qu'est-ce que je connaissais vraiment des Cullen, finalement?
Je me sentais très mal. Une simple coupure par ce stupide morceau de papier causant toute cette douleur et ces séparations... Si seulement j'avais fait plus attention en ouvrant de foutu cadeau... Il fallait que j'arrête de penser de cette manière.
Jasper me fixait, attendant toujours ma réponse.
Pouvais-je revenir ici, et lui parler une fois par semaine? Que dirais-je alors à Charlie? Il faudrait que ce soit après les cours, avant que Charlie ne revienne à la maison, un jour alors que je ne travaillerais pas. Etant donné toutes ces restrictions, il était certain que je ne pourrais de toute façon pas venir plus d'une fois par semaine, même si je le voulais. Venir ici une fois par semaine pour quelques heures, eh bien, ça ne faisait pas partie des choses que je voulais le plus faire, mais cela ne me tuerait pas non plus. En tout cas je l'espérais bien. Cette pensée pénétra furtivement dans mon esprit... Encore autre chose me rappelant ma dernière rencontre avec Jasper. Non, non. Cela ne me tuerait pas. Il a dit qu'il pouvait se contrôler, il a dit qu'il ne me blesserait pas. Il prend beaucoup de précautions maintenant. Il chassera avant que je vienne et nous resterons éloignés l'un de l'autre, cela va aller. Juste parler. Comme rendre visite à quelqu'un séjournant à l'hôpital. Je ne pouvais m'empêcher de sourire à cette dernière pensée. Etant donnée la différence entre nos véritables âges respectifs, cela serait comme rendre visite à quelqu'un en maison de retraite. Je suppose que je pouvais prendre ça comme un projet communautaire, en quelque sorte... Du bénévolat auprès des personnes âgées. Cela me semblait bien moins dangereux, tout d'un coup... Je pris alors ma décision.
« Ok, Jasper. Je viendrai jeudi prochain. »
« Merci. Ta gentillesse est vraiment appréciée. »
Ok. Il parlait même comme mon grand-père. Rien de dépaysant.
« Ok... Il faut vraiment que j'y aille maintenant. »
Je me dirigeai vers la porte, mais je m'arrêtai brusquement après seulement quelques pas. Charlie serait certainement déjà rentré, croyant que j'avais passé la soirée à Port Angeles, et je n'avais pourtant pas quitté Forks de la soirée. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui dire bon sang? Je ne voulais pas lui mentir, mais je ne pouvais pourtant pas lui dire la vérité. Arg! Comment pouvais-je être si douée pour tout foutre en l'air à chaque fois?
« Qu'est-ce qui ne va pas, Bella? »
Je soupirai, et lui racontai alors tout à propos de ce mot que j'avais laissé à Charlie, ainsi que le fait que je ne voulais pas lui mentir plus que je ne l'avais déjà fait. D'ailleurs, je mentais très mal, et encore plus lors d'un face à face que par écrit.
« Attends-moi, je reviens. »
Le léger courant d'air derrière moi me fit savoir qu'il avait quitté la pièce à une vitesse qui se rapprochait de celle qu'utilisait Superman.
Il revint très vite, debout devant moi, avant même que j'ai eu le temps de me retourner. Dans ses mains, il tenait un sac de shopping de la galerie commerciale de Port Angeles.
« Alice les a achetés, mais ne les a jamais portés. Les étiquettes n'ont même pas été coupées. Ils devraient étayer ton histoire pour Charlie. »
Je pris le sac et y jetai un coup d'œil. Les deux hauts n'étaient pas de la taille d'Alice, et ils étaient d'une teinte de bleu qu'Edward aimait me voir porter. J'avalai brusquement difficilement, et j'eus la mauvaise impression que si les étiquettes étaient encore sur les vêtements, c'est parce que ces vêtements n'avaient jamais été à Alice de toute façon.
« Merci, Jasper. Je te verrai jeudi après les cours. »
Il m'ouvrit la porte et se colla contre le mur alors que je passais devant lui. Il me chuchota:
« A jeudi, alors. »
Je retournai alors à ma Chevrolet, jetai le sac de courses à la place du passager et démarrai le moteur. Jasper était toujours à la porte d'entrée, doucement éclairé par la lumière tamisée du salon. Je savais qu'il ne me voulait aucun mal, mais à le voir là, dans l'encadrement de la porte, aussi grand et svelte... Quelque chose en lui émanait du prédateur. J'eus un frisson involontaire. J'accélérai brusquement et me dirigeai vers chez moi.
A suivre...
