Note de l'auteur: Tous les personnages sont la propriété de Stephenie Meyer.
Note de la traductrice: Désolée une fois encore du délai, mais les chapitres sont de plus en plus longs et difficiles à traduire... Mais comme je suis à présent en vacances, et bien les choses devraient s'arranger! Enfin bref... Bonne lecture!
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Chapitre 14: Lynx
Quand je me suis réveillée lundi matin, l'oreillette était toujours dans mon oreille.
Comme d'instinct, je chuchottai, encore à moitié endormie:
« Jasper... »
« Bonjour, Bella. »
Il était encore là! Il continua:
« Tu as bien dormi? »
Je lui répondis en m'étirant:
« Hmmm. La chanson était magnifique, Jasper. Je ne savais pas que tu chantais aussi bien. Merci! »
« Je n'ai pas écrit la chanson, je l'ai juste emprunté à Concrete Blonde... Mais je suis ravi qu'elle t'aie plue. »
« C'était très apaisant. J'espère que tu me la chanteras à nouveau. »
Il rigola doucement.
« Si tu veux, ma puce, si tu veux. »
Je lui demandai alors, curieuse:
« Alors, qu'est-ce que tu as fait pendant que je dormais? »
« Pas grand chose. Je t'ai surtout écouté pendant que je conduisais. »
Il conduisait. Donc il était déjà parti. Une pointe de tristesse perça mon coeur.
« Où vas-tu? »
« Dans le nord du Canada. J'aimerais dénicher un Lynx ou deux. »
Le nord du Canada. Ça paraissait si lointain.
Je demandai alors, emplie de doute:
« Est-ce que tu y retrouves quelqu'un? »
Je me demandai si un Cullen allait l'y rejoindre pour la chasse. Ok, pour être honnête, je me demandai vraiment si Alice allait le rejoindre pour chasser. Cette pensée soudaine, et l'anxiété l'accompagnant, me surprit. Il fallait admettre que j'étais terrifiée. Si seulement il croisait Alice, peut-être alors ne reviendrait-il pas. J'attendais sa réponse, nerveuse.
« Non. »
Une si courte réponse m'invitait à ne pas insister. Je me sentis soulagée, puis coupable de ce soulagement. Est-ce que mes sentiments pour Jasper commençaient à dépasser la ligne? Nous n'avions rien fait d'inapproprié, rien dit d'inapproprié, rien pensé... Ok, mieux valait laisser mes pensées en dehors de ça. Toujours est-il que nous étions seulement des amis.
« Ok, bon, je ferais mieux d'aller au lycée. Bonne chance pour aujourd'hui. Je t'appellerai ce soir. »
« Bella? »
« Oui? »
« Tu te souviens ce que je t'ai dit quand je t'ai offert ce téléphone? Tu peux m'appeler quand tu veux. Si tu as besoin de moi ou si tu veux même juste parler, appelle-moi. »
« Et si tu es sur le point de débusquer un Lynx quand le téléphone sonne? »
Il soupira.
« Bella... Tu es plus importante qu'une proie. Et puis j'ai sélectionné le vibreur sur nos deux portables, comme ça nous pouvons les sentir sans que personne ne s'en rende compte. Donc si tu as besoin de moi, appelle-moi n'importe quand. »
Je lui concédai:
« Ok. Si j'ai besoin de quoi que ce soit, je t'appelle, mais je pense qu'il y a plus de chances que tu aies des nouvelles de moi ce soir. »
« Ok. Passe une bonne journée Bella. »
« Toi aussi. »
Charlie était déjà parti, donc je me suis rapidement préparée pour le lycée, et ai attrapé un petit-déjeuner au vol. J'aurais vraiment voulu éviter de devoir vivre cette semaine. Je faisais face à trois jours de totale solitude au lycée et au magasin. Pire, après le désastre du cinéma, il me faudrait être encore plus vigilante avec Mike afin qu'il n'ait aucune chance de se retrouver seul avec moi, et il faudrait aussi que j'évite à tout prix de me perdre dans mes pensées, pour ne pas accepter n'importe quelle proposition stupide et dangereuse.
Alors que j'ouvris la porte d'entrée pour me diriger vers ma Chevrolet, je découvris un paquet déposé par terre. C'était un simple sac en papier. Avec curiosité, je me penchai pour le prendre et l'ouvris. Il contenait un lecteur de DVD portable, le premier DVD de Firefly, des chips et des canettes de soda. Je souris et dépliai rapidement le mot qui accompagnait le tout:
« Juste au cas où tu voudrais les visionner à nouveau pour voir les instants que tu as loupés pendant que tu me regardais. »
Le mot n'était pas signé. Je laissai mes doigts courir par-dessus l'écriture nette avant de replier la note et de la glisser dans mon porte-feuille. Je retournai alors cacher le sac dans ma chambre, puis redescendis vers ma Chevrolet pour aller au lycée.
Une fois encore, je remis toute ma confiance entre les mains d'Angela et de Ben et ils me servirent de boucliers vivants contre les tentatives de Mike pour se rapprocher de moi. Le midi, je réussis à esquiver le groupe, prétextant mon devoir d'espagnol à terminer. Je fis de mon mieux pour ne pas révasser toute la journée, n'échouant qu'une fois ou deux. Heureusement, ces quelques incartades ne parurent pas m'amener de nouveaux incidents.
Après les cours, je travaillais au magasin. J'eus de la chance, puisque Mike n'était pas de service ce soir-là, donc je n'eus aucun souci à me faire de ce côté là. J'entendis d'ailleurs qu'il avait prévu de regarder le match de football du lundi soir avec Tyler et Eric, donc je savais qu'il ne viendrait pas faire un tour dans le coin.
Quand j'eus fini mon travail au magasin, je rentrai et dînai à la maison. Charlie regardait ledit match de football à la télévision lui aussi. Je montai alors et terminai tout d'abord mes devoirs, puis m'installai sur mon lit et allumai le lecteur de DVD. Le simple fait de regarder un épisode de la série me faisait me sentir plus proche de Jasper, et en plus c'était une bonne distraction, ce qui m'aida à faire passer le temps plus vite jusqu'à l'heure de l'appeler à nouveau.
Je savais que Charlie resterait éveillé tard à cause du match, donc je n'attendis pas qu'il monte avant de me préparer pour dormir et d'éteindre la lumière. Il faudrait que je sois doublement attentive, écoutant le moindre bruit qui viendrait vers la chambre pour être certaine qu'il n'entende pas ma conversation, mais je ne pouvais pas laisser ce petit obstacle m'empêcher d'appeler Jasper. Je m'enroulai dans ma couette et appuya sur le '1' de mon téléphone.
« Bella. »
Sa voix était douce comme une plume, une caresse. Je fermai mes yeux et sentis une chaleur se répandre dans tout mon corps. Il avait eu raison la nuit dernière. Le simple fait d'entendre sa voix nous rapprochait considérablement.
« Jasper. »
Ma voix était tout aussi douce, bien qu'elle ne fut pas aussi mélodique que la sienne. Dans ma tête, je visualisai son visage si parfait et si beau.
Il me demanda:
« As-tu aimé ma surprise? »
Je lui chuchottai en guise de réponse:
« Beaucoup. J'en ai regardé une partie ce soir. Ça m'a fait pensé à toi. »
Il rigola doucement:
« C'est ce que j'espérais quand je l'ai déposé. Alors, tu as fait quoi d'autre aujourd'hui? »
Il voulait que je lui raconte tout de ma journée, sans oublier le moindre fait, donc je me mis à tout lui dire dans les moindres détails, y compris ce moment quand les deux randonneurs sont venus dans le magasin, racontant à qui voulait l'entendre qu'ils avaient vu un animal immense, certainement un ours, alors qu'ils étaient à la réserve, mais que l'animal ne s'était ni intéressé à eux, ni à leur réserve de nourriture qui n'était pourtant pas protégée. Je racontai alors à Jasper comment Mr. Newton avait avec talent retourné cette histoire contre eux, tentant de leur vendre des instruments pour protéger leur réserve de nourriture d'intrus indésirables tels que des ours.
Alors que je parlais, j'entendis Charlie monter les marches, se préparer pour aller dormir et disparaître dans sa chambre. Je laissai échapper un soupir de soulagement, sachant que je pourrais à présent parler sans crainte et me concentrer pleinement sur la conversation.
Jasper rigola à propos de l'histoire des ours, mais redevint soudain sérieux:
« Rends-moi un service, Bella, et reste à distance des bois, juste au cas où. Les randonneurs avaient certainement juste inventé toute l'histoire, mais si par quelque miracle un ours était vraiment dans les environs de Forks, avec ta malchance il se dirigerait certainement directement vers toi. Mieux vaut éviter les dangers quand ils sont identifiés. »
Je riai doucement.
« Eh ben, Jasper, tu deviens paranoïaque? »
Il admit alors:
« Seulement quand il s'agit de ta sécurité... Et vu ce que nous avons déjà vécu, je pense que je suis en droit d'agir comme ça. »
« Bon de toute façon, ce n'est même pas comme si j'avais le temps d'aller dans la forêt en ce moment, mais si quoi que ce soit arrive je promets que j'emmènerai Jake avec moi – il est assez grand pour effrayer n'importe quel ours. »
Jasper resta silencieux. Qu'est-ce que j'avais bien pu dire? Etait-il vraiment inquiet à ce point pour à propos de cet ours imaginaire? Je soupirai:
« Je te le promets Jasper, pas de balade en forêt. Comme je l'ai dit, je n'en ai même pas le temps. Et vu ma maladresse, je n'y vais pas même quand j'ai du temps. Donc ne t'inquiète pas, ok? »
« Ok. »
Quelque chose était différent dans sa voix. Quelque chose que je ne parvenais pas à identifier. Il y avait maintenant une barrière entre nous qui n'était pas là quelques minutes auparavant. C'était le moment de changer de sujet.
« En parlant de randonnée, c'est à toi de me raconter ta journée. »
Il resta silencieux durant quelques secondes, un peu comme s'il essayait de se remettre dans le bon état d'esprit et dans la conversation. Il commença ensuite à parler, sa voix douce m'enveloppant totalement. Il me parla de la route en voiture qu'il avait effectuée et de sa chasse au Lynx, puis il se mit à me décrire le paysage si bien que j'eus l'impression un instant d'être à ses côtés.
Tout d'un coup, je me rendis compte que j'aurais réellement aimé partir avec lui. Je voulais vraiment passer du temps avec lui dans un endroit qui était aussi éloigné que possible de quoi que ce soit de familier, un endroit libre de tout souvenir, de toute attente, de toute obligation. Un endroit où nous aurions pu tout nous dire, sans limite.
« J'aurais vraiment aimé être avec toi. »
Est-ce que je venais vraiment de dire ça tout haut? Je sentis mon visage s'empourprer de gêne. Arriverait-il à décrypter mes pensées? J'essayai alors de me rattraper:
« Je veux dire, ça a l'air très beau. »
Il répondit de sa voix douce:
« J'aurais aimé que tu sois là aussi. »
Puis d'une voix encore plus douce, dans un chuchottement que j'eus du mal à entendre, il ajouta:
« Rien ici n'est aussi adorable que toi. »
Ma respiration s'arrêta. Mon coeur s'arrêta. Tout dans le monde qui m'entourait sembla soudainement s'arrêter. Avais-je bien entendu? Non. J'avais certainement tout imaginé.
Le silence s'installa entre nous, comme si nous avions fait le tour des sujets de conversation à notre disposition.
Je chuchottai néanmoins:
« Tu me manques. »
« Je sais, mon coeur. Tu me manques aussi. »
« Je pense que si tu avais été là aujourd'hui, j'aurais trouvé un moyen de te voir, même seulement quelques minutes. »
« Nous aurions trouvé un moyen, j'en suis sûr. »
« Est-ce que parfois tu souhaites...? »
« Tu le sais bien. »
« Moi aussi. »
Avoir une conversation sans véritable mot était plutôt étrange, et pourtant nous en comprenions tous deux la signification. C'était un peu comme un pacte secret – aussi longtemps que nous ne prononcions pas ces mots, aussi longtemps que nous les gardions silencieux, nous pouvions faire comme si rien ne s'était réellement passé.
Le silence continua de s'étendre, puis Jasper entama de sa voix douce:
J'aimerais te voir
Dans un lieu qui serait
En dehors du temps
En dehors de l'espace
Un endroit sans contexte
Et au-delà de toutes conséquences.
Si le langage était liquide
Il se précipiterait vers nous
Mais ici le silence
veut dire beaucoup plus de choses
Que n'importe quel autre mot...
Ma respiration s'emballa à nouveau. C'était comme s'il avait extrait les pensées de ma tête et les avait transformées en mots.
J'étais vraiment admirative.
« Comment fais-tu ça, Jasper? »
« Comme je fais quoi, ma puce? »
« Comment chantes-tu toujours une chanson parfaite? »
Je pouvais presque entendre son sourire en guise de réponse.
« J'ai écouté beaucoup de chansons et j'ai une très bonne mémoire. »
« Oh ».
Dis comme ça, ça semblait presque être une simple routine.
« Et j'ai eu beaucoup de temps récemment pour écouter de la musique qui me fait penser à toi, et aux sentiments que tu inspires en moi. »
« Quels sentiments? »
Je n'étais pas certaine de vouloir savoir. Nous étions sur une pente très dangereuse. J'aurais dû savoir qu'il répondrait à l'aide d'une nouvelle chanson... Chanson que je reconnus cette fois tout de suite.
Le monde était embrasé, personne ne pouvait me sauver, sauf toi
Etrange ce que le désir peut faire faire aux fous
Je n'aurais jamais cru rencontrer quelqu'un comme toi
Et je n'aurais jamais cru que je pourrais perdre quelqu'un comme toi
Non, je ne veux pas tomber amoureux
Non, je ne veux pas tomber amoureux
De toi.
Il arrêta de chanter, et l'absence de sa voix me fit sursauter. Je compris enfin. Ce n'était pas seulement moi. Il le ressentait aussi. Nous tentions tous deux de résister, parce que trop de monde aurait été dévasté si nous nous laissions aller à nous aimer.
« A quoi penses-tu Bella? »
Sa voix trahissait une pointe d'anxiété. Je me rendis soudain compte que je n'avais pas réagi à sa déclaration. Il fallait que je le rassure mais je ne pouvais parler, alors je répondis par le couplet suivant:
Quel jeu cruel tu as joué
Pour me faire me sentir ainsi
Quel chose cruelle tu as faite
Pour me faire rêver de toi
Quel chose cruelle tu as dite
Tu n'as jamais ressenti ça
Quel chose cruelle tu as faite
Pour me faire rêver de toi
Et je ne veux pas tomber amoureuse
Non je ne veux pas tomber amoureuse
De toi.
J'arrêtai de chanter, laissant une fois de plus le silence s'installer entre nous. Mon coeur était vraiment douloureux.
Il tenta finalement:
« Bella, je n'ai jamais... »
Il laissa le reste de la phrase en suspens, mais je n'avais pas besoin d'entendre la fin.
« Je sais Jasper. Moi non plus. »
Il soupira:
« Qu'allons-nous faire? »
Je soupirai également:
« Nous allons passer encore quelques moments ensemble en tant qu'amis, jusqu'à ce que ton entraînement soit terminé et... tu repartiras. »
« Tu n'imagines pas à quel point je voudrais que les choses soient différentes, ma puce. »
« Oh si j'imagine très bien Jasper. J'imagine parfaitement. Mais nous ne pouvons rien faire... Les choses sont ce qu'elles sont – elles ne dépendent pas de nous, nous ne les contrôlons pas. »
Des larmes perlèrent à mes yeux, mais je ne voulais pas me laisser aller et je refusai catégoriquement de pleurer ce soir à nouveau.
« Je sais. »
Sa voix était pleine de résignation.
« Je t'ai gardée éveillée trop longtemps. Il faut que tu te reposes. Bonne nuit, mon coeur. »
« Juste une chose, Jasper. »
« Oui? »
« Est-ce que tu me chanterais ma chanson? »
Et il commença une fois encore à chanter pour moi.
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Note de l'auteur: A présent que vous avez lu le chapitre, je dois vous confier que ce genre de conversation – un appel tard le soir, un garçon qui veut déclarer son amour mais ne peut le faire qu'aux travers de chansons – c'est en fait du vécu pour moi. J'impose ma vie et mes histoires à ce pauvre Jasper, en quelque sorte. Je suis une romantique sans espoir de guérison, donc ce truc des chansons avait fonctionné pour moi...
Pour ceux que àa intéresse, la première chanson s'appelle Language, de Susanne Vega, de l'album Solitude Standing. J'ai pris des libertés avec les paroles, réarrangeant les couplets pour que ça colle plus à l'histoire.
La seconde est Wicked Game, de Chris Isaac, de l'album Heart Shaped World.
N'oubliez pas les reviews! Merci d'avance!!
Note de la traductrice: Juste une petite chose. Vous vous souvenez peut-être que je vous avais parlé d'un forum que j'ai créé de fanfictions Twilight... Eh bien le premier challenge d'écriture vient d'être lancé, alors si ça vous intéresse n'hésitez pas à participer! L'adresse du forum est toujours dans mon profil sur ce site... A bientôt peut-être!
