Note de l'auteur: Les personnages sont la propriété de Stephenie Meyer.

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Chapitre 15: Aftermath

L'inconvénient de s'endormir alors qu'on est encore au téléphone avec quelqu'un qui a une oreille très développée, c'est que quand on se réveille, on n'a aucun moyen de se cacher.

J'ouvris mes yeux mardi matin avec un souvenir parfait de notre conversation de la veille au soir et un sentiment prédominant de terreur. Cela avait déjà été assez difficile d'avouer le peu que j'avais consenti à dire la veille, sous la protection des ténèbres. A la lumière du jour, je voulais maintenant reprendre et annuler tout ce que j'avais dit. Je savais qu'après la nuit dernière les choses ne pourraient que changer, et j'avais peur qu'elles ne changent pas pour le meilleur. J'aurais juste voulu retourner le temps et revenir à lundi matin.

Pendant mes réflexions, je fis attention à ne pas faire un seul mouvement, pas un seul bruit non plus, essayant de gagner du temps pour savoir ce que je dirais à Jasper quand je serais enfin prête à parler. Pourtant, je fis certainement une erreur qui me vendit, car il se mit à parler bien trop vite à mon goût:

« Bonjour, Bella. »

« Salut Jasper. »

Je ne m'étais pas sentie si maladroite avec lui depuis cette première nuit où je l'avais vu chez lui. Après les révélations d'hier, je ne savais pas vraiment comment réagir.

Il prit la parole calmement:

« Ne t'inquiète pas. Ce qui s'est passé hier soir ne doit pas forcément tout changer. On trouvera une solution pour faire que ça marche. »

Une fois encore je me demandais comment il arrivait à toujours deviner mes pensées, même à des kilomètres de distance. Mais sérieusement? Ce qui s'est passé hier soir ne doit pas forcément tout changer? Franchement, comment pouvions-nous maintenant refermer la boîte de Pandore?? Il se mentait à lui-même. La nuit dernière avait tout changé.

Je lui répondis tristement:

« Nous n'aurions pas dû parler de tout ça. Maintenant que nous savons, ce sera impossible... »

Il objecta avec force:

« Rien n'est impossible, Bella. Je suis content que nous ayons parlé. »

Il continua d'une voix plus douce:

« Maintenant que nous savons à quoi nous en tenir, nous pourrons nous aider l'un l'autre. Cela rendra les choses plus simples. »

Je ne savais pas vraiment s'il tentait de me convaincre ou si sa tirade était dirigée vers lui-même. J'aurais vraiment aimé pouvoir revenir sur mes paroles.

Maintenant que nous savons à quoi nous en tenir. Est-ce que c'est comme ça qu'il voyait tout ça, les sentiments qui grandissaient entre nous? Comme une sorte d'obstacle que nous devions combattre? Ma colère enflait en moi, et disparut tout aussitôt. Oui, c'était la stricte vérité. Ces sentiments étaient une barrière à notre amitié, une barrière à toute relation avec sa famille, une barrière à notre inévitable vie future séparés. Ils étaient quelque chose à combattre à tout prix, à détruire. Et dans un combat, il valait mieux avoir des alliés. Le major Jasper Whitlock savait certainement cela.

Je soupirai. Je ne voulais pas penser à cette bataille. Je ne voulais pas penser au futur. Et par-dessus tout, je ne voulais pas penser à cette déficience mentale qui me conduisait à toujours tomber amoureuse d'hommes qui semblaient ne jamais m'aimer aussi fort que je les aimais eux. Ça existait des livres pour aider des femmes comme moi, non? Probablement même des étagères. Il faudrait que je pense à passer par une librairie la prochaine fois que j'irai à Port Angeles pour y trouver une thérapie en format poche.

« Bella, ne me mets pas à l'écart. A quoi penses-tu? »

Je savais qu'il avait besoin que je lui dise à quoi je pensais, mais je ne pouvais tout simplement pas. Je n'avais pas assez de temps, et encore moins la force émotionnelle nécessaire.

« Je pense qu'il faut que je me prépare pour aller en cours avant d'être en retard. Je t'appellerai ce soir. »

Il me supplia:

« Bella... »

« Je suis désolée, Jasper. Je ne peux pas, pas maintenant. J'ai besoin de temps pour réfléchir à tout ça. Je t'appelle demain. »

Il me répondit alors:

« Ok. Prends soin de toi. »

J'entendis l'anxiété dans sa voix, mais je ne pouvais rien faire pour lui venir en aide. Je lui promis, avant de raccrocher:

« Je le ferai. »

Le cours furent vraiment difficiles à supporter et à vivre. Tout le monde semblait sentir ma mauvaise humeur, et ne cessait de me demander ce qui n'allait pas. Ce n'est pas que je n'appréciais pas leurs attentions, mais qu'étais-je censée leur dire? Rien dans ma vie ne pouvait expliquer cette humeur hormis Jasper, et je ne voyais pas comment j'aurais pu leur dire pour lui.

J'avais brièvement considéré la possibilité de mettre Angela au courant, mais j'avais oublié l'idée presque aussi rapidement. Que penserait-elle de moi si elle savait que j'étais en train de tomber amoureuse du frère de mon ex-petit ami, qui sortait par la même occasion avec mon ancienne meilleure amie? Même Angela ne pourrait pas comprendre ce genre de comportement.

Je fis tout mon possible pour m'isoler des autres toute la journée. Je n'avais jamais passé autant de temps dans les toilettes de toute ma vie, mais c'était là l'unique endroit où j'étais certaine de trouver la tranquillité et de pouvoir échapper à toute question malvenue.

Je repassais sans cesse la conversation de la veille dans ma tête.

« Qu'allons-nous faire? »

« Nous allons passer encore quelques moments ensemble en tant qu'amis, jusqu'à ce que ton entraînement soit terminé et... tu repartiras. »

« Tu n'imagines pas à quel point je voudrais que les choses soient différentes, ma puce. »

Je savais que nous aurions tous deux voulu que les choses soient différentes. Mais il y avait une grande différence entre les rêves, les souhaits et la réalité.

Quand la fin de journée arriva, les gens avaient tous arrêté d'essayer de me parler, se rendant certainement compte que je ne leur répondrais de toute façon pas. Je leur étais reconnaissante.

A mon arrivée dans la salle pour le dernier cours de la journée, je trouvai soudain une barre chocolatée sur mon bureau, enveloppée dans du papier arraché d'un agenda. Troublée, je défis le papier:

« J'espère que ça t'aidera à te sentir mieux et à sourire un peu. »

Je relevai soudainement la tête, n'ayant toujours aucun indice quant à l'identité de l'expéditeur de cette sucrerie. Je jetai alors un regard autour de moi, et mes yeux s'arrêtèrent sur Mike, qui me regardait fixement, attendant que je réagisse. Quand il se rendit compte que je le regardais, son visage s'éclaira et il me sourit. Je ne pus m'empêcher de lui retourner son sourire. Il leva ses deux pouces à mon intention, et se retourna alors pour suivre le cours.

C'était stupide, mais cette pensée qu'il avait eu pour moi me requinqua quelque peu. Pas de question, pas de proposition, juste une petite attention pour illuminer ma journée. C'était vraiment un gars bien.

Mike et moi travaillons tous deux ce soir, mais une fois encore le grand nombre de clients nous garda occupés. Je fis néanmoins attention à ce qu'il voit que je mangeais la barre de chocolat pendant ma pause, et lui envoyai à nouveau un sourire. Puis mon regard se tourna au loin, afin d'envoyer un signal clair et fort que je voulais être seule. Comme s'il ne voulait pas ruiner sa victoire avec le chocolat, Mike ne tenta pas de m'approcher toute la soirée durant.

De retour à la maison, ce fut la routine habituelle du repas et des devoirs. Je regardai à nouveau un épisode de Firefly, mais mon cœur n'y était pas. Je n'arrivais pas à me concentrer dessus. J'étais vraiment nerveuse, je savais que j'allais bientôt appeler Jasper. Je n'avais toujours aucune idée de ce que j'allais lui dire. Je voulais être mature et nonchalante, mais j'avais juste envie de pleurer. Ce n'était pas juste. Rien de tout cela n'était juste. Je n'avais rien à y gagner à penser à Jasper comme quoi que ce soit d'autre qu'un ami ou un grand frère, et il n'avait rien à y gagner non plus de son côté, avec ses petites attentions, ses 'ma puce' et ses chansons. Nous avions tous deux franchi la limite et nous allions tous deux devoir en payer le prix, et ça, ce n'était pas juste.

Je remis le lecteur DVD dans l'armoire et pris un livre. J'entendis Charlie monter et me crier 'bonne nuit' à travers la porte. J'aurais déjà dû être prête à aller dormir et éteindre la lumière, mais j'étais lâche, et je tentais de retarder le plus possible l'inévitable. Quand finalement je me rendis dans la salle de bain, je pris beaucoup de temps à me laver les dents – trois fois – et me lavai le visage à plusieurs reprises également. Je pliai même mes vêtements avant de les mettre au sale. Je n'eus bientôt plus d'excuse. Avec un soupir profond, j'éteignis les lumières, me mis dans mes couvertures, installai l'oreillette et appelai finalement Jasper.

« Comment vas-tu? »

Je lui répondis:

« Pas génial. Toi? »

« J'ai déjà été mieux. Je voulais tant te voir aujourd'hui. J'étais à deux doigts de reprendre la voiture pour revenir à Forks, ou même la laisser dans un aéroport et prendre le premier vol. »

« Mais tu ne l'as pas fait. »

Il ne répondit pas. Je sentais bien qu'il ne voulait pas vraiment répondre.

« Je n'étais pas certain d'être le bienvenu. Quand tu as refusé de me parler ce matin, je ne savais pas quoi penser. Je me suis demandé si tu ne préfèrerais pas que je ne revienne pas à Forks. »

Je soupirai:

« Oh, Jasper. Ce n'est pas que je ne voulais pas te parler, mais je ne savais pas quoi dire. Je ne sais toujours pas quoi dire d'ailleurs. »

« J'ai eu toute la journée pour y penser sans avoir beaucoup de distractions. Veux-tu que je commence? »

« Je t'en prie. »

Je fermai alors les yeux, l'estomac tendu dans l'expectative de ce qu'il s'apprêtait à me dire.

« Tout d'abord, nous n'avons rien fait de mal. Nous avons peut-être eu des pensées qui allaient au-delà de la simple amitié, mais nous ne leur avons pas donné suite. Je pense qu'il est important que nous nous en souvenions. »

« Oui. »

Ma voix était presque un chuchotement. Il avait raison, bien sûr, mais je ne me sentais pas mieux pour autant.

« Ensuite, notre amitié a commencé dans des circonstances extrêmes. Tu venais de perdre Edward et moi... J'étais séparé de... de ma famille. Dans cet environnement dans lequel nous étions tous les deux blessés et seuls, il était simple de mal interpréter les signes et les sentiments. »

Quoi? Qu'était-il en train de dire? Que mon attirance pour lui ne découlait que d'un besoin de remplacer Edward et que pour lui je n'étais que le substitut d'Alice? Je mis mes deux mains autour de mon visage, comprimant mes yeux pour empêcher que les larmes ne coulent.

« Enfin, je pense que nous avons toujours représenté l'interdit et le dangereux pour l'autre. Nous n'avions pas le droit d'interagir. Maintenant que nous commençons à nous connaître, c'est normal de ressentir cette excitation à l'idée qu'enfin nous pouvons franchir l'interdit. Ça ne peut qu'intensifier notre relation de manière artificielle, au-delà de ce qu'elle aurait normalement dû être. »

Tout ce qu'il disait semblait si froid et cynique, tout ne pouvait être que faux. Je voulais tellement crier! L'attraction que je ressentais envers lui n'avait rien à voir avec un quelconque danger ou un autre garçon, même Edward. Cela n'était lié qu'au garçon que j'avais appris à connaître ces deux dernières semaines. Un garçon attentionné, amusant, élégant, sexy, mystérieux, charmant...

Arrête ça, Bella! C'est à cause de pensées de ce genre que tu t'es retrouvée dans cette situation!

Je me concentrai à nouveau sur ce que Jasper venait de dire et me rendis compte que, bien sûr, il ne me parlait pas vraiment. Cette journée emplie de réflexions à propos de la situation l'avait conduit à se questionner sur ses propres sentiments et ce qui les motivait.

Donc, pour lui, c'étaient les circonstances extrêmes de notre amitié, et sa vision de moi comme du fruit défendu, qui inspirèrent la réponse qu'il interpréta comme étant de l'attirance.

La vague de douleur qui s'abattit soudain sur moi quand je réalisai la véritable nature de ses sentiments pour moi me domina totalement, et soudain, je me retrouvai sur le sentier, regardant Edward disparaître dans la forêt, un sentiment d'abandon et de solitude ancré en moi.

« Bella. »

La voix douce de Jasper parvint à s'insinuer au travers de la brume qui m'entourait.

« Tu n'as toujours rien dit. Dis-moi à quoi tu penses, s'il-te-plait. »

Là était toute la différence entre Edward et Jasper. Cette même différence qui m'avait conduit à ressentir ce que je ressentais pour Jasper. Il s'intéressait à moi et à ce que j'avais à dire. Il aurait pu facilement se conduire comme Edward, il aurait pu me quitter après avoir réalisé que ses sentiments pour moi n'étaient qu'une illusion, mais il n'avait pas ressenti le besoin de me battre au sol pour son propre amusement. Comme il avait dit, il voulait revenir à Forks et me voir. Ses sentiments avaient beau n'être que factices, il voulait toujours être mon ami.

Mais est-ce que moi, je pouvais faire ça? Est-que j'étais capable de poursuivre mon amitié avec lui tout en mettant de côté mes autres sentiments? Pouvais-je les cacher, qui plus est à Jasper? Mais y avait-il seulement une autre option? Je ne pouvais pas le perdre, pas maintenant. Une amitié, aussi brève soit-elle, était mieux que rien.

« Bella, je sais que tu es toujours là. Je t'entends respirer. S'il-te-plait ma puce, ne fais pas ça. Dis quelque chose, quoi que ce soit. Maudis-moi, crie, ça m'est égal. Mais dis quelque chose. Laisse-moi entendre ta voix. »

J'avais peur de parler. Peur que ma voix me trahisse. Et je n'étais pas prête pour ça, pas encore prête à le laisser voir ma fragilité, ma vulnérabilité soudaine. Pourtant, il fallait que je parle, je le savais. Il n'y avait qu'une chose à faire. Lui poser une question. Faire qu'il continue à parler.

« Jasper? »

Ma voix était rauque.

« Oui? »

« Il faut que je sache... Est-ce que.... »

J'hésitais.

« Oui? »

Il attendait avec appréhension.

« Est-ce que tu vas me dire ce qui s'est passé entre toi et ta famille après ma fête d'anniversaire? »

Il n'y eut pas un bruit pendant un bon moment. Mes larmes ne pouvaient plus être contenues et s'écoulaient de mes yeux en torrents ininterrompus. Je respirais par ma bouche, tentant de garder ma respiration calme et régulière pour ne pas l'alarmer, même si je savais que c'était inutile. Même mon ouïe humaine pouvait entendre la différence. Jasper se mit finalement à parler d'une voix basse et rauque.

« Après qu'Emmett et Rosalie m'aient conduit dehors et que mon envie de sang ait disparue, j'ai couru. Il fallait que je sois seul. J'étais dégoûté par ce que j'avais fait , par mon manque de contrôle du monstre qui vivait en moi si proche de la surface. J'étais horrifié d'avoir voulu te tuer, horrifié d'avoir été si proche de le faire. Je ne voulais pas revenir.

« Finalement, Edward me rattrapa et me força à m'arrêter. La fureur et l'écœurement qu'il ressentait à mon encontre était plus que perceptible, mais la pitié et l'inquiétude l'étaient encore plus. Je l'ai écouté, je lui devais bien ça. Il me persuada de revenir pour Alice et Esmée.

« Les jours qui suivirent furent les pires de ma vie depuis les trois premiers jours de ma transformation. La maison regorgeait d'émotions: de la rage, du dégoût, du ressentiment, de la surprise, de la pitié. Je les absorbais toutes et elles amplifiaient mes propres émotions au-delà du supportable. Je devenais petit à petit fou. Ce fut la douleur, la torture la plus intense que j'eus à faire face durant toute ma vie.

« Mais le pire pour moi furent les sentiments d'Alice. Elle essaya de me les cacher, mais ils la dominaient elle aussi. Elle aussi ressentait une grande surprise et de la pitié, mais elle ressentait également une quantité incroyable de culpabilité, de regrets et d'exécration envers elle-même. Si j'avais été mortel, la douleur de ses sentiments m'aurait certainement tué. Je savais qu'elle se sentait coupable de n'avoir pas vu mon attaque avant qu'elle ne se produise, coupable de n'avoir pas pu m'arrêter et me contrôler. Puis, quand Edward annonça qu'il voulait qu'on quitte Forks, tous ces sentiments devinrent encore plus forts, et je sais qu'elle pensait que m'avoir amené chez les Cullen sans être capable de me contrôler avait causé la perte de bonheur d'Edward, et l'impossibilité pour les Cullen de rester dans un endroit qu'ils aimaient. Elle prenait toute la responsabilité sur elle-même, même si c'était moi qui avais été le monstre de l'histoire.

« Elle ne dit jamais rien, et à travers tout cela je pouvais tout de même ressentir son amour, mais je savais que tant que je resterais avec elle et les Cullen, je ne serais jamais capable de rompre ce flot d'émotions qui, mélangées aux miennes, me tiraient vers le fond, vers mon côté le plus sombre et le plus profond. Prisonnier comme j'étais de mon enfer personnel d'émotions, j'étais inutile au reste de la famille. D'une manière ou d'une autre, il fallait que je parte pour le salut de tous.

« Ce fut Carlisle qui eut le premier l'idée qu'il serait préférable que je me sépare de la famille pendant un moment. Il m'expliqua qu'après avoir l'occasion de faire face à mes émotions, je serais alors capable de les rejoindre et de reprendre ma vie avec eux. Ce fut toujours pensé comme une séparation temporaire.

« Alice refusa le plan de Carlisle d'un bloc. Elle me supplia de partir avec eux. Elle me proposa même de quitter les Cullen pour que nous puissions prendre notre propre chemin à deux, mais je ne pouvais pas lui faire ça. Je savais à quel point elle était proche de tous les membres de la famille, et je savais que si nous partions, une part d'elle pleurerait toujours la perte des autres, même si elle m'aimait. Et savoir que j'étais la cause de la disparition d'une partie d'elle me tourmenterait à vie. C'était donc mieux de suivre le conseil de Carlisle et de faire face à toute la douleur en même temps.

« Finalement, c'est Edward qui convainquit Alice de me laisser derrière. Il la rabaissa et la fit culpabiliser, lui disant qu'elle était égoïste de placer ses besoins avant les miens et ceux de la famille. Je l'ai haï pour ça, mais c'était la seule solution.

« Nous nous sommes mis d'accord pour qu'il n'y ait aucun contact entre nous jusqu'à ce que je sois prêt à les rejoindre. Cette règle était surtout pour moi. Je savais que dès que j'aurais parlé à n'importe lequel d'entre eux, et surtout à Alice, je les rejoindrais même si je n'étais pas prêt.

« Je n'ai dit à personne où je comptais aller, et au départ je pensais même me diriger vers le sud, retourner à Houston. Mais je me rendis finalement compte que le meilleur lieu pour faire face à mes démons était le lieu où j'avais perdu leur contrôle – Forks. La maison était abandonné. Personne n'aurait à savoir que j'étais là.

« Au début, je voulais éviter tout contact humain. Puis je me rendis compte que c'était là tout le contraire de ce que j'avais en fait besoin. Je savais que la seule solution pour rejoindre les autres était de prouver que je pouvais contrôler mes envies de sang, seul, tout comme eux le faisaient. Alors j'ai préparé mon entraînement. Et tu connais la suite. »

Les larmes continuaient de couler de mes yeux alors que j'écoutais son récit. Je ressentais chaque part de sa douleur, chaque part du flot d'émotions qui le submergeaient sûrement. C'était bien pire que ce que j'avais imaginé.

Je chuchotai, horrifiée:

« Jasper... »

A nouveau, je manquais de mots. 'Je suis désolée' n'aurait pas été adapté.

« Ne t'inquiète pas, Bella. Le plan fonctionne. Tu t'es rendue compte toi-même que je deviens de plus en plus fort tous les jours. »

« Oui. J'ai toujours su que tu y arriverais. »

« Je sais. Dès le moment où je t'ai parlé de mes plans, tu as eu plus de foi en moi que moi-même je n'avais. C'était agréable, et flatteur. Tu ne me connaissais même pas. Tes sentiments, tes réactions m'ont toujours beaucoup surpris. »

« Je ne te connaissais peut-être pas, mais je sentais ta détermination et ta résolution. Et je savais qu'une fois la décision prise, tu t'y tiendrais. Mais quand même, ça doit être horrible pour toi. Elle te manque tant. »

Dès que les mots eurent franchi mes lèvres, je voulus les reprendre et les cacher au fond de moi. Je ne savais pas pourquoi j'avais parlé d'elle. Est-ce que j'essayais de le blesser encore plus?

Il y eut un autre silence. Je m'en voulais mentalement pour mon manque de prévenance. Mais quand Jasper répondit, sa voix ne contenait pas de peine. Elle était au contraire régulière et mesurée.

« Bella, il y a autre chose. Quelque chose qu'il faut que je te dise. Aujourd'hui j'ai parlé avec Alice. »

*

Note de l'auteur: Désolée de couper le chapitre à cet endroit, mais cela me semblait l'endroit la plus indiqué pour la fin du chapitre. Alors, qu'avez-vous pensé de la manière rationnelle de Jasper de voir ses sentiments et de la réaction de Bella? Est-ce que la description de ce qui s'est passé après l'anniversaire est comme vous l'aviez imaginé?

J'aimerais beaucoup entendre vos réactions, même si vous avez détesté ce chapitres. Laissez une review!

Note de la traductrice: Vous savez quoi? Si vous voulez un chapitre 16 rapide à arriver, faîtes péter les reviews!!!!