Chapitre 7 :

Fantôme du passé

La mort de Hagrid ne fut pas facile à digérer pour Evan mais comme toujours depuis qu'il vivait à la Nouvelle Orléans, Barney et ses amis étaient là pour lui. Tous virent néanmoins à quel point il avait du mal à encaisser cette nouvelle, comprenant que son ami devait être vraiment important pour lui. Ce fut quelques mois plus tard que Barney reçu une nouvelle demande de la CIA pour aller arrêter un trafiquant d'arme et criminel de guerre du nom de Victor Menz. Evan avait une fois de plus eu un très mauvais pré-sentiment à ce sujet et il en avait parlé aux autres sur le champs. Après la mort de Billy et celle plus récente de Hagrid, il craignait terriblement de perdre quelqu'un d'autre. Sachant désormais qu'il avait un instinct très sûr, l'équipe avait promis de faire très attention et d'être sur leurs gardes. Barney le rassura en disant qu'ils avaient toutes les données nécessaires pour cette mission, jurant de faire très attention. Il expliqua aussi qu'avant de partir sur cette mission, ils allaient en exécuter une autre : aller libérer un ami, un membre de la première heure des Expendables emprisonné depuis un moment et que Barney avait enfin pu localiser. Après la mort de Billy et le départ de Yin, l'équipe était plus que réduite et il manquait au moins un membre pour être efficace. La nouvelle rassura un peu Griffin mais cela ne l'empêcha pas d'être agité et stressé.

Ce fut deux jours après leur départ que Evan eut de premières nouvelles. Le sauvetage de l'ami de Barney, Doc, s'était très bien passé. Il n'y avait pas une égratignure à déplorer et ils allaient maintenant partir sur le contrat de la CIA. Malgré ce début sans accrocs, le mauvais pré-sentiment d'Evan persista et il envoya un message à chaque membre de l'équipe pour les prier de faire attention. Malheureusement, comme toujours, son instinct eut raison et deux jours plus tard, l'équipe rentrait avec Caesar très grièvement blessé et le groupe dans un état moral déplorable. Ils étaient rentrés et avaient conduit Caesar à l'hôpital en urgence, prétextant une fusillade pas si rare en ville. Le temps qu'on s'occupe de lui, tous étaient rentrés chez eux rapidement se changer et se laver. Lorsque Barney était rentré, Evan lui avait sauté dessus. S'il avait trouvé son homme blessé, c'était son regard hanté et défait qui l'avait le plus inquiété. Et il avait aussi trouvé autre chose dans son regard : une culpabilité lancinante et dévastatrice. Il eut l'impression de se voir lui même à certains moments de sa vie et il comprit que la mission n'avait pas simplement capoté mais qu'il s'était passé autre chose. Il s'arma alors de toute sa douceur, de toute sa délicatesse et de tout son amour pour Barney. Il commença par le tirer prendre une douche avec lui avant de se mettre à soigner toutes ses petites blessures. Heureusement, il n'y avait rien de grave. Il le fit ensuite asseoir au salon, prenant place avec lui :

- Qu'est-ce qu'il s'est passé Barney ? demanda-t-il doucement.

Il y eut un moment de silence avant que l'homme ne se décide à parler :

- Le gars qu'on était sensé arrêter, on nous avait dit qu'il s'appelait Victor Menz. Mais en faîte, ce gars, c'est Conrad Stonebanks. Un homme que je pensais avoir tué il y a vingt cinq ans.

- Et qui c'est ce type ?

- C'est... c'était un membre d'origine des Expendables, dit-il en le surprenant. À l'origine, on était cinq. Moi, Doc, Conrad et deux autres. On était spécialisé dans les contrats avec le gouvernement à ce moment là. On se salissait les mains pour eux. Conrad a fini par trouver que ce qu'on faisait, nos contrats moralement corrects, ne rapportaient pas autant d'argent qu'il le voulait, il a franchis la ligne. Il s'est servi de tout ce qu'il savait pour se lancer dans le trafic d'arme. Il a fait fortune là dedans et il est devenu de plus en plus sanguinaire et cupide. Plusieurs de mes gars, des amis, sont morts en voulant l'arrêter avec moi. J'ai été forcé de l'abattre quelque temps plus tard. Je croyais qu'il était mort mais on est tombé sur lui là bas. J'ai un peu perdu les pédales, j'ai voulu le tuer mais on s'est fait surpasser et on a été obligé de décamper. Il a tiré sur Caesar pour se venger de moi.

- Il savait que ça te ferait plus de mal que de tirer sur toi, remarqua Evan qui avait parfaitement saisi. Ce n'est pas de ta faute Barney.

- Bien sûr que si, répondit l'air torturé.

- Bien sûr que non, affirma-t-il avec force. Tu n'es pas responsable des actes commis par un autre. Je sais ce que tu ressens, j'ai vécu ça moi aussi, je sais ce que ça fait. Je sais aussi que tu ne vas pas l'accepter tout de suite mais ce n'est pas de ta faute Barney. Tu n'es pas responsable. Pour l'instant, on va aller voir comment va Caesar et on en rediscute à deux ce soir. Ok ?

- Ouais, approuva-t-il.

Evan vint l'embrasser tendrement, cherchant à le rassurer et à le tranquilliser un peu et il laissa Barney le serrer de toute ses forces contre lui, comme pour s'assurer qu'il était bien en vie. Ils prirent ensuite le chemin de l'hôpital où ils trouvèrent un Caesar tout juste sortit du bloc et installé en soins intensifs. Le médecin leur expliqua que son état était critique et que pour le moment, on ne pouvait rien dire. Il avait cependant bon espoir qu'il s'en sorte. Evan vint s'asseoir à son chevet, terrifié à l'idée de perdre encore un ami et priant pour que Caesar se remette rapidement. Les autres ne tardèrent pas à arriver et il fut rapidement présenté à Doc dans une ambiance de plomb, tous très inquiets pour leur ami. Barney finit par retirer sa bague porte bonheur, la laissant au chevet du blessé en souhaitant qu'elle lui porte chance. Il allait ensuite sortir mais Evan l'arrêta :

- Barney, tu es à la maison ce soir et ce n'est pas discutable, posa-t-il fermement en le regardant droit dans les yeux.

Il savait parfaitement ce que son homme ressentait à ce moment pour l'avoir enduré lui même et il savait qu'il devait lui parler sérieusement pour qu'il ne fasse pas une grosse bêtise. Barney acquiesça et quitta la pièce. Longuement, Evan resta au chevet de Caesar avec les autres, tous accablés par ce qu'il s'était passé. Lorsqu'il rentra chez lui, il laissa la gestion du bar à ses employés ce soir là, montant à l'appartement. Il fallut attendre un moment pour que Barney rentre mais il rentra. Griffin commença par leur faire à manger et ils dînèrent en silence. Evan tira ensuite son homme vers leur salon et son fauteuil préféré. Barney s'y installa et le tira sur ses genoux, Evan s'y installant bien volontiers. Ils partagèrent un moment de calme, l'aîné se détendant sous les caresses de son compagnon qui finit par prendre la parole :

- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

- Je vais aller buter cet enfoiré, répondit-il.

- Mais tu ne vas pas y aller avec les autres n'est-ce pas ? demanda-t-il en le surprenant visiblement. Je te l'ai dit, j'ai déjà vécu ça, plus d'une fois. Je sais ce que tu penses et ce que tu ressens. C'est une affaire personnelle maintenant, plus un contrat. Tu veux le descendre et je comprend parfaitement, je ferais pareil. Mais ce Stonebanks te connaît bien et tu le sais. Comme tu sais qu'il s'en prendra d'abord à tes amis pour te faire du mal à la moindre occasion. Donc tu vas y aller avec d'autres et tu vas les laisser sur le carreaux, pour les protéger.

- Tu as déjà fait ça ?

- Ouais.

- Tu vas me dire que c'est pas une bonne idée, supposa Barney.

- Ce n'est ni une bonne ni une mauvaise idée. Tu as une chose à faire et tu vas le faire de la manière qui te semble être la meilleure et où tu seras le plus concentré. Il n'y a qu'une chose qui m'inquiète là dedans.

- Quoi ?

- Je sens que si tu pars maintenant, c'est avec l'idée de ne pas revenir, dit-il avec douleur en se serrant contre lui. Et ça, je ne peux pas l'accepter. Barney tu ne peux pas partir sur une affaire pareille, aussi difficile soit-elle, avec l'idée de mourir.

- Avec lui, je sais que ça va être dur de revenir, soupira-t-il.

- Et qu'est-ce que je deviens moi si tu ne reviens pas ?

- Tu as toute la vie devant toi Ev'. Moi, elle est derrière.

- Dit pas d'connerie ! s'exclama Griffin en se redressant pour le regarder droit dans les yeux. Putain Barney, parle pas comme si t'allais mourir ! J'ai besoin de toi, dit-il plus doucement. Je ne supporterai pas de te perdre, je ne supporterai pas tu entends !? T'es balèze, on le sait tous mais si t'es mort dans ta tête, t'es mort sur le terrain. Alors tu vas me faire le plaisir de te réveiller maintenant ! C'était pas de ta faute ! Caesar va s'en sortir ok ? Alors oui tu vas aller buter ce salopard, oui tu vas laisser les autres ici mais je t'interdis de penser une seule fraction de seconde que tu vas y rester ! Tu vas faire les choses à ta façon et tu vas les faire bien. Mais surtout, tu vas te rentrer dans le crâne que je t'attends à la maison ! Et si jamais ça tournait mal, tu vas te battre pour te sortir de là et tu appelleras les autres à l'aide au besoin. On est une famille Barney, tous ensemble. Il y a un temps pour protéger sa famille et un temps pour accepter son aide. Parce que si tu ne revenais pas, ça nous détruirait tous, ça me détruirait moi, dit-il plus bas. Je t'aime plus que ma propre vie. Si tu n'es plus là, ça n'aurait plus de sens pour moi.

Barney le regarda, surpris, avant de l'enlacer et de le serrer étroitement contre lui, l'attirant dans un langoureux baiser. Evan s'accrocha à lui, s'installant à califourchon sur ses cuisses, déterminé à lui faire sentir combien il l'aimait et à lui rappeler qu'il avait une bonne raison de rentrer à la maison. Le lendemain matin, ce fut dans un bar presque vide que l'équipe se réunit. Gunnar, Lee, Toll et Doc s'assirent autour d'une table avec Barney. Griffin leur servit à boire avant de retourner essuyer des verres derrière le bar pour les laisser parler entre eux.

- Les gars, c'est pas facile pour moi de vous dire ça, commença Barney, mais à une certaine époque, vous étiez les meilleurs. On l'est p't-être toujours. Mais toute bonne chose a une fin. Et j'sais qu'c'est difficile d'entendre ça mais l'avenir de ce métier, c'est pas nous. La triste vérité c'est qu'on appartient au passé.

- Où... où veux-tu en venir au juste ? demanda Lee tendu.

- À mon avis, si on continue comme ça, on va tous finir d'la même façon, répondit-il. Vous et moi. Dans un trou six pieds sous terre et dans l'indifférence générale. Si c'est la façon dont je dois mourir ça me va, ça j'peux l'accepter. Pour moi, dit-il en les regardant. Mais ce que j'peux pas accepter, c'que j'refuse d'accepter, c'est que vous veniez dans le trou avec moi.

- Qu'est-ce que tu racontes ? répondit Toll. C'est notre choix.

- Il est maintenant temps que ça change, posa Barney. Toi, dit-il en regardant Lee, moi, nous tous ici. C'est terminé, on arrête tout.

- C'est fini ? Tu m'as libéré, pour me larguer ? demanda Doc un peu amer.

- Tu vas survivre, et vous aussi, assura-t-il. Profitez du temps qui vous reste, dit-il en se levant pour se diriger vers la sortie.

- Où tu vas Barney ? demanda Lee se retenant difficilement d'exploser.

Mais il n'eut aucune réponse et il se leva pour suivre son ami qui sortait, l'air furieux quand les autres encaissaient.

- Tu crois qu'tu peux décider comme ça d'tout arrêter ? cria-t-il en lui courant après dans la rue.

- Je l'ai fais, répondit Barney.

- Ah ouais ? C'est pas à toi de décider ! s'exclama-t-il furieux en le faisant se retourner.

- Quoi ?!

- On a marché dans la boue, le sang et la merde. J't'ai sauvé la vie tant de fois qu'j'ai arrêté d'compter. J'veux faire souffrir le fils de pute qui a tiré sur Caesar, dit-il plus calmement en le regardant dans les yeux.

- Non pas cette fois-ci.

- J'me suis joint au groupe, jusqu'à la fin du voyage.

- Oui je sais, mais le voyage est fini, dit-il en se détournant pour partir.

- Et Evan ? Qu'est-ce que tu fais de lui ? Tu vas le laisser tomber aussi ?

- Ce qu'il se passe entre Ev' et moi ne regarde que nous, dit-il sans s'arrêter.

- Il en mourrait si tu disparaissais, posa Lee en le faisant stopper.

- Je sais, dit-il simplement avant de repartir.

Christmas le regarda s'éloigner avant de réintégrer le bar avec agitation, se rasseyant avec les autres sans trop savoir quoi faire. Ce fut Evan arrivant et prenant la place de Barney qui les réveilla tous un peu.

- Griffin, si tu lui parlais toi, il t'écouterait, remarqua Toll.

- Il m'écouterait pas, soupira-t-il.

- Pourquoi ?

- Je sais ce qu'il a dans la tête en ce moment et je sais comment il va réagir. Il fait ça, parce qu'il a peur pour vous. Voir Caesar s'prendre une balle comme ça juste pour l'atteindre lui... il veut pas que ça vous arrive. Il m'a parlé un peu de ce Stonebanks. Ce gars le connaît bien et il sait que s'il veut se venger de Barney, le détruire, c'est d'abord à vous qu'il doit s'en prendre. Parce que Barney souffrirait plus de vous voir touché que d'être touché lui même. Je suis comme ça aussi. Je l'ai vécu plus d'une fois et je sais ce que ça fait. Ce type a tiré sur Caesar parce qu'il savait qu'il touchait le plus gros point faible de Barney. Et je crois qu'il sait aussi parfaitement ce qu'il va faire ensuite pour se venger à son tour.

- Il va y aller ? Sans nous ? demanda Gunnar. Il va s'faire buter, dit-il en tendant Griffin. Désolé, s'excusa-t-il en s'apercevant de sa bourde.

- Tu dois le convaincre de nous emmener, poussa Lee.

- Je ne peux pas le convaincre. Crois moi. J'étais impossible à convaincre dans le même état. Il sait vers quoi il va, de quoi est capable son adversaire, comment il pense, ce qu'il est prêt à faire pour l'atteindre. Et il a bien trop peur pour vous pour y aller avec vous. Dans ces conditions, s'il y allait avec vous, son angoisse serait telle qu'il ne serait plus aussi efficace qu'il le devrait et qu'il risque de faire de grosses erreurs. On a tous beau jouer les gros durs, on a tous un cœur et nous sommes une famille. Barney a peur pour sa famille. Alors il va recruter des inconnus en pensant que ce sera plus facile pour lui, en pensant qu'il n'en n'aura rien à faire de leur sort. Mais Barney étant Barney, il s'inquiétera aussi pour eux qui qu'ils soient. Dans ce genre de cas, il arrive toujours un moment où on a besoin des siens. Il aura besoin de vous avant la fin, c'est certain. Patientez jusque là. Ne le laissez pas tomber. Il fait ça parce qu'il a peur pour vous et qu'il ne veut pas vous voir mourir.

- Il n'a pas confiance, remarqua Lee. Il sait ce qu'on vaut.

- Il le sait, ce n'est pas ça le problème Lee. Tu pourrais être invincible que le problème resterait le même. On s'inquiète plus que de raison pour ceux auxquels on tient. Il aura besoin de vous et quand il l'aura réalisé, il retrouvera son état normal. En attendant, lui forcer la main et impossible et ne servirait à rien crois moi.

- Et toi ? Ça va ? demanda Lee en le voyant se triturer les doigts avec tension.

- Comment ça pourrait aller ? dit-il avec un sourire ironique. J'ai déjà dû batailler avec lui pour qu'il se sorte de la tête que cette affaire va le tuer. Je prie juste pour qu'il rentre. J'ai perdu trop de monde... s'il ne rentrait pas... je ne le supporterais pas, dit-il en baissant la tête. Je sais ce que vous ressentez vous aussi à cet instant parce que moi aussi, je meurt d'envie de l'envoyer se faire foutre et d'aller avec lui.

- Toi ? s'étonna Doc qui ne le connaissait que peu.

- Ouais euh... Griffin est peut-être bien plus jeune que nous mais il a donné dans le même domaine que nous, expliqua Lee. Et il était très bon.

- J'ai arrêté parce que la santé suivait plus, précisa-t-il. Moi aussi j'ai envie d'aller avec m'assurer qu'il rentre mais je ne peux pas dans ces conditions. Ce serait pire que mieux, je le sais. Et le pire serait que l'un de vous y perde la vie. Ça, je ne sais pas s'il pourrait s'en remettre.

- Ça t'est arrivé ? demanda Gunnar.

- Ouais, dit-il avec une émotion visible. Et je souhaite ça à personne, ça me hantera pour toujours. Il y a un gouffre entre perdre des hommes sur une mission qui capote et perdre des hommes, des amis, sur une affaire personnelle du genre. J'ai eu droit aux deux et ça fait une sacrée différence. Y a les risques du métier, on sait tous que ça peut arriver mais dans ce genre de cas, ce n'est pas tuer pour réussir une mission ou se débarrasser d'un assaillant, c'est tuer et faire souffrir des camarades d'une personne juste pour l'atteindre elle. C'est dur de vivre avec une culpabilité pareille quand ça arrive. Là, ce n'est pas un combat pour des idées, de l'argent, la justice... c'est un combat pour son propre cœur. On engage son âme et y perdre un ami, c'est y perdre une partie de soit. C'est pas la même chose. Il faut le laisser faire comme il se sent de le faire et être là quand il aura besoin d'aide. Surtout être là quand il aura besoin d'aide.

- Toi, tu l'as eu l'aide quand t'en avais besoin ? demanda Toll.

- Moi ? dit-il avec un reniflement amusé. Moi, y a jamais eu personne qui en avait réellement quelque chose à foutre que je sois en vie ou pas alors non, dit-il en se levant pour retourner vers le bar. C'est pour ça que je sais à quel point c'est important que vous ne le laissiez pas tomber, dit-il avant de retourner travailler pour se changer les idées.

- Eh, dîtes, commença Doc à voix basse en se penchant sur la table, ça a l'air vachement sérieux quand même entre lui et Barney.

- C'est sérieux qu'est-ce tu crois ? répondit Toll.

- Ils sont ensemble depuis combien de temps ? demanda-t-il.

- Trois ans, répondit Lee.

- Et c'est un gars bien ce gamin ? questionna-t-il.

- Qu'est-ce que t'insinues là ? s'agaça Gunnar. C'est un type bien Griffin.

- Ouais. C'est quelqu'un de génial, renchérit Lee. Barney est beaucoup plus heureux depuis qu'il est avec lui et on dirait même qu'il a rajeunis.

- Tant mieux alors, sourit-il.

Le jour même, Barney était partis pour Las Vegas recruter une équipe et quelques jours plus tard, il rentrait à la Nouvelle Orléans pour passer une soirée avec Evan avant de se mettre en chasse. Ils n'en parlèrent que peu, Griffin s'assurant simplement que son homme n'avait pas l'intention de se laisser mourir dans cette histoire. Il s'en alla le lendemain et Evan se sentit atrocement tendu et inquiet. Barney l'avait prévenu que cette fois, il ne prendrait pas contact avec lui et s'assurerait de ne rien porter pouvant mener à lui par peur que son ennemi décide de s'en prendre à lui s'il découvrait leur relation. Et cela ne l'angoissa que davantage même s'il comprenait. Il ne vit pas les autres dans les jours qui suivirent, comprenant qu'ils prenaient du temps pour réfléchir et qu'ils étaient sur les nerfs. Lui même était d'ailleurs plus que sur les nerfs, ne parvenant plus à dormir ou à manger. Il se retenait furieusement de rejoindre son amant, craignant atrocement pour lui. Mais il savait que cela ne paniquerait que plus Barney et il savait aussi que son corps ne supporterait peut-être pas un combat. Il ne devait qu'à son nouveau mode de vie calme et sain d'avoir retrouvé une certaine forme et la stabilité dans ses crises. Le moindre accès de stress trop fort risquait déjà de lui en redonner de plus fortes alors aller au combat... Et si jamais il lui arrivait quelque chose sous les yeux de Barney, il savait qu'il ferait pire que mieux.

Il se retenait donc, stressant de plus en plus tant et si bien qu'il finit par déclencher une crise qui lui pris la jambe et la hanche. Il ne prévint pourtant personne, estimant que tous avaient déjà suffisamment de soucis comme ça. Cela ne l'empêcha pas de rendre chaque jour visite à Caesar qui s'était finalement réveillé, son état stabilisé alors qu'il n'avait plus que besoin de repos. Le black qui avait remarqué sa crise tentait de le réconforter et de le soutenir comme il pouvait. Evan s'occupant de lui et s'assurant qu'il n'avait besoin de rien. Ce ne fut auprès de lui et de Pimousse qui grandissait de plus en plus qu'il trouvait un peu de réconfort, son chien très proche de lui. Rapidement, le chiot s'était fait sa place dans le bar et l'appartement, Evan l'éduquant et veillant sur lui, ce que l'animal lui rendait bien. Trois jours après le départ de Barney, Lee appela pour lui expliquer que tout avait capoté, que les quatre recrues de Barney s'étaient faîtes capturer. Il le rassura en lui disant que son homme s'en était sorti. Evan n'eut pas besoin qu'on lui dise que Barney allait aller sauver ses jeunes et il fut infiniment soulagé lorsque Christmas lui assura que lui, Doc, Toll et Gunnar iraient avec lui qu'il le veuille ou non pour l'aider à régler ça. Il avait prié Lee de lui ramener Barney en vie et son ami lui avait promis. Un peu plus tard, Christmas lui avait confirmé d'un petit message qu'ils étaient avec Barney en route pour le sauvetage avec un autre homme en plus, un certain Galgo. Malgré cela, son inquiétude ne retomba pas, comme la crise qui lui donnait une belle fièvre, le faisant boiter.

Ce fut deux jours plus tard, en pleine nuit, un lundi, jour de fermeture du bar, alors que Evan était assis dans son canapé, au bord de la crise de panique de n'avoir eu aucune nouvelle, qu'il entendit la porte de l'appartement s'ouvrir. Pimousse allongé à côté de lui dans le canapé releva la tête en même temps que lui pour voir entrer Barney. Evan le scruta de haut en bas, détectant vite quelques blessures mais il semblait s'être soigné, lavé et changé avant de rentrer. Et il était en vie sur ses deux jambes. Griffin sentit les larmes lui monter aux yeux. Il se leva un peu gauchement du fauteuil pour accourir vers son homme en boitant largement. Mais il se fichait pas mal de sa crise à cet instant et il se jeta dans les bras de Barney qui referma aussitôt les siens autour de lui. Evan se serra autant qu'il put contre lui, respirant son odeur et se détendant enfin un peu.

- Tu es enfin rentré, remarqua-t-il la voix tremblante. Si tu savais comme j'ai eu peur.

- Je sais. Je suis désolé Ev', s'excusa-t-il doucement. J'ai été con, dit-il en embrassant sa tempe.

- T'excuses pas, je sais ce que tu as traversé et ressentis. J'comprend. Tout le monde va bien ?

- Ouais, tout le monde est rentré entier.

- Caesar va beaucoup mieux. Il devrait rapidement sortir de l'hôpital maintenant. Stonebanks ?

- Définitivement mort cette fois. Tu as de la fièvre, remarqua-t-il ensuite avec inquiétude.

- C'est rien, j'vais bien. J'ai eu tellement peur de te perdre. Tu me feras plus un truc comme ça hein ?

- J'vais essayer, c'est juré. Merde Ev', depuis quand t'a pas dormis ? demanda-t-il en avisant ses traits tirés et ses cernes. Et tu fais une crise en plus.

- J'ai eu peur pour toi, confia-t-il doucement. Tellement peur.

- On va aller s'allonger un peu. On en a besoin tout les deux.

Evan acquiesça prenant sa main pour aller vers leur chambre. Quand Barney vit qu'il boitait, qu'il avait mal et qu'il peinait à marcher, il fit fie de sa fatigue et de ses blessures, soulevant son amant dans ses bras pour le porter jusqu'au lit. Ils s'y installèrent ensemble et ils passèrent le reste de la nuit à se caresser à s'embrasser avec amour et tendresse, se tranquillisant et se rassurant l'un l'autre. Le lendemain, ils passèrent leur journée ensemble à se reposer et à se soigner, Barney se faisant infiniment doux et attentif à son compagnon, comme pour se faire pardonner. Finalement, cette histoire close, Barney avait reformé l'équipe en y ajoutant Galgo, Smilee, Luna, Thorn et Mars.

Ce fut quelques jours plus tard, à l'occasion de la sortie de Caesar de l'hôpital que Barney invita tout le monde au Rutsy's pour une soirée entre eux, tous ayant eut le temps de se soigner un peu. La crise d'Evan s'était apaisée au grand soulagement de Barney qui avait bien compris que c'était le stress qu'il lui avait infligé qui avait déclenché la crise, s'en voulant. Le bar était bien plein ce soir là et la bonne humeur régnait tous ayant retrouvé le sourire. Evan n'avait pas encore eu le temps d'aller se présenter aux nouveaux, occupé par la clientèle mais ils les avaient observé de loin. Une belle bande de barge supplémentaire d'après lui mais c'était très bien ainsi. Galgo semblait très amusant et les jeunes avaient l'air prometteurs, ayant entre cinq et huit ans de moins que lui, à peine plus vieux que Billy en faîte. Pour lui, Barney avait trouvé de super nouvelles recrues qui s'intégreraient très bien à leur famille.

Tous ensemble, ils avaient levé un verre à Caesar qui avait profité de l'occasion pour rendre son porte bonheur à Barney. Evan avait ensuite vu ce type de la CIA, Drummer qui avait aidé avec Stonebanks, venir parler un instant à son homme. Cela avait semblé bien se passer et l'agent était rapidement reparti. Il s'était amusé à observer la nouvelle bande s'amuser, comparer leurs nouveaux tatouages de l'équipe fait par Tool, Lee et Doc se lançant dans un petit duel de lancé de couteau. Il put finalement se libérer alors que la jeune femme, Luna, s'approchait de Barney vers lequel il alla :

- Eh ? l'interpella-t-elle.

- Salut, répondit Barney en se retournant vers elle.

- J'voulais t'dire merci.

- Pourquoi ?

- Pour ton grand cœur, sourit-elle.

- Oh, j't'en prie, répondit-il l'air gêné en amusant Griffin.

Elle vint lui déposer un baiser sur la joue et Evan se sentit immédiatement un peu jaloux.

- Tu sais si tu avais trente ans de moins..., commença-t-elle.

- S'il avait trente ans de moins rien du tout gamine, intervint-il alors en passant près d'elle pour rejoindre un Barney amusé.

Evan vint se caler contre lui, passant un bras possessif autour de ses reins alors que Barney enroulait le sien autour de ses épaules avec tendresse et protection, surprenant la demoiselle.

- Jaloux ? demanda Barney en le regardant avec amusement.

- J'ai une raison de l'être ? demanda-t-il en réponse avec un sourire.

- Non pas du tout. Il n'y a que toi pour me supporter.

- Alors non, répondit-il en se tournant vers une Luna perdue.

Riant, Barney appela les autres nouvelles recrues, les autres venant aussi voir ce qu'il y avait, comprenant en voyant Evan contre lui.

- Au fait, ça va mieux ? lui demanda Caesar avec sollicitude.

- Quoi ? Pourquoi ? questionna Lee. Il s'est passé un truc quand on n'était pas là ?

- Barney l'a mis dans un état pas possible avec ses conneries, remarqua Caesar. Fait gaffe Barney, dit-il ensuite à son patron l'air moqueur, n'importe qui d'autre t'aurait déjà viré.

- Ouais je sais, admit-il avec un regard tendre pour son compagnon.

- Je vais bien Caesar merci, assura Griffin.

- Tant mieux, approuva celui-ci.

- Alors, les présentations maintenant que tu as enfin une minute, remarqua Barney. Ev', je te présente Galgo.

- Salut, répondit l'homme avec un grand sourire.

- Mars, Luna, Smilee et Thorn, continua-t-il. Les nouveaux, je vous présente Evan Griffin. Ce bar est a lui mais surtout, Evan est mon compagnon, dit-il en les ahurissant.

Lee, Caesar, Toll et Gunnar ne purent s'empêcher d'éclater d'un rire tonitruant en voyant les têtes de poissons hors de l'eau des nouveaux à cette annonce, leurs regards alternant entre Barney et Evan.

- Ah, c'est une blague c'est ça, remarqua finalement Smilee.

Pour toute réponse, Evan lui donna un sourire moqueur avant de venir attraper le col de Barney de ses deux mains, de le tirer vers lui et de lui donner un baiser renversant sous les sifflements des anciens et d'autres habitués dont-ils avaient attiré l'attention, tous connaissant bien le couple maintenant. Barney ne se fit pas prier pour lui rendre, posant sa bière pour mettre ses mains sur ses hanches et le plaquer contre lui.

- Oh, trouvez vous une chambre pour ça ! taquina Lee hilare.

Evan recula finalement, restant pourtant dans les bras de son homme, tournant un regard amusé vers le nouveaux qui n'en revenaient pas.

- Non, ce n'est pas une blague, assura-t-il.

- Vous vous y ferez, assura Toll.

Ce fut avec joie qu'on vit aussi Yin et Trench ce soir là. La surprise passée au sujet d'Evan, tous passèrent une bonne soirée de détente. Lorsque les quatre jeunes passèrent au karaoké, Evan vit à quel point Barney qui les observait était heureux de les avoir avec lui finalement, posant sur eux ce même regard paternaliste qu'il avait eu pour Billy. Au final, tout était rentré dans l'ordre et les semaines qui suivirent permirent à tous de faire plus ample connaissance, les nouveaux découvrant le Rutsy's et son patron atypique, son couple très inattendu avec Barney. Après cet épisode, les Expendables prirent un peu de vacances mais finalement, deux mois plus tard, ils partirent tous ensemble sur leur premier contrat avec cette équipe agrandie.

Ce fut une semaine et demi après le départ de la bande, en pleine nuit, deux heures après la fermeture du bar, que Evan se réveilla en sursaut. Il avait toujours eu le sommeil léger mais c'était encore plus vrai quand Barney n'était pas là. Son instinct hurlant au danger le sortit immédiatement du sommeil, les vieux réflexes se réveillant d'un seul coup. Allongé sur le lit à ses pieds, Pimousse avait lui aussi relevé la tête, attentif, grondant tout bas. Evan n'eut pas besoin d'explication pour comprendre qu'il se passait quelque chose qui ne lui plairait pas. Malgré qu'il n'use plus de magie depuis longtemps, ses sens magiques restaient toujours aussi aiguisés et en un clin d'œil, il sentit la quinzaine de signatures magiques rodant autour du bar. Sur le champs, il saisit. Si des sorciers ou des créatures magiques venaient ainsi en pleine nuit aussi furtivement, ce n'était pas pour venir lui chercher un autographe. Surtout que cette partie de la ville était entièrement moldu et qu'en plusieurs années, il n'était arrivé que rarement qu'il croise une signature magique ici, alors quinze... La liste de ses ennemis était tellement longue qu'il était presque surpris de n'avoir eu aucune tentative d'aucune sorte ces dernières années. Mais toute bonne chose avait une fin semblait-t-il. Il n'était pas naïf au point de croire que jamais il n'aurait d'ennuis et dans un sens, il était heureux que cela arrive quand Barney n'était pas là.

Calmement, silencieusement, il se leva dans le noir, rassurant Pimousse d'une caresse. Sans se presser, il alla récupérer le desert eagle chrome offert par Gunnar, le chargeant soigneusement. Il prit un couteau offert lui par Lee qu'il glissa dans la ceinture de son pyjama. D'un geste du poignet, il fit apparaître sa baguette dans sa main, une baguette qu'il n'avait pas utilisé depuis longtemps mais comme pour tout ses vieux réflexes de combattant, ces choses là ne s'oubliaient pas, surtout pour lui. Il commença par lancer un sort spécifique qui alerterait les aurors américains qu'il avait besoin d'eux. C'était un peu comme appeler la police pour les moldus mais là, c'était un appel ultra prioritaire. Le Président du Macusa avait tenu à ce que ses aurors lui enseignent ce sort à son arrivée en Amérique et qu'il s'en serve en cas de problème. Peu avaient le droit à cet appel d'urgence qui devait déclencher une intervention des aurors dans les dix minutes. Après tout, le Président et ses hommes savaient bien qu'il était susceptible d'avoir des problèmes avec son passif et il avait tenu à lui donner un moyen d'appeler les aurors rapidement en cas de besoin. Le Président avait insisté, disant qu'il serait aussi bien protégé que n'importe quel citoyen Américain. Cela avait été une grande première pour lui de voir un chef d'état prendre les bonnes dispositions à son égard et il n'y croyait pas trop mais c'était l'occasion de tester les aurors du pays et ses autorités.

Il n'était pourtant pas décidé à attendre les aurors et ses assaillants ne le feraient pas non plus alors qu'il les sentait user de magie pour forcer l'entrée principale et arrière du bar, entrant. Toujours aussi tranquille, le visage de marbre, le dos droit et le regard froid, prêt à réagir, il quitta l'appartement en silence sans allumer la moindre lumière. Il referma soigneusement, ne voulant pas que Pimousse vienne s'en mêler et ne soit blessé. Pieds nus, sans un bruit, il descendit l'escalier. Surveillant les présences dans la bâtisse qu'il connaissait par cœur, il sentit que la moitié arrivaient par l'arrière, d'autres déjà dans la salle principale. Il ne pourrait que les affronter tous ensemble puisqu'il allait tomber sur eux tous ensemble. Il espérait juste que le bar ne prendrait pas trop de dégâts. Le Rutsy's, c'était son bébé maintenant. Mais il ne se faisait pas trop d'illusion non plus à quinze contre un dans un petit espace. Heureusement, il était bien assuré et au pire il avait les moyens de remettre en état. Il fallait juste éviter que trop de sang ne s'incruste partout dans le bois. Il traversa le couloir à pas de loup, presque détendu. Il s'entoura d'une protection de son cru avant de s'arrêter juste devant la porte derrière laquelle les quinze intrus se trouvaient, approchant d'elle. Il les sentait parfaitement et c'était sans même s'en apercevoir qu'il avait automatiquement reprit son attitude de combattant endurci et impitoyable.

Il ouvrit la porte sans un son, d'abord d'un petit centimètre pour s'apercevoir que les intrus n'usaient que de très faibles lumos pour s'éclairer. Des sorciers indubitablement au vu de leurs tenues et aucune créature magique au vu des auras. Cela lui facilitait les choses. Ils étaient dispersés un peu partout, sur leurs gardes, avançant doucement en scrutant tout le rez de chaussé. Et ils ne semblaient pas encore s'être rendus compte qu'il était là. Il attendit que la lumière quitte le recoin où se trouvait la porte derrière laquelle il se trouvait pour l'ouvrir un peu plus, tranquillement, doucement, sans faire un bruit. Il se glissa dans la salle comme un serpent, referma et gagna immédiatement le bar derrière lequel il se cacha. Tel un félin, toujours sans émettre le moindre bruit dans la nuit, il sauta sur le meuble, s'y accroupissant sans qu'aucun des intrus présents tout autour de lui ne s'en rende compte. Il sourit : il avait à faire à des amateurs ou tout du moins à des gens loin de son niveau et lui n'avait pas perdu la main pour dissimuler sa présence. Il se laissa tomber au sol de l'autre côté entre deux tabourets et fit deux pas pour se retrouver au milieu de la pièce et des intrus qui s'apprêtaient à se diriger vers la porte menant à l'étage. Mais ils le remarquèrent soudain lorsqu'il se tint droit. L'un d'entre eux cria et tous se tournèrent vers lui avec l'impression qu'il était apparu de nul part. Evan se retrouva éclairé, pas perturbé pour un sous, le regard froid et tranchant, détendu.

- Eh bien, commença-t-il. C'est impoli de s'inviter de la sorte chez quelqu'un. Puis-je savoir ce que vous faîte dans mon bar mesdames et messieurs les sorciers ? demanda-t-il presque légèrement en les balayant du regard.

- C'est lui ? demanda l'un de ses opposants à un de ses camarades.

- Tout dépend de qui vous cherchez ? répondit-il avec le sourire. Mais si c'est Harry Potter que vous cherchez, c'est moi, dit-il dangereusement.

- Abattez-le ! hurla clairement l'un d'eux.

Immédiatement, les sorts fusèrent vers lui et il bondit en l'air. Les raies de lumières se croisèrent sous lui et il rit froidement en voyant plusieurs des intrus se faire toucher par les sorts de leurs camarades. Des amateurs. Il sortit son pistolet, tirant trois coups dans les genoux de ses adversaires les plus proches lorsqu'il atterrit. Les cris de douleurs retentirent mais il ne les entendit même pas, concentré pour régler ça au plus vite sans trop utiliser la magie, ne voulant pas déclencher de crise. Il se baissa vivement pour éviter une autre vague de sorts et il grinça des dents lorsque plusieurs touchèrent son mobilier, le faisant purement et simplement exploser en un fracas assourdissant. Il roula sur sa gauche, coinçant sa baguette entre ses dents et prenant son couteau dans sa main. Il tira trois autres coups de feu qui atteignirent trois cibles dans les épaules ou les cuisses. Non pas qu'il ne voulait pas les tuer mais s'il pouvait en garder au moins quelques-uns pour les interroger... Il se releva pour se retrouver derrière un autre homme qu'il poignarda sans ménagement, lui assénant un bon coup de pieds puis un coup de coude qui l'envoyèrent au sol. Il esquiva les sortilèges qu'on lui envoyait, l'un d'entre eux s'écrasant sur sa protection sans la passer. Il sauta sur une table où il pris son élan pour bondir plus haut et plus loin, les malédictions fusant vers lui. Il atterrit au milieu de quatre hommes qu'il envoya au tapis au moyen de bons vieux arts martiaux et de quelques coups de couteaux.

- Arès ! hurla un assaillant en attirant son attention.

Ce fut de justesse qu'il évita le sortilège qu'il lui envoya et qui s'écrasa au sol, provoquant une explosion semblable à une grenade. Il fut forcé de se jeter au sol pour éviter que le souffle ne l'envoie voler et il gronda, furieux en entendant toutes les fenêtres du bar exploser, ses meubles soufflés, ses verres se brisant comme ses bouteilles d'alcools dans un boucan du diable.

- Alors ça, vous allez le regretter ! s'écria-t-il.

Il bondit comme un fauve, fusant d'adversaire en adversaire avec rapidité dans la pénombre. Il lâcha son pistolet une fois son chargeur vide, reprenant sa baguette. Il usa d'un peu de magie lorsqu'il voulait atteindre un adversaire éloigné mais il préféra utiliser son couteau et ses coups purs le plus possible, sentant déjà les crampes venir sous cette utilisation de magie et ce combat que son corps n'appréciait pas. Ses ennemis n'utilisaient pas d'impardonnables, certainement dans l'espoir de ne pas alerter le Macusa mais leurs sorts étaient dévastateurs, le bar se retrouvant vite sans dessus dessous, les explosions s'enchaînant, le feu prenant alors que le bâtiment tremblait. Cela ne fit que faire monter sa colère alors qu'il ne se jetait qu'avec plus de hargne sur ses assaillants, sa protection le préservant du peu de sorts qui l'atteignaient. Il ne restait plus que trois ennemis opérationnels après à peine six ou sept minutes de combat, lorsqu'il sentit de nombreuses autres signatures magiques approcher, d'autres moldues déjà rassemblées dans la rue. Les sirènes et les gyrophares firent savoir leur présence mais cela n'arrêta pas le combat loin de là. Evan sentit une barrière anti transport sorcier être levée ainsi qu'une autre d'illusion pour les moldus et cela lui fit penser qu'il s'agissait des aurors. Aussi, il bondit en arrière vers la porte d'entrée explosée par où ils entreraient certainement, esquivant d'autres sorts de découpes et d'explosions.

Une seconde plus tard, un véritable bataillon d'aurors débarquait derrière lui et il reconnut les robes et les écussons des aurors américains. Il fut presque surpris qu'ils aient répondu aussi vite à son appel, jamais il n'aurait eu ça en Angleterre ou à la Confédération. Il ne leur fallut pas une minute pour neutraliser les trois derniers ennemis, l'endroit bien éclairé de plusieurs lumos puissants. Les aurors se ruèrent sur les autres gisant au sol et Evan en vit plusieurs se diriger vers lui, l'entourant avec protection alors qu'il se redressait en regardant son bar ravagé, serrant les dents devant ce spectacle.

- Lord Potter ? interrogea un auror en attirant son attention.

- Chef Alsman, répondit-il en reconnaissant l'homme. Merci d'être venu.

- C'est normal. Allez vous bien ? Vous êtes blessé ? demanda-t-il avec inquiétude en avisant le sang sur son pyjama.

- Non, c'est leur sang, dit-il en désignant ses attaquants d'un coup de menton. Faîte éteindre ce feu s'il vous plaît, pria-t-il en regardant l'incendie qui débutait.

D'un seul regard, le chef fit bouger trois de ses hommes qui s'empressèrent d'éteindre les flammes, le soulageant un peu.

- Venez vous asseoir, pria ensuite le chef en le tirant vers le bar miraculeusement debout et attrapant une chaise qui avait réchappé au carnage.

Griffin s'assit, froid et rigide d'apparence bien qu'intérieurement furieux en voyant le Rusty's dans cet état. Il regarda les aurors entraver ses ennemis qui pouvaient l'être, d'autres apportant les premiers soins à ceux qui mourraient sans et d'autres constatant quelques décès.

- Que s'est-il passé Milord ? demanda le chef.

- Ces charmants messieurs ce sont introduit chez moi en pleine nuit, commença-t-il. Je vous ai appelé tout de suite mais je n'avais pas le temps de vous attendre. Je leur ai demandé ce qu'ils faisaient là et quand ils ont confirmé mon identité, l'un d'entre eux a ordonné de m'abattre. Le combat a commencé et duré quelques minutes avant votre arrivée.

- Je vois. Vous savez qui ils sont ?

- Non, mais j'ai énormément d'ennemis comme vous le savez, dit-il alors que l'homme acquiesçait gravement. Je pencherais quand même pour une piste.

- Laquelle ? demanda l'homme.

- L'un d'entre eux m'a appelé « Arès ». Arès était mon nom de code lorsque j'étais auror d'élite de la Confédération, révéla-t-il. Personne hormis les gens qui travaillaient au département des aurors d'élite d'intervention international ne savaient cela. Donc c'est soit un membre de ce département soit quelqu'un qui en a fait parti. Avec les serments, normalement, aucun agent en dehors de la direction du département, de la Confédération ou le chef des groupes d'interventions, ne peut citer une telle info en dehors d'une mission. Donc s'il a pu m'appeler comme ça...

- Vous voulez dire que vous pensez que la Confédération les envoie, posa l'homme simplement.

- Ils auraient des milliers de raisons de vouloir ma mort et vu comment la Confédération commence à déraper...

- Je ne peux que suivre la réflexion, soupira le chef des aurors, même si cela serait vraiment un des pire scénario.

- Il y a cette histoire de pseudo et le fait qu'ils ont utilisé des manœuvres et des procédures typiques des aurors de la Confédération, renchérit-il. Je connais leurs façons par cœur. Des mercenaires n'agissent pas comme ça.

- Je sens que cette affaire va être drôle à gérer, ironisa le chef. Bon, on va voir ça. Vous êtes certain de ne pas être blessé Milord ? redemanda-t-il. Nous avons un médicomage dans l'équipe qui peut vous examiner rapidement.

- Inutile, je vais bien. Quinze ce n'est pas assez pour moi, dit-il sans aucune trace d'arrogance. Ils n'ont même pas passé ma protection. C'est mon bar qui a pris, remarqua-t-il en laissant transparaître une pointe de tristesse en regardant l'endroit.

- Je suis navré, répondit l'auror ne pouvant que constater les dégâts. Il y a beaucoup trop de moldus dans la rue pour que nous réparions magiquement et que nous modifions leurs mémoires. Et l'info doit déjà circuler.

- Je sais. Je réparerai tout ça à l'ancienne, soupira-t-il.

- Est-ce que vous croyez que les moldus ont pu voir quoi que ce soit de magique ? Nos radars n'ont rien détecté mais...

- Je ne pense pas. Tout s'est fait très vite à l'intérieur. On peut facilement faire passer ça pour un braquage musclé. Tout le monde sait dans le coin que ce bar fait pas mal d'argent, j'ai une grosse clientèle tout les jours.

- On fera ça alors. Je me charge de l'enquête Lord Potter. Le Macusa est déjà en grand froid avec la Confédération alors si c'est eux, croyez bien que nous sommes de votre côté. Après tout ce que vous avez fait pour notre monde, le Président tient à ce que vous puissiez vivre tranquille dans notre pays.

- Hum..., acquiesça-t-il distraitement.

- Si vous voulez bien faire votre déposition à mon second, demanda-t-il en faisant signe à un autre homme se tenant respectueusement à l'écart d'approcher, je reviens dans un instant.

Il approuva et fit sa dépositions officielle à l'auror, répondant à ses questions alors qu'on embarquait les attaquants et que l'on faisait les constatations d'usage. Avec l'illusion placée autour du bâtiment, les gens dehors verraient des policiers ou des officiers américains au travail, les aurors embarquant les assaillants dans des fourgons de police métamorphosés pour passer inaperçu. De l'extérieur, on ne verrait rien d'anormal et Evan savait que les aurors avaient déjà dû régler les choses avec les autorités moldus de la Nouvelle Orléans. Tout cela était plutôt bien rodé normalement. Il n'était pas inquiet pour ça. Seul son bar l'inquiétait. Il ne pourrait pas réparer magiquement sans que cela ne soit suspect pour le voisinage et lui même n'en n'aurait pas la force alors qu'il sentait une crise monter. Il avait déjà de violentes crampes un peu partout même s'il n'en laissa rien paraître. Son corps n'appréciait pas du tout et il voyait là encore une preuve qu'il avait bien fait d'arrêter ce boulot de fou d'auror d'élite. Très vite, les attaquants furent évacués vers le bureau des Auror de New-York qui se chargeait de ce genre d'affaire concernant des personnages comme lui. Si la capitale moldu était Washington, la capitale magique était à New-York. Grâce à la magie, il ne fallut pas une demi heure pour que toutes les constatations, prélèvement et photos soient faîtes, comme sa déposition et la vérification de sa baguette. Le chef des aurors revint alors vers lui :

- Six morts et les autres tous bons pour l'hôpital, s'amusa-t-il. Vous n'avez pas perdu la main on dirait, dit-il légèrement.

- Il vaut mieux dans mon cas, remarqua-t-il. Aurai-je des ennuis pour ça ? demanda-t-il sans être vraiment inquiet en connaissant par cœur les législations magiques.

- Non, c'était de la légitime défense claire. Vous n'avez rien à vous reprocher, assura Alsman.

- Chef ? appela l'un de ses hommes à l'entrée. Il y a un homme qui réclame qu'on le laisse passer. Il dit qu'il connaît Lord Potter et il ne lâche pas l'affaire.

- Qui est-ce ? demanda Evan.

- Il dit s'appeler Tool Milord, répondit l'auror sans hésiter.

- Il peut venir, c'est un ami proche.

- Sait-il pour la magie ? demanda le chef.

- Non, c'est un moldu, répondit Griffin.

- Bien alors laissez le venir mais jetez une petite illusion temporaire d'une petite heure pour qu'il ne voit que des autorités moldus, dit-il à son subalterne.

- À vos ordres, répondit-il en filant.

Evan fit disparaître sa baguette, récupérant son pistolet amené par un auror. Il ne fallut alors pas attendre trente secondes pour voir entrer un Tool dans tout ses états qui accourut vers Evan dés qu'il le vit :

- Evan ! Ça va ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- J'vais bien Tool t'inquiète. J't'expliquerai tout à l'heure, répondit-il en lui souriant doucement. Est-ce qu'on en a fini chef ? demanda-t-il alors à Alsman avec fatigue.

- C'est bon pour moi. J'ai ce qu'il me faut. Est-ce que vous voulez que je laisse des hommes au cas où ?

- Inutile. Avec ce remue ménage, je vais être tranquille et puis je doute d'avoir deux fois ce coup là en une semaine. Ça ira chef. Je préfère voir tout ce petit monde déguerpir de mon bar au plus vite.

- Très bien mais appelez immédiatement à la moindre chose.

Evan acquiesça et le chef des aurors vérifia que tout le monde avait remballé et que tout était en ordre, ordonnant ensuite le départ alors que quelques hommes s'étaient occupés de faire rentrer les curieux chez eux dehors.

- Au revoir monsieur Griffin, salua alors le chef. Je vous tiendrai au courant pour l'enquête.

- Au revoir et merci d'être venu chef, rendit-il platement.

L'homme lui adressa un signe de tête et tous s'en allèrent finalement, le laissant seul avec Tool. Il soupira lourdement lorsque le silence retomba, dévasté par l'état de son bar, son chez lui, son havre de paix. Il grimaça à un élan douloureux que Tool ne manqua pas, se baissant près de lui :

- Tu es blessé ? demanda-t-il très inquiet.

- Nan mais mon corps n'a pas apprécié que je casse la gueule à ces types, répondit-il.

- Une crise ?

- Ouais, grimaça-t-il.

- Viens, on va monter à l'appart, t'enlever ce sang et te mettre à l'aise tu seras mieux. J'ai déjà appelé Barney.

- T'aurais pas dû, ils bossent, dit-il en laissant le tatoueur lui faire passer délicatement un bras sur ses épaules pour l'aider à se lever et le soutenir.

- Ils étaient déjà sur le retour, répondit-il en attrapant son arme et son couteau pour les emmener. Ils seront bientôt là. Doucement, préconisa-t-il en l'entendant gémir de douleur. Grosse crise ?

- Je pense pas trop mais je vais déguster un jour ou deux, répondit-il sans se cacher devant son ami. J'avais pas arrêté ce boulot pour rien.

- J'reste avec toi, assura l'homme en l'aidant à avancer en évitant les débris.

- Merci Tool.

- C'est rien.

Tranquillement, Tool l'aida a remonter à l'appartement, y retrouvant un Pimousse dans tout ses états. Il l'aida à se changer et à se débarrasser du sang qui le couvrait, Evan rapidement prit de fièvre et de tremblements, une grimace de souffrance ne quittant plus son visage. Une fois propre, il l'installa dans un fauteuil, le matin approchant alors que ni l'un ni l'autre ne voulait retourner dormir. De toute manière avec la douleur, Evan savait qu'il ne pourrait pas. Ce ne serait pas une crise monumentale mais s'en serait déjà une belle accentuée par le fait qu'elle prenait tout son corps. Heureusement qu'il avait freiné sur la magie ou il aurait été certain de retomber dans une de ces crises terribles qui le paralysait complètement et le mettait dans un état pitoyable. Celle-ci n'irait pas jusque là... avec de la chance. Il remercia Tool qui lui ramena de l'eau fraîche et un linge humide pour se rafraîchir, se mettant à veiller étroitement sur lui en assurant que la bande serait bientôt là. Et Evan loua le ciel qu'ils ne soient pas rentrés plus tôt. Pour rien au monde il n'aurait voulu voir Barney au prise avec des sorciers.