Salut!
Voici le chapitre 21 plus tôt que prévu (pour une fois ;)) parce que je ne serai pas là ce weekend...
Merci Jennifer d'être présente sur chaque chapitre!
Bon je ne sais pas trop si celui-ci va te plaire parce que je me rappelle que tu n'étais pas fan de l'alternance des points de vue.
Mais j'ai essayé d'être plus claire en mettant en gras et en italique les paroles de Bella.
Merci pour ton commentaire Hmp, j'espère que la suite te plaira :)
Merci Guest, je suis flattée :)
Bon weekend, bonne semaine et bonne lecture!
¤o¤o¤
Chapter 21
Bang My Head
(David Guetta (featuring Sia))
Edward Bella
Derrière la baie vitrée, j'entrevois Bella qui m'attend, assise à la table d'un bar que je ne connais pas.
Elle a choisi le coin le plus sombre, le plus en retrait. Ça ne m'étonne pas.
Je suis le seul à la capter. Le seul à réaliser quelle créature superbe elle est.
Les gens autour d'elle la regardent mais ne la voient pas. Ils passent tous à côté d'elle sans percevoir l'essence de son être, sa beauté.
Oui, elle est belle… bordel ce qu'elle est belle… mais ce mot est bien trop commun pour la définir. Il faut la connaitre pour apprécier l'exactitude de ce qu'elle représente.
Ma perte, ou mon bonheur. J'oscille entre les deux sans vraiment trouver de réponse. Je suis déterminé à aller jusqu'au bout mais je n'arrive pas à entrevoir la suite des événements.
Je vois qu'elle n'est pas à l'aise, pourtant son attitude ne laisse rien présager de tel. Ses yeux naviguent dans la foule sans vraiment s'intéresser à quelqu'un en particulier, ses mains sur ses cuisses ne bougent pas, ses jambes non plus. Elle est là, dans le plus strict immobilisme mais elle ne me leurre pas, pas moi.
J'attends Edward dans ce bar que j'ai choisi. Je ne suis pas dans mon élément. Je n'y suis venue qu'une fois et l'atmosphère était nettement différente. Ce soir, le bruit est assourdissant, la foule oppressante. J'ai dégoté le coin le plus éloigné de cette jungle pour gagner un peu de tranquillité. Je ne suis pas sûre d'y être arrivée.
Dans tous les cas, je préfère être ici pour parler à Edward. Je préfère un endroit neutre.
Elle a voulu que nous nous retrouvions dans un lieu public très fréquenté, pas chez moi et encore moins chez elle. D'ailleurs je n'ai jamais mis les pieds chez elle. C'est son sanctuaire, son intimité cachée, préservée du monde extérieur.
Elle devait penser que je ferais de nouveau un esclandre et qu'un lieu bondé m'en empêcherait. Je suis furieux, je ne le nie pas, mais à bien y réfléchir, je ne peux pas lui en vouloir.
Elle est comme ça, elle agit et réfléchit ensuite. C'est une façon de faire mais pas la meilleure en ce qui concerne Alec. Elle ne connait pas l'étendue de sa méchanceté et de sa perversité. Elle a cru qu'elle avait affaire à un toquard ordinaire, de ceux qui prennent peur, qui se résignent, qui ne se vengent pas.
Elle a eu tort.
S'il y avait eu un moyen d'aider Alice, je m'en serais chargé depuis longtemps. Pour la soulager elle mais aussi mes parents qui se morfondaient de voir leur fille malheureuse avec ce pauvre type.
Les menaces d'Alec ne sont pas à prendre à la légère.
Ce matin, j'ai explosé. Son attitude a été absurde, sans fondement ni réflexion. Maintenant, avec le recul, je me rends compte que je ne peux pas aborder Bella de cette façon. Ce n'est pas juste, pas correct.
Je me décide à passer les portes du bar surchargé. La musique forte me cisaille les tympans, les gens éméchés m'agacent. Il règne une ambiance festive, totalement décalée par rapport à mon humeur. Je voudrais pouvoir être seul avec elle, lui parler dans le calme. Je me résigne au fait que ce ne sera pas le cas.
Dès que j'entre, nos yeux s'accrochent. Je me dirige vers elle comme aimanté par sa présence. Ni la musique, ni la masse de personnes qui me bouscule ne me détache de mon chemin ou de ses pupilles.
Mes yeux vont dans sa direction dès que je l'aperçois, dès qu'il pénètre dans le bar. Il provoque toujours cette sorte de magie qui rend toute chose autour de lui insignifiante. Le son se fait discret, les gens s'effacent, il ne reste que son image un rien fantasmagorique et mon corps qui se tend.
C'est toujours aussi surprenant, étourdissant.
Comme souvent l'expression de son visage ne me donne pas beaucoup d'information sur son état d'esprit. Je prends sur moi pour ne pas le prendre mal.
J'ai envie d'embrasser sa joue, de la serrer dans mes bras mais je me réfrène. Je suppose qu'elle ne le souhaite pas, pas ici parce que nous sommes en public et pas maintenant parce qu'elle doit m'en vouloir.
J'ai besoin qu'il me rassure, qu'il sourit, qu'il me touche, qu'il assure qu'il regrette, qu'il s'est laissé emporter par la colère et que tout ceci n'est rien d'autre qu'une dispute que nous allons dépasser.
Il n'en fait rien.
Son enthousiasme a disparu pour laisser la place à une sorte de gêne que j'ai du mal à appréhender mais qui me gagne pourtant. Je reste sur la défensive.
- Salut, je lance, pas vraiment sûr de moi.
- Salut, elle répond sur le même ton.
Je cherche mes mots. Mon regard fuit le sien qui me scrute.
- J'aurais pas dû crier comme ça ce matin. Je m'excuse.
Non, il n'aurait pas dû, mais ce n'est pas le point qui me taraude le plus. Je ne sais même pas s'il le sait, s'il s'est aperçu du mal qu'il m'a fait en me soupçonnant de lui être infidèle. Parce qu'il s'agit bien de ça, d'infidélité.
On peut dire ce qu'on veut, grimper sur cette chaise dans le bar, lui déclarer publiquement qu'il était mon mec était spontané mais loin d'être facile.
Je suis une fille de parole et malgré ma vie qu'on peut qualifier de dépravée si on veut, malgré le fait que j'agisse plus d'instinct que par réflexion, je me suis construit des principes. Je ne trahis pas les personnes qui me sont chères. Il y en a peu et elles me sont indispensables.
J'en ai douté. Son attitude m'a fait douter. Mais au fond, je sais que je suis quelqu'un de confiance. Je m'applique à donner à mes amis autant qu'ils me donnent, à être une bonne personne, pour eux, et pour pouvoir me regarder dans une glace sans détester ni celle que j'étais, ni celle que je suis devenue.
A bien y réfléchir, à nous voir assis là tous les deux ne sachant pas comment aborder les choses, je me demande si Edward m'est vraiment indispensable.
Est-ce mon imagination ou une aiguille vient de me percer le cœur ?
- Ce n'est pas la pire chose que tu aies faite.
Bien sûr que ce n'est pas la pire. Douter de sa loyauté l'a été. Douter de ce qu'elle me montre l'est.
Ce matin, j'étais confus et furieux mais mes mots n'ont pas dépassé ma pensée. Ce putain de doute à son égard me ronge. Qui suis-je pour elle ? Quelle est ma place ? Et pourquoi j'ai besoin de savoir ça pour être bien ?
- Je sais.
Il sait et il n'ajoute rien. Je ne vois pas trop quoi dire ou quoi faire, alors je prends la première idée qui passe par mon esprit. Parce que rester là devant lui, tendue et incertaine est désagréable et qu'une sorte d'urgence me pousse à en finir avec cette situation, quitte à foncer droit dans le mur.
- Si tu ne me fais pas confiance, alors on devrait arrêter cette comédie.
Il lève enfin les yeux sur moi. Il ne comprend pas ce que je veux dire, ou il est troublé par mon raisonnement, je n'arrive pas à cerner son expression.
Je m'explique.
- On ne peut pas continuer à se voiler la face. On a pris du bon temps tous les deux, on s'est bien amusé. Mais nous deux… en couple… ça ne marche pas.
D'un mouvement brusque il empoigne mon bras et me rapproche de lui. Ses yeux sont perçants, accusateurs. Les miens le mettent au défi de me donner tort.
C'est le moment que choisit le serveur pour se présenter à notre table.
Il ne saisit pas tout de suite la situation dans laquelle il nous cueille.
- Bonsoir les amoureux, je suis Jean, je serais votre serveur pour la soirée. N'hésitez… pas… à…
Le ton de sa voix a baissé progressivement, de jovial il est devenu confus.
Ça y est, il a compris.
- Est-ce que tout va bien mademoiselle ?
Il m'agace. Pourquoi serait-ce moi qui aurais besoin d'aide ? Pourquoi serait-ce toujours la demoiselle qui serait en péril ?
Je lui assène mon regard le plus noir à défaut de lui mettre mon poing dans la figure.
Bella est furieuse contre le serveur. J'adore cette attitude et en même temps elle me soule. Ce n'est pas parce qu'elle est une femme que le serveur lui pose cette question mais parce que c'est moi qui tiens son bras et qui le serre.
Elle va départir au serveur une réflexion bien calibrée. Le pauvre homme va s'en mordre les doigts d'avoir essayé de l'aider.
Bella n'a pas besoin d'aide même quand elle en a besoin.
- J'ai l'air d'avoir besoin d'aide ?
Qu'est-ce que je disais...
- Occupez-vous de faire votre job, on ne vous demande rien de plus, lance-t-elle avec hargne.
Evidemment, le serveur s'offusque et se ratatine sur lui-même. Il ne peut pas s'enfuir puisqu'il n'a pas pris nos commandes. Je vais à son secours.
Je lâche le bras de Bella à contre cœur. J'ai plutôt envie de la secouer pour lui faire entendre raison. Je n'ai pas réfléchi à la tournure des événements mais se séparer était bien loin de ce que j'aurais pu envisager.
- Pour moi une vodka tonic et pour la demoiselle qui n'est pas en détresse un jus de fraise s'il vous plait.
Le serveur manque de défaillir quand il nous informe après maintes excuses qu'il ne sert pas de jus de fraise.
- Donnez-moi la même chose que lui, dit-elle nerveuse.
Le serveur déguerpit en vitesse et nous nous retrouvons, comme des cons, l'un et l'autre aussi mal à l'aise que si nous ne nous connaissions pas, aussi maladroits que si nous marchions sur des œufs.
- Est-ce que tu peux arrêter de fuir chaque fois que les choses te dépassent ? je demande lassé.
- Les choses sont simples au contraire. Tu n'as pas confiance en moi.
- Tu ne me laisses pas le choix, je m'exaspère. On partage un lit, des repas, mais tu ne me dis rien, rien ne t'échappe jamais, comme si tu avais peur que je puisse m'en servir contre toi. Je suis Edward, je suis avec toi, je ne ferais rien qui puisse te nuire !
Il hausse le ton. Il n'a pas l'air en colère cependant, plutôt perdu, voire désespéré.
- Je suis qui pour toi hein ?
Elle baisse les yeux, incapable de formuler une réponse.
Est-ce une aiguille qui vient de traverser mon cœur ?
Merde ! Je ne m'attendais pas à ça. Qui est-il pour moi ? Jusqu'à ce matin la réponse était évidente, il est mon mec. Elle devrait toujours l'être. Alors pourquoi je n'arrive pas à le dire ? Peut-être parce que je sens qu'il ne s'en contentera pas. Peut-être aussi parce que ses soupçons m'ont ébranlée et que je ne suis plus certaine de savoir où nous en sommes.
Je botte en touche.
- Et moi ? Qui je suis pour toi ? Tu me baises, tu me pousses dans mes retranchements et ensuite quoi ? Tu t'attends à ce que j'embrasse un autre type ? Tu te rends compte de la connerie de la chose ?
Il se calme, il réfléchit et d'une manière ou d'une autre je suis déstabilisée par son attitude. Je pensais qu'il s'emporterait, qu'il crierait de nouveau.
Mais non, il se reprend, il garde son sang-froid. Il s'enferme dans sa bulle pour élaborer une réponse.
J'ai peur de ce qu'il pourrait dire.
- Bella, commence-t-il. Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau que toi.
Il a déjà prononcé ces mots. Je me rappelle très bien l'émotion qui avait agité ma poitrine. Le fait que personne ne m'ait jamais dit une chose aussi belle. Je me souviens aussi avoir ressenti cette impression de fragilité que j'ai détestée.
Ce soir mes mains tremblent et je sens une boule se former dans ma gorge. Son regard me scrute et j'en appelle à toute ma détermination pour le fixer en retour.
- Quelqu'un d'avisé m'a dit un jour que tu étais spéciale et que je devais agir avec toi sincèrement, continue-t-il. Je suis d'accord avec ça.
Je ne sais pas pourquoi je pense immédiatement à Sue.
- Alors voilà…
La tension entre nous s'apaise à mesure que son discours évolue.
Il semble vulnérable, tendre et il est… bon sang… je n'ai pas de mot pour dire à quel point il est beau.
J'ai envie de le toucher, de passer ma main dans ses cheveux, sur son visage. Mais évidemment, je suis trop tordue pour même accepter d'accéder à mes élans. Je me retiens.
- Je craque pour toi Bella.
La boule de ma gorge s'amplifie. Je mords ma lèvre pour ne pas la laisser me déborder. Je croise mes mains pour les empêcher de trembler. Je ferme la carapace très fort parce que si je ne le fais pas je vais flancher. D'autant plus que ses yeux dans les miens sont doux, honnêtes, et qu'il m'est très difficile de contenir cette émotion étrange qui tente de me submerger.
Je décide de rendre les armes. Si elle doit être ma perte, alors que la chute soit brutale. Je n'ai rien à cacher et même si c'est difficile, lui dire me fait du bien. J'ai l'impression de lâcher un poids, d'en finir avec un jeu malsain.
Je flanche, mais je ne baisse pas la tête. Je vais me dévoiler mais je veux qu'elle écoute le moindre de mes mots et qu'elle voie dans mes yeux à quel point je suis sincère.
- Quand tu es dans la pièce je cherche ton regard, quand tu es avec moi je suis heureux, même quand je ne te comprends pas, même quand je doute. Je ne fume plus depuis mon dernier séjour à l'hôpital même si là tout de suite je pourrais en fumer dix d'un coup, je mange bio et je suis quasiment devenu végétarien depuis que tu partages mes repas. Je veux te montrer que je peux être à la hauteur pour toi. Et en même temps, je me sens libre d'être comme je suis, je sens que tu me comprends et que tu m'acceptes, comme je le fais avec toi. Je voudrais que tu puisses te reposer sur moi, je voudrais être le premier à qui tu penses quand tu as un problème ou une bonne nouvelle. Je veux prendre soin de toi et que tu prennes soin de moi. Je pense que tu es la femme la plus spectaculaire qu'il m'ait été donné de rencontrer, la plus attirante, la plus désirable.
Je fais une pause. J'ai l'impression que mon discours est décousu, puéril, sans queue ni tête. Une fois la vanne ouverte les mots sont sortis sans que je ne les contrôle.
Je pourrais juste lui dire un « je t'aime » conventionnel, mais ce ne serait pas correct, pas entier, parce que je ne sais pas ce qu'est l'amour et qu'elle non plus. Ça ne lui donnerait pas assez de précisions sur mon ressenti, sur l'exacte sensation qu'elle me procure quelle que soit son humeur.
- Je suis à toi. C'est plus fort que moi, plus fort que tout ce que je connais. Je me battrai pour garder cette sensation mais je ne me battrai pas contre ta volonté. Si tu penses que notre relation est vouée à l'échec alors faisons ça, n'en parlons plus, mais si tu penses que nous avons la moindre chance de nous supporter, alors bats-toi aussi.
Elle ne bouge pas, ne cligne même pas des yeux. Comme toujours son expression est indéchiffrable. J'attends, tendu et calme à la fois.
Dire que je ne m'attendais pas à ça est un euphémisme. Je suis sciée, incapable de démêler les paroles d'Edward, les idées qui tournent dans ma tête et les émotions qui entravent ma poitrine. La musique et les conversations bruyantes ne m'aident pas.
Le serveur apporte nos boissons et met fin à mes réflexions chaotiques.
- Ça fera…
- Je viendrai payer au bar, tranche Edward d'une voix sans appel sans lâcher mon regard.
Le serveur disparait sans demander son reste.
Edward est dans l'expectative d'une réponse et je suis muette comme une carpe. Ce n'est pas la première fois que nous sommes dans cette situation, pas la première fois que les mots ne veulent pas dépasser la barrière de mes lèvres.
En réalité, à l'intérieur, tout mon être est en ébullition. Comme si une alarme s'était déclenchée et qu'il fallait que je trouve une solution qui ne m'est pas accessible.
Bordel de merde ! C'est quoi mon problème ?
Ses mains se rejoignent sur la table et il baisse la tête. Il se résigne au fait que je suis une putain de dégonflée ou que je campe sur ma décision de le quitter, je ne sais pas bien.
Alors, tremblante et pas sûre de mon choix, je me rapproche doucement. Ma main glisse sur la table avec une lenteur effrayante.
Je sais que je ne pourrais plus faire marche arrière après ça. Je sais que je m'engage à essayer de l'aimer avec tout ce que ça implique. Je le comprends et cette idée me terrifie. Mais si je veux être honnête moi aussi, envers moi et envers lui, je le dois, je ne peux pas passer à côté d'Edward sans tenter ma chance. Parce qu'il se pourrait bien qu'il soit ma chance.
Je me fais violence et ma main trouve les siennes, dures, tendues.
- J'ai vécu une enfance où j'étais insignifiante, je commence.
Elle me… touche… et… elle parle.
Je lève des yeux pleins d'espoir sur elle. Elle baisse la tête, sa main sur les miennes et sa voix est presque un murmure mais je l'entends pourtant. D'ailleurs je n'entends qu'elle. Elle nous laisse une chance et ma poitrine vibre de soulagement, de joie et d'appréhension aussi.
Je me concentre sur sa bouche et son visage torturé.
- Comme tu le sais, ma mère ne s'occupait pas de moi. Pour elle je n'existais pas. Jusqu'à l'âge de six ans j'ai vécu en recluse. Je ne sortais jamais. Ma mère buvait, elle se droguait… elle se drogue sans doute toujours… Dans ses crises de manque, elle hurlait et nettoyait l'appartement de fond en comble. Elle m'effrayait, je me cachais dans un placard pour la fuir. J'ai compris tard qu'elle ne criait pas sur moi, elle devait parler au mur ou à des chimères. Même si c'était des cris, j'aurais aimé qu'ils soient contre moi, ils auraient prouvé que j'existais, d'une façon ou d'une autre.
J'avale ma salive difficilement. Est-ce que je suis à la hauteur ? Est-ce que je peux lui faire oublier même quelques secondes cette enfance désastreuse ?
Bien sûr. Je serai présent pour elle et je veux croire qu'elle sera là pour moi. Ce passé fait partie d'elle, elle devra faire avec et je ferai avec si elle m'y autorise.
- Elle s'adressait très peu à moi mais quand elle le faisait elle me faisait atrocement peur, ses yeux, sa voix grinçante. J'étais terrifiée.
Elle réprime un frisson et grimace un peu. J'ai foutrement envie de la serrer dans mes bras.
- Seules les personnes qui passaient à la maison, des dealers ou des compagnons de défonce pour la plupart, me regardaient ou me parlaient. Certains étaient gentils, ils essayaient de discuter, d'autres avaient le regard fuyant, gênés d'être en ma présence, d'autres encore se moquaient de moi et certains me faisaient peur. Mais au moins, je savais que j'étais vivante. Plus tard, quand je vivais chez Emmett et que je rentrais les week-ends, ma mère me dénigrait. Elle me traitait de tout et me rabaissait. Et ça a continué comme ça jusqu'à ce que j'aie l'âge légal de travailler.
- Bella… Tu n'es pas obligée de me raconter tout ça. On a le temps, on a vraiment tout le temps.
Je prends sa main dans les miennes dans un geste que je veux rassurant.
Elle peut se livrer quand elle en aura besoin et pas pour me prouver quoi que ce soit, même si j'apprécie sa démarche.
Elle souffre. Elle le cache bien mais revenir sur son enfance est douloureux, je le vois et je le ressens.
Elle baisse un peu plus la tête. J'enlace nos doigts.
- Ce que tu fais me touche Bella.
Je baisse la tête pour trouver ses yeux. Elle est confuse.
- Tu me touches. Je veux tout savoir de toi, petit à petit…
- Je veux te montrer dans quoi tu t'engages. Ma propre existence est restée comme un mystère pendant longtemps. On ne m'a pas touché, presque pas parlé, je n'ai pas reçu d'affection. Je ne sais pas exprimer mes émotions ou mes sentiments, je ne sais même pas si j'arrive à les ressentir correctement. J'ai un handicap Edward, je suis émotionnellement… coincée, je suis un bloc de glace enfoui depuis des lustres dans les tréfonds de l'antarctique.
Son regard se brouille et putain, je donnerais tout pour lui sortir ce genre de connerie de la tête.
Doucement je la prends sur mes genoux et je l'enlace le plus étroitement possible.
- Moi non plus je ne suis sûr de rien et ouais, j'ai un peu peur. Mais ce dont je suis certain c'est que je veux être avec toi. Tant pis si ça prend du temps et tant pis si on doit se disputer quelques fois. Je t'aiderais, on s'aidera mutuellement. J'ai envie de ça avec toi, j'en ai tellement envie…
Son corps se fait tendre et se fond contre le mien. Elle se laisse aller et c'est foutrement bon de la sentir s'abandonner, même un peu.
Elle accepte, elle m'accepte, elle nous envisage ensemble.
Elle relève son visage et me fait face, toute trace de doute ou de trouble envolée.
- Tu es important pour moi Edward. Je vis tout un tas de première fois avec toi et même si j'ai encore du mal... elle fait une pause et sonde mon visage. J'aime que tu sois dans ma vie.
Je me noie dans son regard. J'apprécie vraiment ce qu'elle me dit et l'effort qu'elle fait pour le dire parce que je sais très bien que ce n'est pas facile pour elle de l'exprimer et je sais aussi que je ne dois pas le prendre mal. Ces sentiments sont nouveaux pour elle, les accepter est un défi et les formuler un plus grand encore.
- Moi aussi Edward, je suis sûre que je veux être avec toi. Je ne sais juste pas comment m'y prendre.
Je repose sa tête contre mon épaule dans un geste doux.
- On trouvera, je t'assure.
Je ferme les yeux, rassurée pour l'instant. Exprimer ce que je ressens me fait du bien. L'émotion ne coince plus ma gorge, elle ne me submerge pas, au contraire, elle m'a désertée. Je n'aurais jamais cru que parler serait aussi salvateur.
Mais je dois aller au bout, je dois continuer. Je veux croire que je peux y arriver.
- Je déteste qu'on crie… je déteste quand « tu » cries, je chuchote contre lui.
Edward se redresse et je reprends ma place sur la banquette près de lui.
- Ok, je peux gérer ça.
- Je déteste que tu doutes de moi.
- Alors parle-moi, explique-moi les choses, je peux tout comprendre.
- Je n'ai jamais eu de mec…
- Ni moi de nana.
- Je ne connais pas les règles de la vie de couple…
- A nous de les inventer.
- Mais je sais que je n'ai envie d'aucun autre homme que toi.
- C'est pareil pour moi.
Je dirais même que les autres femmes, aussi belles et intéressantes soient-elles sont fades à côté d'elle, sans intérêt.
Je dirais même que les autres hommes sont transparents, insignifiants depuis que je le connais.
- Si un jour ça changeait, tu serais tout de suite au courant. Je ne me forcerai pas.
- Ni moi non plus.
- Et… je n'aurais jamais embrassé Alec.
On y vient.
- Ecoute Bella, j'ai pété les plombs quand tu m'as appris ce que tu avais fait. Tu es une fonceuse et la plupart du temps c'est une qualité mais en ce qui concerne Alec, tu as merdé.
Elle se renfrogne un peu. Je ne choisis pas vraiment mes mots, je dis ce que je pense sans filtre. Ce n'est peut-être pas la meilleure façon d'aborder les choses mais c'est la mienne. Je garde tout de même un ton doux sans aucune trace de rancune.
- Je sais que je n'ai pas été fin de te demander si tu l'avais embrassé et après ce que tu viens de me confier, j'ai même été un abruti et je m'en excuse, mais ce que j'ai dit avant reste vrai. Alec est un poison. Je ne sais pas ce qu'il va trouver mais je suis plus que certain qu'il va essayer de te faire du mal d'une façon ou d'une autre. Tu as manqué de jugement sur ce coup.
Elle réfléchit, son visage se ferme.
- Je ne vois pas comment il pourrait m'atteindre. Je ne possède rien. A moins de tuer Jasper, Emmett ou Sue et Carmen, alors rien de ce qu'il trouvera ne me fera de mal.
Elle ne m'inclut pas dans les personnes qui lui sont chères. Je suis un peu vexé mais je ne montre rien.
- Et toi… bien sûr… elle ajoute.
Elle ne parvient pas à lever les yeux sur moi en faisant cette révélation, je m'en moque. Je souris.
Elle avoue qu'elle tient à moi. Nous avançons, doucement mais surement.
- Je ne pense pas qu'il s'attaquera à l'un d'entre nous, trop frontal, pas assez vicieux.
- Alors il y a peu de chance qu'il me coince.
Je ne me résigne pas à son idée. Je ne suis pas dans le cerveau tordu d'Alec et je ne sais pas ce qu'il va comploter mais je sais qu'il le fera.
L'ambiance s'est alourdie. Bella est muette, perdue dans ses pensées. Je passe à autre chose parce qu'il ne sert à rien de se torturer ou de s'inquiéter. Maintenant qu'elle est avec moi, nous affronterons les événements ensemble quels qu'ils soient.
- On a toujours un rancard samedi ?
Je ricane de son air étonné. Moi aussi je peux être coriace.
Elle sourit avec chaleur et prend ma main dans la sienne. Elle la porte à ses lèvres et embrasse ma paume. J'en profite pour caresser sa joue qu'elle frotte affectueusement contre ma main.
Elle a un geste d'affection. Il n'est pas calculé, pas forcé et en plus en public. Je suis sur un foutu nuage et mon sourire n'a pas de fin.
- Pas besoin d'un rancard, on en a un ce soir.
Je roule des yeux, amusé.
- Un vrai rancard tu te rappelles ? Avec robe, fleurs et resto…
Elle soupire.
- C'est vraiment trop cliché Edward. Tu devrais être content que ta nana ne soit pas romantique.
Ah ouais ? Vraiment ? Je ne crois pas être romantique moi-même. C'est romantique d'aller au resto ?
- Je sais pas si c'est romantique mais j'aime bien l'idée.
- Et si on faisait une sortie à quatre plutôt ?
- T'as peur de t'ennuyer ?
- Avec toi ? Jamais ! Tu connais plus d'un moyen de me… distraire…
Ses yeux pétillants, sa moue expressive et sa voix sensuelle ont raison de moi et de mon sexe qui appelle Bella de toutes ses forces depuis le début de la journée.
- Allumeuse, je tacle.
- Pour ton plaisir, sourit-elle avec charme.
Putain !
Elle sirote son verre l'air de rien, les lumières chaudes donnent à ses cheveux des reflets colorés. Elle est magnifique et je ne peux pas détacher mes yeux d'elle.
On discute de nos journées. Je lui parle du mal que j'ai eu à ne pas l'appeler et de la façon dont je me suis fustigé après l'avoir fait. Elle me raconte qu'elle a vu Emmett et Jasper et qu'ils sont sans l'ombre d'un doute dans mon camp.
Je suis fier. S'ils pensent que je suis bien pour elle c'est qu'ils ont senti notre lien et qu'ils ont vu que je ne mentais pas, que j'étais franc, intègre.
Notre boisson finie, j'avoue que je suis un peu bancal.
- C'est bon ce cocktail, sourit Bella.
Elle aussi est éméchée.
- Tu en veux un autre ?
Elle hoche la tête comme une enfant à qui on promet une gourmandise.
Je lève mon bras à l'aveuglette et notre serveur réapparait comme par enchantement. Je lui fais un signe qu'il comprend dans la seconde. Quelques minutes plus tard, il revient avec les deux verres.
- Est-ce qu'on danse à un rancard ? demande-t-elle malicieuse.
- On peut.
- Alors viens !
Elle se lève précipitamment et m'entraine sur la petite piste au fond du bar.
- Qu'est-ce que tu fous ? je demande, pas à l'aise de me retrouver dans cette ambiance.
La musique est ce que j'appelle de l'électro poubelle, toujours le même rythme, des voix criardes, des sons stridents, et je ne sais foutrement pas comment m'y prendre pour bouger sur ce bordel.
- Je t'offre ton rancard beau gosse !
Elle sourit, fière de son fait. Elle non plus n'accroche pas sur cette musique et je ne comprends pas pourquoi diable elle veut danser.
- Je sais pas danser là-dessus.
- C'est facile, laisse-toi aller.
Elle se rapproche et se colle un peu à moi. Ça ne fonctionne pas. J'ai envie de l'entrainer chez moi pour lui faire l'amour toute la nuit mais pas une seconde de danser.
Dans un éclat de rire elle s'éloigne un peu, me laissant contre le mur. Je la regarde se déhancher. Elle est en rythme mais ses mouvements sont atypiques si on les compare avec le reste de la foule. Elle s'en fout. Elle bouge avec le sourire et contrairement aux autres filles, elle ne dégage pas une once de vulgarité, elle est naturelle et libre… sexy et belle à se damner.
Edward refuse de danser mais il ne fuit pas pour autant. Il va finir par venir, j'en suis sûre. Je lui offre son rancard et j'espère très fort qu'il lâchera l'affaire après ça.
Toutes les filles de la piste n'ont d'yeux que pour lui. Elles bougent leurs fesses avec plus d'enthousiasme, les secouent en tous sens.
Est-ce que c'est une espèce de danse de séduction ? Je les trouve plutôt grotesques.
Au fond de moi, je jubile. Il est à moi. Le beau gosse le plus sexy du coin est à moi. En plus, il ne regarde aucune d'elle. Ses yeux sont sur moi, uniquement sur moi… et sur les gars qui me matent.
Je sais qu'il n'est pas du genre à faire un esclandre pour si peu. Après les confessions de ce soir, il sait qu'il n'a aucun souci à se faire.
Je ne supporterais pas qu'il soit si invasif. Je suis assez grande pour gérer ça.
Dans mon coin, je jette un œil autour de moi pour essayer de comprendre la façon dont se meuvent les gens sur cette musique. Mais je ne vois que les gars qui matent son cul.
Bordel ! Je dois oublier ça !
Je suis certain que Bella n'est pas une demoiselle en péril et qu'elle ne supporterait pas un macho qui la réclame comme sienne devant ses prétendants. Je me détends. Après tout, elle est bonne, ma femme est même plus que bonne. Ils peuvent regarder, du moment qu'ils ne la touchent pas… et même dans ce cas, elle se débrouillera très bien toute seule.
D'ailleurs, un homme s'approche d'elle. Il lui fait face comme pour l'inviter à danser. Elle le regarde sans sourire et se retourne. Etant moi-même un gars, dans cette situation je n'ai pas besoin de dessin, s'il n'y a pas d'accroche, je me barre. Il faut croire que celui-ci est soit idiot, soit téméraire.
Il essaie de prendre sa main pour la faire danser. Là, elle s'arrête en le toisant. Elle lui dit quelque chose à l'oreille en me montrant du doigt. Le type me regarde, fait une grimace, il hausse les épaules et la laisse tranquille.
Je dois être trop curieux et tant pis pour moi si c'est le cas, mais je dois savoir.
J'avance en me dandinant plutôt qu'en dansant réellement. J'essaie de jouer la discrétion mais son regard est mutin, elle sait exactement pourquoi je viens. Elle me tourne le dos en se balançant contre moi. Pas pour m'aguicher, juste pour me faire languir.
Je baisse ma bouche au niveau de son oreille.
- Qu'est-ce que tu lui as dit sur moi ? je souris.
Elle me répond avec malice.
- Je lui ai dit qu'il n'avait aucune chance avec moi parce que j'avais le mec le plus beau et le plus sexy de la soirée.
Je reste coi. Elle continue de danser comme si de rien n'était.
Putain ! Je suis son mec, le plus beau et le plus sexy ! Je n'arrive pas à réaliser qu'elle ait prononcé ces mots à l'attention d'un inconnu.
Je me concentre sur elle.
Elle resplendit. L'alcool n'est surement pas pour rien à son état, peut-être aussi le fait que nous ayons réussi à nous livrer et qu'elle m'ait choisi, qu'elle ait accepté de me faire une place dans sa vie.
Elle semble heureuse et je veux partager ça avec elle. Alors je me détends, je laisse le rythme imprimer les mouvements de mon corps et je danse.
On bouge un peu n'importe comment mais on s'en fout. On se marre, on est bien ensemble et c'est tout ce qui compte.
Mais après une heure je ne supporte plus le son et mes pieds ne me portent plus. Je n'ai rien avalé de la journée et l'alcool me fatigue.
Je conduis Bella jusqu'à ma voiture, sa main dans la mienne, souriant comme un bienheureux.
- On va chez moi ?
C'est une question rhétorique. Bien sûr qu'on va chez moi.
Mais Bella est la personne qu'elle est. Une nouvelle fois, elle va me surprendre.
- Je ne me suis pas organisée pour dormir. J'aimerais plutôt rentrer chez moi et avoir mes affaires sur place pour demain. J'ai… besoin d'être chez moi.
L'alcool aidant, elle n'a pas l'air d'avoir les idées claires et elle a besoin de s'organiser que ce soit pour le lendemain ou pour tout autre chose.
Je n'insiste pas.
Bien sûr, je préfèrerais qu'elle reste. Je préfèrerais qu'elle dorme dans mon lit et lui faire l'amour.
Mais toutes ces petites choses, son organisation digne d'un chef d'entreprise, ses rituels bien ancrés, le rythme calculé de ses journées, font partie de Bella.
J'aime ses manies et son caractère autant que son physique.
Je ne sais pas si j'aurais eu cet intérêt pour elle si elle n'avait pas été si spéciale. D'un autre côté, j'imagine que chaque femme est spéciale à sa façon.
La façon de Bella me convient et me correspond plus que toute autre.
Dans la voiture nous refaisons la soirée. Nous nous moquons de la façon surréaliste dont nous dansions, des regards amusés ou surpris qui pointaient sur nous.
Arrivé devant chez elle, je tente de courir pour lui ouvrir la porte avant qu'elle ne sorte. Elle est trop rapide et elle ne comprend toujours pas pourquoi je me dépêche autant. Je souris.
- Est-ce que tu as passé une bonne soirée ? demande-t-elle.
- Sans aucun doute, dis-je en passant mes bras autour de sa taille.
Ce geste aussi simple soit-il me ravi. Je crois que c'est la première fois que je n'hésite pas à le faire en public, même si nous sommes seuls dans sa rue.
- Alors nous avons eu notre rancard, sourit-elle.
Je grogne. Elle est maligne.
- Tu n'as pas mis de robe, dis-je en caressant sa cuisse. J'ai mon vieux jean et je n'ai pas apporté de fleur.
Sa joue vient frotter la mienne tandis que son corps se rapproche encore.
- Et…
Elle embrasse langoureusement mon cou. Je dois me concentrer sur mes propos pour ne pas la prendre sauvagement là tout de suite sur la porte de son immeuble.
- Je n'ai pas eu le baiser de la princesse…
Elle se tend, éloigne son visage pour scanner le mien et y trouver une trace d'humour.
Je souris avec malice. Je ne lui laisse aucun indice sur le sérieux de mes paroles.
Elle semble aux prises au doute, à la confusion.
Je lui en demande beaucoup, je le sens. Alors j'abrège ses questionnements.
Ma main remonte le long de son dos et mes doigts enlace sa nuque. Doucement, j'approche mes lèvres qui viennent se poser sur la commissure des siennes.
Ce n'est pas un baiser, pas un « vrai », mais les lèvres d'Edward sur ma peau sont douces, tendres, un rien sucrées. Je ne réfléchis pas quand mes lèvres avancent aussi et savourent ce petit bout de peau, celui juste avant sa bouche. C'est bon, c'est extrêmement bon.
Je me dis que c'est peut-être le bon moment. Je me dis que nous avons fait un grand pas et qu'un baiser pourrait clore cette soirée brillamment. Je me dis aussi qu'il m'en demande beaucoup et que je ne suis pas encore sûre, ou prête.
Je me décide à lui accorder plus quand ses lèvres descendent le long de ma mâchoire pour s'arrêter juste au-dessous de mon oreille. Il murmure « on a tout le temps ». J'entends dans sa voix l'envie, la patience, la sensualité.
Je craque. J'ai l'impression que mon corps se craquelle en plusieurs morceaux. Je ne vais pas m'effondrer, au contraire, je me sens pleine de vie et d'enthousiasme.
Il est mon mec et il me comprend mieux que personne. Il anticipe mes craintes, mes désirs. Il est juste… incroyable.
Poussée par un élan de tendresse et de gratitude, j'enlace son cou. Je veux me fondre en lui alors je le serre fort. Il doit avoir la même idée parce qu'il me soulève et comme ce n'est pas encore assez, mes jambes viennent enserrer sa taille.
On reste comme ça quelques minutes, étroitement serrés l'un contre l'autre.
Je sens le sexe d'Edward prendre vie et naturellement, sans même le décider vraiment, mon bassin accentue la sensation.
- Bella… tu vas me rendre fou…
Soit je vais jusqu'au bout, soit je le lâche maintenant, voilà ce que signifient les paroles d'Edward.
Loin de moi l'idée de le lâcher.
La main de Bella fouille dans son sac. Je sais exactement ce qu'elle cherche, ses clés. Je ne crois pas que nous monterons chez elle et ça m'est égal parce que je la veux maintenant et tout de suite.
Quand j'entends le tintement reconnaissable des clés, je la rapproche de la porte.
La friction qu'elle administre à ma queue est de moins en moins tolérable. Je dois la sentir.
Dès que nous passons la porte, je la colle au mur. Ne pas l'embrasser est difficile alors je reporte mon attention sur son pantalon. Je bataille avec le bouton un moment avant de la déposer sur le sol, de réussir finalement à l'ouvrir et de l'en extirper sèchement.
Je soulève une de ses jambes sur ma hanche. Ma main passe directement sous sa culotte que je trouve humide.
Elle soupire quand mon doigt entre en elle.
- C'est ce que tu veux n'est-ce pas ? je murmure.
Même si dans ses bras et d'autant plus dans cette position j'oublie tout, je n'arrive pas à oublier que nous sommes dans son entrée. J'essaie de rester discret alors que je veux crier mon désir pour elle et entendre ses gémissements briser mes oreilles.
- Oui, murmure-t-elle d'une voix aigüe.
Ma queue raidit un peu plus.
Elle ouvre ma braguette d'une main et s'empare de mon sexe.
- Et toi Edward ? C'est ça que tu veux ? demande-t-elle en bougeant sa main sur mon membre déjà bien tendu.
- Non.
J'arrache sa culotte, la soulève de nouveau et dans un geste brusque, je m'empale en elle.
Elle ne réussit pas à maitriser son cri et je m'immobilise.
- Chut…
Nos fronts sont l'un contre l'autre, nos souffles se mélangent.
Je vais et je viens lentement. C'est difficile de garder ce rythme. J'ai besoin d'elle, et fort. Je sens qu'elle aussi me réclame plus durement.
Nos bouches sont très proches. Son haleine m'appelle mais je ne peux pas l'embrasser, pas comme ça. Elle mord sa lèvre pour ne pas faire entendre ses soupirs. La peau autour blanchit tellement elle serre.
Alors ma main se pose sur sa bouche. Je lis dans ses yeux son soulagement.
Elle bouge son bassin plus rapidement et mes poussées deviennent plus sèches et moins maitrisées.
Je m'enfonce en elle profondément, rapidement, follement, la faisant sursauter sous mes assauts. Ses cris étouffés sont d'un érotisme rare et l'odeur de sa peau me transporte.
Edward est bestial et que je sois damnée mais j'adore ça. J'aime qu'il me désire à ce point. J'ai tellement besoin de lui en moi que je ne sens pas le mur qui râpe mon dos, mes mollets durcis qui s'accrochent à ses hanches, mes reins qui se battent pour avoir le dessus sur les siens. Il s'enfonce si profondément en moi que chacune de ses poussées provoque comme un feu d'artifice dans mon ventre.
Si je ne suis pas au paradis, je n'en suis pas loin.
Je mords sa chair au moment où je me déverse en elle, où moment où elle jouit si fort que ma main sur sa bouche n'arrive pas à atténuer l'intensité de ses cris, au moment où je me sens transporté sur ce foutu nuage, au milieu de ces putain d'étoiles et que tout perd son sens sauf elle, sa peau, sa respiration, son sexe autour du mien.
Secoués et à bout de force, nous restons un longtemps comme encastrés l'un dans l'autre, incapables de nous détacher, incapables d'accepter de retrouver un semblant de réalité.
Soudain, la lumière de l'escalier s'allume. La réalité est parfois brutale.
Je la lâche sous la surprise. Nous réagissons vivement tandis que nous entendons déjà des pas descendre les escaliers.
J'attrape son jean et sa culotte déchirée, pas le temps de remonter mon pantalon, elle prend son sac et ma main pour nous conduire sous l'escalier, derrière deux ou trois vélos.
Bella avait prévu que quelqu'un pourrait nous surprendre. Elle avait forcément un plan au cas où. Elle est prévoyante et ne se laisse pas surprendre.
Moi je n'avais même pas remarqué ce renfoncement.
Nous sommes si silencieux qu'il me semble entendre nos cœurs battre avec frénésie.
Nous laissons échapper nos souffles quand enfin le bruit de la porte d'entrée qui claque retentit.
Nous éclatons de rire, mais doucement. Accroupis et mal à l'aise, nous remettons nos habits.
- Tu me dois une culotte, annonce Bella comme si elle était contrariée.
- Je t'en offrirai des dizaines pour te prendre de cette façon à nouveau.
Elle sourit malicieuse.
Nous avons fait l'amour pour la première fois dans cet endroit. Aujourd'hui, il semble que c'était il y a une éternité.
Bella parait différente parce qu'elle n'a plus le même air revêche, plus le même regard dur ou la même façon de parler avec moi. Je commence à faire partie de sa vie. Je suis un foutu chanceux.
Et elle ne me virera pas comme un malpropre. C'est un bon changement.
- Tu pourras me prendre de cette façon chaque fois que tu le voudras.
Elle embrasse ma joue et se faufile hors de notre cachette. Je passe ma main sur ma joue pour apprécier la sensation.
Je me noie dans ses bras, dans son odeur et la douceur de sa peau avant de la quitter.
Sur le chemin du retour, malgré l'air frais, j'ouvre la capote de ma voiture. Je me sens si complet, si rempli d'une satisfaction sans limite que j'ai besoin d'espace.
Mon sourire ne me quitte pas. Des images de la soirée défilent devant mes yeux.
Je repense un bref instant à Alec mais je décide de l'oublier pour l'instant.
Je suis un peu frustré de ne pas dormir avec Bella, mais c'est une bonne frustration. Parce que je n'ai plus de doute, parce que je sais qu'elle est mienne, parce qu'elle m'accepte et que d'une façon ou d'une autre, nous allons avancer ensemble.
Cette frustration est bonne, elle fait monter le désir, l'excitation et la joie de la revoir bientôt.
