All you wanted - Michelle Branch

I didn't know that it was so cold and

You needed someone to show you the way

So I took your hand and we figured out that

When the tide comes, I'd take you away

"Salut à tous bande de flemmards! On est le vendredi 27 mars 2023, il est l'heure de se tirer du lit!"

Clarke émergea doucement. Le réveil affichait 7 heures pile, mais ce matin il était compliqué d'ouvrir les yeux. Sa garde de la veille avait été interminable, les problèmes s'accumulant d'heure en heure. Aujourd'hui, une nouvelle journée commençait dans ce service de pneumologie, il fallait qu'elle soit en pleine forme. Par habitude, elle regarda l'écran de son téléphone et découvrit un message envoyé il y a une bonne demie heure.

Lorsqu'elle l'ouvrit, une photo de Raven et Octavia apparu. Les deux jeune femmes posaient dans cette même chambre alors que Clarke dormait profondément la bouche ouvert. Les deux brunes souriait face a l'objectif, comme pour se moquer de l'état de leur meilleure amie.

- Le petit déj' est prêt, pas voulu te réveiller! Bon anniversaire Clarke! Sois prête à fêter ça! Ton Dc, 19 heures! Pas le droit d'être en retard;)

Clarke sourit, son anniversaire n'était pas un jour si important pour elle. C'était un vendredi comme les autres, une journée de travail, du stress, des dossiers en veux-tu en voilà, et des retrouvailles avec ses meilleures amies. Elle n'avait en somme pas besoin de plus. Cette simplicité lui suffisait.

Elle regarda par la fenêtre, il pleuvait à grandes gouttes, le vent venait s'infiltrer dans ces vielles fenêtres et faisait siffler les joints. Cet appartement tombait en ruine, mais les trois jeunes femmes ne pouvaient prétendre à mieux. Toutes trois encore en formations, elles ne trouvaient pas les fonds pour déménager. Trouver un appartements avec trois chambres en plein cœur de Portland avait déjà été un miracle. Alors, qu'importe si l'isolation était mal faite ou que Raven ait du bricoler un réservoir pour éviter que la pluie ne s'infiltre par la hotte de cuisson, elles ne resteraient pas ici indéfiniment .

Clarke se leva enfin et se prépara rapidement. Ses amies lui avait laissé un thermos de café et avaient déjà préparé ses tartines. Une petite attention qui lui fit du bien dans cette période rude. La future médecin croqua dans une tranche de pain et sautilla sur place afin de mettre ses baskets, manteau en main, elle ferma la porte d'entrée à clé en veillant bien à lui donner un petit coup de hanche afin de pouvoir tourner sa clé dans la serrure. Clarke soupira une fois le mécanisme fermé: son parapluie était resté à l'intérieur. Tant pi pour cette fois, le temps lui manquait. D'un pas pressé, elle descendit les 5 étages sans ascenseur qui lui permettaient de rejoindre la rue. Sa journée commençait comme d'habitude: intensément.


- Bon anniversaire ma chérie!

Clarke s'approchait de sa mère dans la cafétéria de l'hôpital. Une fois sa hauteur, elle passa ses mains autour d'elle et l'éteint joyeusement.

- Merci maman.

Depuis qu'elle avait commencé à travailler ici, Clarke déjeunait autant qu'elle le pouvait avec sa mère. C'était leur moment privilégier. Rester complice malgré les années avait été un soulagement. Bien plus qu'une mère, Abby était sa confidente. Sa mère savait toujours comment agir, si Clarke avait besoin d'être bousculée ou soutenue, S'il lui fallait une oreille attentive ou un sermons. Cela faisait du bien de se retrouver ainsi et de voir que Clarke suivait sa voie.

Les deux femmes prirent place et Abby tendit un tupperware à sa fille. C'était une habitude, emporter des restes pour que Clarke mange correctement de temps en temps, elle savait bien que sa fille et ses colocataires ne prenaient pas le temps de cuisiner.

- Wha maman, tu m'a fait des courgettes. S'extasia Clarke sur le ton de la plaisanterie.

- Un peu de légumes ne va pas te tuer!

Leur conversation allaient bon train malgré le bruit dans cette cafétéria. C'était le problème de manger à midi: le monde et l'effervescence. En général, Clarke préconisait de prendre sa pause vers 14 heures mais aujourd'hui, elle devait finir tôt.

- Je peux compter sur toi dimanche? Demanda Abby en enlevant l'opercule de son yaourt. Ton père a nettoyé le barbecue, il veut absolument faire des grillades.

- Tu as vu le temps? Rit Clarke. Il annoncent de la pluie au moins pour deux semaines. Il ne va pas faire un barbecue!

- Tu parles de l'homme qui cuit la dinde de Thanksgiving sur son gril, tu sais que rien ne l'arrête!

- Je ne sais pas si je pourrai maman, je suis de nuit ce dimanche, je commence à 20 heures.

- S'il te plaît Clarke. Harper sera là, ça me ferais vraiment plaisir qu'on soit tous réunis.

A l'évocation du nom de sa petite sœur Clarke capitula. Cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas vue. Partie a Seattle, dans la même Fac ou Clarke avait étudié, Harper ne revenait que rarement dans L'Oregon. Prise par cette première année d'université, la jeune femme ne donnait que peu de nouvelle. Un crève cœur pour le reste de la famille.

- Très bien je ferai un effort. Mais préviens papa de ne pas faire un repas a rallonge!

- Je ne peux rien te promettre! Un silence, puis, Abby tenta doucement. Si tu veux emmener quelqu'un ça serait avec plaisir...

- Maman!

- Quoi, cette Nyilah du service de pneumologie est tout a fait charmante!

- Charmante peut être maman, mais je ne suis pas intéressée!


Il devait être un peu plus de 15 heures lorsque Clarke se posa enfin devant ses fiches de transmission. Elle n'en avait pas encore eu le temps, cette journée ne faisait pas exception aux autres, malgré sa charge de travail administratif, elle avait du assurer ses patients, le manque d'effectif dans ce service était un vrai problème qui la poussait à remettre les dossiers patient a plus tard.

Un thé devant elle, son gilet sur les épaules pour la tenir au chaud, elle était presque dans un cocon agréable. Rien ne pourrait la déranger.

Rien, à part les bruits provenant du couloir. Clarke n'y porta pas plus d'attention et continua à remplir ses fiches jusqu'à ce que des voix de plus en plus élevées l'interpellent. Elle soupira et posa son stylo. Il n'était franchement pas évident de travailler ici.

La blonde sorti du bureau du personnel et remonta le couloir jusqu'à apercevoir deux silhouettes devant la porte d'un patient. Elle reconnu Nyilah, l'infirmière que sa mère trouvait charmante. Cette dernière se postait devant la porte, bras croisés et mine sévère tandis qu'une jeune femme brune d'une vingtaine d'année lui faisait face. Bien que les traits de cette jeune femmes paraissaient doux, elle ne semblait pas vouloir rire et positionnait de façon menaçante. Clarke s'approcha en trottinant, son responsable n'était pas là mais de part son statu, elle était en charge du bon fonctionnement du service.

- Clarke vous tombez bien! S'exclama Nyilah. Pouvez vous expliquer à cette Madame Would que le patient de la chambre 207 ne peut recevoir aucune visite.

- C'est Wood. Corrigea la brune. Et c'est un cas d'extrême urgence!

Clarke déglutit difficilement. Elle était médecin pas médiatrice et encore moins agent de sécurité. Les conflits ce n'était pas pour elle, et pourtant elle tenta.

- Madame Wood, je comprends bien votre impatiente. Commença-t-elle. Mais ma collègue a raison, Monsieur Wallas ne peut pas recevoir de visite, son état ne le lui permet pas.

- Écoutez, j'ai vraiment besoin de passer ces documents en revue avec lui. Comme j'essayais de l'expliquer à votre infirmière, je suis de la clinique juridique, je travailles sur sa défense dans le procès qui l'oppose au bailleurs qui l'a mis dans cette état. Vous comprendrez donc que...

- Je ne peux rien faire pour vous Madame Wood. C'est une décision du médecin.

- Et bien appelez-le moi!

- Impossible, il n'est pas là

- Il y a bien une personne en charge dans cet hôpital!

Clarke commençait a perdre son calme. Elle n'aimait pas le ton qu'employait cette avocate. Après tout elle n'avait rien à lui imposer.

- Je suis la personne en charge. Dit-elle fièrement. Et j'applique les décisions médicales. Pas de visite. Si cela vous dérange je vous laisserai faire une demande écrite au chef de service.

- Selon la loi je...

- Et selon la loi de cette hôpital, je suis en mesure de vous refuser l'accès à un patient. Sur ce je vous souhaite une bonne journée.

- On n'en a pas fini ! Cria l'avocate dans sa direction.


Lorsque Clarke quitta l'hôpital, il était environ 19 heures 30. Encore une fois, elle était en retard. Octavia et Raven allaient finir pas la tuer. Jamais la blonde n'arrivait à respecter les horaires qui lui étaient donnés. Bien qu'elle essaye de faire un effort, c'était comme si la terre mettait tout en oeuvre pour qu'elle soit la dernière sur les lieux du rendez-vous.

Ton Dc faisait office de bar Lounge, endroit réputé et assez aisé, il était pris d'assaut tout les week-end par les hommes d'affaire et autres fils a papa. Bien que cet ambience guindée ne corresponde en rien aux caractères des trois amis, Clarke, Raven et Octavia y avaient presque élus domicile. Elle aimaient la musique relaxante, les lumières tamisées, ici au moins, elles pouvaient discuter et surtout s'entendre, ce que les autres bar de la ville ne leur offraient pas. Elle venait également et peut être principalement pour leur cocktails divins!

Clarke pénétra dans l'établissement et se secoua la tête afin d'essorer ses cheveux trempés. Elle était glacée et prenait la chaleur de ce bar bondé comme un cadeau. D'où elle se trouvait, elle aperçu ses deux amies déjà attablées qui lui faisaient signe. Sans perdre une seconde, elle s'approcha.

- Je suis vraiment désolée ! S'excusa-t-elle en les serrant l'une après l'autre dans ses bras.

- C'est pas comme si on n'avait pas l'habitude ! Répliqua Raven.

- Pas de bagarre aujourd'hui! Intervint Octavia en posant un cocktail bleu devant Clarke. Ce soir nous fêtons les 26 ans d'une superbe blonde mystérieuse!

- Mystérieuse? Mystérieuse en quoi? On arrive à lire en elle comme dans un livre ouvert!

- Raven! Laisse moi finir mon discours de meilleure amie.

- Faudra régler cette histoire de meilleure amie un jour ou l'autre, qui a dit que c'était ton titre?

- J'ai l'avantage de l'ancienneté.

- Oui mais...

- Les filles! Coupa Clarke. On peut avancer?

- A Clarke et ses 26 printemps! Que cette année t'apporte tout ce dont tu as besoin!

- Elle parle de sexe. Précisa Raven en riant.

Clarke leva les yeux au ciel et trinqua avec ses amies avant de boire une gorgée de son swimming pool. Le goût sucré la détendit immédiatement. Enfin, elle pouvait respirer et souffler en compagnie des deux femmes.

Le temps défila en un instant. Les filles parlaient joyeusement, se racontant leur journée, leur problèmes et leur anecdotes hilarantes. Chacune s'intéressait aux deux autres, il n'y avaient pas de temps mort dans leur conversation.

Deux heures plus tard, Clarke et Raven se chamaillaient gentiment comme à l'accoutumé, elles étaient perdue dans un débats sans queue ni tête et riaient aux éclats. Clarke remarqua qu'une bonne dizaine de minutes s'étaient écoulées depuis le départ aux toilette d'Octavia. Fronçant les sourcils, la blonde regarda au travers de la pièce et aperçu la brune accoudée au comptoir. Octavia usait de ses charmes face à un jeune homme qui lui souriait. Clarke fit signe à Raven de regarder et son amie pesta.

- Même pour ton anniversaire elle ne va pas faire l'effort de rester avec nous!

- Laisse la s'amuser. Défendit Clarke. Tu sais comment elle est depuis le départ d'Atom, elle a besoin de décompresser.

Raven bouillonnait, évidemment qu'elle aimait Octavia comme une sœur, mais son attitude l'agaçait de plus en plus. Depuis que son petit ami avait mis les voile sans plus d'explication, la jeune femme avait eu besoin de se sentir libre, de profiter de chaque seconde quitte à parfois, relayer ses amies au second plan.

- Non, on a prévu cette soirée à trois, il est hors de question qu'elle fasse bande à part pour un mec bodybuildé!

L'ingénieur se leva et Clarke fut bien obligée de la suivre jusqu'au bar. Elle sentait déjà la disputer arriver.

Octavia se retourna et leur sourit de manière idiote, comme sous emprise de stupéfiant, elle n'arrivait pas à contrôler son sourire. Cette simple vision radoucit immédiatement Raven qui comprit que son amie n'avait pas abordé ce jeune homme pour la forme, ce n'était pas une simple envie irrépressible. Non, Octavia avait flashé telle une adolescente.

- Je vous présente Lincoln. Annonça Octavia béat. Je l'ai bousculé en sortant des toilettes, je lui ai donc repayé un verre pour m'excuser.

- Et depuis elle n'est pas répartie. Fini une voix lassée juste à leur côté.

Clarke sursauta et sentit ses nerfs se tordre à la vue de cette brune.

- Lexa... Commença Lincoln avant de se faire couper la parole.

- Wood. Fini Clarke surprise de recroiser l'avocate ainsi.

Cette dernière repéra enfin la blonde et sa mine se renferma.

- Docteur "je suis en charge". Vous serez heureuse de savoir que j'ai eu l'accord de votre direction pour interroger mon client.

- Vous voyez ça n'était pas si compliqué! Réplica Clarke

- Oh effectivement! J'ai simplement perdu une demie journée de travail à cause de votre esprit borné. Marmonna Lexa.

- On ne doit pas souvent vous dire non. Déclara Clarke.

- Vous n'avez pas idée! Réplica Lincoln. C'est donc à cause de vous que Lexa s'est pris une bordée par sa responsable. Elle a mis votre tête à prix vous savez?

- C'est bon Lincoln arrête de faire ton intéressant.

- Et merci de me l'avoir rendu ronchon pour la soirée! Plaisanta-t-il.

Lexa, vexée qu'on puisse rire d'elle, se leva en prenant son verre de Whisky. Lincoln remarqua immédiatement qu'il était allé trop loin et tenta de l'appeler mais la brune quittait déjà le comptoir pour se mettre à l'écart. Qu'est-ce qui poussa Clarke à la suivre? Elle l'ignorait, à dire vrai, la jeune femme n'y réfléchissait pas vraiment. Sans un bruit, elle s'installa devant Lexa et la regarda un instant. l'air boudeur et si froid ne la mettait pas en confiance, elle tenta quand même d'engager la conversation.

- Je suis désolée que vous ayez eu des soucis avec votre supérieur, je ne voulais pas vous attirer d'ennuis.

Lexa leva les yeux aux ciel mais ne répondit pas. Fermée, elle regardait son verre en faisant tourner les glaçons dans sa boisson. Clarke continua.

- Au final, le principal est que l'autorisation vous a été délivrée! Il n'y aura personne pour se mettre sur votre route!

La tentative de dédramatisation ne fonctionna pas, Lexa la fusilla du regard.

- C'est vrai et grâce à vous j'ai perdu une demie journée de travail sur une affaire qui concerne une petite trentaine de clients.

- Je n'avais pas le droit de vous laisser entrer Lexa, son état ne le lui permettait pas, il est vraiment faible vous savez.

- Il aurait pris sur lui, ça n'aurait duré qu'un petit quart d'heure.

- Je crois que vous ne vous rendez pas compte de son état.

- Problème pulmonaire lié à l'humidité et l'amiante des fondations de son immeuble. J'ai lu son dossier merci.

- Un diagnostic ne peut pas vous révéler l'impact sur sa santé. Écoutez, je sais que vous faites parti des gentils, mais j'ai eu raison de vous refuser l'accès. Et peut être qu'une autre approche serait bien pour votre procès. Je serais ravie de vous aider, de vous dire ce que je sais et...

- Je n'ai pas besoin de votre pitié.

Clarke sentit sa colère l'envahir

- Ce n'était pas de la pitié mais de l'empathie, mot que vous ne semblez pas connaître ! cracha Clarke en se relevant. Vous savez Lexa, la politesse et la gentillesse vous ouvriraient bien des portes!

Elle n'en ajouta pas plus et tourna les talons. En une seule journée la brune avait réussi à la faire sortir de ses gonds à deux reprises. Clarke n'arrivait pas à comprendre cette autorité et ce mépris alors qu'elle lui avait tendu la main.

Heureusement, elle ne comptait pas la revoir.


La troisième fois que leur route se croisa, le mois de mai débutait tout juste. Le temps était déjà chaud pour le printemps. Ce n'était pas exactement la troisième fois qu'elles se croisaient. Au court du mois d'avril, il leur arriva de s'apercevoir dans les couloirs de l'hôpital. Lexa venait voir son client tandis que Clarke travaillait dans le service. Elle n'échangèrent pas même un regard, un froid glacial se dégageait en revanche de ces entrevus. Monsieur Wallas en était d'ailleurs le premier spectateur: Lorsque son avocate arrivait, il l'entendait pester contre l'interne, disant que le dossier médical n'avait pas été mis à jour. Comme si cela pouvait l'aider pour le procès et quand elle s'en allait, Clarke prenait le relais et lui demandait s'il n'avait pas été trop dérangé par Madame Wood. Elle lui assurait qu'au moindre problème, elle pouvait demander à sa hiérarchie d'interdire les visites, il ne devait pas hésiter à le lui dire. Ce petit manège l'amusait, lui qui passait ses journées seul, malade et affaiblit, appréciait ces querelles à distance, telle une série télévisée, il se délectait de chaque épisode.

La troisième fois qu'elles se retrouvèrent obligées d'interagir, aucune porte de sortie n'avait été mise à leur disposition.

Clarke accompagnait Octavia au match des Pickles de Portland. L'équipe de la ville affrontait les Falcons de Colombia. Bien que la blonde soit une férue de Baseball, elle s'y était rendue en traînant des pieds. Jouer à la cinquième roue du carrosse ne l'intéressait pas. Il est vrai que sa meilleure amie avait dû la supplier de venir. Lincoln était un grand fan, elle avait déniché ces places sur le net et s'était ruinée, mais voulant jouer a la fille détachée, elle avait donné deux places au jeune homme en lui disant qu'il pouvait inviter qui il voulait à venir avec eux, sous prétexte qu'elle avait reçu toute ces places grâce à son travail. Au fond d'elle, elle avait espéré qu'il lui réponde qu'elle était la seule avec qui il voulait voir le match. Mais il n'en fut rien. Lincoln s'était extasié devant les billets en première catégorie et avait remercié Octavia en lui disant que lui et Lexa serait très heureux de la retrouver au match... Lui et Lexa? Le jeune homme faisait il toujours tout avec l'avocate? Il n'était déjà pas évident de le voir, avec sa vie bien remplie qu'il partageait entre son travail d'horticulteur et sa fille de 8 ans, mais si le peu de fois où il se déchargeait, elle devait partager la place avec la brune cela ne la rassurait pas pour la suite.

Octavia avait donc mis tout en œuvre pour rallier Clarke à sa cause. Raven détestant le Baseball, elle n'avait donc plus qu'une seule alliée. La blonde savait qu'elle aurait dû dire non, qu'elle pouvait profiter de son jour de congé autrement et que les Pickles ne remporteront aucun match de toute manière. Mais son amitié était trop forte tout comme sa loyauté. Octavia ne l'avait jamais laissée tomber et Lincoln paraissait parfait pour elle. Clarke pouvait bien prendre sur elle pour un après midi.

Lorsqu'elle l'aperçu, elle sentit ses nerfs se tendre. La seule vision de l'avocate lui donnait des envies meurtrières. Comment un regard si doux pouvait vous piquer ainsi à vif ? Lexa était une intrigue, une contradiction perpétuelle.

A quelques pas d'Octavia, Clarke salua Lincoln d'un signe de main et prit donc place aux côtés de Lexa qui ne dénia pas lever la tête de son téléphone. Le bruit et l'effervescence du publique ne semblait pas la déranger. Clarke regarda un instant sa meilleure amie s'emballer dans une discussion avec son rencard et soupira. L'après midi risquait d'être longue.

Et effectivement, elle avait raison. Le match avait beau avoir commencé, elle ne profitait en rien de cette bataille entre les deux équipes universitaires. Le niveau était mauvais, et même si l'ambiance était au rendez-vous, son envie ne pointait pas le bout de son nez. Elle ne comprenait pas pourquoi Octavia l'avait convaincue de venir, elle ne prêtait pas la moindre attention à ce qui l'entourait, seul Lincoln comptait. Et sa voisine ne faisait aucun effort. Lexa ne l'avait pas encore saluée, comme si elle ne l'avait pas vue. Fixée sur ses mails, elle n'avait relevé les yeux qu'une seule fois lorsqu'un joueur réussit un homerun avant de se replonger sur son écran.

Clarke l'entendit décrocher son téléphone. Lexa semblait mal à l'aise, elle coupait le bruit en cachant son oreille de sa main et répétait sans cesse des excuses.

- Oui je suis désolée Anya, je n'ai pas encore eu le temps de lui faire signer ce document... Non je ne suis pas allé le voir aujourd'hui... parce qu'on est dimanche... Oui il est coincé dans un lit d'hôpital, il ne risque pas d'être occupé un dimanche mais...

Clarke comprenait que les remontrances de sa supérieur ne semblaient pas s'être calmées. Lexa semblait si frêle et embarrassée face à cet autorité. Cela ne lui ressemblait pas, le peu de fois qu'elle avait croisé Clarke, elle paraissait tellement sûr d'elle.

- Je passerai demain à la première heure... Non je peux t'envoyer le rapport Hopper ce soir, je dois encore rédiger la conclusion mais... Oui avant 18 heures c'est parfait...

Clarke bouillonnait. Certes Lexa était strict et têtue mais sa cheffe semblait plus qu'imbuvable! L'avocate ne méritait pas d'être traitée ainsi, et avait tout de même le droit à un dimanche tranquille sans avoir à plonger sa tête dans des dossiers.

Lexa finit par raccrocher, elle souffla et pesta dans sa moustache. Clarke ne comprit que quelques insultes et tendit l'oreille pour mieux entendre.

- Je vais lui faire bouffer sa demande d'audite, elle va comprendre.

Clarke essaya de contenir son sourire qui pointait le bout de son nez, pourquoi trouvait elle cela adorable ?

Lexa continua de ronchonner encore et encore, elle pestait contre le bruit, contre ses fautes d'orthographe, contre la chaleur et contre chaque petite chose qui lui venait à l'esprit. Au final, elle arrivait à attirer l'attention de Clarke, qui trouvait ses petite râleries bien plus intéressantes que le match.

- Une vrai avocate aurait déjà fini ce rapport si tu veux mon avis.

Lorsque Lexa entendit cette phrase, son sang ne fit qu'un tour. Prête à incendier la blonde pour cette remarque acerbe, elle tourna la tête. Ses lèvres à peine ouvertes, elle se stoppa face au rictus de Clarke. Cette dernière la regardait d'un œil pétillant, son sourire indiquait son second degré et son sourcil légèrement relevé était un challenge. Lexa ravala sa salive et sentit son corps s'apaiser immédiatement, l'interne essayait-elle réellement de la provoquer pour lui changer les idées?

D'un sourire à peine dissimulé, Lexa répondit.

- J'aurai pu prendre cette remarque au sérieux si elle venait d'un vrai médecin. Mais tu sais à peine compléter le dossier de tes patients... Si tu veux mon avis bien entendu!

Clarke pouffa et fit mine d'être vexée en mettant une main sur sa poitrine. En une seule remarque, leur relation s'apaisait aussi vite qu'elle s'était dégradée.

Sans vraiment , réfléchir, Lexa rangea son téléphone dans la poche de son jeans. Après tout, elle avait elle aussi le droit de profiter de son dimanche et ne devait pas prendre ce match imposé par Lincoln comme une punition.

- Ils sont vraiment nul. Commenta-t-elle en regardant le terrain.

- Je serai vraiment étonnée qu'ils remportent un championnat un jour!

- Dommage que Dimitriov soit parti, avec lui on avait une chance de rejoindre la ligue B!

- Tu rigoles? Dimitriov était une plaie! On se porte bien mieux sans lui.

- J'espère que tu n'es pas sérieuse?

Octavia relâcha sa concentration sur Lincoln lorsqu'elle entendit les rires de Clarke et Lexa. C'était la première fois qu'elle voyait les deux femmes se tolérer. Surprise, elle les observa. Clarke fixait la brune, son œil scintillait et son sourire illuminait son visage. Elle avait l'air de taquiner l'avocate qui avait perdu son agacement. Lexa était visiblement plus détendue, décontractée sur son siège, elle avait un bras sur le dossier de Clarke et lui faisait face sans même regarder le match. Les deux femmes étaient dans leur monde, comme si plus rien n'existait.

C'est là que le regard d'Octavia croisa celui de Clarke. La blonde baissa les yeux timidement, comme si elle avait été surprise entrain de faire quelque chose d'illégal. Son attitude ne faisait aucun doute, elle flanchait complètement.


Une routine s'était installée progressivement sans que Clarke et Lexa ne le remarque réellement. Petit à petit, elles d'apprivoisaient, se voyaient sans animosité. Cela arrivait d'ailleurs de plus en plus souvent. Octavia et Lincoln ayant officialisé leur relation, il n'était pas rare que les deux femmes se croisent au détour d'une soirée ou elles parlaient régulièrement, oubliant parfois le temps qui passait.

Lexa passait souvent à l'hôpital. Parfois, en oubliant ses dossiers. Voir Wallas était peut être devenu une excuse. Bien qu'elle passe lui rendre visite, elle ne lui faisait signer aucun document et ne parlait que rarement du procès qui approchait. Ses visites étaient devenues plus cordiales et plus personnelles. Une excuse pour s'échapper de son travail prenant ou pour croiser Clarke au détour d'un couloir ? Évidemment. Pourquoi aurait elle prit soin d'emporter avec elle un café à chaque visite en sachant que Wallas n'en buvait pas? Elle jouait la surprise à chaque fois, disait à la blonde qu'elle ne s'attendait pas à la croiser et lui tendait le gobelet. Clarke ne commentait pas, elle souriait, prenait des nouvelle de la brune et continuait son chemin après s'être retourné une ultime fois pour jeter un dernier regard à Lexa par dessus son épaule. L'interne aimait ces visites, elle aimait les bonds que faisait son cœur, elle aimait sentir sa respiration se bloquer lorsque les yeux vert de Lexa se posaient sur elle. Cette routine l'enivrait, elle aurait aimé s'y plonger.

Aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle pour Lexa. La jeune femme sortait de l'ascenseur et rejoignait progressivement le couloir qui la conduisait à la chambre de Wallas. Alors qu'elle dépassait le bureau des infirmières, elle entendit la voix de Clarke appeler son nom. Un sourire discret sur ses lèvres et elle se tourna. La blonde trottait en sa direction. Son teint pâle montrait sa fatigue et Lexa fut surprise de voir une mine fermée, cela ne correspondait pas à la future médecin, qui, pour une fois ne portait pas sa blouse blanche. Elle était en tenue décontractée, comme si elle ne travaillait pas.

- Tout va bien?

La voix de la brune était réellement inquiète.

- Tu devrais t'asseoir Lexa. Indiqua Clarke doucement.

- Dis-moi ce qui se passe.

Effectivement, elle n'avait pas le temps pour les formes, Clarke le comprit et décida d'en venir au but.

- Il a fait une embolie pulmonaire, son état s'est dégradé très vite. On n'a rien pu faire je suis désolée.

La brune accusait le coup. Sans s'en rendre compte, elle s'était assise. Ses jambes ne la supportaient plus aussi bien qu'elle l'aurait imaginé. Non elle n'était pas proche de son client, mais un lien s'était créé. Elle s'intéressait à lui au delà de son dossier. Faire en sorte que son propriétaire paye pour l'état dans lequel il se retrouvait aujourd'hui n'était plus qu'une question de procès à gagner, non, Lexa souhaitait réellement que justice soit faite. Wallas ne méritait pas un telle fin, lui qui s'était retrouvé dans une situation précaire à la suite de son divorce. La vie était trop injuste.

Clarke prit place à ses côtés, annoncer un décès n'était jamais chose facile. Délicatement, elle posa sa main sur la cuisse de Lexa et la laissa digérer la nouvelle.

- Est-ce qu'il a souffert ? Demanda Lexa au bout d'un moment.

- On lui a administré des calmants. Ça lui a permis de se détendre.

- Tu étais là?

- Oui, je l'ai accompagné toute la nuit.

- Il est plus de 10 heures, qu'est-ce que tu fais encore ici si tu étais de garde cette nuit?

Clarke marqua une pause. Elle ne s'attendait pas à cette question. Un rictus triste sur les lèvres accompagna sa réponse.

- Tu m'as dis la semaine dernière que tu avait une réunion d'équipe sur la 10ème ... c'est à une dizaine de minutes d'ici, alors j'ai imaginé que tu passerais le voir ce matin.

Une si banale information que Clarke avait retenu. Comme toujours lorsque Lexa laissait échapper un indice sur une possible future visite. La blonde ne laissait jamais rien au hasard. Si l'avocate parlait d'un client dans le coins, Clarke faisait en sorte de passer dans le service sur les coups de 9 ou 10 heures afin de tomber sur la brune. Aujourd'hui ne faisait bien entendu pas exception. Si Wallas n'était pas décédé durant la nuit, Clarke serait rentré chez elle quelques heures pour se reposer avant de revenir à l'hôpital, d'enfiler une blouse et de faire semblant d'avoir oublié un dossier le temps de croiser Lexa et son café au détour d'un couloir avant de rentrer une nouvelle fois chez elle. C'était peut être stupide, mais elle ne pouvait pas se résoudre à faire autrement.

Lorsque Wallas avait rendu son dernier souffle. Clarke avait décidé de ne pas rentrer. Il fallait qu'elle voit Lexa, lui annoncer elle même la nouvelle était viscéral et elle ne voulait pas prendre le risque de la louper aujourd'hui. Après une sieste rapide en salle de repos et une douche express, elle avait attendu dans le bureau que Lexa fasse enfin son apparition.

- J'ai été trop dur avec lui. Expliqua Lexa en fixant devant elle. Je lui ai mis beaucoup trop de pression, je voulais qu'il témoigne au procès malgré son état.

- Tu n'y es pour rien Lexa. Personne ne pouvait prévoir ce qui s'est passé ce soir. Et si tu avais cherché un avis médical en rapport avec son témoignage, il aurait de toute manière été favorable. Wallas allait bien, il n'y avait pas de contre indication à ce qu'il quitte l'hôpital pour témoigner..

- Alors pourquoi?

- Parfois il n'y a pas de réponse. Parfois les patients vont mieux avant que tout dégringole.

Les mots de Clarke ne rendaient pas Lexa moins triste ou moins coupable. La brune accusait le coup difficilement. Elle repensait à ses coups de sang, son ton qui s'élevait parfois lorsque son client feignait la fatigue. Elle regrettait à présent. La blonde caressa une nouvelle fois sa cuisse.

- Et si on sortait ?

Sous le regard surpris de Lexa, Clarke continua.

- Ce soir? Je suis assez douée pour remonter le moral des gens. Tu verras.

Lexa pouffa doucement avant de relever un sourcil.

- Tu me propose un rencard dans un moment pareil?

- Pas vraiment un rencard! Se défendit la blonde. Un "rencard de consolation" ça n'a rien à voir.

Un nouveau rire, Clarke était aux anges elle aurait tout donné pour l'entendre encore et encore.


La clinique juridique se trouvait en plein centre ville. Coincée entre deux immeuble vétustes, elle n'attirait pas l'œil. Clarke attendait devant les marches en regardant sa montre. Qu'elle serait une heure convenable pour venir tirer Lexa de ses dossiers? Clarke n'en avait pas la moindre idée. Les deux femmes n'avaient pas fixé d'heure et Lexa semblait toujours si occupée que la blonde n'osait pas pénétrer dans le bâtiment. Elle aperçu deux hommes en costards en sortir, tous deux sur leur téléphones, plongés dans leur pensées. Peut être que tous les avocats se ressemblaient.

Voir ainsi ces hommes sortir donna la dose de courage nécessaire à Clarke pour y entrer. L'heure devait être correcte, après tout Lexa n'allait pas passer la nuit ici et vu sa dévotion, elle avait le droit de partir un peu plus tôt aujourd'hui.

Une odeur de cigarette froide se dégageait des couloirs, des pleures de bébé et des échanges virulents résonnaient. On était loin des cabinets guindé des films et autres séries. Des gens dans le réel besoin venaient ici en dernier recours pour avoir des conseils et peut être une bonne étoile pour les guider dans leur démarches. Il ne devait être évident d'y travailler, de côtoyer la misère et le désespoir. Comme l'avait remarqué Clarke ces derniers temps, le cœur de Lexa devait être plus grand que ce qu'elle laissait présager.

C'est dans l'open space que Clarke aperçu la jeune femme. Téléphone à l'oreille et stylo dans la bouche elle écoutait religieusement son interlocuteur en hochant de temps en temps la tête. Clarke ne voulu pas la déranger tout de suite et patienta en silence sans la quitter des yeux une seule seconde.

- Je peux vous aider?

Cette voix la tira de ses pensées, elle porta son attention sur une femme qui s'était approchée. Des longs cheveux châtain, une taille de guêpe et des yeux prêt à vous fusilier. Son air autoritaire n'était pas sans lui rappeler la jolie avocate.

- Je viens chercher Lexa. Répondit-elle timidement.

La femme la regarda de haut en bas avant de fixer Lexa.

- Wood! Ton rencard est là. Cria-t-elle sans discrétion avant de reporter son attention sur Clarke. La prochaine fois attendez dehors, on travaille ici.

Elle n'ajouta rien de plus et disparu aussi froidement qu'elle était apparue. Clarke, mal à l'aise d'avoir déranger les différents employés, baissa les yeux. Elle sentit pourtant un regard sur elle et attendit que Lexa la rejoigne.

- Ne fais pas attention à Anya. Dit alors la voix douce de la brune. Elle aime montrer qui commande.

Lexa se dressait devant elle, habillée comme au matin, elle tenait sur son épaule sa lourde sacoche. Ses lunettes encore sur son nez lui donnaient un air sérieux et ses cheveux en bataille indiquait que la journée avait du être chargée. Remarquant le regard fixe de Clarke, Lexa tenta de passer une main dans sa chevelure pour essayer d'arranger tout cela et retira ses lunettes de lecture qu'elle fourra négligemment dans sa sacoche.

- Tu es prête ? Fini par dire Clarke.

- Je crois. Allons y vite avant qu'Anya ne me donne un nouveau dossier à traiter !

Lexa attrapa son bras et l'attira en dehors du bâtiment. Il faisait encore beau et le soleil ne s'était pas encore couché. De quoi pouvoir encore profitez .

- Alors qu'est-ce que tu as prévu pour me changer les idées?

- Tu verras. Répondit Clarke en haussant les sourcils. Il faut traverser le North Park, il paraît qu'ils y font les meilleures glaces de la ville.

- Une glace? On a quel âge 12 ans?

- Arrête de faire ta rabat joie ! Laisse toi faire.

Clarke remarqua le petit rictus de Lexa, cette dernière n'osa pas commenter cette phrase à double sens et laissa Clarke l'emmener dans le parc à quelque bloc d'ici.

La rumeur était vrai, Lexa n'avait certainement jamais mangé de glace aussi bonnes. Un vrai goût de fruit, une texture onctueuse. Elle qui ne raffolait pas de friandises s'était surprise à soupirer de plaisir. Les deux femmes n'avaient pas prit le temps de s'arrêter sur un banc. Elles avaient marché doucement le long du chemin en terre bordant les allées vertes et les espaces de jeux pour enfants. Lexa traversait ce parc chaque jour pour se rendre au bureau, mais jamais elle ne l'avait réellement observé. Ce soir, les choses lui paraissaient plus belle, plus colorées. Clarke sublimait son environnement, cela ne faisait aucun doute.

- Alors? Demanda enfin Clarke pour casser ce silence. C'est pas si mal d'avoir 12 ans de temps en temps? Même si ton choix de parfum est tellement banal que j'ai de la peine pour toi!

- Qu'est-ce que tu as contre la fraise ? Et puis tu peux parler... qui prend une glace au melon?

- Tu ne sais pas ce qui est bon!

- Et toi tu ne sais pas apprécier ce qui se trouve déjà devant tes yeux.

- Je sais très bien apprécier ce qui se trouve devant moi ne t'en fais pas.

En disant cela, Clarke n'avait pas décollé ses yeux de Lexa qui sentit le rouge lui monter aux joues. Elle qui ne se laissait jamais impressionner, agissait comme une adolescente. Une pointe d'agacement monta en elle. La brune préférait être dans le contrôle et elle se laissait guider par cette petite blonde adorable qui pouvait la chambrer comme personne d'autre n'aurait osé le faire.

Clarke et Lexa quittèrent le parc et avancèrent en direction du fleuve. Toujours sans savoir où Clarke l'emmenait Lexa se laissait encore et toujours faire. Elles entrèrent dans ce qui semblait être un immeuble en mauvaise état. Le repère parfait pour un trafic de drogue ou une mafia. C'est à reculons que Lexa y pénétra, incertaines de ce que complotait Clarke. Cette dernière ne se justifia pas, elle continuait sa marche et fit descendre à la brune deux étages. Le sous sol était sombre, un seul néon clignotant leur permettait de suivre le couloir. Arrivées devant une porte, Clarke y frappa trois fois.

- Clarke enfin!

Un jeune homme au visage enfantin sortit de la pièce et ajusta le bonnet sur sa tête. Un teint blême, des dents à l'hygiène douteuse et des cheveux bien trop long, il ne plaisait pas à Lexa qui ne commenta pas pour autant. Elle regarda Clarke sortir un billet de son jeans pour le tendre au jeune homme.

- Merci Jasper. Dit-elle doucement.

- Avec plaisir Princesse. Tout est à l'intérieur, tu n'auras qu'à mettre la clé dans l'armoire à balais en sortant.

Il jeta enfin un regard a Lexa et enleva son bonnet tel un gentleman.

- Mesdames, je vous souhaite une agréable soirée.

Dans une révérence théâtral, il s'en alla. Lexa l'entendit appeler un des amis au loin et partir dans un éclat de rire. Clarke la sortit de ses pensées en prenant sa main pour l'entraîner à l'intérieur.

- Je dois m'inquiéter ? Demanda Lexa avant de rentrer.

- Jasper est spécial, mais ça va te plaire j'en suis sûr!

La pièce n'était pas très grande, illuminée de néons rouges lui donnant un aspect de vielle boîte de prostitution, Lexa y pénétra sans réel envie. Elle jeta un œil aux 4 fauteuils de cinémas placés devant une toile blanche. Un bar en aluminium avait été dressé à l'opposé. Une vielle machine à pop-corn faisait un bruit d'enfer tandis que plusieurs canettes de contrebande avaient été disposées.

- Un cinéma clandestin... tu m'emmènes moi, une avocate, dans un cinéma clandestin.

- Techniquement tu n'es pas encore avocate! Et attends de voir ce que j'ai à te proposer!

- Un vrai cinéma n'aurait pas fait l'affaire ?

- Pas vraiment non!

Clarke gardait un sourire sur ses lèvres. Elle inséra une VHS dans le lecteur trafiqué et régla le son. Lexa reconnu dès la première image de quoi il s'agissait et prit immédiatement place sur l'un des fauteuils sans décoller ses yeux de l'écran.

- Les Innocents ! J'adore ce film!

Clarke cria victoire dans sa tête et essaya de garder son sérieux. Ce vieux film des années 60 ne passait bien entendu plus au cinéma, une chance que Jasper soit un fin connaisseur et qu'il ait réussit à l'obtenir en l'espace de quelques heures monnayant une jolie somme d'argent.

- Comment tu as su que c'était mon film préféré?

- Je ne savais que c'était ton préféré mais Lincoln m'a dit de taper dans un vieux film d'épouvante des année 60. Pour être honnête, j'ai choisi au hasard!

- Le hasard fait bien les choses.

- Je n'arrête pas de me le dire depuis que je t'ai rencontré.

Clarke prit place à côté de Lexa. Elle appuya sur la télécommande afin d'éteindre les lumières de la pièce. Ainsi dans l'obscurité, elle concentra son attention sur le visage illuminé de Lexa. Impossible pour Clarke de regarder le film, la beauté de Lexa l'hypnotisait. Elle laissa ses pensées vagabonder, imaginer passer encore et encore du temps en sa compagnie, se perdre dans ces yeux et ne plus jamais quitter ce tempérament de feu.

La brune ne remarqua pas ce regard fixé sur elle, prise dans le film, elle dévorait chaque dialogue. Riait face à ce mauvais suspens, et anticipait chaque scène. Clarke avait eu raison, elle était douée pour remonter le moral.


- Comment ça tu ne l'a pas laissé t'embrassée?

Raven assise en tailleur sur le tapis du salon, un paquet de chips entre les jambes, fixait sa colocataire qui venait tout juste de rentrer de sa soirée. Encore béat de ce rencard, Clarke souriait telle une adolescente. Elle avait espéré ne croiser personne, pouvoir se coucher sans faire de contre rendu mais Raven l'attendait, comme elle l'avait fait si souvent à l'époque de la fac. L'ingénieur voulait tous les détails et ne la laisserait pas aller au lit avant d'avoir tout entendu.

Clarke avait donc capitulé et expliqué chaque seconde de cette soirée. La glace dans le parc, le film chez Jasper, les conversations interminables lors du générique de fin, l'enthousiasme de Lexa lorsqu'elle avait parlé du film, ce seau de pop-corn engloutit alors qu'elles apprenaient à se connaître. Puis le retour à l'appartement de Lexa. Main dans la main, elles n'avaient pas parlé, elles profitaient simplement.

Et enfin, cet au revoir timide devant l'immeuble de la brune. Des remerciements à peine audibles et, alors que Clarke se décidait enfin à repartir, Lexa s'était approchée, elle l'avait retenue délicatement par la main et avait comblé la distance pour l'embrasser. Alors que leur lèvres n'étaient qu'à quelques millimètres, Clarke s'était reculée. Un sourire aguicheur sur le visage.

- Ce n'est pas quelque chose qu'on fait lors d'un rencard de consolation. Avait-elle murmuré en faisant rire Lexa.

- Bien... J'imagine que cela veut dire qu'il nous faut une réel rencard alors.

Raven n'en revenait toujours pas que Clarke ait agit ainsi. La blonde était sous le charme cela ne faisait aucun doute. Alors pourquoi attendre encore? Lexa s'était offerte sur un plateau, cela ne servait à rien de la faire languir, la partie était gagnée.

- On a le temps Raven! Répondit Clarke. Ça ne sert à rien de précipiter les choses. Et ce n'était pas un vrai rencard.

- C'est vrai qu'il y a plus romantique que le sous sol de Jasper! Mais bon Clarke! Il fallait finir sur une bonne note!.

- J'ai fini sur une bonne note, je sais qu'elle va m'inviter encore une fois et cette fois ci, ça ne sera pas par pitié. Un vrai rencard.

- Je ne comprends pas pourquoi tu veux toujours tout compliqué!

- Parce que si l'amour était simple, ça n'en vaudrait pas le coup.


Deux semaines sans nouvelles. Deux semaines interminables et emplies au doute avant que Lexa ne fasse enfin son apparition dans la cafétéria de l'hôpital. Clarke y déjeunait en compagnie de sa mère, un gratin de morue face à elle, la jeune femme jouait nerveusement avec son plat. Depuis des jours ses pensées n'étaient tournées que vers Lexa. Elle ne comprenait pas ce silence. Elle qui avait pensé avoir joué ses cartes à la perfection était maintenant face au doute. Pas un appel, pas un SMS et pas une seule visite. Évidemment, Clarke aurait pu faire le premier pas, mais l'angoisse prenait le dessus. Et si elle n'avait pas compris les signes? Et si tout cela ne voulait rien dire?

- Ça ne serait pas ton avocate imbuvable ?

Abby avait demandé cela en regardant au loin. Clarke se retourna et observa Lexa la chercher à traversa salle. La brune avait l'air perdue dans ce grand réfectoire. L'interne se releva et avança en sa direction. Lorsqu'elle la vit, Lexa gratta nerveusement sa nuque et s'approcha un peu plus. D'une traite, sans prendre sa respiration, elle s'excusa.

- J'aurai du t'appeler, je suis vraiment désolée mais Anya est insupportable, elle ne me laisse pas une seconde. Avec le procès la semaine prochaine elle veut tour reprendre depuis le début, en plus elle me laisse faire un contre interrogatoire et je suis paniquée, j'ai 8 jours pour me préparer et j'ai pensé que je pourrai prendre le temps de te voir mais je sors à peine du bureau et je ne savais pas comment t'expliquer tout ça sans avoir l'air de me trouver des excuses idiotes. alors je...

- Lexa respire! Coupa Clarke en retrouvant le sourire.

- Un rencard, un vrai? ce soir? 19 heures?

C'était maladroit et adorable en même temps. Lexa semblait si peu sûr d'elle. Cette femme n'avait rien à voir avec l'avocate qui se donnait de grands airs lors de leur première rencontre.

- Avec plaisir, mais si tu veux attendre que le procès soit terminé je peux patienter Lexa. Tu en vaux la peine.

Cette simple remarque decrocha un sourire à la brune.

- J'ai vraiment envie de te voir ce soir. Je ne sais pas comment j'ai fais pour tenir deux semaines!

- Je ne sais pas non plus comment tu as fais! Je suis plutôt incroyable!

- Et tellement humble !


Ainsi, Clarke s'était retrouvée un mardi soir à attendre devant l'entrée de l'hôpital. Elle guettait l'horizon dans l'espoir de voir Lexa apparaître. Cette dernière avait d'abord décommandé, Anya avait été claire, elles travailleraient tard, puis, suite à l'arrivée d'une ingénieur prétendant qu'une fuite de gaz devait être réparée, elle avait alors contacté Clarke pour lui annoncer que leur soirée était à nouveau d'actualité.

Lorsqu'elle avait reçu ce message, Clarke avait sourit et s'était empressée d'écrire à Raven pour la remercier de son jeu théâtral qui lui permettait de ne pas annuler ses plans. En simple réponse, Raven s'était exclamé.

- C'est plutôt à moi de te remercier, la boss est canon!

Voilà comment Clarke patientait donc depuis plus d'un quart d'heure devant l'entrée principale du bâtiment. Ses émotions vacillaient à chaque seconde passée ici. D'enthousiaste, elle était ensuite passée par anxieuse, inquiète et se retrouvait maintenant légèrement déçue de devoir attendre aussi longtemps. Lexa lui avait pourtant dit qu'elle partait du bureau et qu'elle ne serait pas longue. Cela ressemblait à s'y méprendre à un lapin. Clarke regarda une fois de plus sa montre et se jura que si dans cinq minutes la brune n'était toujours pas là, elle s'en irait.

Cinq minutes passèrent à 10, puis à 15 sans que Clarke ne réussisse à partir. Quelque chose la retenait. Il fallut en tout et pour tout une demie heure à Lexa pour faire son apparition. La brune courait en direction de l'entrée et arriva à quelques pas de Clarke.

- Je suis désolée ! J'avais oublié mon portefeuille au bureau et j'ai voulu t'appeler mais mon téléphone n'avait plus de batterie, et je me suis dis que quitte à arriver en retard, il fallait au moins que j'aie de quoi m'excuser.

Elle avait dit cela en tendant une rose à l'allure peu fraîche à Clarke et la regarda d'un air plus que désolé.

- La fleuriste fermait la boutique, elle n'avait plus rien. C'est le pire début de rencard qui puisse exister. Mais je me dis que si tu es encore là à m'attendre c'est que tu me laisses encore une chance?

L'espoir dans sa voix était adorable et Clarke ne pu faire autrement que d'accepter la fleur fanée d'un sourire doux et affectueux.

- J'ai bien faillit rentrer chez moi. Dit elle tout de même.

- A ta place ça ferait longtemps que je serai sur mon canapé devant un bon film!

La plaisanterie fit rire Clarke et Lexa sentit son cœur se soulever, elle la regarda tendrement et se décida à la prendre par le bras afin d'entamer leur marche.

- C'est vraiment une chance que cette ingénieur soit venu nous prévenir pour cette fuite de gaz. D'ailleurs je ne savais pas que c'était leur boulot de s'occuper de ça.

Clarke retint son sourire et se racla la gorge.

- Oui c'est un vrai coup de chance!

- En plus tu me croiras si tu veux, mais cette femme ressemblait comme deux gouttes d'eau à Raven. Je sais bien que je ne l'ai vu que 3 ou 4 fois, mais la ressemblance m'a frappé.

- Vraiment étrange !


Le restaurant dans lequel Lexa avait emmené Clarke se trouvait dans la cours intérieur d'un bloc d'immeuble. Un décor d'allée italienne en plein cœur de Portland. Des pavés par terre, de la glycine, des balcons en ferraille entourant la cours, et des guirlande lumineuses passant d'un côté à l'autre. Une vingtaine de tables étaient disposée au milieu tandis qu'une musique rital résonnait dans des hauts parleurs. Un vrai coin de paradis qui donnait des envie d'ailleurs.

Clarke en prenait plein les yeux et ne contrôlait pas l'ouverture de sa bouche sous ce décor de carte postale. Elle entendit un serveur à l'accent mélodieux saluer Lexa par son prénom et il attira les deux femmes au centre de la cours là où une table dressée pour deux les attendait. Toujours sans pouvoir prononcer le moindre mot, Clarke s'assit sur la chaise qui avait été reculée par Lexa et se saisit de la carte tendue par le serveur. Elle entendit que Lexa commandait deux verres de vin et sourit machinalement à l'homme lorsque ce dernier leur indiqua revenir avec l'apéritif pendant qu'elles choisissaient leur plats.

Lexa lui sourit, un air victorieux sur son visage, elle fit mine de regarder le menu tout en sachant d'avance ce qu'elle commanderait. Clarke regarda autour d'elle, se délectant du cadre. Comment n'avait elle jamais entendu parlé de cette endroit? La voix de Lexa la tira de ses pensées.

- Ça te plaît ?

- Tu emmènes toutes tes conquêtes ici?

- Si par conquêtes tu parle d'Aylie... alors oui, presque une fois par semaine!

A l'évocation de la fille de Lincoln, Clarke se sentit attendrie. Elle ne l'avait aperçue qu'une fois mais avait compris rapidement comment Octavia s'était lassée charmée aussi vite.

- Tu as l'air de beaucoup t'en occupé. Lincoln a de la chance de t'avoir.

- J'aimerai en faire plus. Lincoln en a beaucoup bavé, il mérite de pouvoir s'occuper un peu de lui.

- Pourtant ce fameux soir où il a rencontré Octavia, tu n'avais pas l'air ravie!

A l'évocation de cette soirée, Lexa sourit et fixa Clarke.

- Une interne emmerdeuse m'avait prit la tête! J'avais mes raisons d'être sur les dents.

- Emmerdeuse mais mignonne! Contra Clarke.

- Mignonne mais coincée!

Clarke lui lança sa serviette au visage en signe de contestation sans la perdre une seconde des yeux.

Alors que le serveur ramenait leur apéritif, Lexa lui demanda encore un peu de temps pour faire leur choix et reprit leur conversation.

- Ce n'est pas que je n'appréciais pas Octavia. Je ne la connaissais pas. Mais je ne sais pas si tu l'as remarqué mais, Lincoln n'est pas franchement laid.

- A oui? Je n'ai pas fais attention!

- Ce n'est pas rare qu'il se fasse accosté et souvent les femmes déchantent quand il leur annonce pour Aylie.

- Octavia n'a pas eu peur.

- Et c'est bien la première... Tu sais je l'ai vu encaissé encore et encore des râteaux lorsqu'il parlait de sa fille. Je ne voulais pas que ça continue.

- Tu veille sur lui.

- Autant qu'il veille sur moi.

- Vous connaissez depuis toujours?

- Non... on était dans la même école mais Linc à trois ans de plus.

- Alors comment cela se fait que vous soyez devenu inséparables ?

Lexa sembla plus tendue d'un coup et Clarke le remarqua. Elle avait peur d'avoir dit quelque chose de mal, de s'être laissée emportée par sa curiosité. Peut être que Lexa n'était pas prête à parler de chose trop personnelles? La brune posa son menu et regarda timidement la blonde.

- Linc à eu Aylie à 17 ans. Il a mis cette fille enceinte et elle a absolument voulu garder le bébé. Tout le monde en parlait, c'était le sujet de conversation numéro 1 au lycée. Et puis elle a accouché, il s'est impliqué, il a vraiment essayé d'être le plus présent possible. Un week-end, il la gardait et quand il a voulu la ramener le dimanche soir, cette fille avait disparu. Elle ne vivait plus chez ses parents, elle ne décrochait plus au téléphone. Personne ne savait où elle avait pu aller.

- C'est comme ça que Lincoln s'est retrouvé seul.

- Il avait ses parents, bien sûr, mais dans sa tête des centaines de choses se bousculaient. Il avait une bourse pour aller à l'université, des rêves plein la tête, et même s'il était soutenu il avait forcément plein de doute.

Elle prit une pause pour faire le point et se concentra.

- Il a donc décidé de faire les démarches pour placer Aylie. C'était à contre cœur mais il pensait que c'était la meilleure solution... C'est comme ça qu'on a parlé pour la première fois. Il visitait la famille d'accueil dans laquelle je vivais.

- Tu étais en famille d'accueil?

Lexa hocha la tête, elle n'aimait pas se pencher sur son histoire. Parler de ce passé si difficile n'était pas quelque chose quelle arrivait à faire avec n'importe qui. Mais ne voyant aucune trace de jugement dans les yeux de Clarke, elle continua.

- Mes parents sont morts quand j'avais 12 ans. Un accident de voiture. J'étais trop "vielle" pour être adoptée, les ado ça ne fait rêver aucun couple. Je suis passée de famille en famille jusqu'à mes 18 ans.

- Je suis désolée. Je n'aurai pas abordé le sujet si j'avais imaginé ça.

Lexa lui saisit délicatement la main et lui sourit afin de la rassurer.

- J'ai eu honte de mon passé pendant longtemps. Je n'aime pas y repenser ou en parler mais tu n'es pas n'importe qui. Et tu peux me demander tout ce que tu veux.

Clarke resserra leur mains liées avant de parler a nouveau.

- Dans chaque tragédies, une petite étincelle rayonne. C'est à nous de la voir. C'est ma mère qui m'a dit ça un jour.

- Elle a raison. Sans ça je ne serait pas tombé sur Linc et Aylie.

- C'est grâce à toi qu'il a décidé de ne pas la confier?

- Non, j'étais une gamine de 14 ans! Mais il a compris qu'il pouvait y arriver. Que s'occuper de sa fille ne voulait pas dire tout abandonner, et qu'il n'était pas seul.

- Alors il t'a pris sous son ail.

- Il a vu que j'en avais bavé et que j'avais besoin de compter pour quelqu'un. Sans lui je ne serai jamais allée à la fac, je ne serai pas là où je suis maintenant.

Leur amitié était pure, elle se basait sur des fondations solides et personne ne pourrait leur enlever cela. Clarke saisit son verre et le leva.

- Aux petites étincelles.

Lexa lui sourit et trinqua. Un poids s'était comme envolé de sa poitrine, elle se sentait en confiance avec Clarke. Elle avait l'impression de pouvoir lui parler sans tabou ni restriction. Que quoiqu'elle dise, elle serait écoutée et comprise.

Les repas s'éternisa, sans qu'aucune d'elles ne le remarque. Il n'y avait pas de temps mort ou de malaise. Elles apprenaient à se connaître, s'intéressaient. C'était un vrai moment de partage, une découverte. Clarke et Lexa ne remarquèrent pas la cours se vider progressivement, les clients quitter le restaurant, les serveurs débarrasser et ranger la terrasse. Rien autour d'elles n'existait.

Il était tard lorsqu'un homme en tablier de cuisine s'approcha de leur table. Il leur sourit et plaça sa grosse main sur l'épaule de Lexa.

- scusa mia lexa! Mais il est tard! On aimerait bien rentrer dormir.

La brune regarda sa montre et s'excusa en se levant d'un bon.

- On est désolée Roberto ! On n'a pas vu le temps passer.

- Ce n'est pas un problema! Ne t'en fais pas Bella!

Confuse, Lexa sortit plusieurs billets de son portefeuille tandis que Clarke ramassait les verres et les serviettes restants sur la table.

- Laisse ça Bella! Je m'en occupe. Andare à la casa !

Lexa lui déposa les billets dans la poche de son tablier et lui demanda de garder la monnaie avant de s'excuser une énième fois. Elle saisit la main de Clarke, liant leur doigts et l'entraîna en dehors de restaurant. Alors qu'elles marchaient doucement, Lexa sourit.

- Ça va devenir un problème.

- Quoi?

- Oublier le monde autour de moi quand je suis avec toi!

- On devrait peut être arrêter de se voir?

- Peut être.

La brune s'arrêta de marcher sans quitter son sourire. Elle tira sur la main de Clarke afin de la rapprocher de son corps.

- Tu serai vraiment capable d'arrêter de me voir?

C'était un défit, une provocation à laquelle Clarke répondit par une mimique aguicheuse.

- Même si j'essayais, le destin te ramène toujours sur ma route.

Clarke avait raison, qu'importe ce qui se mettait sur leur chemin, les deux femmes finissaient toujours par se croiser.

- Alors, ce premier vrai rencard, qu'est ce que tu en dis?

- Pas mal. Répondit Clarke après un temps de réflexion. Tu as le droit à un deuxième essai.

- Un deuxième essai! C'est tout ce que je gagne après avoir mis la barre si haute?

Un haussement de sourcils, c'est tout ce que Lexa remporta tandis que Clarke reprenait sa marche. La brune ne se laissa pas abattre, elle se stoppa à nouveau et pour la seconde fois, elle attira Clarke contre elle. Bien plus proche maintenant, elle la regarda un instant et lui sourit. De sa main libre, elle remit une mèche blonde en place et caressa du bout des doigts sa joue rosées.

- Tu es agaçante Clarke Griffin. Dit elle d'un murmure. Tu veux toujours avoir raison, tu te mêles des affaires des autres, tu dictes tes propres règles...

- Si c'est une déclaration, tu t'y prends mal!

- Mais au delà de ça, j'ai voulu t'embrasser dès la première seconde où je t'ai vu! Tu étais rouge de colère et tu voulais me montrer que c'était toi qui décidait. Je n'ai jamais voulu autant te faire taire qu'en t'embrassant.

- Tu aurais pu essayer, qui sais comment j'aurai réagi?

- Certainement en me giflant.

- Certainement!

Lexa s'approcha encore un peu, leur nez se frôlaient et leur souffle se mélangeaient.

- Et maintenant? Est-ce que tu me giflerais?

- Je ne sais pas... essaye on verra ?

Était-ce le ton sur lequel elle avait dit cela? Son sourire? Ses yeux? qu'importe, Lexa ne pouvait plus attendre. Elle combla la distance et déposa enfin ses lèvre sur celle de Clarke. Le baiser était intense et doux à la fois, il traduisait cette attente et cette envie intenable. Clarke passa ses bras autour de la taille de Lexa et se laissa enivrer par ce contact qu'elle avait tellement désiré.

Alors qu'elle se perdait, la blonde sentit des flashs défiler devant ses yeux. Elle se voyait devant un feu de camps enlacée dans les bras de Lexa, elle entendait le rire de l'avocate alors que leur corps s'entrelaçaient dans des draps qu'elle n'avait encore jamais vu, elle sentait un parfum qu'elle n'avait encore jamais perçu, elle découvrait Lexa en tenue de remise de diplôme et s'observait l'embrasser encore et encore dans des lieux qu'elle n'avait encore jamais visités. Tout cela était si étrange, comme si elle l'avait réellement vécu, tout en sachant que cela était impossible.

Lexa se recula doucement, encore enivrée par la magie de ce baiser. Elle caressa une nouvelle fois la joue de la blonde et la regarda ouvrir les yeux.

- Tout va bien? Demanda-t-elle tout bas.

- Ça ne pourrait pas aller mieux.


Clarke regardait le plafond, nue dans le lit de Lexa elle continuait à s'extasier devant ces flashs qui lui parvenaient de façon régulière. Elle ne les contrôlait pas, il la frappait tout à coup sans prévenir. A chaque fois, lorsqu'elle était avec Lexa. C'était si étrange, comme des impression de déjà vu. Elle voyait cette vie qui ne lui appartenait pas et qui semblait pourtant si réelle.

Cela faisait presque deux mois qu'elle vivait ainsi. Deux mois qu'elle s'oubliait dans ces instants magique sans pouvoir expliquer quoique ce soit.

Elle fut tirée de ses pensées lorsque la porte de la chambre s'ouvrit. Lexa apparue vêtue d'un long t-shirt des Rolling stones dont le logo s'effaçait avec le temps. La brune grimpa sur le lit et tendit à sa compagne un warps chaud emballé dans du papier d'aluminium.

- On a peut être raté le petit dej et le déjeuné mais on ne fera pas l'impasse sur le dîner ! Dit elle avant d'embrasser l'épaule dénudée de la blonde.

- Si tu commences comme ça, ce n'est pas un warps qu'on aura pour le dîner.

Clarkr l'embrassa du bout des lèvres et enleva l'emballage de son repas. Lorsque ses dents croquèrent dans la galette, elle s'exclama de bonheur. Lorsqu'elle était avec Lexa elle oubliait même la satisfaction qu'un repas pouvait avoir sur son corps. Les gens avait peut être raison, il était possible de ne vivre que d'amour et d'eau fraîche.

- A quoi est-ce que tu pensais quand je suis rentrée? Tu avais l'air encore perdue, ça t'arrive souvent.

- Je sais... je ne pourrai pas te l'expliquer. tu me prendrais pour une folle.

- Essaye toujours.

- Parfois, lorsqu'on est ensemble, j'ai ces images qui me viennent. C'est comme si je vivais les souvenirs de quelqu'un d'autre. Comme si je ne vivais pas ma propre vie. Mais une chose reste la même, c'est toi. Tu es dans chaque souvenir, tout tourne autour de toi.

- C'est peut être la façon qu'à ton cœur de te dire que je suis la bonne.

C'était une blague mais au fond d'elle Lexa ne pouvait pas être plus sérieuse. En deux mois, elle avait compris que Clarke serait la femme de sa vie. Elle savait qu'elle finirait ses jours à ses côtés et elle espérait de tout son être que la blonde ressentait la même chose.

- Je n'ai pas besoin de ses flash pour le savoir Lexa.

C'était tout ce que Lexa avait besoin d'entendre pour se voir rassurer. Clarke voyait le futur de la même façon.


Cette nuit là, alors qu'elle dormait dans les bras protecteur de Lexa, Clarke ne sentit pas son esprit s'emballer, elle ne remarqua pas ce sentiment d'envol, ne perçu pas son âme la quitter.

Non cette nuit là Clarke ne remarqua rien


"Salut à tous bande de flemmards! On est le lundi 13 mai 2025, il est l'heure de se tirer du lit!"


If you want to, I can save you

I can take you away from here

So lonely inside, so busy out there

And all you wanted was somebody who cares