Voici trois nouveaux textes.

Je me suis laissée un peu plus emportée par le premier que les deux autres...

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4) Débat

«Ressusciter le Grand Dévoreur ?»

La première fois que Medusa avait exposé son plan, Elka avait eu du mal à se persuader que ce n'était pas une blague. Ce n'était pas que l'idée semblait mauvaise ou irréalisable, juste suicidaire.

Oui, les pouvoirs de Free bloqueraient le maître Shinigami. Oui, la barrière serait placé correctement si les deux sorcières venaient en aide à l'œil démoniaque. Seulement, il n'empêchait qu'ils se jèteraient tous dans la gueule du loup et Elka se demandait si cela en valait vraiment la peine.

«Eh bien, je suppose que oui ? Enfin, étant donné que le Grand Dévoreur s'oppose à Shibusen, il fera cause commune avec sorcières et démons pour semer le chaos.»

Free avait un avis plutôt optimiste sur la situation et ne semblait pas particulièrement affecté par des idées aussi téméraires qu'une infiltration à Shibusen, le jour où Shinigami et tous les meisters et armes du coin seraient présents. En même temps, l'immortalité de l'œil du diable le rendait totalement inconscient du moindre risque.

«Ce n'est pas aussi simple que ça ! On ne sait pas vraiment ce qu'il en pense exactement ce dieu démon !»

Plus important, Elka n'était pas sûre de savoir quel était le but final de Medusa.

Free se gratta le menton d'un air pensif lorsqu'elle lui eu posé la question.

«Détruire Shibusen ? Le but des sorcières est de prendre le pouvoir ou semer le chaos, quelque chose comme ça, je me trompe ?»

La sorcière grenouille soupira en se demandant pourquoi leur communauté était si compliquée. On ne pouvait pas dire que les sorcières avaient toutes le même avis. Bien sûr, la disparition de Shibusen les arrangeraient énormément mais beaucoup n'avaient pas envie de se mouiller les plumes et préféraient travailler discrètement à l'abri des regards sur de mauvais coups d'une envergure parfois ridicule.

Attaquer Shibusen de façon aussi effrontée était «déconseillé» avait précisé la doyenne à maintes reprises et chaque sorcière avait vite compris l'interdiction formulée à mi-voix.

Si Medusa méprisait les règles de Shibusen, il en allait de même pour celles des sorcières apparemment et c'était ça qui était dangereux.

Free coupa le fil de ses pensées en reprenant la parole :

«Un monde sans règles, c'est bien non ? Je déteste ceux qui se croient au dessus des autres et les empêchent d'être libres.

-Sauf que sans règles, c'est difficile de créer et maintenir une communauté ! Il en faut quand même quelques unes pour pouvoir faire confiance à d'autres personnes et ne pas risquer de se faire tuer par ses alliés... Enfin, ce n'est pas comme si tu avais à t'inquiéter de ça avec ton corps immortel mais ce n'est pas marrant d'être tout seul.»

Elka n'a jamais été pour un monde anarchique. Elle aime embêter les humains, créer une belle pagaille avec deux ou trois explosions bien placées mais surtout elle aime briser des règles que le commun des mortels suit avec zèle.

Il est évident qu'on ne peut pas briser de règles dans un monde où il n'y en a pas et Elka ne pense pas pouvoir survivre toute seule ; pas qu'elle soit faible mais elle a conscience qu'il y a toujours plus fort que soi.

Free sourit et lui tapote maladroitement le dos.

«Bah, si tu veux on restera ensemble. De toute façon la destruction de Shibusen ne se fera pas en un jour.»

C'est ce moment que choisit Crona pour sortir de l'ombre de la porte et annoncer l'heure du départ d'une voix morne. Ragnarok, sur ses épaules, profère des insultes et des insanités à l'encontre de l'école des meisters et du reste du monde, tapant sur son partenaire entre deux injures.

Elka ne sait pas ce qui la déroute le plus entre l'optimiste naïf de Free et l'indifférence servile de Crona qui les empêchent tous deux de douter.

5) Épargner

Mifune n'est pas le genre de personne qui fait les choses à moitié. Il travaille toujours sérieusement et accomplit ce qu'on lui ordonne avec maestria.

Pourtant, lorsqu'il s'agit de tuer, il ne se bat pas avec autant de motivation. Certes, la maîtrise du sabre veut qu'on en vienne parfois à ces extrémités et si on l'attaque il n'hésitera pas à réduire à l'état d'âme la moindre personne tentant de mettre fin à sa vie ; bien qu'avec moins d'agressivité quand il s'agit de jeunots imprudents se risquant à s'avancer dans la voie du sabre.

Quand on lui ordonne d'assassiner quelqu'un par contre, c'est une autre affaire. Le rôle de meurtrier n'est pas un qu'il se plait beaucoup à endosser. Lorsqu'il a la possibilité d'épargner un adversaire il n'hésite généralement pas à le laisser en vie.

Il se dit qu'après tout, s'il est avant tout un garde du corps c'est bien que son travail n'est pas de tuer mais de protéger.

6) Flottant

C'est comme un bain débordant de mousse, comme la ville qu'elle regarde dans les airs, assise sur une citrouille, par une nuit étoilée. Elle a l'impression de flotter et tout en ayant conscience que c'est un sentiment éphémère, elle croit pourtant l'avoir toujours ressenti et qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin.

C'est comme s'enfoncer dans un canapé moelleux enroulé dans un énorme duvet réservé aux jours de grand froid, c'est comme boire un alcool de qualité dans un cabaret avec des garçons qui aiment discuter, comme le contact exotique d'un tissu rare sur la peau.

Parfois, cela en est même étouffant, tant de joie, de luxe. Alors quand elle touche un vêtement ou un drap, celui-ci lui semble trop ample, ses limites sont incertaines.

Les contours du monde deviennent flottants, flous et c'est comme si tout allait fondre devant tant de légèreté et d'insouciance.

Heureusement, cette idée ne l'effleure qu'un instant et son petit monde reprend vite ses couleurs et ses formes. De toute manière, si elle sentait qu'elle risquait de tomber, il lui suffirait d'invoquer une citrouille et en deux temps trois mouvements elle serait tirée d'affaire, perchée dans les airs.

Ce sentiment de flotter c'est la vie et Blair en raffole.

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Édité le 30/08/2010 pour correction de fautes.