Cette fois-ci, quatre textes.

Come d'habitude : Tout appartient à Atsushi Ohkubo.

Jeter

Ce qui ne servait plus, il suffisait de le jeter. C'était quelque chose d'évident au sein d'Arachnophobia ; il ne servait à rien de s'encombrer de quelque chose d'inutile, cela risquait même au contraire d'être néfaste à leur organisation et, plus grave encore, à maîtresse Arachne.

Giricco suit ce principe à la lettre. Peut-être même beaucoup trop à en juger par les bouteilles d'alcool vides et autres détritus qu'il laisse trainer dans sa chambre ou à d'autres endroits du château.

Une dizaine de serviteurs masqués, armés de balais et de pelles de nettoyage se précipitent pour arranger les dégâts tandis que Mosquito, tremblant de rage, part à la recherche du malotru.

Il le retrouve dans l'un des immenses couloirs menant au centre du château, buvant au goulot comme à son habitude. Lorsque le vampire l'interpelle et l'accuse de ses crimes, l'arme humaine jette la bouteille contre le mur en signe d'ultime provocation.

Ce qui ne sert plus, on le jette. C'est un des nombreux adages d'Arachnophobia et si Giricco l'approuve, il préfère cependant de loin le sien : «Alcool, filles et bastons.»

Karaté

Black-Star répète les mouvements que le professeur Sid lui a apprit. En ce moment il s'entraine à pratiquer les coups de pieds latéraux.

Le maître d'école lui dit d'arrêter, de se rasseoir et de résoudre le problème comme ses autres camarades. Black-Star refuse et continue son entraînement, manquant de renverser le bureau de sa voisine lors d'un mouvement mal contrôlé.

Le soir, il rentre chez lui avec une punition mais préfère se rendre au dojo.

«Il y a un temps pour faire travailler ton cerveau et un autre pour faire travailler ton corps. Tu pourras faire du Karaté demain, lui explique le professeur Sid, aujourd'hui tu feras ta punition.

-Mais je veux faire du Karaté maintenant !»

L'enfant dit cela comme si il s'attendait à ce qu'il n'y ai pas de lendemain. Sid soupire, tous les maîtres que Blac-Star a eu jusque là ont décrété qu'il était incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. C'est faux, Black-Star sait se concentrer mais il ne veut bien le faire que sur ce qui l'intéresse.

«Bon, montre moi ton coup de pied latéral.»

Littéral

«Maka, je me suis pris un râteau.»

L'adolescente ricana discrètement derrière son livre. Soul fronça les sourcils en regardant le haut de sa tête dépassant de derrière le canapé trembloter sous le rire étouffé.

«Littéralement.»

C'était au tour de sa meïster de froncer les sourcils, agacée.

« Soul, est-ce qu'il t'es déjà arrivé de regarder dans un dictionnaire ? Franchement il faut que tu apprennes ce que 'au sens littéral' veut dire ! La dernière fois déjà tu t'es trompé, au lieu de dire 'au figuré' tu as...

-Maka. Vraiment, littéralement.»

Son amie consentit enfin à se retourner. La seconde d'après, elle était écroulée sur le canapé, riant aux éclats.

«Il va falloir que j'aille chercher la trousse de premier soin... et lui demander comment il a bien pu se faire ça.», pense-t-elle tandis que son arme rouspète en rougissant légèrement de honte.

Il faudra d'abord qu'elle arrive à s'arrêter de rire.

Mordorure

On dit souvent à Marie que son œil est d'une couleur magnifique et elle se demande si on le pense parce qu'elle n'en a qu'un, parce qu'il est unique et que ce statut lui confère une certaine beauté.

Peu importe en fait, ce n'est pas son œil seul qui lui permettra de se marier.

Elle se souvient que quand elle étudiait encore à Shibusen, il y avait toujours quelqu'un pour lancer le sujet de «de quelle couleur sont vos yeux», peut-être parce que l'école rassemblait nombre d'ethnies différentes et que cela laissait place à de nombreuses réponses ou peut-être qu'il y avait toujours quelqu'un pour poser des questions sans intérêt.

«Marron» diraient la plupart des gens et Azusa rétorquerait «noisette», tout en replaçant correctement ses lunettes sur son nez.

«Mordoré», répondrait Stein d'un air morne et Spirit s'écrirait «Qu'est-ce que ça veut dire au juste ?!» avant de se faire passer un dictionnaire par son meister.

C'est sûrement la réponse la plus correcte mais Marie n'est pas sûre d'aimer particulièrement cette précision aussi scientifique.

Il y avait aussi quelqu'un pour comparer son œil à une tasse de café durant un jour d'automne mais c'était il y a bien longtemps.