Voici la suite, comme d'habitude tout appartient à Atsushi Ohkubo.

Négociable

«Kim, inutile de marchander plus que ça il ne baissera pas le prix.

-Mais je veux vraiment ces uniformes ! Je suis sûre que je peux les avoir pour moins cher que ça.

-Pourquoi est-ce qu'on aurait besoin d'uniformes de toute façon ? Ce n'est même pas obligatoire.

-Avec un uniforme, notre appartenance à Shibusen sera visible en un clin d'œil !

-Pourquoi faire ? Tu veux aller parader dans Death City avec ? Ne va pas espérer que quelqu'un te demandera de signer un autographe.

-Je ne veux pas d'uniforme pour ça ! C'est juste que c'est bien de sentir qu'on fait partie d'un groupe avec un uniforme...

-Je vois.» répondit Jacquie avec un léger sourire, tandis que sa meïster se remettait à négocier devant le stand de marché.

Elles avaient trouvé un vendeur de vêtements d'occasion et Kim voulait acheter une paire de vieux uniformes qu'elle voulait repriser pour y ajouter le sigle de Shibusen.

«Alors, ça me va ?

-Parfaitement. Enfin, ce qui m'impressionne plus que tes capacités de couturière, c'est ton talent pour négocier.

-Hé hé, l'argent est peut-être le plus grand mal de ce monde mais c'est aussi le plus grand bien.

-Tu parles comme un ivrogne. Tu as l'air totalement ivre... ivre d'or.

-Garde tes vilaines paroles dans ta tête et va plutôt essayer ton propre uniforme !

-Ce n'est pas vraiment mon truc, la mode de porter de habits identiques.

-Et il n'y a aucune chance pour que tu changes d'avis ?

-Disons que c'est négociable...

Onzième

Le onzième siècle n'est pas passionnant. Non.

Il s'y passe des choses, bien sûr, comme à chaque siècle mais il n'a rien de particulier qui le distingue des autres. Pourtant, des découvertes y sont faites, le monde est exploré, les Dieux de la Mort et les sorcières se livrent plusieurs batailles. Cependant ce genre de choses arrive tous les siècles.

Ce siècle contient donc son lot de tumultes, comme tous les autres mais il n'est en vérité là que pour que le douzième siècle puisse arriver.

Le onzième siècle n'est pas passionnant mais il sert de passerelle au siècle suivant et ceci, c'est bien la seule chose qui soit d'une importance fondamentale.

Parce que le douzième siècle est capital, c'est celui où commence ma légende.

-Préface de «La légende d'Excalibur» par Excalibur.

Pâques

Spirit parcourait les rues de Death en sifflotant, plusieurs paquets calés sous les bras.

«Bien le bonjour mon cher Death Scythe, qu'est-ce que vous nous portez donc là ?»

Quelques jeunes filles -qu'il connaissait plus ou moins intimement- venaient de l'aborder. Elles semblaient avoir décidé de faire une sortie entre amies par cette charmante fin de semaine ensoleillé.

«Ah bonjour chères demoiselles, vous avez l'air ravissantes, éblouissantes même, aujourd'hui !»

Ses interlocutrices, qu'il se plaisait à comparer à des nymphes, rirent délicatement. L'une d'elle, plus curieuse que les autres, toucha légèrement le papier d'un des sacs pour en observer l'intérieur.

«Oh, vous fêtez Pâques ?»

Le paquet contenait en effet plusieurs sachets d'œufs en chocolat qui étaient entourés chacun de papier d'aluminium multicolore. Cependant Spirit n'avait pas acheté que des œufs, un autre sac contenait lui des cloches, poules et lapins en chocolat dont l'intérieur était fourré de petits œufs en sucre.

« Il y en a énormément... vous fêtez Pâques à Shibusen ou... ?

-Ah, c'est pour ma famille. Maka est assez grande pour chercher les œufs maintenant... Et je me disais qu'il fallait peut-être en prévoir beaucoup au cas où elle ai des difficultés à les trouver. En plus comme ça il y en aura encore pour les jours suivant.»

Spirit rêvassa quelques instants, s'imaginant sa petite fille toute souriante chercher avec engouement dans la maison les œufs disséminés, ses deux couettes nouées par des rubans roses se balançant de chaque côté de son visage.

«Il y en a beaucoup trop quand même non ?

-C'est vrai. Faites attention Spirit, il ne faut pas donner trop de friandises aux enfants.

-Oui, ce n'est pas bon pour la santé et si vous la gâtez trop, elle va vous réclamer davantage.

-Je prendrais bien un œuf fourré.

-Idiote, c'est malpoli de demander comme ça.

-Ben quoi, je dis juste ce que je pense.

-C'est parce que personne ne t'envoies rien pour la Saint Valentin que tu cherches à dépouiller les gens à Pâques ?

-Arrêtes de t'imaginer des trucs, c'est toi qui a commencé à dire qu'il y en avait trop. Toi aussi tu en voulais non ?»

Spirit sorti de sa rêverie pour les calmer.

«Arrêtez, c'est vrai que j'en ai pris peut-être un peu trop alors... Si vous en voulez quelques uns vous pouvez les prendre.

-C'est vrai ? Ouah, merci beaucoup monsieur Death Scythe !

-Vous êtes vraiment un chic type !

-Je peux en prendre pour ma sœur ?

-Va pas trop en demander espèce d'égoïste !

-T'as pas vu tout ce que t'as piqué, toi...»

Spirit les quitta après avoir reçu une bise de chacune d'elles et reprit sa route. Quelques minutes plus tard, un autre groupe de jeunes filles le salua.

Lorsqu'il arriva à son appartement, il ne lui restait qu'un sac qui ne pesait plus grand chose.

«Ah, j'espère que tout le monde passera de bonnes Pâques...», songea-t-il en soupirant légèrement.