Disclaimer : pour une fois, ça change : tout à moi sauf James, Lily et Dumbledore et bien sûr

les lieux que vous connaissez. Merci à JKR de me les prêter.

Allez voir le site d'Alixe et Lisandra : http /fanfictionmodedemploi.free.fr. Merci à elles pour ce site.


Première journée de travail…épuisante.

Je jetais un regard mauvais à mon "associé" et l'invitais, en grommelant, à me suivre dans mon bureau. Pfff… Sept ans que cette histoire traînait. J'n'avais pourtant pas ménagé mes efforts mais non ! Ces deux là, à part se prendre la tête, ils savaient rien faire. A croire qu'ils le faisait exprès pour m'embêter. Des fois, je vous jure, à vous dégoûter de votre boulot. Et pourtant, faut pas croire, j'adore ce que je fais. Moi, mettre les gens ensemble, je trouve ça … trop, quoi ! Et savoir que j'en suis l'artisan, ben ça me rend fier. Parce que, attention hein, j'aime que mon boulot soit bien fait. Ce n'est pas parce qu'on a des facilités dans son boulot qu'on n'aime pas que ce soit un boulot de maître. Bref. J'invite La Poisse à s'asseoir en face de moi et je me laisse tomber dans mon propre fauteuil. Et je lui jette un regard. Pour l'évaluer. Tout en étant convaincu que je n'ai toujours pas fait le bon choix. Enfin, qu'on ne m'a pas laissé le bon choix. Moi, j'aurais plutôt pris Tendresse. Ca, c'est une déesse ! Et quelle classe dans son boulot. Bon, je n'aime pas trop toute la guimauve qu'elle se sent toujours obligé de faire dégouliner autour d'elle ("c'est pour coller au personnage, tu comprends ?" Tu parles !), mais niveau travail, elle assure. Ou alors, Romantique. Un type sympa avec qui on se fend bien la poire. Toujours sûr de se marrer. Parce que surtout sur ce foutu dossier, ça va pas être de la tarte. Moi qui vous le dis. Je soupire une nouvelle fois.

"Tu veux un café, La Poisse ?"

"Avec un nuage de lait, s'il te plaît."

Grrr ! Grrr ! Grrr ! Ces jeunes qui se croient permis de te tutoyer parce qu'om est de la même boite. Je me scotche un sourire sur le visage et lui verse son "café avec nuage de lait, s'il te plaît", tout en priant pour qu'il ne renverse rien. Moi, je l'aime noir, sans sucre. Un vrai café. Je bois mon breuvage en silence, en réfléchissant à ce que je vais bien pouvoir dire à mon nouvel … assistant. Par la grâce de Dieu le Père. Bien près de poser ma démission moi, dans des moments pareils. De toute manière, je savais que ce serait une journée pourrie. Ce matin, en me levant déjà, que des embrouilles : me suis pris le pied de mon lit (et je peux dire que ça fait mal), ma compagne avait encore pris une douche trop longue, donc je n'avais plus d'eau chaude (ben quoi ? Ce n'est pas parce qu'on est Cupidon, qu'on n'a pas une compagne comme tout homme qui se respecte; dans mon cas, une secrétaire demi déesse mignonne et bien plus passionnante au lit que pour sa conversation, bref!), et j'ai loupé mon métro. Et maintenant … ça. Ma journée est pourrie.

"Bon, La Poisse. Je t'explique. Et comme j'aime pas me répéter, je vais te le dire une fois. Alors ouvre bien grand tes oreilles."

Je suis impressionné, il n'a pas renversé son café. Et l'a bu sans se brûler.

"Tu vois tous ces dossiers ? En gros, ce sont les personnes qui sont destinées à finir ensemble. Mon boulot consiste à les pousser l'un vers l'autre."

"Et quand c'est que j'aurais un arc et des flèches ?"

Je le considérais un moment, sagement assis là, attentif à la moindre de mes paroles et je soupirais. Je savais que la journée serait pourrie. Définitivement.

"Ca n'existe pas."

"Oh ?..."

Il eut l'air déçu. Je maudis tout à coup les humains et leur "…" de folklore à la noix. Me représenter comme un ange à bouclettes avec arc, flèches, couches culottes et figure poupine. Non mais, quel toupet. Un de ces jours, je vais descendre et leur expliquer moi, à ces humains, que merci bien, mais je préfère des fringues bien chaudes quand même. Et qui couvrent ! Enfin, la première fois que je suis apparu, dessiné de cette façon (une église baroque allemande, pffff !), ça a fait le tour des collègues et la plaisanterie a duré un bon mois.

"Ce n'est que du folklore humanoïde. Tu sais comment ils sont."

Il hoche la tête, l'air toujours déçu.

"Bon, le truc c'est que le Vieux nous a mis ensemble pour résoudre un cas épineux. Un dossier spécial."

Il prend l'air d'un conspirateur et se penche en avant. Heureusement que sa tasse est vide. Ça me fait marrer intérieurement. J'aime bien les effets de scène. Et je suis assez doué. Tout le monde se fait prendre. Les cours de théâtre, ça aide. Je prends délicatement un épais volume et le pose avec fracas sur le bureau. Ça le fait sursauter et pour ne pas faillir trop longtemps à sa réputation et son nom, il fait tomber sa tasse par terre. Se lève d'un bond en s'excusant et écrase, malencontreusement, les morceaux de porcelaine, les réduisant en cendres. Nous contemplons en silence le lieu du sinistre puis j'éclate de rire.

"Excuse moi La Poisse. C'est nerveux."

Je rigole pendant bien cinq minutes tandis qu'il prend l'air vexé. Je savais qu'il ne pouvait faillir à sa réputation. J'avais presque cru qu'il n'était pas si terrible. Mais non. Je réussis à contenir les derniers spasmes de rire qui m'agitaient encore.

"Faut que tu lises ce dossier. T'en auras pour la journée. Des questions ?"

"Pourquoi le dossier Pot n° 7/6/2 ?"

"Le dossier contient toujours les premières lettres du nom de famille de l'homme. Dossier Pot, équivaut à dossier Potter. Et les chiffres correspondent au temps passé. 7 ans, 6 mois, 2 jours. C'est le temps qu'a déjà pris le dossier. Autre chose ? Non ? Bon, j'ai plusieurs missions aujourd'hui. Je reviendrai ce soir et on fera le point si c'est toujours là. Sinon, demain. D'accord ?

Il hoche la tête et je le laisse dans le bureau. Sur le seuil, je me retourne.

"Essaie de ne pas perdre la moitié du dossier, s'il te plaît."

Je referme la porte et explose de rire à nouveau. Sa tête quand je lui ai dit ça. A mi chemin de la culpabilité et de la vexation, trop drôle !

Je rentrais, épuisé, à la nuit tombée. Une bonne journée de travail. J'avais réussi à mettre six couples ensemble, ce qui était une bonne moyenne. Mon record personnel s'établissait à 10 couples, mais, bref, il y avait des circonstances particulières. Woodstock, ça vous dit quelque chose ? Ben, j'y étais aussi. Et je bossais. Un léger sourire flotte sur mes lèvres quand je touche le seuil du Paradis. J'ai fini ma journée en allant visiter un vieil ami, Albus Dumbledore. L'actuel directeur de l'école de sorcellerie nommée Poudlard. Je l'ai rencontré alors que j'étais l'assistant du précédent Cupidon (qui coule une retraite bien mérité après plus de 30 000 ans de bons et loyaux services) et il m'avait filé quelques tuyaux pour un cas dont je n'arrivais pas à me débarrasser. Nous sommes depuis devenus amis et il essaie de m'aider à mettre James et Lily ensemble. Même s'il ne peut pas trop intervenir. Parce que ces deux énergumènes, c'est pas de la tarte ! A croire que ça les amuse de se disputer. Je gardais mon sourire jusqu'à l'entrée de mon bureau. En voyant la lumière filtrer sous la porte, je fronçais les sourcils. Qui occupait MON bureau ? Et là, comme une tornade, me revinrent à l'esprit tous les événements de la matinée, que j'avais soigneusement occulté. Et je compris pourquoi j'avais discuté si longtemps avec Dumbledore. Et je subodorais soudain que l'air amusé de Dumbledore n'avait rien à voir avec les passionnantes péripéties que j'avais vécu l'après midi même. Bref. J'entrais, fataliste, m'attendant à découvrir des papiers voletant un peu partout et la moitié de mes dossiers brûlés … Peut être une moitié de bureau en moins ?

Mais ….


J'aime bien ce chapitre, où Cupidon a vraiment l'impression de se faire avoir. Désolé pour la fin (en fait, non, ha ha ha !) mais il vaut mieux que ça finisse comme ça. Prochain chapitre en cours d'écriture. Samikitty