Disclaimer : comme d'hab', et je ne le répéterai plus.

Note : merci à tous et toutes les reviewe(euses)urs. Espérons que ça continue à vous plaire.


Le travail c'est la santé.

"Monsieur ? Monsieur ? MONSIEUR !"

J'ouvris un œil, ayant l'impression d'être un prunier dont on secoue toutes les branches sans ménagements. La Poisse se tenait au dessus de moi, une main posée sur mon épaule et paraissait inquiet.

"Ça va, grommelais-je, je ne suis pas mûr, alors retires ta main de là."

Il fronça les sourcils.

"Laisses tomber, soupirais-je. Qu'est-ce-que tu veux ?"

"Il … il est 7 heures du matin. Je me suis dit que vous vouliez peut être prendre un petit déjeuner."

Je poussais un autre grognement. Mon cerveau sans café avait du mal à fonctionner. Et surtout le matin. Surtout ce matin. Où étais-je ? Et d'abord, pourquoi c'est La Poisse qui m'avait réveillé ? Pourquoi Eryne n'était pas là ? En plus, j'étais ankylosé. "Un café. Mon royaume pour un café", psalmodiais-je, les yeux fermés. Et – oh miracle – le délicieux fumet d'une tasse chaude de café tout frais sembla se matérialiser sous mon nez. Je rouvris un œil et vit effectivement une tasse de café tenue par une main. Qui n'était pas la mienne. Pas envie d'y réfléchir. J'attrapais avidement la tasse pour la porter à mes lèvres.

"OUAH ! BORDEL !"

La tasse n'était jamais arrivée à mes lèvres mais s'était répandue sur moi. J'étais donc présentement en train de me brûler méchamment avec un … une … La Poisse qui voulait bien faire et tournait autour de moi sans savoir quoi faire de ses dix doigts.

"La Poisse !" rugis-je.

Il … Elle s'arrêta de tourner en rond, transformé en statue.

"Tu t'assois et tu ne bouges plus. Je reviens."

Je me dirigeais d'un pas fatigué vers ma chambre et la salle de bain. Sous le jet d'eau chaude, je soupirais. Je ne pourrais pas supporter plus d'une catastrophe par jour, surtout s'il commençait si tôt le matin. Avant mon café journalier, de surcroît. Hein ? Ah oui. Pardon. Vous avez pas vu ce qui s'était passé. J'ai attrapé vivement mon café et il a voulu retirer sa main mais ce blaireau a oublié qu'il avait passé un doigt dans l'anse de la tasse. Donc … vous connaissez la suite. Mais, ça ne répondait toujours pas à ma question; à savoir, pourquoi c'était cet abruti de La Poisse qui m'avait réveillé et pas Eryne ? Bon, réfléchissons … Ah oui, Poudlard. Mon enfer personnel. Courage ! Une nouvelle journée s'annonçait, pleine de … surprises. Mais avant ça : direction le petit-déjeuner et mon café.

Grrr ! Qu'est-ce que je peux détester ces gamins. Dès le matin, ça braille et ça piaille dans tous les coins, et alors, quand le courrier arrive, c'est le bouquet ! Pfff. Pas capables d'être silencieux cinq minutes. Et quand je pense que je vais devoir me les coltiner 24 heures sur 24 heures. Enfin, chose positive : j'ai eu droit à un délicieux café – que j'ai dégusté, croyez moi – et La Poisse n'a réussi qu'à renverser son jus d'orange sur la table. Incident qui a été réparé sans commentaires et rapidement par Minerva. J'admire beaucoup cette femme. Et sa conversation est des plus passionnante.

"Albus, pourrais-je vous parler ? Le plus tôt sera le mieux."

Il hoche la tête avec un doux sourire, posant brièvement les yeux sur notre petit couple en formation, qui n'a pas encore une de ses habituelles insultes. Je crois qu'ils ont le réveil difficile. Ils bâillent à qui mieux mieux et menacent de piquer du nez dans leurs tasses. Bref, quelle jeunesse. Soit ça braille, soit ça dort. Je lance un "bonne journée" à la table des professeurs que je plains sincèrement et me dirige vers la sortie suivi de mon caniche … euh … de La Poisse. Je le surveille du coin de l'œil qu'il ne fasse pas de bêtises en pleine Grande Salle. Les Dieux ont quand même un certain honneur. Sirius lui fait un signe amical de la main et La Poisse lui adresse un timide sourire. Ce gamin est une pâte, quand même. Dommage qu'il soit si maladroit. Enfin, pas de catastrophe en vue et c'est tant mieux. Nous sommes retournés à nos appartements pour que le petit puisse se changer et moi je m'effondrais dans le fauteuil dans lequel j'avais apparemment passé la nuit. Il avait réussi à ne pas faire de bêtises et je priais tous les dieux du panthéon et tous ceux que je connaissais que la journée continue ainsi. Je fermais les yeux, appréciant le calme quand …

"AHHHHHH"

Je bondis, pleinement réveillé. Le hurlement provenait de la douche. J'ouvris la porte à la volée et vit La Poisse dans un coin, tout tremblant. Il me désigna un endroit du doigt.

"Bonjour, Mimi. C'est pas très sympa de faire peur à mes collègues."

"Bonjour, Cupy." Je grimaçais, haïssant sa voix de fausset et mon surnom. Elle battit des cils dans ma direction, avec un sourire qu'elle crût enjôleur.

"Je croyais que c'était toi sous la douche. Je me suis trompée. Mais qui est ce charmant collègue ?"

Je lui présentais La Poisse et lui fit promettre de ne pas recommencer à faire peur à mes collègues. Et de les laisser prendre leur douche tranquilles. Elle eut une moue boudeuse mais devant mon regard qui commençait à rougeoyer, elle ne dit plus rien et s'enfuit. Je me tournais vers La Poisse qui avait ramené sa serviette autour de lui ... elle.

"Tu peux finir ta toilette tranquille. Elle ne reviendra plus."

Il me remercia d'un hochement de tête et attendit que je sorte avant de se relever. Mon fauteuil m'accueillit de nouveau et je poussais un soupir. Quoi ? Pourquoi mes yeux rougeoient ? C'est quand je suis en colère. Dieu le Père a trouvé amusant qu'ils se colorent en rouge, parce que c'est la couleur de la passion. Pfff. Toujours dans ce cadre, vous savez, le meilleur service entre collègues. Hein ? Ben oui, Passion, c'est une collègue à moi. Et quelle femme ! Un vrai brasier. Bref, mon … ma collègue réussit enfin à émerger de la douche et je me levais. Nous devions aller voir Dumbledore de toute urgence. Mais quelque chose m'arrêta. Un petit sourire qu'il … elle n'arrivait pas à dissimuler. Je haussais un sourcil, menaçant.

"Eh Bien ?" aboyais-je.

Son sourire s'effaça un peu mais il restait scotché à ses lèvres. J'avais bien envie de l'embrasser … de le lui enlever !

"Pou … pourquoi elle vous appelle Cupy ? Et puis, c'est qui ce fantôme ?"

"Ce sont de vieilles histoires, je te conseille de ne pas la ramener sur le sujet et en plus, je te rappelle que je viens de te sauver du monstrueux fantôme. Clair ?"

Le ton neutre que je venais d'adopter lui fit comprendre qu'il valait mieux ne pas plaisanter et oublier cette malheureuse affaire, ou il le regretterait lui aussi.

"Prêt ? On peut y aller ?"

Il hocha la tête et nous pûmes enfin partir à la rencontre de Dumbledore.

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Je pestais pour la dixième fois de la matinée, des insultes qui auraient fait même rougir Grossier et lançais un regard mauvais à la gargouille. Qui me le renvoya tranquillement. Dumbledore et ses mots de passe à la noix. S'il n'avait pas utilisé tous les noms de bonbons connus et à venir durant les cent dernières années, je crois que j'aurais pu trouver. Au moment où je pestais une nouvelle fois contre le maître des lieux, il daigna faire apparaître son bout du nez. La Poisse m'avait regardé faire sans oser bouger. Il commençait à comprendre que lorsque j'étais en rogne, tout ce qui remuait dans un rayon de 3 kilomètres en faisait les frais. Alors que nous montions les escaliers en spirale, j'entendis Albus laisser tomber :

"Au fait, mon mot de passe, c'est sorbet au citron. Vous devriez le savoir Cupidon, mon ami."

Je tordis ma bouche dans une sorte de sourire ironique et m'abîmais dans le silence, préférant ne pas révéler ce qui me passait par la tête. L'antre du maître était toujours la même, encombrée d'objets hétéroclites et plus bizarres les uns que les autres. Je savais, vu les yeux brillants de La Poisse que je ne pourrais pas l'empêcher de toucher à tout. Dumbledore nous proposa des bonbons au citron, que nous déclinâmes poliment. Assis en face d'Albus, je le regardais un long moment en silence. Je voyais un homme fatigué, mais qui refusait de se laisser vaincre par les événements. Je savais qu'une grande guerre se préparait, une de plus. Et dans laquelle il mettait toutes ses forces, toute son intelligence. J'avais un grand respect pour cet homme, qui mettait un point d'honneur à être toujours de bonne humeur, pour les siens. Ses yeux pétillèrent un peu plus, sachant déjà que mes nouvelles seraient légères, et peut être à la pensée du tour qui se tramait.

"Euh, excusez – moi ? Pou … Pourquoi votre oiseau, il est tout pas beau ?"

Albus éclata de rire et je sentis naître un léger sourire.

"Ma chère La Poisse, Fumseck est un phénix. Il renaît de ses cendres, mais avant il doit mourir. Et là, il va bientôt se consumer."

"Ah, pauvre oiseau."

La Poisse avança la main vers Fumseck, qui lança une pauvre trille, et le caressa lentement.

"Bien. Mon cher Jack, si nous commencions ?"

Je me penchais vers son bureau, sachant que je captiverais autant Albus que La Poisse.

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Nous ressortîmes trois heures plus tard du bureau, je n'avais jamais été aussi heureux. Mon plan plaisait à Albus, qui ferait tout pour que ça marche. J'eus mon premier vrai sourire.

"La Poisse, faut que j'ailles téléphoner. Tu sauras retrouver le chemin de nos quartiers tout seul ?"

Il hocha la tête.

"Au pire, monsieur, j'ai toujours le sort que vous m'avez appris pour retrouver mon chemin."

J'eus une moue sceptique sur sa capacité à refaire le sort, plutôt simple, de direction, mais je ne dis rien et le … la regardais s'éloigner, sans un mot. Même lui … elle, semblait plus légère, après mon plan. Il … elle avait tout de suite adhéré à l'idée. Mais là, tout de suite, je voulais téléphoner à Eryne, lui annoncer les nouvelles, discuter avec elle. J'arrivais dans le parc, encore frais à cette heure matinale de la journée et si calme sans les cris des élèves. Je pris le temps de respirer à fond l'air pur qui m'entourait.

"Allô ? E … Qui est à l'appareil ? Qui je suis ? Mais Jack, le petit ami d'Eryne. Pouvez vous me la passer, s'il vous plaît ?"

Je dus m'asseoir. La voix masculine qui venait de me répondre me faisait imaginer le pire. J'étais sûr qu'elle me trompait. Non, non, non ! Impossible. Ma douce Eryne. Pas elle.

"Chérie ? Qui est ce type ? … Quoi ? Bien sûr que je suis jaloux. J'entends une voix masculine alors que je croyais t'avoir toi. … Tu quoi ? Mais … Pourquoi ?"

Anéanti. Assis, j'eus du mal à assimiler les mots qu'elle me lançait, désinvolte. Elle me quittait. Parce que je n'étais pas assez là, trop préoccupé par mon boulot et ma nouvelle collègue. Et parce qu'elle sentait bien qu'elle ne comptait plus beaucoup pour moi. Je raccrochais machinalement quand je m'aperçus que le téléphone sonnait dans le vide. Les yeux dans le vague, je ne comprenais pas. Bordel, j'étais le Dieu de l'Amour, une bête de sexe. Et elle me quittait ? Quelle garce ! Je n'en croyais pas mes oreilles, qui résonnaient inlassablement de ces trois mots. Elle me quittait pour un autre, un charognard. En tout cas, elle n'avait pas mis longtemps à me remplacer. Qu'elle aille en enfer ! Je la haïssais et me sentais mal en même temps. Je suis resté assis là un moment à réaliser que je venais d'être quitté pour la première fois. D'habitude, c'est moi qui quittais les gens. Et là, je comprenais tous les sentiments que toutes les filles avaient du ressentir. Mais, bref, j'avais une mission à terminer et pas le temps de me préoccuper de ces idioties. Je me relevais d'un pas chancelant, et allai prendre ma place pour le déjeuner. Albus voyait que quelque chose n'allait pas mais il préféra ne pas me questionner. Et je lui en fus reconnaissant. Cela me permit de retrouver une partie de mon calme, qui je l'avoue, avait méchamment flanché. J'avais même envisagé de me pointer là bas pour avoir une conversation et puis … je m'étais dit que ça ne servait rien et qu'à tout prendre, j'avais un problème de moins à cogiter.


Le plan diabolique vous est révélé dans le prochain chapitre, ne vous inquiétez pas.

Samikitty.