Sandrine : merci de ta review, elle fut rafraichissante et m'a rendue extrêmement fière. Donc, rassures-toi, je comprends que tu ne mettes pas toujours de reviews. J'espère juste que tu continueras à apprécier les chapitres de ma fic !

Chapitre 11 : Un dieu sans problèmes …

Elle me sourit, moqueuse. Quand à l'explication, ça risquait d'être long, compliqué et elliptique …

Je ne savais pas trop par où commencer. Une première pour un Dieu tel que moi. Si un coup de gong pouvait me sauver, j'étais preneur. Lily me regardait en silence, les bras croisés, son air buté sur le visage. Je savais que j'avais peu de chances de lui échapper. Je l'avais déjà vue à l'œuvre avec ce visage-là et croyez-moi, ce n'était pas joli-joli à regarder pour ceux qui se faisaient attraper. Surtout James d'ailleurs. A chaque fois, il revenait vers nous, penaud, racontant qu'il avait encore avoué toutes nos idioties des jours précédents à la Préfète en chef. Même Sirius n'y résistait pas. Il ne me restait qu'à sauver le maximum de choses. D'ailleurs, en pensant aux Maraudeurs, une idée me vint. On m'a toujours appris que la meilleure défense c'est l'attaque. Je souris, me carrais dans ma chaise. La partie risquait d'être plus qu'intéressante.

« Et toi, Lily jolie ? Tu es amoureuse de ce grand dadais avec qui tu parlais l'autre jour ? »

Elle rougit, baissa les yeux, se racla la gorge, se trémoussa. Cupidon : 1 – Lily : 0.

« Et toi, avec Amanda ? » Un partout. Elle venait de toucher un point sensible.

« Tu n'as pas répondu. »

« Toi non plus. »

Nous nous jaugeâmes du regard, essayant de faire craquer l'autre. Je décidai de reprendre l'avantage. J'avais plus d'une corde à mon arc, sans métaphore vaseuse sur certains angelots joufflus de ma connaissance, merci bien.

« Et James ? Tu sais qu'il est très jaloux et que le fait que tu fréquentes l'autre type le pousse à faire d'énormes bêtises pour se faire remarquer. »

Elle détourna brusquement le regard et sauta sur ses pieds.

« Tu sais quoi ? Cette conversation est terminée. »

Elle sortit de la salle, aussi digne que possible. J'avais gagné ? Aussi facilement ? Surpris, je la regardai partir sans rien trouver à dire pour la retenir. Avais-je réussi à la toucher plus qu'elle ne voulait l'admettre ? Je ne savais pas quoi penser mais j'étais sûr d'une chose : je n'avais remporté que la première manche. Elle reviendrait à la charge aussi sûrement qu'elle et James allaient finir ensemble. Le problème c'est que je ne savais ni où ni quand. J'avais intérêt à être sur mes gardes et fourbir mes armes. Je la savais très intelligente et un peu Serpentarde aussi, quand elle le souhaitait. Les prochains jours risquaient d'être sportifs et rigolos. Je haussais les épaules et me replongeait dans les trois parchemins que je devais rendre le lendemain au professeur de runes. Pas très compliqué pour un Dieu comme moi, mais bon, fallait quand même l'écrire.

« Jack ? Je vous cherchais partout, mon cher. Ne vouliez-vous pas vous défouler ? »

Albus s'encadrait dans le montant de la porte, souriant malicieusement, ses yeux bleus brillants derrière ses lunettes en demi-lune.

« Avec joie. »

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BLAMMMMM !! C'était la troisième fois que je me retrouvai projeté contre un mur extrêmement solide et dur. Je me relevai tant bien que mal en m'appuyant contre. Je secouai la tête.

« Eh bien, cher Jack, vous semblez préoccupé. Je vous ai connu plus combattif. Quelque chose vous tracasserait-il ? »

Je grognai et me concentrai. Il est vrai que l'attitude de Lily me préoccupait. Je devais oublier tout ça et me centrer sur mon combat avec Albus. En trois passes de magie, j'avais à peine réussi à l'effleurer alors que moi, je sentais tous mes os crier grâce. Je respirai à fond, évacuant tout ce qui n'était pas ce moment de mon esprit. J'étais un Dieu, bon sang ! Je n'allais pas me faire battre par un sorcier, tout surpuissant qu'il soit. Je m'obligeai à me calmer, canaliser ma magie que je sentais bouillir au fond de moi. Plusieurs semaines sans pouvoir l'utiliser m'avait affaibli mais je la percevais prête à reprendre ses droits. Ma magie se répandit dans tout mon corps, mes doigts crépitaient d'étincelles bleutées, comme aux jours bénis où j'étais un Dieu toute la journée. Je rouvris les yeux, plus assuré.

« On passe aux choses sérieuses, Albus ? »

« Avec plaisir, mon cher. »

La magie nous entourait. Nous étions seuls au monde. Nous nous préparâmes à envoyer de nouveaux sorts. Je savais qu'Albus ne jouait plus. Ça tombait bien, moi non plus. La première attaque vint de lui. Je l'esquivai sans problèmes, prévoyant ce qu'il allait faire. Mon sort le frappa de plein fouet et il s'effondra au sol, quelques mètres plus loin. C'était raté. Je voulais qu'il s'écrase lui aussi contre un mur. Je ne maitrisai plus complètement ma magie. Son deuxième sort me surprit mais je réussis à le parer, récoltant une griffure sur la joue. Je lançai plusieurs sorts combinés qui le firent reculer de quelques mètres. Ma rage augmenta et je frappai plus fort, chaque sortilège s'enchainant. Il réussissait à en contrer quelques-uns mais tomba à genoux, épuisé. Je craignis d'avoir été un peu trop combattif. Ce n'était qu'un entraînement, après tout.

« Albus, est ce que ça va ? »

« Ce n'est rien, cher Jack. Votre puissance magique a encore augmenté depuis la dernière fois où nous nous sommes entrainés. Je ne m'y attendais pas. Aidez-moi à me relever. Merci »

BLAMMMM !!

« Saleté ! » Je crachai le mot pour Albus qui riait de bon cœur. Je m'étais approché pour aider Albus, mais ce sale vieux schnock avait lancé un dernier sort qui m'avait encore une fois envoyé valser dans le décor.

« Pardonnez-moi Jack. » Il me tendit sa main, sur laquelle je m'appuyais pour me relever. Je n'en pouvais plus. « Mais vous comprendrez que me laisser battre par un jeune homme serait mauvais pour mon ego. Je crois que la leçon est terminée. Allez voir PomPom, elle vous donnera quelque chose. »

Je me dirigeai vers la sortie, penaud, épuisé, en colère.

« Jack ? » Albus me regardait, sérieux. « Faites attention à vous. Etre naïf ou trop empressé va vous attirer des ennuis. Soyez plus attentif aux détails qui vous entourent. Bonne nuit. »

La leçon était terminée. Mais quelle leçon ? Je ne savais pas trop, ne comprenant pas ce qu'il avait voulu dire. Je haussai les épaules et me dirigeai en boitant vers l'infirmerie. En voyant mon état, PomPom se mit à hurler tout en brassant fioles et potions dans tous les sens. Elle savait très bien qui j'étais en vrai et qu'Albus et moi nous entraînions ensemble. Elle me fit avaler une dernière fiole et me laissa partir en me faisant promettre de ne pas recommencer de sitôt. En claquant la porte de l'infirmerie, je l'entendis grogner un « non mais, à leurs âges, c'est-y-merlin possible d'être aussi gamins ! » Sa présence rassurante, inquiète de ma santé m'avait fait un bien fou, plus que ses potions par ailleurs. Je me sentais un peu requinqué, mais ce qu'il me fallait maintenant, c'était un bon scotch. Une bonne bouteille même, pensais-je en grimaçant et me massant une épaule douloureuse.

« Jack ? »

Et même deux bouteilles. Amanda. Aouch. Plusieurs jours que je l'évitais et sujet sensible. Bon, avec mon air cabossé, je pourrais faire illusion et esquiver la gamine. Je pris ma tête la plus fatiguée qui soit et me retournai.

« Oui, ma douce ? »

« Tout va bien ? Tu as vu ta tête ? Est-ce que quelqu'un t'as frappé ? »

« Doucement avec tes questions, Ami. J'ai mal au crâne. Je viens de l'infirmerie, rassures-toi. Et c'est juste un entraînement qui a dépassé les bornes. Je vais me coucher, bonne nuit. »

Je déposai un léger baiser sur sa joue et me détournai vers le dortoir des Gryffondors. Je sentis son regard me suivre jusqu'à l'angle du couloir. Enfin ! J'étais tranquille. J'infléchis ma route vers mon petit paradis personnel, les appartements qu'Albus nous avaient aménagé, à La Poisse et à moi. Je m'écroulai dans un fauteuil avec un soupir satisfait et claquait deux fois des doigts, pour allumer le feu dans la cheminée et appeler un des elfes de Poudlard. Il apparut dans un chuintement et me regarda de ses gros yeux globuleux.

« Amènes moi deux bouteilles de whisky, du pur malt, s'il te plaît. »

Je fermai les yeux, savourant à l'avance les futures gorgées d'alcool qui allaient se répandre dans mon corps endolori. Hein ? Ha oui, petite précision pour les humains qui me regardent : ne faites pas la même chose que moi, l'alcool est mauvais pour la santé et je suis un Dieu. Donc, ne m'imitez pas, merci. Ce n'est pas deux bouteilles de whisky qui allaient me rendre saouls, mais vous, chétifs petits humains, ça risque de vous plonger dans un état proche du coma éthylique, ce qui n'est pas drôle. Et en plus, si je vous encourage à boire, je vais me faire passer un savon. Donc, regardez-moi boire tant que vous voulez, mais ne faites surtout pas la même chose. Je sentis tout à coup une présence près de moi. Ouvrant brusquement les yeux, je vis mon elfe toujours planté là, et sans les bouteilles réclamées.

« Quoi ? Tu sais pas ce qu'est le whisky, bougre d'idiot ? »

« Si monsieur, mais monsieur n'est-il-pas un peu jeune pour boire ? »

Mais de quoi cet elfe à la noix se mêlait ? Je suis un Dieu, bon sang ! Est-ce trop difficile d'obtenir un peu de respect dans cette école ?

« Écoute, petit être sans défenses. Je peux te pulvériser rien qu'en te regardant si l'envie m'en prend. Alors, choisis : sois tu fais ce que je dis, sois tu dis adieu à ta petite vie confortable. Clair ? »

L'elfe disparut sans demander son reste et je respirai. Non mais ! Pour qui il se prenait celui-là ? C'est pas ce petit idiot qui allait se mettre en travers d'un bon whisky et moi. Il réapparut deux minutes plus tard avec mes deux bouteilles, qu'il me tendit craintivement. Ah, ça a du bon de s'énerver. Cette créature qui a de la bouse de troll entre les deux oreilles m'avait ramené un pur malt d'une très grande marque. Il disparut de nouveau et je m'emparais des deux bouteilles avidement. Bon, que ce soit clair entre nous : NE LE FAITES JAMAIS !! La première bouteille me permit de me détendre et d'oublier que mon corps me lançait de partout. J'en étais à la moitié de la deuxième quand la porte grinça sur ses gonds. La Poisse. La dernière personne que je voulais voir. Mais l'alcool et la fatigue avaient affaibli mon cerveau et je me fichais qu'elle soit là.

« Jack ? Tout va bien ? Je ne vous ai pas vu dans la salle commune, alors je m'inquiétais. »

Bien sûr que tout va bien, pensais-je, ironique. Je me suis fait battre par un vieux barbu qui joue selon ses règles, j'ai mal de partout, et j'arrive pas à remplir cette p de mission. Et en plus, t'es là, pauvre pomme. Mais à part ça, le monde est merveilleux.

« Quoi ? Pas le droit à un peu d'inmit …imit … euh … d'être seul ? »

« Mais, vous êtes soûl ? »

« C'est vrai ? Pas encore assez, puisque je te vois. »

La Poisse s'assit dans le fauteuil en face du mien, avec un air de répobrat… rébropa…. Bref, elle semblait m'en vouloir.

« Respire, La Poisse. Je me saoule pas devant nos petits protégés. Mais là, je suis fatigué, j'en ai marre. Rhooo, respire, je suis tout seul. Tiens, vous en voulez ? »

Je lui tendis la bouteille, qu'elle repoussa d'un geste brusque.

« Doucement gamine ! C'est un très bon whisky. Dire non merci suffisait. Quoi ? T'crois que c'est facile d'être un Dieu ? Crois moi, y a des moments où je voudrais avoir l'insouciance de ces gamins. »

« Je suis juste déçue. Je croyais pas que vous buviez. »

« Hey là, je ne suis pas un alcoolique, merci. Mais de temps en temps … D'ailleurs, … »

Je claquai des doigts et mon elfe de tout à l'heure réapparut. Ou peut être un de ses frères ? J'en savais rien, en fait. Bref, je commandai d'autres bouteilles. Qui apparurent près de ma main aussi sec. Le message était passé auprès de ces petits morveux.

« T'en veux, La Poisse ? »

Je lui tendis une bouteille qu'elle repoussa d'une main ferme et en fit gicler un peu.

« Bougre d'andouille !! Gâcher du pur malt ! Tu pouvais dire simplement non merci. »

Elle me regardait comme si c'était la fin du monde.

« Vous ne croyez pas que vous avez assez bu ? »

« Non, puisque tu es toujours dans mon champ de vision. »

« Demain, vous allez avoir mal à la tête. Et comment remplir votre mission si vous êtes sous l'emprise de l'alcool ? »

« Si je suis sous l'emprise de l'alcool ? Chérie, je suis un Dieu. Faut bien qu'il y ait quelques atan… avat… avantages ! Et je ne suis pas encore soûl. »

Bon, d'accord, je sentais que le whisky commençait à me chauffer méchamment, et me montait à la tête. Je voyais tout dans un brouillard vague. Mais je sentis clairement la désapprobation de La Poisse peser sur moi.

« Ecoute petite, si t'es pas contente, tu passes cette jolie porte que tu vois et tu fais autre chose. Pourquoi t'es là, déjà ? »

« Je crois que ça suffit. L'alcool n'est pas une bonne idée. »

Elle se leva, avec la ferme intention de me prendre les bouteilles qui s'étalaient autour de moi. Malheureusement pour elle, de un j'étais son supérieur hiératique … euh … hierach … heria, bref son boss. Et de deux, j'avais encore assez de force pour l'en empêcher. Elle se pencha pour ramasser les bouteilles mais d'un geste vif, je lui attrapais le poignet.

« Ecoute gamine. Soit tu te barres et t'es pas contente et je m'en fous ; soit tu restes, mais tu me laisses faire joujou avec mes bouteilles. Et tu peux m'en vouloir, je m'en contrecarre comme de ma première chaussette. Et crois-moi, elle remonte à loin. »

Nous échangeâmes un regard menaçant. Je suis plus douée à ce jeu-là, petite. Ça fait plus longtemps que je le pratique. Finalement, La Poisse baissa les yeux et lâcha les bouteilles.

« Je m'en vais. »

« Bon choix. Et ferme bien la porte derrière toi, s'il te plait. »

Elle se releva, se dirigea vers la porte et … la chose dont je me souviens ensuite, c'est qu'elle était dans mes bras, que je sentais son corps ferme, jeune et avec les bonnes formes là où il faut contre le mien. Je ne pensais pas qu'elle était aussi bien foutue. Dommage que ce ne soit qu'un déguisement. La Poisse se releva d'un bond, rouge de honte ou de confusion et se précipita dehors. J'avais un sourire mi-moqueur, mi-béat scotché sur le visage. Je m'endormis comme une masse, serrant contre moi une bouteille vide. Quand à mes rêves … ils ne vous concernent pas, non mais !

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Je me réveillais en sursaut, dans une position fœtale, sans savoir où je me trouvais. Je clignais deux-trois fois des yeux, m'assit et vit les restes de bouteilles vides étalées autour du fauteuil où j'avais dormi. Je claquai des doigts, demandais une tasse de café et essayait de réassembler les éléments épars de ma nuit. Lorsque j'eus bu deux gorgées de café, des souvenirs refirent surface. Un entraînement douloureux contre Albus, d'ailleurs mon corps était toujours endolori … moi buvant … La Poisse dans mes bras … Hein ?! La Poisse dans mes bras ? Comment en étais-je arrivé là ? Une telle déchéance … Bien que ses formes, pour ce que je m'en rappelais, avaient l'air plutôt appétissantes, vues de prés. Non, non, non, non !! Je ne pouvais pas penser ça de La Poisse. C'est La Poisse. Le pire Dieu qu'on m'ait collé sur le dos depuis que le monde est monde. Et je peux vous dire que j'en ai vu passer des idiots. Mais elle/lui, avait la palme d'or haut la main et sans chercher. Bref, heureusement, mon taux d'alcoolémie avancé ne se répercutait pas dans mon crâne ce matin. J'étais juste endolori de mon entraînement. Les modestes avantages d'un Dieu.

« Puis-je entrer, Jack ? »

Albus, si tôt le matin ? Y aurait-il un problème ?

« Bien sûr. »

Le vieil homme avait toujours cette énergie pétillante qui se reflétait dans ses yeux bleus. Son sourire chaleureux me rassura. Rien de grave n'était arrivé.

« Je vous ai laissé dans un sale état, hier au soir, Jack, je m'en excuse. Je m'inquiétais. Comment vous sentez-vous ? »

« Un peu endolori, mais pour le reste, ça va. »

« Hum. » Il m'étudia attentivement et son expression se fit plus sérieuse. « J'ai aussi rencontré La Poisse ce matin. Qui semblait inquiète. Elle m'a dit que vous avez bu et autre chose à propos de vos bras, mais j'ai pas compris un traître mot. »

Il souriait, le vieux renard. Donc, La Poisse et mes bras n'était pas un rêve. Autant pour moi. Sa voix redevint grave.

« Je sais, Jack, que vous êtes quelqu'un de sérieux. Mais j'aimerais qu'à l'avenir, vous ne buviez plus dans l'enceinte de l'école. Puis-je vous rappeler que cette école est magique et que si un élève vous avait trouvé … » Il laissa sa phrase en suspens. « Je vous souhaite une bonne journée. »

Il se leva et partit vers d'autres problèmes. Il avait raison, cela dit. Dans une école magique, on ne sait jamais où les couloirs finissent ni où les escaliers vous emmènent. Un élève aurait pu tomber sur cet appartement, et alors, adieu ma couverture …