J'espère que ce chapitre vous fera autant plaisir que les précédents. So, enjoy !


Un nouvel amoureux …

Je me levai avec un soupir et décidai de rejoindre ma salle commune. Tout en marchant lentement, mon corps protestant à chaque pas, j'échafaudais une raison pour laquelle je n'étais pas chez les Gryffondors hier au soir. Lorsque je passai la porte, quatre paires d'yeux inquisiteurs se braquèrent sur moi et quatre paires de bras m'attrapèrent pour m'emmener de force dans le dortoir.

« Excusez-moi, jeunes gens, je ne crois pas avoir demandé un interrogatoire en règle ce matin. Pourriez-vous vous expliquer, je vous prie ? »

Mon ton badin et ma nonchalance firent leur effet sur les maraudeurs qui arrêtèrent instantanément de me tourner autour. Sirius fut le premier à attaquer.

« Alors, buddy, on fait des cachotteries à ses vieux potes ? Tu sais que c'est pas très bien ? »

Il me regarda en face, de très prés, yeux dans les yeux. Je levai un sourcil moqueur. Puis il se tourna vers les autres.

« Hum, il était avec un fille. C'est sur, les gars. »

Je pensai avec un sourire intérieur, et quelle fille. Une qu'on nomme communément bouteille. James vint s'asseoir à côté de moi.

« Tu sais, t'aurais pu nous le dire. Je veux dire, on s'inquiétait. On t'a cherché une partie de la nuit. »

Leur sollicitude me toucha. Ces quatre-là m'avaient accepté comme un des leurs, sans poser de questions. Mais ils n'avaient pas toutes les infos.

« Désolé, les mecs. Mais, il y a des choses qu'un homme ne peut faire que seul. Ou à deux, si vous voyez ce que je veux dire. »

Sirius leva deux doigts en signe de victoire et se mit à sauter partout dans la chambre. Puis il s'assit à mes pieds.

« Raconte, raconte, raconte ! Je veux tout savoir. Avec qui tu étais, comment c'était et tout ?... Je parie que l'heureuse élue était Amanda.»

« Pas de détails, les enfants. C'était bien. Point à la ligne. »

Je pensais m'en tirer sans plus de mal mais je croisai le regard de Remus. Ses prunelles dorées reflétaient une méfiance teintée d'interrogation. Il savait que je mentais, ses sens de loup-garou le lui indiquaient mais il sentait aussi que mon mensonge ne prêtait pas à conséquences. Il ne comprenait pas pourquoi je ne leur faisais pas confiance. Peut-être, plus tard, aurais-je une conversation avec lui.

« Bon, puis-je maintenant rejoindre ma cousine ? J'aimerais lui parler. »

Je retrouvai La Poisse plongée au milieu de nombreux parchemins, de l'encre plein les doigts et au bord de la crise de nerfs.

« Stresse pas, petite. Toutes ces informations, tu les connais déjà. »

Elle fit un tel bond sur sa chaise que l'encre restant dans son encrier se retrouva projeté sur la table, les parchemins et son uniforme. Elle voulut remettre une mèche de cheveux en place et en étala une belle ligne sur sa joue. Je souris, m'assit, vérifiai que personne ne me regardait et effaçait toutes les bêtises de La Poisse d'un seul geste. Puis, je remis, avec douceur, la mèche rebelle derrière son oreille. Elle rougit et plongea dans ses feuilles.

« La Poisse, cesse d'être stupide, pour une fois. Utilise ton cerveau et … »

« La Poisse ? C'est un drôle de nom pour ta cousine, Jack. »

Lily s'était approchée de notre table et s'installait à côté de moi. Elle ouvrit plusieurs livres et nous sourit.

« C'est un surnom ? »

« Oui. Ma cousine est la fille la plus malchanceuse de cette planète. Alors, en famille, on l'appelait La Poisse. Le surnom est resté. »

Je regardai dans le vide en prononçant ses mots, sombre. Lily comprit le message.

« Je suis désolée. Je ne voulais pas remuer de douloureux souvenirs. »

Gênée, elle prit un de ses livres et fit semblant de lire. J'échangeai un coup d'œil étonné avec La Poisse. Pourquoi venait-elle nous voir ? Elle semblait avoir quelque chose à dire, nous lançant des regards en coin toutes les trois minutes pendant que j'aidais La Poisse à terminer son étude.

« Bon, pas que je m'ennuie avec vous mes chéries, mais j'ai un cours de runes qui m'attends. Je te vois tout à l'heure, Axelle. » Je me levai et ajoutai « Oh, tu as une trace d'encre sur la joue. Tu devrais la nettoyer. Bye. »

Lily se leva aussi, elle suivait le même cours que moi. Nous marchions côte à côte, silencieux. Enfin, silencieux de mon côté. Parce que Lily Jolie n'arrêtait pas de soupirer, de gigoter et de me lancer des regards suppliants. Exaspéré par son manège, je stoppai au milieu d'un couloir.

« Quoi ? »

« Moi ? Rien ? Pourquoi, t'as quelque chose à dire ? »

Elle me lança un de ses regards les plus innocents. Je secouai la tête.

« Moi ? Non ? On avance ? On va être en retard. »

Je fis deux pas et elle m'attrapa le poignet.

« Ok, j'avoue. » Je souris dans son dos, j'étais vraiment trop doué avec la psychologie féminine.

« Je t'écoute. »

Elle s'appuya contre le mur et réfléchit.

« Tu sais, le garçon de l'autre jour ? Je ne l'aurai jamais rencontré sans ton aide. Et je veux te remercier. »

Me remercier ? De quoi ? De l'avoir jeté dans les bras du mauvais garçon ? Et puis, comment j'aurais pu faire quoi que ce soit ? Je ne savais même pas qui était ce type. En tout cas, ma mission était clairement mal barrée. J'ouvris la bouche mais elle me devança.

« Il s'appelle Aiden, il est à Serpentard. » De mieux en mieux, James allait adorer ça et ma mission était vraiment compromise. « En fait, tu sais, j'ai ouvert les yeux quand tu t'es pris de bec avec Sirius à propos des tables et tout ça. Je l'ai remarqué à ce moment-là. Il est totalement différent des autres. Et après notre conversation sur l'amour, je me suis dit qu'il fallait tenter quelque chose. Et voilà ! »

J'étais plus bas que terre. Notre conversation devait concerner James, pas un hurluberlu prétentieux issu d'une autre maison, qui plus est, Serpentard. Je me remis à avancer, perdu dans mes pensées.

« Seulement, ajouta-t-elle d'une petite voix. Je repris espoir. Peut-être que son feeling n'était pas bon. Enfin une brèche, une petite lueur ! Seulement, ben je ne sais pas comment lui avouer que je souhaite sortir avec lui. »

Un léger sourire fleurit sur mes lèvres.

« Tu veux mon aide, c'est ça ? »

Elle acquiesça, timide.

« Ben, avec Amanda, ça a eu l'air si facile pour toi … »

« C'est vrai que je suis plutôt doué avec les demoiselles. Mais avec les garçons ? Pas franchement mon rayon, tu sais … »

« Un, la modestie ne t'étouffes pas. Deux, je veux juste savoir comment les garçons pensent. Et tu en es le parfait exemple. »

Nous partîmes à rire. Et Lily se redressa de toute sa taille pour me lancer un regard sévère.

« Tu parles de ça à qui que ce soit et je te découpe en morceaux. Clair ? »

La rouquine explosive était de retour. J'agréais et nous entrâmes en classe. La journée me parut extrêmement longue. J'étais impatient de m'isoler dans un coin tranquille pour mettre une stratégie au point. Et pour les mauvaises langues : sans l'aide d'une quelconque boisson alcoolisée, merci bien. Après la fin du banquet, je me précipitai à la Bibliothèque. Je savais que les Maraudeurs ne m'y suivraient pas. Ils avaient bien trop à faire ce soir : une mauvaise surprise attendrait les Serpentards demain matin. Je ris tout seul en y pensant. J'avais pris part au projet et je dois dire que j'étais plutôt fier de notre trouvaille.

Bref. Je devais me concentrer. Madame Pince m'adressa un sourire et j'allai me cacher dans l'un des sombres recoins de la salle. Assis à une table, j'avais pris soin d'empiler d'énormes grimoires autour de moi. Mon carnet ouvert devant moi, plume prête à l'emploi, je rêvassai. La façon la plus simple de séparer Aiden et Lily serait de faire purement et simplement disparaître le cher gamin. Malheureusement, je n'avais pas le droit d'utiliser ce genre de magie. Je vous jure, être le Dieu de l'Amour n'a pas que des avantages. Et qu'est-ce-que ça peut me compliquer la vie ! Je soupirai et m'affalai sur ma chaise. Ma page était blanche. Elle renvoyait mes regards comme seule une page blanche sait le faire. Pour rompre ce désagréable sentiment d'être en face d'un mur très solide, j'écrivis un titre : « Comment séparer Aiden et Lily ? », en majuscules et je soulignai. Trois traits nets et sans bavure. Décidés. Bon, la page était moins blanche, mais j'étais toujours sans idées. Le problème était Aiden. Je devais apprendre à le connaître. Sans me griller auprès des Maraudeurs. Bigre ! Ça n'allait pas être une partie de plaisir. J'imaginais déjà Sirius qu…

« Comment s'épiler en un tour de baguette ? Le meilleur sort pour une peau nette ? »

Je me dépêchais de faire disparaître mon carnet. Amanda se tenait devant ma table, riant à moitié … Je n'avais pas lu les livres empilés. « La magie facile pour toutes celles qui ont des problèmes de beauté ?! » Par Bettina Belpeau ??! Je levai les yeux au ciel. Amanda s'assit et me regarda.

« Lily m'a dit que tu étais à la Bibliothèque et Madame Pince m'a indiqué la direction dans laquelle tu t'étais précipité. Mais très franchement, je ne m'attendais pas à te trouver dans la section des grimoires pour filles. »

Son joli sourire illumina son visage. Elle était vraiment chou.

« En fait … C'était pour ne pas être dérangé. Je t'avouerais que j'ai juste choisi un coin très sombre et solitaire. »

« Pourquoi ? Tu te caches ? De moi ? » Son visage devint sérieux. « Ça fait plusieurs jours que tu m'évites, je me demandais … »

Elle me lança un regard, craintive, laissant peser un silence entre nous. Oui, c'était exactement ça, jolie Amanda. Mais là, maintenant, je n'avais aucune envie de devoir gérer une fille en crise. Je souris, apaisant et embrassai ses lèvres douces.

« Désolé, j'ai été un peu occupé ces derniers jours, hein ? Et si on se prévoyait un petit week-end, rien que tous les deux ? … On pourrait se pelotonner prés d'un bon feu. Qu'en penses-tu ? »

Elle s'illumina et acquiesça.

« Parfait ! Mais là, je suis désolé, il faut vraiment que je travaille. »

La douce et naïve Amanda me vola un baiser avant de partir. Suivant sa silhouette féminine du regard, je me fis la réflexion qu'il était dommage de ne pouvoir profiter de ces courbes prometteuses. Mais j'avais autre chose à faire. Et je savais qu'elle n'allait pas rester cœur à prendre très longtemps. J'y veillerai. Quelque modeste avantage de mon travail …

***************

Je venais de passer une nuit blanche à me tourner dans mon lit pour essayer de trouver un plan qui tenait la route. Rien ne m'était venu à l'esprit et j'avais besoin d'un vrai café, bien fort, bien noir. Ce soir, j'en parlerai à La Poisse. D'accord, elle n'était pas capable de trouver une idée correcte par elle-même, mais elle était un bon miroir, me renvoyant mes réflexions. J'entrais dans la Grande Salle flanqué de mes quatre acolytes et remarquai aussitôt Lily, assise seule, se pâmant d'amour du côté Serpentard. Il fallait que je la distraie. James me prit de vitesse et vint s'affaler à côté de sa dulcinée, enfin, dans un futur plus ou moins lointain pour le moment.

« Alors Lily Jolie, tu as gardé ces places pour nous ? C'est gentil. »

« Non. Et tu me gâches la vue. Mais je suis de bonne humeur ce matin donc tu peux rester. A la seule condition que tu n'ouvres pas la bouche, je devrais peut-être arriver à te supporter. »

James plongea le nez dans son café et grommela quelque chose à propos de l'humeur des filles.

« J'ai entendu, face de crapaud. Tais-toi ! »

Pour éviter de parler, James se mit à manger. Il ne voulait pas gâcher le fait d'être assis auprès de Lily et du bon côté pour admirer le spectacle imminent. Toute la Grande Salle était présente. Je vis Sirius faire les passes requises avec sa baguette sans ouvrir la bouche. Il était plutôt doué ce petit. Il pourrait devenir un grand sorcier s'il arrêtait d'être aussi insouciant. Un grand cri parcourut la salle puis un silence … Impressionné … Impressionnant. Les Serpentards se tournèrent vers notre table, plus précisément du côté des Maraudeurs qui affichaient leur air le plus innocent. Même les professeurs semblaient sans voix. Puis Sirius ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire. Toute la grande Salle le suivit tandis que les Serpentards protestaient. Je remarquai qu'Aiden souriait et ne se joignait pas à la colère de sa table. Un gentil Serpentard ? On aura tout vu. J'étais vraiment mal barré. Lily souriait elle aussi. Mais lorsque les quatre se furent remis de leur fou rire, ce fut pour rencontrer deux yeux émeraude très, très en colère.

« Oh, Lily Jolie, tes yeux brillent comme des diamants ce matin. »

« Comment vous avez fait ? »

« Comment on a fait quoi ? »

« Rendez-leur leur apparence. »

« On ne peut pas Lily Jolie, on ne sait pas qui a fait ça. Promis. »

Lily se tourna vers moi. J'essuyai quelques larmes de joie de mon visage.

« Ils disent la vérité ? »

« Pourquoi c'est moi leur caution morale ? J'en sais rien. Tu sais, je suis pas toujours avec eux. »

Elle serra les poings autour de sa baguette et la leva, totalement enragée.

« Je crois, Miss Evans, qu'il y a eu assez de sorts pour ce matin. » lança une voix apaisante. Albus était arrivé dans notre dos. Ses yeux étaient rieurs. Lily baissa sa baguette et la tête.

« Oui monsieur. Mais je voulais juste qu'ils lèvent le sort. »

« Nous allons tirer cette histoire au clair. Messieurs, pourriez vous me suivre ? Vous aussi, Jack. »

Nous nous levâmes, acclamés par la plus grande partie de la Salle et huée par les autres. Lily tordit une cuillère sur la table en suivant James des yeux. Ouah, elle lui en voulait vraiment.

Mc Gonagal faisait les cent pas dans le bureau d'Albus, lèvres serrées. Albus nous regardait avec une lueur de respect.

« C'est … c'est inadmissible !! Comment avez osé faire ce genre de choses ?!! Et dire que vous faites partie de ma maison. Je vais vous le faire regretter, jeunes gens !!! »

« Minerva, je crois que nous devrions tous nous calmer. Ce genre de magie requiert un très bon niveau et un esprit d'équipe complet. Jeunes gens, je vous prie d'être attentifs. Je ne poserai la question qu'une seule fois et je vous prie de croire que nous allons enquêter très sérieusement. Avez-vous transformé tous les uniformes des Serpentards en vêtements moldus ? »

Nous nous entre-regardâmes et répondirent non d'une seule voix. Techniquement, ce n'était pas un mensonge. Les Serpentards s'étaient transformé tous seuls en mangeant et buvant.

« Je n'arrive pas à le croire. Comment pouvez-vous être aussi inconscients ? » Mc Gonagal nous jaugeait de toute sa taille.

« Minerva, ils ont dit qu'ils n'étaient pas responsable. Laissons-leur le bénéfice du doute. Ceux qui ont fait ça ont fait un très bon travail. Je leur donnerai bien des points … »

« QUOI ?!!!!! » Mc Gonagal était au bord de la crise de nerfs.

« Malheureusement, je ne peux cautionner ça. Messieurs, vous pouvez partir. Jack, restez s'il vous plaît. »

Je restai assis sur ma chaise. Dès que les deux professeurs surent que les quatre étaient partis, ils éclatèrent de rire. Minerva dut se retenir à la table pour ne pas tomber.

« Pardonnez-moi pour la parade, Jack. Mais j'évite d'encourager ce genre de comportement. Surtout qu'Albus le fait très bien. »

« Les avez-vous aidé ? » demanda Albus, une fois calmé.

« Je leur ai trouvé des photos de moldus. Pour les idées et les enchantements, ils ont fait tout le boulot. Pas mal, hein ? »

Les deux acquiescèrent. Nous passâmes dix minutes à disserter de tout et de rien et du fait que Lily avait quelqu'un d'autre en vue. Puis dix autres à trouver une excuse en buvant du café pour le fait que je sois resté pour parler avec le directeur. Je me levai et pris congé des deux.

« Au fait. J'allais oublier. L'enchantement est censé durer 24 heures. Ne leur enlevez pas ça, ils ont travaillé dur. »

Ils approuvèrent et Minerva soupira.

« S'ils pouvaient travailler aussi dur pour leurs études … »

Je partis et retrouvai ma classe plongée en plein travail de potions. J'avais pris un air de circonstance. L'excuse concernait une mauvaise nouvelle de la part de ma famille. Je le dis en trois mots aux maraudeurs qui me laissèrent tranquille. J'entendais les autres murmurer autour de nous, admiration, jalousie, respect … La seule qui ne partageait pas la joie générale était Lily.