Mouvements

Cinq minutes. Cinq minutes que je les attends et je déteste les gens qui sont en retard. A part si c'est moi, bien sûr. Je jette un regard torve au cocktail qui attend placidement devant moi puis à ma montre et je soupire. Je n'arrive pas à savoir si ce délai signifie qu'ils se sont embrassés ou non. Je bois une gorgée et sent l'alcool chauffer allègrement mon œsophage. J'espère vraiment qu'ils ne l'ont pas fait. Ah, les voilà qui passent la porte. Ils ne se tiennent pas par la main. Bon signe ? Mauvais signe ? Je n'en sais rien. Et cela m'attriste. Où est passée ma fine psychologie qui m'a toujours servi dans mon job ? Lily semble discuter paisiblement, elle ne paraît ni brillante ni rien d'autre. Juste apaisée. Elle lance un regard dans la salle et entraîne Aiden vers une table libre. Je les épie encore un moment tout en sirotant mon verre. Puis je sors du bar pour reprendre mon apparence de collégien et faire mon entrée, en traînant des pieds, je l'avoue.

… Quoi ? Vous croyez vraiment que je pourrais boire un mojito avec l'apparence d'un gamin aux hormones remontées à bloc ? … Vous vivez dans quel monde, vous ? Lily m'aperçoit et me fait un signe. Trois bieraubeurres sont sur la table. Je ne sais pas ce qu'elle a prévu pour empêcher les Maraudeurs de faire leur rituel arrêt aux Trois Balais mais son plan a intérêt à être plus que bon, je dirais même retors. Quoique, à bien y penser, quand sur le seuil de la Grande Salle, elle m'avait glissé un « Rendez-vous à 3h30, aux Trois Balais », son œil brillait de bien étrange façon. Je n'avais pu approfondir la discussion, elle avait été happée par ses amies et moi par les Maraudeurs. Une autre partie de mon cerveau, une petite voix que j'aurais bien écrasée, s'inquiétait aussi pour ma cousine que j'avais laissée seule à Poudlard, après le déjeuner. Pourvu qu'elle ne déclenche pas de catastrophes !

La dernière partie de mon esprit se concentrait sur Aiden qui me regardait m'installer sans animosité. Il est parfait ce type ou quoi ? Je ne sais pas moi, il pourrait réagir, bon sang ! Je l'avais presque humilié avec l'aide involontaire de ma cousine et il me tendait la main ? Par tous les Dieux que je connais, mais de qui est-il l'engeance ?

« Salut, je suis Aiden. On n'a pas eu le temps de discuter l'autre fois, puisque je me suis … disons … retrouvé caché derrière une montagne de nourriture. » Et il prenait ça à la rigolade ? Désespérant.

« Moi, c'est Jack. Mais je crois que je te l'avais déjà dit. Ah, et navré pour ma cousine, elle est très maladroite. »

« C'est ce que j'ai cru comprendre. C'est oublié de toute façon. »

« Euh … Humm. » Je ne savais plus quoi dire. Difficile à croire mais vrai. « T'as l'air d'un mec sympa et intelligent. Qu'est-ce-que tu fiches à Serpentard ? Tu devrais être chez les Serdaigles. »

Il eut un nouveau sourire tranquille.

« En fait, j'ai failli y aller. Mais le choixpeau a préféré m'envoyer chez les Verts et Argents. Pour développer mes talents de tacticien, a-t-il dit. »

Enfin quelque chose d'intéressant ! J'aurais une petite discussion avec ce vieux grigou de chapeau mou doté d'un exceptionnel cerveau.

« Ah bon ? Qu'est ce que ça veut dire ? »

« Que j'ai réussi à trouver grâce auprès de la plus jolie fille de Poudlard. »

Et Aiden couvrit la main de Lily de la sienne tout en lui souriant.

« Oh ? Euh … oui, je vois. Euh … »

Lily, qui parfois lançait des coups d'œil à la Salle, sans doute pour s'assurer que les Maraudeurs n'entraient pas, interrompit ma pathétique tentative de conversation.

« Jack ? Amandine vient d'entrer. »

« Oh merde ! Euh, je veux dire … Enfin bref, excusez-moi. »

Lily me jeta un regard curieux et se contenta de me montrer une sortie de secours du doigt. Sauf que … Trop tard. Amandine avait aperçu Lily (maudit soit les cheveux roux !) et venait de me reconnaître.

« Jack ! Lily ! Bonjour. Que faites-vous là ? Oh, et bonjour. »

Elle tendit la main à Aiden qui se présenta et l'invita à se joindre à nous.

« Avec plaisir. Alors, vous avez passé une bonne après-midi ? Vous savez quoi, j'ai vu un truc bizarre tout à l'heure. Sirius courait comme s'il avait le diable aux trousses et cherchait où se cacher. »

Un sourire fugitif de satisfaction passa sur le visage de Lily tandis qu'elle répondait de manière trop nonchalante pour être honnête.

« Ah oui ? Curieux, vraiment. »

Amandine se lança dans la description de son après-midi tout en se collant à moi. Ce babillage qu'auparavant je trouvais charmant, m'insupportait désormais. Mais vu qu'Aiden s'était lui aussi mis à parler, je me contentais de rester à ma place tout en buvant ma bieraubeurre. J'écoutais et observais. Et là, je remarquai quelque chose d'étrange. Lily, qui avait toujours sa main sous celle d'Aiden, la retira. Aiden lui lança un regard de biais et replongea dans sa conversation animée avec Amandine sur les différences entre maisons. Quoi ? Pour vous, c'est peut-être un détail mais ça voulait dire beaucoup à mes yeux. La conversation s'éteignit tranquillement et chacun médita tout en buvant.

« Je crois que nous devrions y aller. Il est bientôt l'heure de rentrer au château, de toute façon. »

En sortant, j'offris galamment à Amandine de porter ses sacs d'une main (heureusement, elle n'en avait que deux) et mon bras de l'autre. Nous partîmes gaiement mais quelque chose me refroidit.

Je vis, de mes yeux vis, Lily prendre le bras d'Aiden. Elle lui parlait, penchée vers lui, les yeux brillants, complètement inconsciente du monde autour d'elle. Je souris bravement à Amanda mais j'étais totalement confus. Une fois elle enlève sa main et une autre, elle prend l'initiative ? A quel jeu jouait-elle ? J'allais avoir une sérieuse conversation avec la donzelle qui commençait à me courir sur le haricot. Je me séparais d'Amanda dans le Hall avec la promesse de la retrouver plus tard et attendit que Lily finisse sa conversation pour daigner me rejoindre. Nous gravîmes en silence les volées d'escaliers qui nous conduisaient à nos quartiers. Je refusais d'entamer la conversation et Lily était perdue dans ses pensées. Mais un fugitif sourire passait sur ses lèvres par moments, sourire qui s'accentua alors que nous approchions de notre salle commune. Puis juste avant de passer le portrait de la Grosse Dame, elle prit une profonde inspiration. Je la suivis, étonnée de son manège.

« Ah, Jack ! Enfin, tu es là. Lily ! Vous allez pouvoir m'aider, peut-être. »

La Poisse nous avait sautés dessus à nos premiers pas dans la salle chauffée agréablement par un bon feu. Mais déjà ma cousine nous avait pris par le bras et nous entraînait vers les canapés. Lily semblait retenir à grand-peine un fou rire et la Poisse parlait trop vite. Puis je découvris la scène. Les quatre Maraudeurs, recroquevillés dans un coin, les yeux hagards, la mine effrayée, pâles.

« Mais bon sang, que se passe-t-il ici ? »

« J'en sais rien, Jack. Je les ai trouvés, errant à la queue leu leu sur le chemin de Poudlard. J'ai eu la plus grande peine du monde à les ramener. Et ils se sont précipités dans ce coin sombre, s'y sont serrés et refusent d'en bouger depuis. Je ne sais plus quoi faire. »

La Poisse avait aidé les Maraudeurs ? Voilà qui méritait une croix blanche dans mes annales. Je jouais un moment avec la pensée de savoir comment elle avait pu les reconduire sans gaffes. J'étais sûr qu'elle n'avait pas tout dit. Lily s'approcha d'eux et tous eurent le même mouvement de recul. Des mots franchirent les lèvres de Sirius que j'étais incapable de comprendre.

« Filles… peur…courir…blondes… »

Puis il se tut. C'était à la fois impressionnant et pathétique de les voir ainsi. Les quatre Maraudeurs, les gloires de cette école, réduites à ce tas de choses tremblotantes. Je me tournai vers Lily. Un éclat particulier dessinait son regard.

« Tu peux aller prévenir Pomfresh ? Et lui dire de venir ? »

Quoique, une élève, même Préfète en chef, ne la ferait surement pas bouger. Il valait mieux que je me dévoue.

« Non, en fait, je vais y aller. »

Lily, à demi-tournée, m'adressa une question silencieuse mais vint sagement prendre place près des garçons. Qui se renfoncèrent dans leur coin sombre.

« Je dirais qu'une potion de Confusion les a mis dans cet état. Mais celui qui a fait ça est très fort. »

Lily les observait avec un intérêt non dissimulé. Je soupirai. Je subodorai un coup fourré de sa part à elle. Mais il y aurait des conséquences. Il y en a toujours. En sortirait-elle indemne ? Là était toute mon inquiétude tandis que je parcourais les couloirs en direction de l'infirmerie, pensif.

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« Nonmaisc'estpasvrai. Nonmaisc'estpasvrai ! »

Cela faisait deux heures (deux heures !) que je regardais Pomfresh s'agiter en tous sens tout en grommelant.

« Quim'afoutudesimbécilespareils ? »

Elle se redressa du lit de Sirius et vint s'écraser sur une chaise près de moi. Gigota pour trouver une assise plus confortable. Grommela. Soupira.

« Je ne comprends pas ce qu'ils ont ! » laissa-t-elle tomber très calmement.

Lily qui entrait à ce moment-là dans l'infirmerie, pâlit et baissa la tête.

« Et je dois ajouter qu'en 20 ans de pratique de médicomagie, personne ne m'avait posé une énigme de ce niveau. »

Je demandai des précisions.

« Eh bien … » Elle fronça les sourcils. « Je reconnais tous leurs symptômes, je sais comment les traiter mais aucun des antidotes qui fonctionne habituellement ne marche sur eux. » « C'est très étrange » ajouta-t-elle après un silence. Elle nous lança un regard aigu. « Pas d'idées ? Non ? Alors ne restez pas dans mes pattes et allez vous coucher. Vous ne faites que me gêner. »

Devant la protestation que Lily commençait à émettre, elle se radoucit.

« Miss Evans, je vous promets que je vais prendre soin de vos amis, comme toujours. Allez dormir, il ne sert à rien que j'ai deux malades de plus sur le dos. »

Elle nous chassa gentiment.

« Eh bien, quelle journée, hein ? Lily ? Lily !! »

« Quoi ? Oh, excuse-moi, je réfléchissais. »

Je la regardais. Ses yeux étaient perdus dans le vide. Ok. Quand la douceur ne marche pas, plus qu'une chose à faire. J'attrapai vivement son poignet et l'entraînai vers la première classe vide à notre portée. Elle n'eut pas le temps de protester que déjà je l'avais assise sur une chaise et m'étais adossée à la porte, empêchant toute tentative de fuite. Elle ouvrit la bouche. La referma. Me regarda avec de grands yeux. Et fronça les sourcils.

« Puis-je savoir ce que tout ceci signifie ? »

« Qu'est-ce-que tu parles bien, chère Lily. » me moquais-je doucement.

« Tu sais que les tentatives de kidnapping … »

Je me mis à rire, ne lui laissant pas le temps de finir sa phrase.

« Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce-que j'ai dit de si drôle ? »

« Une tentative de kidnapping ? Ne sois pas ridicule, s'il te plaît. Je veux juste des réponses. Je sais que tu as fait quelque chose aux garçons. Je veux savoir quoi. »

Une lueur d'admiration passa dans son regard. Quoi ? Parce que j'avais deviné ? Allons, ce n'était pas si compliqué. Son visage se ferma.

« Non. Je n'y suis pour rien. »

« Ne joue pas à ça. »

« Je n'y suis pour rien. Pourquoi ce serait moi d'abord ? Ils ont des ennemis, tu sais. »

Je me pinçais l'arrête du nez en soupirant.

« Lily. Lily. Lily. On sait tous les deux que toi seule a pu réaliser ce coup-là. Tu en as les capacités et l'intelligence. »

Un silence. Regard hostile.

« Non. »

« Bien. » Je me décollai de la porte et l'ouvrit. Avant d'en franchir le seuil, je me retournai et lui lançai : « tu sais que je sais. Mais ton plus gros problème dans les jours à venir ne sera pas moi. Attends-toi à des conséquences. Et cette fois-ci, je n'y pourrais rien. »

Je claquai la porte et partis dans mon dortoir, furieux. Le dimanche s'étira en longueur. Entre mes fréquents allers et retours de la Salle Commune à l'infirmerie pour m'entendre dire que l'état des garçons était stationnaire et mon jeu du qui sera le plus borné avec Lily, je m'ennuyais. Et je ne pouvais m'empêcher d'être inquiet. Les garçons étaient trop intelligents pour ne pas comprendre. Et Lily trop stupide pour admettre que je lui offrais mon aide. Je soupirai en regardant le feu. De gros problèmes en perspective et quelque chose d'irréparable pourrait se produire.

J'observai Lily à la dérobée assise près d'une fenêtre, faisant semblant de lire un gros livre poussiéreux. Nous ne nous étions pas adressé la parole de la journée. Je savais qu'à ce petit jeu-là je gagnerais, j'avais plus de 10 000 ans d'expérience derrière moi. Mais en cette fin de journée déclinante, je n'en étais plus aussi sûr. Têtue la gamine, extrêmement coriace. Je me demandai même si une divinité quelconque n'était pas en train de l'aider. Je sentais sa peur parce que mes paroles avaient fait leur effet. Mais si elle venait me voir, elle acquiesçait à mon juste raisonnement la concernant. J'étais tendu, inquiet. Mais je ne le montrai pas et je crois que j'y arrivais assez bien. Je me levai, pour une fois encore, faire l'aller-retour qui avait été mon quotidien aujourd'hui.

« Attends ! Tu vas à l'infirmerie ? Je t'accompagne. »

Lily m'avait rejointe devant la porte. J'haussai les épaules et me traînais en direction de l'antre de Pomfresh. Si Lily voulait parler, je ne lui faciliterais pas la tâche. Je regardais fixement devant moi. Et l'entendis prendre une grande inspiration.

« Tu as révisé l'examen de sortilèges pour demain ? »

Je m'étais attendu à tout sauf à ça. Devant ma tête d'ahuri, elle éclata de rire puis redevint sérieuse.

« Alors ? »

« Plus ou moins. Tu comptes répondre à mes questions ? »

« Plus ou moins. »

Je levai les yeux au ciel et ravalais de justesse une insulte.

« Professeur Dumbledore ? Y-a-t-il un problème ? » La voix de Lily s'était mise à trembler.

En ouvrant la porte, nous étions tombés sur le directeur en pleine conversation avec Pomfresh. Il se tourna vers nous.

« Ah, Lily, Jack ! Rassurez-vous. Nous discutions de l'éventualité d'emmener les quatre garçons à Sainte Mangouste mais apparemment ils ne risquent rien à rester ici. »

Juste de rester des légumes pour un moment encore, pensais-je. Dumbledore laissa errer son regard sur les lits avant de s'arrêter sur Lily qui regardait partout sauf le directeur. Il fut sur le point d'ajouter quelque chose mais se retint et nous salua. Pomfresh nous chassa au bout d'une demi-heure en nous enjoignant de ne plus l'importuner, merci.

Je restai pensif, allongé seul dans mon dortoir. Une idée flottait aux confins de mon esprit, ombre que je n'arrivais pas à saisir. Ma nuit fut mauvaise. Des cauchemars me poursuivirent qui me laissèrent d'étranges impressions au réveil même si je n'en avais aucun souvenir. J'avais la sensation d'être dans du coton. Une bonne tasse de café allait sûrement m'aider à dissiper les nuées qui m'entouraient.

« Ouh là, j'en connais un qui a eu une nuit agitée. » La Poisse prenait un peu trop confiance en elle, pour oser me sortir des trucs pareils. Je grommelais et plongeais dans mon café.

« Axelle, tu devrais éviter de lui parler. Il a l'air de vouloir sauter à la gorge de tout ce qui bouge ce matin. » La Poisse retint un rire tandis que Lily me dédiait un sourire angélique. Sourire que j'aurais rentré dans sa petite gorge avec plaisir.

Les filles continuaient à m'observer tout en discutant de mon cas comme si je n'étais pas là. Il s'était passé beaucoup de choses depuis hier. Depuis quand ces deux là étaient-elles devenues aussi proches ? Je finis mon café, me levais, saluait les demoiselles et voulut sortir de la Grande Salle. Seulement, une jolie main m'attrapa le bras lorsque je passai à sa portée. Comme tout gentleman qui se respecte, je donnais mon attention à la jolie main et par extension, à sa propriétaire.

« Attends, Jack. T'as vraiment une sale tête. Tout va bien ? Tu sais, je suis sûre que tu n'as pas à t'en faire pour l'examen de ce matin. » Lily soupira et ajouta « Je connais quatre chanceux qui vont l'éviter. »

Je me dégageai et repris ma route. Le regard navré de Pomfresh m'accueillit à l'entrée de l'Infirmerie. Je naviguais lentement d'un lit à l'autre ; navré pour les garçons, énervé contre Lily. En même temps, sacrément admiratif. Il fallait avoir une grande puissance magique pour réussir ce que j'avais sous les yeux. Je soupirai. Il était temps que je me rende à cet examen de Sortilèges que j'allais faire semblant de passer. Le professeur me mettrait une note dans la moyenne de toutes les façons. Après tout, je n'étais pas un élève ordinaire. Je me demandais comment La Poisse allait s'en sortir. Il est vrai que j'avais oublié de lui révéler ce léger détail.

Je passais 10 minutes reposantes avec le Professeur de Sortilèges, un gentil jeune homme un peu timide. Nous parlâmes de tout et de rien, de l'Ecole et bien sûr des garçons allongés à l'Infirmerie.

« J'aurais aimé pouvoir les aider. Malheureusement, les potions ne sont pas de mon ressort. »

Je lui serrais la main, il me rendit un sourire chaleureux et je sortis. Deux garçons révisaient dans le couloir, un peu plu loin.

« Est-ce qu'un sortilège et une potion peuvent avoir des effets similaires ? »

Je passais près d'eux, léger. Le bruit décroissant de leurs voix m'accompagna alors que je me rendais à mon prochain cours.

« Oui, dans quelques rares cas, les effets peuvent être les mêmes. Le traitement, lui, est totalement différent. »

Enfin ! Il était l'heure de manger. J'avais une faim de loup et me sentais curieusement joyeux, mes orageux nuages dissipés. Je m'assis gaiement près des filles et humait avec appétit les mets tous plus alléchants les uns que les autres. Ce fut Lily qui m'aborda avec sa rengaine.

« Alors cet examen ? »

« Ça allait. Et vous ? »

Lily haussa les épaules. Elle était la meilleure élève en Sortilèges. La Poisse sourit, pâle ce pendant. J'étais curieux de l'insistance de Lily à propos des Sortilèges. Je voulus lui demander mais les exquis fumets sortant des plats m'en avaient distrait. Je commençais à manger avant de sauter hors de mon banc et courir comme un dératé jusqu'à l'infirmerie. J'ouvris la porte avec une telle force qu'elle claqua contre le mur. Pomfresh se retourna, prête à réprimander l'indécent personnage qui avait dérangé ce lieu sacré. Je m'appuyais au mur, essoufflé.

« Contre … S … Con … Contre-sort. » lançais-je. Pomfresh haussa un sourcil et m'apporta un verre d'eau tandis que je m'écroulais sur une chaise.

« Contre-sort … sortilège … confusion. »

Elle mit quelques secondes à réaliser ce que je lui disais puis se rua vers les garçons, baguette levée, d'où déjà jaillissait des éclairs lumineux. Elle revint au bout de quelques instants.

« Nous devons attendre la fin d'après-midi pour savoir. Le sortilège les a affaiblis. Brillante votre idée, Jack. »

« Une jeune fille à la rancune tenace me l'a soufflé. » expliquais-je tout en la saluant.

Je retournais à la Grande Salle pour finir mon festin à peine entamé. Je voulus me rasseoir à table mais une foule compacte m'entraîna loin des aliments désirés vers une salle de classe. Lily s'assit à mes côtés et me glissa quelques nourritures.

« C'est tout ce que j'ai pu prendre. »

« Lily, Lily, Lily. Tu es brillante. Merci. »

Je déposai un baiser sur sa joue et entamai les restes avec délice tandis qu'elle me lançait un regard méfiant.

« Tu es parti où, comme ça ? »

« Lily chérie, je crois qu'il est temps que nous nous occupions d'un léger problème. »

Une pause. Son regard se fit soupçonneux.

« Aiden. » ajoutais-je.

Sa tête surprise dût sans doute égaler la mienne, la veille. J'éclatai de rire. Elle cligna des yeux.

« D'accord. Fin d'après-midi, ça te convient ? » demanda-t-elle en murmurant.


Je me suis aperçue de quelque chose dans mon histoire, je crois. Je parle beaucoup d'alcool dans ces chapitres. Donc, pardon. Et oui, soyez prudents quand vous buvez (Cupy, il a quelques avantages, c'est un Dieu; nous, pauvres humains, non.).

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