Chapitre XIII : Troisième année

Installé, seul comme à son habitude dans un compartiment vide du Poudlard Express, Théodore manipulait avec précaution son livre de Soins aux Créatures Magiques en attendant son ami. Têtu et tenace, il avait persévéré à tenter de l'ouvrir malgré une morsure qui l'avait fait souffrir pendant au moins trois jours…

-Range cette chose ! Je ne sais pas qui est le professeur de Soins aux Créatures Magiques mais je crains le pire…

La voix de Blaise retentit, faisant sursauter le jeune Nott.

-Tu as réussi à l'ouvrir ? Le questionna Théodore.

Son ami hocha négativement la tête, tandis que Théodore rangeait le livre dans sa malle.

-Tu as passé de palpitantes vacances dans ton manoir je suppose…Le taquina le jeune Zabini.

-Je n'ai pas la chance de pouvoir m'offrir des vacances à l'étranger, malheureusement…soupira théâtralement le jeune Nott.

-Les moyens tu les as, je suis certain que ton coffre-fort à Gringotts est rempli !

-Certes…Mais tu vois vraiment mon père quitter sa campagne ?

Les deux jeunes garçons discutèrent un long moment tout en mangeant des friandises.

Le train roulait depuis de nombreuses heures déjà, la nuit venait tout juste de tomber, et Théodore somnolait, blotti dans un coin du wagon. Il dormait toujours mal la veille de la rentrée scolaire, toujours un peu anxieux à l'idée de commencer une nouvelle année. Le train s'arrêta brusquement, le faisant se réveiller en sursaut. Un grincement se fit entendre et les lumières qui éclairaient le wagon et le couloir s'éteignirent subitement.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Le questionna Blaise, à mi-voix.

-Aucune idée…répondit le jeune Nott en se saisissant instinctivement de sa baguette magique.

Plusieurs élèves étaient sortis dans le couloir et s'interpellaient, se demandant eux aussi quelles étaient les causes de cet arrêt intempestif. Un froid inhabituel se fit ressentir à l'intérieur du train et un râle rauque se fit entendre, se rapprochant de plus en plus du wagon des deux garçons. Théodore eu comme un très mauvais pressentiment. Jetant un regard à son camarade, installé sur la banquette en face de lui, il remarqua que celui-ci tremblait de tous ses membres. Alors que le jeune Nott s'apprêtait à lancer un sortilège permettant d'éclairer le wagon plongé dans le noir, la porte de celui-ci s'ouvrit brusquement et une créature fantomatique, recouvert d'un long voile noir semblant flotter à la surface du sol apparut. La créature resta quelques secondes et fit presque aussitôt demi-tour.

Aucun des deux jeunes garçons n'osaient parler ni faire le moindre mouvement quand enfin les lumières se rallumèrent et que le Poudlard Express se remit en route. Théodore pu enfin voir le visage de son ami qui semblait au bord des larmes et qui continuait de trembler.

-Qu'est-ce que c'était ? Lui demanda soudain Blaise, le souffle court.

-Je crois que c'était un détraqueur. Ce sont des créatures qui se nourrissent de la joie des êtres humains et qui sont aussi capable d'aspirer l'âme…expliqua l'héritier Nott en se souvenant d'une de ses lectures d'été qui l'avait particulièrement troublé à propos des créatures.

L'avantage à avoir un père qui s'occupait peu de lui et qui ne se souciait pas de ses occupations, était qu'il pouvait lire n'importe quels livres qui se trouvaient dans la bibliothèque du manoir, même ceux concernant la magie noire qui n'étaient pas vraiment adapté à son jeune âge…

Blaise ne dit rien pendant de longues minutes, alors qu'en général il avait plutôt la langue bien pendue, ce qui inquiéta Théodore qui s'enquit un peu maladroitement :

-Cela à l'air de t'avoir beaucoup secoué…

-C'était atroce comme sensation…Comme si la joie avait quitté tout mon corps…Tu n'as pas ressenti la même chose ?

Théodore haussa les épaules et répondit :

-Je me suis sentis très mal pendant quelques minutes puis s'est passé…

En voyant la mine déconfite de son ami, il ajouta :

-J'ai lu que les détraqueurs faisaient plus d'effet aux personnes particulièrement enjouées…C'est peut-être pour ça que cela t'a particulièrement atteint…

Une fois de plus le jeune Nott se sentit particulièrement mal à l'aise. Il aurait voulu réconforter son ami, mais ne savait absolument pas comment s'y prendre. Tentant le tout pour le tout, il fouilla dans sa malle et en ressortit une chocogrenouille qu'il donna à son camarade.

-Il parait que le chocolat à des vertus thérapeutiques…Dit-il simplement.

-Tu crois que ça un lien avec ce prisonnier qui s'est échappé d'Azkaban ? L'interrogea Blaise en croquant dans la tête de sa chocogrenouille.

Au début de l'été un article sur un prisonnier échappé de la prison d'Azkaban avait fait la une de la Gazette du Sorcier et depuis cette information semait le trouble un peu partout.

-C'est possible…Mais je ne vois pas vraiment pourquoi des détraqueurs auraient fouillé un train simplement rempli d'élèves…répondit-il.

Le reste du trajet fut particulièrement calme tout comme le banquet de début d'année. Le discours du directeur confirma les hypothèses de Blaise qui grimaça en entendant que dorénavant des détraqueurs seraient postés à l'entrée de l'école pour plus de sécurité.

Après le banquet, les élèves de Serpentard rejoignirent les cachots. Théodore monta directement aux dortoirs des troisièmes années, ignorant totalement le petit groupe qui s'était formé près de la cheminée. Le jeune Nott ne participait pratiquement jamais aux discussions de ses camarades, ce qui lui avait déjà valu quelques remarques acerbes de la part de Drago Malefoy et Pansy Parkinson. Quand les remarques le touchait trop personnellement ou qu'il était de mauvaise humeur il répondait tout aussi sèchement, même si sa stratégie de défense préférée restait l'ignorance.

Profitant d'être seul dans le dortoir et d'avoir libre accès à la salle de bain, il resta un peu plus longtemps que d'habitude sous la douche, ne faisant attendre aucun de ses camarades de chambre.

Le lendemain matin, le réveil fut difficile. Pendant l'été, Théodore avait pris l'habitude de se coucher à des heures peu décentes et peinait maintenant à se lever avant 9h. Se frottant les yeux, il jeta un œil à sa montre qui se trouvait sur la petite table de chevet près de son lit et constata qu'il était déjà 7h45. Les cours ne commençaient qu'à 9h mais le temps qu'il passe par la salle de bain et qu'il descende dans la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner, le réveil était loin d'être trop tôt. S'asseyant sur son lit en baillant, ses yeux clairs encore embués de sommeil balayèrent le dortoir et il remarqua que seul le lit de Blaise était vide. Ses trois autres compagnons de chambrée semblaient avoir eux aussi du mal à émerger.

Un petit quart d'heure plus tard, une fois lavé et habillé, il descendit dans la salle commune et retrouva son ami qui s'exclama :

-J'ai cru que vous étiez tous morts dans votre sommeil ! Tu as mis une éternité à sortir du lit !

-On ne peut pas tous être comme toi…Comment tu fais pour être aussi matinal ? Ce n'est certainement pas le fait d'aller en cours qui te pousse à être debout aussi tôt ! se moqua gentiment Théodore.

Blaise haussa les épaules et répondit :

-J'ai toujours été du matin et d'ailleurs comme ça je peux m'avancer dans mes devoirs !

Théodore ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. S'avancer dans ses devoirs, pour son ami, consistait à terminer de rédiger ses parchemins le matin même ou la veille. Cependant, le jeune Zabini s'en sortait plutôt bien au contraire de Crabbe et Goyle.

-Tu pourrais avoir de bien meilleures notes si tu t'y mettais un peu plus sérieusement…

-Je n'ai pas envie de me transformer en rat de bibliothèque comme toi ! Il y a tellement mieux à faire !

Théodore ne chercha même pas à se défendre ou à argumenter car il savait pertinemment que ce débat était sans fin. Il se contenta donc de suivre silencieusement son ami hors de la salle commune.