Pas de danse
Ah, que la vie est belle, vue de mon côté. Les garçons, sortis d'affaire, gambadent de nouveau en plein air et nagent dans leurs délires de vengeance contre celui qui leur a fait ça. Ils sont sûrs que c'est un vil Serpentard, et pour une fois, je refuse de les contredire. Lily semble reprendre pied et se rapproche d'Aiden, doucement mais surement. Bon, ça, ce n'est pas si bien. Mais la roue tourne, n'est-ce-pas ? Et je suis sûr que ce bâtard mijote quelque chose. Son sourire s'est fait moins franc dernièrement, ses yeux se parent d'ombres inquiétantes. Je surveille, je surveille, mais je me dois de laisser faire.
La Poisse semble enfin arriver à contrôler les bases de sa magie, ce qui n'est pas si mal. Bon, seulement lorsque je ne la stresse pas, mais enfin, j'aime tellement ça. C'est rigolo de la voir se planter juste parce qu'elle est effrayée. Sadique, moi ? Ne vous en déplaise, mes chers …
La vie est belle, et je me rends, tout guilleret, à mon prochain cours de runes, sourire aux lèvres et frétillant comme un jeune étourneau qui aurait arraché sa première proie aux griffes de l'amour. … Ou pas.
« Salut Jack. On pourrait discuter ? »
Amanda vient de me gâcher mon après-midi. Elle est apparue de nulle part à l'angle du couloir, sortant des ombres et les griffes. Mon rayon de soleil s'évapore, happé par de sombres nuées, tout comme mon sourire qui s'efface lentement.
« Bien sûr, ma douce. Un problème ? »
Je cherche désespérément et discrètement une échappatoire mais rien ne vient à mon secours. Pas l'ombre d'une jolie silhouette que je pourrais alpaguer en prétextant un devoir ou un autre. J'en viendrais même à implorer Rusard et sa chatte maudite, Miss Teigne.
« Oui. Toi. »
« Moi ? Mais qu'est-je-fais, chère Amanda de mon cœur ? »
« Tu me fuis. Et je veux savoir pourquoi. Et je compte bien que tu me le dises. »
Elle est devant moi, jambes bien plantées sur le sol, bras croisés, regard de furie, dur et sauvage. Je plains son futur mari. J'ouvre la bouche pour répondre puis la referme. Une brusque envie de m'enfuir en courant me saisit à la gorge. Ben quoi ? Je suis le Dieu de l'Amour, moi, les ruptures, je ne sais pas gérer. Bon, allez, vite, trouvons une excuse. Un mouvement dans le coin de mon œil et mon après-midi s'éclaire de nouveau.
« Excuse-moi, mais je dois aller en classe. Une préfète aussi consciencieuse que toi ne souhaiterait pas que je loupe des cours, n'est ce pas ? »
Elle ouvre la bouche et la referme, vaincue. Je m'élance alors vers ma salle, soulagé et pas du tout honteux. Pourquoi le serais-je ? Je lui en ai plus appris que n'importe quel homme dans sa vie ne le fera jamais.
« Il va falloir qu'on parle, Jack, et je suis sérieuse. »
Je hoche la tête, lui envoie un baiser du bout des doigts et m'engouffre dans la salle, m'écroulant à ma place, soulagé. Puis Lily arrive, et je sais que quelque chose ne tourne pas rond. Visage fermé, sourcils froncés, yeux verts étincelants de colère. Bon, peut-être que la vie n'est pas si belle que ça, mais je souris quand même comme un niais. Ma bonne étoile brille de mille feux, pourquoi bouderais-je mon plaisir ?
« Nous sommes censés parler en fin d'après-midi mais si tu veux on peut commencer maintenant. »
Silence
Bien. La demoiselle avait encore ses humeurs. Quelle casse-pieds ! Je l'observais du bout des yeux, à la dérobée. Tendue, sourcils froncés, lèvres serrées, elle semblait sur le point d'exploser. J'haussais une épaule. Rien à faire. La Poisse m'adressa un signe silencieux pour me dire qu'elle voulait me parler le plus rapidement possible. Quelle idiotie ma petite aide avait-elle encore réalisée ? Elle semblait dans tous ses états. Une pointe d'inquiétude me parcourut mais je devais attendre la fin du cours.
« Qu'y-a-t-il pour votre bon plaisir, ma chère cousine ? » La Poisse qui ne s'y attendait pas du tout fit un bond. Ce qui m'amusa beaucoup tandis que les feuilles de ses cahiers finissaient de se répandre autour de nous.
« Jack ! Ce n'est pas drôle. » La Poisse se mit à ramasser ses feuilles éparpillées. Bien sûr que si, c'est drôle, puisque c'est moi qui en suis l'auteur. Je m'appuyais contre le mur, attendant la suite. La Poisse se releva, une lueur de vengeance dans les yeux. Hmmm. Depuis quand pensait-elle à ça ? « De un, Jack, tu aurais pu m'aider. De deux, Lily est dans le pétrin. »
« … »
« Je … » Elle se tut, laissant passer quelques élèves, les saluant vaguement. « Elle s'est encore disputé avec les garçons. »
« Ce n'est pas une nouvelle » soupirais-je.
« Oui mais là, c'est allé vraiment loin. »
« Loin comment ? »
« Ils s'insultaient. Et insultaient leurs familles. »
Je fronçais les sourcils. Alors là, c'était autre chose. Tout le monde sait que les familles sont sacrées. Si ces deux-là plongeaient dans ce bourbier, alors les choses étaient vraiment mal barrées.
« Et puis … » Quoi encore ? « Je le sens mal pour Aiden. J'ai un mauvais pressentiment. »
« La Poisse ! » Aboyais-je. « Tes sentiments, je m'en carre comme de ma première flèche, tu comprends ça ? Alors tu te gardes tes sentiments pour toi. »
Et je me dirigeai vers mon cours suivant, préoccupé. Même d'avoir engueulé La Poisse ne m'avait pas aidé. Et moi aussi, j'avais un mauvais pressentiment concernant cet Aiden de mes deux.
Bref, reprenons les faits dans l'ordre : un sorcier est amoureux d'une sorcière qui ne veut pas se rendre compte de ses sentiments. Alors à ce moment-là, je suis censé intervenir et aider les choses à suivre leur cours. Ce qui, jusqu'à ces deux enquiquineurs de première, se déroulait de façon plutôt paisible. J'arrivais, décochait deux-trois tours de magie, mettait des étoiles pleins les yeux de mes amoureux et rentrait peinard le soir, chasser la gracieuse beauté qui aurait l'honneur de partager ma couche. Et puis ces deux-là étaient arrivés et tout s'était mis à aller de travers. Et le pire de tout, c'est qu'on m'avait collé La Poisse sur le dos.
« Jack … Jack ! JACK ! »
J'ouvris les yeux pour tomber nez à nez avec les yeux froids d'une Minerva en colère. Et une Minerva en colère, c'était quelque chose à éviter.
« Bien. Pour avoir préféré conter fleurette à Morphée plutôt qu'à mon cours, vous serez en retenue ce soir ».
Silence total. Tous les regards sont braqués sur moi. Je lève discrètement les yeux au ciel. Très fine, l'allusion. Vraiment.
« Bien. Reprenons notre cours où nous l'avions laissé. Quant à vous, jeune homme, concentrez-vous ! »
Je baissai la tête sur mes parchemins. J'avais fait une belle boulette. Mais bon, Minerva et moi allons passer notre soirée à jouer aux échecs et échanger quelques potins. Une agréable façon de passer le temps, en somme. Je retins un sourire de justesse. Et vit le petit mot que Lily venait de me faire passer. « Rendez-vous dans une heure à la salle de classe vide 456 dans l'aile ouest ». Sois discret, ajoutait le petit mot. Comme si moi, je ne l'étais pas. La cloche retentit enfin. Pardon Minerva, vos cours sont captivants mais aujourd'hui, j'ai d'autres chats à fouetter.
Je me précipitais vers la sortie, lançant une excuse à la volée aux garçons qui voulaient me retenir. Je leur enverrais un parchemin plus tard. Bon dieu, où est cette maudite Aile Ouest ? Je m'arrêtais près d'un tableau où deux commères buvaient le thé. J'amorçais mon plus beau sourire.
« Pardon mesdemoiselles. Croyez-bien que je sois navrée de vous déranger à cette heure indue mais pourriez-vous, je vous prie, indiquer à votre humble serviteur, la direction de l'Aile Ouest ? »
Les deux commères rabougries se regardèrent et se mirent à pouffer comme deux collégiennes. Oups, peut-être que j'y étais allé un peu fort. Le rouge leur monta aux joues, faisant légèrement fumer la peinture.
La plus ridée des deux ouvrit une bouche édentée dans une ébauche de sourire. A savoir si le sourire était charmeur ou destiné à me bouffer tout cru, je n'aurais su dire.
« Jeune homme, je vois que la qualité de l'éducation dans cette école n'a pas tant baissé, finalement. Nous en parlerons à Dumbledore pour le féliciter de maintenir l'un des derniers bastions de savoir-vivre au sein de ces murs. » L'autre hocha vigoureusement la tête pour appuyer les dires de son amie.
« Madame me fait trop d'honneur. »
« Bien. Pour vous rendre à l'Aile Ouest, il vous suffit de tourner à droite, de prendre l'escalier qui tourne vers le haut, de tourner encore à droite, de parcourir l'allée des armures de long en large puis de tourner à gauche deux fois. Enfin, vous serez arrivé. »
« Je vous remercie de ces conseils avisés mesdemoiselles. Oh, et puis-je vous demander de garder le plus grand secret au sujet de notre entrevue ? Vous m'obligeriez ? »
« Bien entendu, jeune homme. »
J'hochais la tête et partis le plus rapidement possible. Les explications de la dame n'étaient pas très claires. Pfiou, si j'arrivais à l'heure au rendez-vous, j'aurais beaucoup de chance.
« Ah Jack, tu es là. Suis-moi, on va prendre un raccourci. »
Lily m'attrapa le poignet d'autorité et m'entraîna vers une tapisserie rabougrie. Nous passâmes derrière et la demoiselle alluma une torche, parcourant les couloirs en silence, sachant visiblement ce qu'elle faisait. Au bout de 10 minutes de ce petit manège, nous débouchâmes dans un couloir sombre et poussiéreux. Lily poussa une porte vermoulue et s'effaça pour me laisser entrer. A mon plus grand étonnement, l'intérieur était propre, aménagé pour le travail et la détente. L'endroit dégageait une certaine chaleur, un confort qui nous enveloppait.
« Du thé ? »
« Lily ? C'est toi qui a créé tout ça ? C'est impressionnant. »
Elle balaya mon compliment d'un revers de main et m'invita à m'asseoir.
« Alors, tu veux me parler d'Aiden ? Pourtant, tu l'as vu, non ? »
« Oui. Une chose d'abord. Pourquoi m'attendais-tu dans le couloir ? »
« Cette aile est désaffectée et difficile à trouver. C'est pour ça que je t'y est invité. Ici, on sera tranquille pour parler. »
« Merci. »
Je bus une gorgée du thé brûlant qu'elle me remit en pensant à la magie déployée dans ce lieu. Cette gamine était encore plus puissante que ce que je pensais.
« Alors ? »
« Hum ? Oui, pardon. Oui, je veux te parler d'Aiden. Je ne sais pas comment te dire ça sans que tu te fâches. »
Elle fronça les sourcils, essayant de deviner mes prochains mots.
« Je promets que je ne t'enverrais pas de sort. »
« Bien. Hum. Jecroisqu'Aidenestpaslebon. »
Je rentrais la tête dans les épaules, attendant un sort qui ne vint pas.
« Heu ? Tu dois être vraiment terrifié. J'ai rien compris. »
Elle posa sa baguette sur le bureau à ses côtés, la pointant loin de moi.
« Qu'est-ce-que tu penses d'Aiden ? »
« Heu ? Jack ? Tu t'es cogné la tête ou quoi ? Tu sais que lui et moi, on sort ensemble. »
« Ce n'est pas de ça que je parle. »
Elle posa sa tasse sur le bureau. Et prit le temps de réfléchir.
« Et bien, tu sais que je ne suis pas le genre de poule à sauter partout et à rougir dès que je prononce son prénom. Où à ricaner bêtement dès qu'il me regarde. Mais je crois … je crois que je me sens bien quand il est là. Tu sais, réconfortée. »
« Ça ne me dit rien, ça. Ça ne me dit pas si tu l'aimes ou ce que tu ressens. »
« Je ne crois pas en l'amour, Jack. » Mouais, tout le monde dis ça, pensais-je in petto. « Je ne crois pas au coup de foudre où à tous ces trucs d'angelots. Je trouve ça ridicule. » Merci, ajoutais-je en pensée.
« Il me semble que nous avons déjà eu cette conversation au sujet de l'amour. Je ne te parle pas de l'amour en général mais d'Aiden. »
Elle me renvoya un long regard.
« Je ne sais pas ce que tu veux que je dises, Jack. Mais je sens que ça va être plus long que prévu et tu as une retenue. »
Je souris. Et me calais sur ma chaise.
« Je vois. Mais je ne comprends pas. Donne-moi un exemple. »
« Humm. Tu vois, quand je parle d'Amanda, je m'anime. Mes yeux brillent. Mon souffle se fait plus court. Chaque fois que je l'évoque, de tendres souvenirs remontent à la surface de ma mémoire. Des que je ne partagerais pas avec toi mais qui forment une relation. Une véritable relation. Est-ce que tu peux en dire autant avec Aiden ? »
« Qui es-tu pour me poser ce genre de questions ? » Elle se lève, fait les cent pas. « Tu veux dire que tu n'aimes pas Aiden. Et tu penses qu'il est mauvais pour moi. »
« C'est tout à fait ça et tu as promis de ne pas t'énerver. »
Elle se rassoit. Jette un regard tenté sur sa baguette. Réfléchis. Respire un grand coup.
« D'accord. Tu veux une vraie conversation de filles, alors ? » Le sarcasme ne m'atteint pas. Si elle savait. J'attends, ne la lâchant pas du regard, elle et sa baguette. Elle paraît si lasse tout à coup.
«Je ne crois pas à ce genre de choses, Jack. Pour moi, un couple, c'est quelqu'un qui vous rassure et ne vous prends pas la tête. Qui est sympa avec vous. » Elle pousse un soupir. « Tu vois, tous ces trucs autour de la passion et de quelqu'un qui vous fait briller les yeux, ça me tente pas du tout. C'est trop prise de tête. »
On se regarde. Et je me sens très triste pour elle. Elle s'est enfermée dans sa tour et la seule personne qui peut l'en sortir est James. Et elle a beaucoup trop peur pour seulement essayer. Ma magie aidant, je perçois enfin ce que toutes ces fioritures me cachaient. Sa peur de l'amour. Mais pour quelle raison ? Elle vient d'une famille aimante et supportive, elle a des amis, alors quoi ?
« Les gens qui disent ça sont des peureux ou des idiots. A quelle catégorie appartiens-tu Lily ? »
Ma remarque froide la fait sursauter et ses yeux verts s'assombrissent de colère.
« Je n'ai pas peur. Je sais me battre. Je me bats quand il le faut. »
« Vraiment ? Mais pour quoi te bas-tu, Lily chérie ? Tu rompts toujours les combats la première. Par peur d'aller trop loin ? Par peur d'aimer ça ? »
« Je. N'ai. Pas. Peur. »
« Alors tu es une idiote. »
Et je m'enfuis en courant de la classe, un sort de chauve-furie me loupant de très très peu. Je souriais dans ma barbe. Elle était touchée. Je courus comme un dératé, par souci de ne pas me recevoir un autre sort au détour d'un couloir. Je fis un petit signe de la main aux deux commères qui eurent l'air surprises.
« Ah, ces jeunes, entendis-je, toujours en train de courir. C'est pas une vie, ça ! »
Je traversais un autre couloir, me dépêchant de me rendre à ma retenue pour laquelle j'étais très en retard et heurtait de plein fouet quelqu'un.
« Aouch ! Ben dis donc, vieux, tu pourrais faire attention où tu mets les pieds ! »
Sirius ! Sirius ? Que faisait-il dans ce coin-là ? Nous nous aidâmes à nous relever.
« Sir', qu'est-ce-tu fous ici ? »
« Ben, et toi ? T'es pas censé être en retenue avec la vieille McGo ? »
« Si, c'est pour ça que je suis aussi pressé. J'avais pas vu l'heure passer. »
« Ah bon. »
Il fit un vague geste pour s'écarter et je repris ma course. Trois minutes plus tard, je me jetais dans le bureau de Minerva.
« Désolé, ma chère, un contretemps. »
« Important, je l'espère. Vous savez que je ne tolère pas les retards. »
« Oui, d'ailleurs, va falloir que vous me donniez une deuxième retenue. Je suis tombé sur Sirius à l'instant et il va se poser des questions si vous ne me punissez pas. »
Minerva hocha la tête et me tendit une de ses délicieuses tasses de thé.
« Nous verrons cela. Installez-vous et racontez-moi les derniers potins. »
« Alors, voyons … »
µµµ µµµ
Nous étions Vendredi matin. Une semaine s'était écoulée depuis mon entrevue avec Lily et rien ne semblait avoir changé. Elle sortait toujours avec Aiden, les quatre gambadaient et La Poisse essayait toujours de maîtriser les bases de la magie. Rien de bien concluant, en somme, mais il y avait un je-ne-sais-quoi dans l'air qui rendait les choses et les gens excitées. Les couloirs bruissaient de rumeurs et le vent léger nous apportait les effluves d'un été chargé de promesses. Et pourtant, tout en me sentant porté comme mes camarades, j'avais du mal à être totalement de la fête. La fin de l'année approchait à plus grands pas que prévu et je ne voyais pas le bout de cette mission. J'étais à court d'idées.
« Eh ben, vieux, t'en fais une de ces têtes. Qu'est-ce-qui se passe ? T'as peur de pas trouver de costume pour Le Bal ? »
« Le Bal est dans deux mois, les jeunots. Pourquoi vous en préoccuper maintenant ? »
Sirius et James me regardèrent d'un air affligé.
« Tu viens d'où, pauv'pomme ? Les filles y pensent dès maintenant et si tu veux avoir une des plus belles filles de l'école à ton bras, vaut mieux que tu t'y mettes. Ou elles seront toutes prises. »
Je levais les yeux au ciel.
« Ou alors, c'est parce que tu vas y aller avec Amanda et donc, t'as pas besoin de t'inquiéter pour le reste. »
Oups. Amanda. Remus sentit ma gène et détourna l'attention des garçons vers de vils Serpentards. Je lui envoyai un regard de reconnaissance.
« Tu sais, Jack » me dit-il alors que nous marchions côte à côte, surveillant les faits et gestes de nos camarades, « tu devrais régler cette histoire avec Amanda au plus vite. Ce ne serait apprécié par personne si tu le faisais le jour du Bal. »
Euh ? Ais-je loupé un épisode ? Depuis quand est-il un si fin psychologue ? Je restai le regard dans le vide, évitant de répondre. Il haussa les épaules.
« Je suis très observateur. »
« Ouais ? Ben, alors, faudrait peut-être que t'arrêtes d'observer si tu veux décrocher la fille de tes rêves, Mumus. »
Sirius avait entendu la fin de la conversation, comme il revenait vers nous, sourire de victoire aux lèvres. Ce fut au tour de Rémus de paraître gêné. Tiens. Aurais-je réellement loupé un épisode ?
« Ah oui ? Et qui est l'élue ? »
Sirius eut un grand sourire.
« La plus jolie des Serdaigles. »
« Ah, tu fais dans d'autres maisons, toi aussi ? » fut ma seule remarque tandis que je me maudissais intérieurement. Les dossiers devaient s'empiler sur mon bureau, là-haut, et tellement pris par ces *** de malheur, je n'avais pas mis le nez dedans depuis longtemps.
« Et qui est-ce ? »
Le sourire de Sirius s'accentua tandis que Remus regardait partout, sauf nous.
« Ben, c'est pourtant évident. C'est … roulement de tambours ...»
« Jeunes gens ! Comptez vous rester à la porte de ma classe encore longtemps à vous échanger des politesses ou allons-nous pouvoir commencer notre cours ? »
La voix sèche de notre professeur de potions calma instantanément l'élan de Sirius et, pour la première fois, je vis un Gryffondor se précipiter dans cette classe aux effluves mates avec un air de soulagement infini. Jusqu'à ce qu'il rencontre le regard curieux d'une double classe Gryffondor-Serdaigles braqué sur lui. Je tirais un Rémus effondré jusqu'à sa place où il se plongea dans ses parchemins avec une ardeur particulière.
Sirius, James et Peter, devant nous, échangeaient des coups d'œil victorieux. Pas très subtil comme technique mais ça semblait efficace puisque toutes les filles de Serdaigle présentes se pâmaient en se demandant qui aurait la chance d'être au bras du plus convoité des Gryffondors. Et les filles de Gryffondor faisaient grise mine.
