Et nous revoici pour la suite. Merci pour vos lectures et commentaires ! Merci à Elaia Asteraptor pour sa review !


Chapitre V : Tu l'as Médusé.

La Susurrante regarde et susurre à tue tête.

S'assure d'avoir les sentiments de sa proie.

Sous ses sifflements, l'éprise ne suit que sa voix.

La Susurrante sent l'espoir de sa sujette.

Et d'un son peut lui couper la tête.

Note au Don n.2 des annales du Codex.


Newt et Tina dans leur dernière lettre lui firent le compte rendu de la Vallée des Rois. Ils y avaient croisé des sorciers très intrigants et en entrant dans un passage délaissé par le temps ils avaient bien failli être attaqués par une chimère. Eddy songea qu'il leur répondrait sous peu sans savoir précisément quoi leur dire sur le moment.

Il était à la bibliothèque et consultait le Registre. Cela faisait une poignée du jour depuis la soirée de Slughorn. Eddy avait prétexté un mal subite pour expliquer sa disparition au vieux professeur. Et celui-ci au courant de sa condition ne lui tint pas trop rigueur mais lui donna quand même un travail supplémentaire. Eddy en attendant préférait lire les noms de tous les sorciers ayant côtoyé les bancs de Poudlard. Cette école existait depuis près de mille ans, il y avait donc une liste de noms considérable. Eddy essayait de trouver dans les patronymes notés magiquement vingt ans plus tôt ceux de ses géniteurs. Il portait le nom de son père, mais aucun Lee n'était noté, est-ce qu'un de ces prénoms était celui de sa mère ? Il en nota quelques uns d'une main maladroite et tourna la page.

Un autre nom attira son attention, celui d'un certain Tom Elvis Jedusor ayant commencé sa scolarité en 1938. Eddy songea que s'il aimait beaucoup Sal, le reste de sa famille lui inspirait désormais la plus grande terreur et la plus grande confusion. Son regard se perdit sur le terrain de Quidditch où les Serpentards faisaient leur dernier entraînement avant le match du lendemain contre Serdaigle. De loin et sous le soleil couchant les petites formes sur des balais avaient l'air de petites mouches furieuses.

Salazar se présenta dans la bibliothèque. Il était encore plus pâle que d'habitude. Eddy se demanda si le professeur Jedusor lui avait « parlé » comme à Médusa. En le voyant, il lui fit cependant un petit sourire :

—Il se passe quelque chose dans la forêt interdite, tu veux venir ?

Eddy ne savait pas comment son ami pouvait être à ce point au courant de tout ce qu'il se passait dans cette forêt. On aurait dit qu'il était presque constamment en connexion avec elle. Il hocha cependant la tête et suivit son camarade après avoir rangé le registre dans son sac.

Ils descendirent dans le parc alors que l'équipe de Serpentard rentrait vers le château. Bellatrix adressa à Eddy un discret geste obscène tout comme Médusa mais le roux choisit de les ignorer. Elles furent bientôt prises à parti par Perceval Rosier et les deux adolescents coururent vers la forêt interdite en esquivant le concierge qui entamait sa ronde dans le soleil couchant. Ils s'y enfoncèrent. Sal marchait avec assurance parmi les arbres aux troncs toujours aussi couverts de toiles d'araignée. Ils marchèrent pendant quelques minutes jusqu'à un petit bosquet.

Eddy distingua d'abord un léger scintillement entre les feuilles, puis vit le museau d'une licorne apparaître. Elle était couchée sur le flanc entre les racines d'un arbres. Eddy n'en avait jamais vue, c'était l'animal le plus gracieux et délicat qu'il eut jamais rencontré même en connaissant le goût de ses tuteurs pour les créatures magiques. Sa longue crinière coulait sur son flanc comme un ruisseau de lumière douce. Doucement Salazar s'approcha et s'assit près d'elle. Eddy remarqua qu'elle avait le ventre gonflé.

—Elle est en train de mettre bas. J'ai senti quelque chose tout à l'heure. C'est long mais c'est bientôt fini.

L'animal posa ses grands yeux argentés sur le brun avec confiance. La licorne semblait souffrir et poussa un faible hennissement en cabrant son arrière train. Un petit gémissement ne tarda pas à se faire entendre et dans un petit scintillement doré une petite licorne jaillit. Elle n'avait pas encore de corne, son museau était mouillé et un peu mou, ses grands yeux se levèrent avec peine. Doucement la mère licorne lécha le museau de son nouveau né. Salazar caressa d'une main douce les deux licornes.

—Tu veux les caresser toi aussi ?

Les licornes n'aimaient pas trop les garçons, et s'il ne doutait pas du pouvoir de Salazar il craignait lui même de toucher le couple d'équidé. Pourtant le brun était encore une fois confiant, alors il approcha sa main. Le poil de sa robe argentée était doux et chaud, sa respiration lente et mesurée après son long effort apaisa aussitôt Eddy. Toutes ses appréhensions diminuèrent comme à chaque fois qu'il était en présence du Serpentard.

—Tu sais, je ne sais pas comment tu fais, mais ça fait du bien. Merci, murmura Eddy.

Sal hocha lentement la tête. Il fronça cependant les sourcils. Quelque chose semblait l'interpeller car il tourna la tête vers un point à l'ouest de la forêt.

—Il y a quelqu'un qui ne devrait pas être là ce soir.

Il se leva brusquement, abandonnant les deux licornes et partit dans la direction qu'il avait regardée tantôt. Eddy se mit à sa poursuite. Ils s'enfoncèrent plus profondément dans la forêt, de plus en plus couverte de toiles d'araignées.

—Médusa, cria Sal en apercevant sa sœur au milieu de deux énormes troncs.

Seulement la vue de deux énormes acromentules aussi grosses que des voitures moldues face à la jeune fille les glaça d'effrois.

Eddy avait déjà entendu Newt et Tina lui parler de ces créatures, elles étaient extrêmement dangereuses et sournoises. Les longues pattes velues des deux monstres frémissaient tandis que leurs énormes mandibules de la taille de sécateurs salivaient d'envie. Médusa n'avait pas bougé et n'avait même pas tiré sa baguette de son uniforme de Quidditch.

—Ce n'est pas bon. Pas bon du tout, murmura Sal.

Il avait l'air vraiment paniqué alors Eddy réalisa :

—Tu ne peux pas les contrôler ?

—Non…elles, elles ne m'écoutent pas, souffla-t-il d'une voix blanche en tendant sa baguette.

—En effet Héritiers de Serpentard, murmura l'araignée dans un bruit de mandibule effroyable.

—Vous êtes venus sur notre territoire, murmura une araignée encore plus grosse que les autres en émergeant d'un fossé.

Plusieurs autres petites araignées arrivaient derrière eux. Eddy tremblait, sentant sa magie crépiter à l'intérieur de lui, Médusa elle, était toujours statufiée.

—Nous allons nous en aller, Aragog, murmura Sal. Nous allons partir-

—Trop tard, Héritier de Serpentard, caqueta Aragog.

Sans chercher à comprendre d'avantage Eddy saisit le bras de Médusa près de lui, et la fit courir avec lui, Sal sur leurs talons. Le brun jeta un sort pour expulser les araignées qui émergeaient maintenant par centaines des différents fossés de la clairière. Ils coururent sans s'arrêter.

Médusa toujours aussi tremblante et figée n'avançait pas, il la jeta sur son épaule en soufflant sous l'effort pour entamer la course de sa vie. Elle ne moufta pas alors que Salazar en sueur jetait sorts sur sorts pour ralentir leurs poursuivants. Au bout d'une dizaine de minutes de course effrénée ils parvinrent presque à la lisière de la forêt. En nage et essoufflés les deux garçons s'arrêtèrent pour reprendre leur souffle.

Eddy lâcha Médusa sur le sol, elle semblait avoir repris quelques couleurs.

—Pourquoi tu… nous as suivis, articula Eddy à Médusa en tentant de reprendre son souffle.

—Parce que vous n'avez pas le droit d'aller ici ! Vous allez vous attirer des ennuis. Salazar-

—Je sais ce que je fais, occupe-toi de tes affaires, la coupa son jumeau.

Elle leur jeta à tous les deux un regard venimeux.

—Un merci serait appréciable, se moqua Eddy. Alors comme ça tu as peur des araignées ?

Dans l'obscurité bleutée elle dût rougir car son teint était devenu d'une étrange couleur violine.

—La ferme. Toi, tu as intérêt à la boucler sur ce que tu as entendu dans cette forêt ou quelqu'un de bien plus fort que moi te réduira en pièces !

L'héritier de Serpentard, ou un d'entre eux, songea Eddy en se remémorant les yeux rouges du professeur Jedusor à la soirée de Slughorn. Cela expliquait les sifflements qu'il avait entendus et le respect instauré par le père et la fille auprès des serpentards. Eddy songea que sa vie était peut-être bien trop mêlée à celle des Serpentards.

—Rentrons, j'ai un match dem- iiiiirk.

Une araignée émergea d'entre deux bosquets avec un caquètement furieux. Avant qu'ils n'aient pu réagir, la jeune fille tira sa baguette et hurla :

Avada Kedavra !

Un petit rayon vert jaillit de sa baguette pour atteindre la créature qui s'effondra devant eux dans un bruit sourd, morte. Médusa s'était de nouveau figée, Salazar affichait une expression d'horreur pure qu'Eddy ne lui avait jamais vue.

—Sal… murmura la petite sorcière. Je ne voulai-

—Tu passes trop de temps avec notre père, Médusa.

Même si abattre une créature qui voulait précisément leur mort semblait être de la légitime défense pour Eddy, il comprenait plus ou moins ce que son ami voulait dire. Qui a quatorze ans était capable de jeter le sortilège de la mort aussi facilement ?

L'adolescent tourna les talons avec son ami laissant la jeune fille pleine de dépit, ils sortirent de la forêt. Elle les suivit rapidement, les dépassa et partit sans un mot.

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Le lendemain le temps était clément et doux sur Poudlard. C'était le jour de la rencontre Serpentard-Serdaigle au Quidditch. Eddy était mauvais en vol, voire cataclysmique, mais il adorait le Quidditch. À Ilvermony s'il séchait les cours, il ne manquait jamais les matchs qui lui vidaient la tête loin de ses soucis. Salazar ne partageait pas son allégresse du matin en buvant son thé, un livre à la main. Les élèves avaient choisi leur camp pour la plupart et soutenaient Serdaigle en majorité. Presque les deux tiers de la Grande Salle arboraient les couleurs bronze et bleue.

—Tu es sûr que tu ne veux pas venir ?

—Non, c'est bon, je te remercie. Je serais dans le parc quand ce sera fini, répondit le brun indifférent.

Eddy avala ses œufs rapidement et suivit le flot d'élèves se rendant vers le terrain de Quidditch. Il trouva de la place en tribune de Serpentard au troisième étage de celle-ci, près de Shafiq et Gwendal. Ils étaient non loin de la tribune des commentateurs où Rita Skeeter partageait son micro avec Andromeda Black sous la supervision de McGonagall. Dumbledore était aussi dans les gradins, non loin d'eux, discutant avec le professeur Slughorn.

Les joueurs arrivaient sur le terrain. Médusa et Bellatrix étaient les seules filles de l'équipe des verts et argents. Il y avait en plus du capitaine Perceval Rosier au poste de gardien, Spencer Mulligan et Rabastan et Rodolphus Lestange comme poursuiveurs, tandis que l'attrapeur était un autre grand garçon à la peau sombre et aux longs cheveux coiffés en nattes serrées dont Kheiron lui avait parlé. C'était son cousin Marius Zabini. Rosier alla saluer Chang le capitaine des serdaigles et le match put commencer. Les joueurs s'élevèrent dans le ciel.

Et voici un match qui commence sur les chapeaux de roues, cria Skeeter dans le microphone argenté. Lestrange s'empare du souaffle et se dirige avec Rabastan vers les buts des Serdaigles !

Le but fut intercepté par la gardienne des serdaigles, une fille rousse à la musculature impressionnante. Elle le renvoya mais Rodolphus récupéra le souaffle en bousculant délibérément le poursuiveur de l'équipe en face. Les gradins des Serdaigle explosèrent en indignation :

—Après une faute, l'arbitre Mr Dingley donne un penalty aux Serdaigles, fit Andromeda satisfaite.

Le joueur de serdaigle effectua son penalty, Rosier manqua d'atteindre le souaffle et le but fut accordé sous les acclamations des bleus.

—10 à 0 pour Serdaigle, marmonna Skeeter d'une voix si basse qu'elle avait l'air de chuchoter dans le micro.

—Et oui, dix à zéro, claironna plus fort Andromeda pour être sûre que ses camarades aient bien entendu.

Mais elle ne se réjouit pas longtemps, un cognard puissant envoyé par Medusa fonça si fort en plein dans le torse d'un des poursuiveurs serdaigle qu'il manqua de tomber de son balai.

—Et Jedusor n'a rien perdu de son coup de main, remarqua Skeeter. Bravo ma chérie ! Continue !

—Skeeter ! Qu'avions nous dit à propos de la déontologie journalistique ? grinça McGonagall derrière elle dans le micro.

Le match reprit, un but fut accordé à Serpentard, puis un autre à serdaigle. Bellatrix et Médusa attaquaient vicieusement à coup de cognard tous les serdaigles passant à leur portée et visant particulièrement l'attrapeuse -une fille de deuxième année à l'air fragile. Un but fut accordé à Serdaigle et Shafiq ne cacha pas son indignation en rouspétant haut et fort. Gwendal tressautait à chaque mouvement que faisaient les batteurs comme s'il avait la crainte de recevoir un cognard dans la figure à tout moment. Le match continuait depuis bien vingt-cinq minutes. Eddy remarqua le professeur Jedusor à la tribune des professeurs. Il était assit nonchalamment avec l'air de s'ennuyer à mourir. À peine Eddy le remarqua-t-il que le professeur leva les yeux vers lui. Un courant glacé parcourut le garçon qui préféra s'occuper du match :

—Nous sommes toujours 30 à 60 en faveur de Serpentard, encore une fois l'esprit de corps et la discipline font toute la différence, annonça Skeeter d'une voix supérieure.

—Tout à fait, approuva Andromeda, c'est pour ça qu'il est toujours bon de rappeler que l'équipe des Serpentards n'a pas gagné la coupe depuis six ans. L'esprit de corps et la discipline des Serdaigles anciens vainqueurs de l'an passé ont fait et feront encore toute la différence, je n'en doute pas !

Une clameur applaudit les paroles d'Andromeda Black et soudain, les deux attrapeurs se mirent à la poursuite de quelque chose dans le ciel. C'était le vif d'or. Bellatrix passa sur son balai près de leur tribune, sa batte sous le bras. Elle jeta à Eddy un regard torve et puérilement, il lui tira la langue. Elle eut un étrange sourire avant de filer sur son balai.

—Il semble que Zabini et Zabini aient vu le vif d'or ! remarqua Andromeda. Fonce Evora !

—Le frère et la sœur Zabini sont dans deux équipes différentes ? réalisa Eddy en pointant la petite sorcière à la suite de Zabini

—Oui, c'est elle ma fiancée, répondit l'adolescent. Autant dire que même si on est cousins on ne se parle pas beaucoup. C'est une sale morveuse. Vas-y Marius ! Attrape le ce vif !

Eddy ne put s'appesantir d'avantage sur le sujet. Son instinct lui hurla de tourner la tête vers le ciel. Black venait d'envoyer un cognard surpuissant dans sa direction. À la dernière seconde il fut arrêté par la batte de Jedusor qui le renvoya vers l'attrapeuse de serdaigle passant non loin.

Gwendal sous la stupeur était tombé de son siège emportant avec lui Kheiron. Dans son embrayage pour atteindre le cognard, Médusa était si proche que son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Elle lui offrit un sourire énigmatique avant de repartir vers le terrain. Marius Zabini refermait sa main sur le vif finissant le match.

—ET SERPENTARD L'EMPORTE 210 À 40, éructa Rita d'une voix si criarde que les plupart des élèves bouchèrent leurs oreilles malgré eux.

Les serpentards descendaient à toute vitesse sur le terrain pour applaudir leur équipe triomphante avec joie. Eddy jeta un regard vers la tribune des Serpentards. Mr Jedusor était déjà parti, il croisa ensuite le regard du professeur Dumbledore. Celui-ci semblait à la fois perplexe et inquiet.

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Pour fêter leur victoire les élèves avaient eut le droit d'organiser une superbe fête dans la salle commune. La voix de Catalina Song, -la mère de Skeeter- entonnait son dernier tube : Je m'invite dans ton filtre sur un tourne disque et certains élèves dansaient d'un air enjoué. D'autres faisaient exploser des pétards du docteur Flibuste dans un bel ensemble. Il y avait les élèves les plus âgés au fond de la salle à boire et ricaner bêtement à voix basse. Eddy était dans un coin près de la cheminée avec Shafiq, Gwendal, Ombrage et deux deuxièmes années.

Il aurait souhaité que Salazar se joigne à eux, mais celui-ci était plongé dans son carnet dans un fauteuil dans l'ombre. Il était toujours aussi peu à l'aise avec la foule. Quelque part il lui rappelait beaucoup Newt, toujours réservé et rêveur.

Certains septièmes années virent le jeu auxquels ils étaient en train de jouer et gloussèrent.

—Le jeu de la bouteille ? fit Shacklebolt. Oh c'est si mignon.

—Il faut bien que jeunesse se fasse, répondit l'autre avec une sagesse feinte en prenant un verre de whisky pur feu chapardé dans les cuisines.

Quand ils partirent danser sur une nouvelle chanson de Song, Stupefixie-moi chéri, Gwendal fit tourner la bouteille qui tomba sur Ombrage.

—Action ou Vérité ?

—Action, répondit la jeune fille d'une voix hésitante.

Deux élèves de quatrième année se joignirent à leur petit rassemblement près de la cheminée.

—Va boire cul sec un verre de whisky, finit par dire Gwendal à court d'idée.

Incertaine, la jeune fille s'exécuta. Elle alla près du bar et prit un verre qu'elle avala cul sec sous leurs gloussements.

Cela semblait avoir attiré les trois Gorgones qui la suivirent au moment où elle revenait en titubant vers le petit cercle.

—Je meurs d'envie de me joindre à vous, avoua Bellatrix d'une petite voix de fausset.

L'ambiance se gela à l'instant où les trois jeunes filles s'assirent. Eddy dont c'était le tour fit tourner la bouteille qui tomba sur Skeeter. Il lui demanda action ou vérité.

—Vérité, fit la grande sorcière blonde.

Eddy choisit ce qu'il pouvait demander. Il n'avait pas oublié le coup du Petit Illustré de Poudlard.

—Comment as-tu réussi à rentrer dans le journal alors qu'Andromeda te déteste ?

—Parce que le journal appartient à mes parents, répondit Rita d'une voix mauvaise. Il fallait bien quelqu'un pour donner les fonds pour monter le club à la base. Andromeda n'a pas eut trop le choix. L'année prochaine, je serais aux commandes puisqu'elle va quitter l'école après ses ASPICs. Tu ne perds rien pour attendre, Lee, je t'aurais.

Rita et Bellatrix pouffèrent. Bellatrix tourna la bouteille qui tomba sur Shafiq. Elle le mit au défi d'embrasser une Rita un peu rougissante. En haussant les yeux au ciel, l'adolescent s'exécuta. Même si c'était un baiser un peu maladroit et gauche, la jeune fille fut ravie. Eddy se demanda ce que dirait la famille de Kheiron en sachant qu'il embrassait une autre jeune fille que sa fiancée même dans un jeu.

Ce fut au tour de Médusa de tourner la bouteille. Celle-ci atterrit sur Eddy. Il fixa Rita et Bellatrix pour être sûr qu'elles n'avaient pas jeté un sortilège sur le goulot pour arriver devant lui.

—Action ou Vérité, claironna la petite brune.

—Action, finit par dire Eddy après un temps d'hésitation.

—Embrasse-moi.

Eddy se sentit rougir, les autres élèves s'étaient figés. Même Bellatrix ne semblait pas en croire ses oreilles. Médusa avait l'air tranquille. C'est vrai qu'elle était jolie avec ses longs cheveux noirs coiffés par son ruban en bandeau autour de son visage bronzé. Ses yeux sombres brillaient.

Pour l'adolescent les filles étaient encore un concept un peu vague et embêtant, mais si Médusa était ennuyante, c'était indubitablement une très jolie fille.

—Eh bien alors, Lee ? On se dégonfle ?

—Même pas vrai ! Tu dis n'importe quoi !

Un petit groupe de cinquième année parmi lesquels Rosier et les Lestrange tournaient la tête vers eux attirés par son éclat.

Refusant de se dégonfler devant ses camarades, Eddy s'approcha de la jeune fille en baissant un peu les yeux. Elle sentait la fraise des bois comme la dernière fois. Ses lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres des siennes quand elle lui saisit brutalement le visage et le remonta à son niveau. Leurs regards se croisèrent et elle susurra d'une voix de velours :

Quel est ton plus noir secret, Eddy Lee ?

Avant qu'il n'ait eu le temps de se dégager, une étrange torpeur le prit. Plus rien n'existait sur le moment d'autre que de répondre à Médusa Jedusor. Sans pouvoir s'arrêter il répondit alors :

—Je suis un Obscurial… et j'ai tué mon père.

Tout le monde s'était figé autour d'eux. Médusa avait un rictus horrifié. Elle le lâcha et d'un bond s'écarta. Eddy tourna la tête, quelqu'un avait arrêté la musique. Tous les serpentards le regardaient en chuchotant. Ombrage toute rouge, lâcha un couinement terrorisé et se carapata derrière Kheiron et Gwendal. Salazar s'était levé dans l'obscurité et adressa un regard désolé à son condisciple.

En tremblant, Eddy constata qu'il s'était passé ce qu'il pouvait arriver de pire par la faute de Médusa. Il se leva, observant tous ses camarades faire un unanime bond en arrière. Certains poussèrent même un petit glapissement avec des yeux ronds de terreur. Il se mit à courir hors de la salle commune.

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L'affaire de l'Obscurial fit le tour de l'école en approximativement vingt minutes le lendemain. Tous les serpentards ayant un frère ou une sœur dans une autre maison avaient prévenu leur famille de ne surtout pas approcher Lee. La rumeur s'était répandue à toute vitesse et Médusa y était mêlée.

Elle avait Médusé comme le disait ses camarades en parlant de son don, dont elle se servait parfois pour l'avoir montré en public sans jamais se faire prendre par un professeur.

—Bien joué, lui souffla d'ailleurs Perceval Rosier au petit déjeuner. Tu l'as Médusé dans les règles de l'art. Ça ne passera jamais auprès du Conseil de l'école. Dumbledore est complètement sénile d'avoir permit cette… abomination. Il va se faire éjecter de ce château à coup de baguette dans le derrière ce vieux débris, et sa bombe à retardement avec.

Médusa risqua un regard vers la table des professeurs. Dumbledore était soucieux en entendant la rumeur monter, mais son père, lui, arborait une expression de pur contentement. Elle croisa son regard. Le sourire qu'il lui adressa fut si sincère qu'elle sentit monter une bouffée intense de joie en elle. Ils se sourirent un instant et Médusa se tourna vers son capitaine de Quidditch bien plus enjouée :

—Merci Percy.

Elle lut dans son esprit qu'il l'a trouvait à son goût. Depuis un moment ces pensées là envahissaient l'esprit de certains garçons qui trouvaient qu'elle avait grandi et que ses formes étaient intéressantes. Elle lut autre chose de plus malsain dans son esprit et fronça les sourcils :

—Ne prends pas tes rêves pour des réalités, Rosier. Je préfèrerai la compagnie des trolls à la tienne. Fais attention à ce que je ne te méduse pas toi aussi.

Il sourit. Depuis qu'elle avait été engagée dans l'équipe cette année avec Bella, elle se disait que ce garçon était juste un imbécile. Il se trouvait en plus être totalement dégoûtant.

—Mon pire secret je te le confie si tu veux : c'est que je te trouve drôlement mignonne, si tu veux embrasser quelqu'un à la place de Lee je peux me porter volontaire.

—Va te faire cuire une bouse de dragon, Rosier, cingla Bellatrix qui avait arrêté de balancer de la mie de pain sur Ombrage avec Rita.

Alors que le garçon répliquait d'un sourire vaguement contrarié, le professeur Dumbledore se leva en appelant au silence de sa baguette posée contre son cou.

—Il semblerait que l'information ait fait le tour de l'école, jeunes gens. Je suis au regret de vous annoncer que les rumeurs que vous avez entendues ont une part de vérité. De plus amples informations vous seront données ce soir au dîner. Un expert dans le domaine viendra vous expliquer ce dont il en retourne. J'espère que vous aurez la patience d'attendre jusqu'à ce soir, et la bienveillance de ne pas aller intimider votre camarade si vous le voyez.

Médusa constata en effet que Lee n'était pas présent, mais elle n'en attendait pas moins de lui. Il fallait dire qu'elle même ne savait pas trop comment se positionner face aux révélations d'Eddy. Elle ne savait pas très bien ce qu'était un obscurial, elle savait juste que c'était sombre et dangereux. Et il avait avoué avoir tué son propre père… Elle se promit d'aller rapidement demander à son père ce dont il retournait. Elle chercha son frère du regard qui était aussi absent. Depuis hier il refusait même de la regarder, sa joie et son allégresse périclitèrent d'un coup.

Elle vit le professeur Dumbledore se lever de la table des professeurs et traverser la Grande Salle. Médusa soutint son regard lorsqu'il passa près d'elle, elle y lut une sorte de colère polie et sèche qui la fit frissonner. Le directeur disparut, sans doute attendu à une réunion en urgence au conseil de l'école.

On était dimanche, si le conseil avait décidé de se réunir c'était que vraiment l'affaire était grave. N'ayant plus faim, Médusa s'esquiva pour sortir à son tour de la Grande Salle. Elle était seule et pour une fois cela faisait du bien. Elle s'autorisa une petite balade avant de rejoindre le bureau de son père où elle semblait naturellement conviée.

Dans la cours de métamorphose vide par l'heure matinale elle s'assit sur les barrières de pierre, les jambes pendant à quelques centimètres du sol. Dans le grand hêtre de la cour il y avait Charme, le fléreur de Lee en compagnie de Froufrou l'abominable chat d'Ombrage. Même l'horrible créature ne savait pas semblait-il où se trouvait son propriétaire aussi roux que lui. L'animal en la remarquant lui cracha dessus d'un air furieux avant de se carapater, Froufrou à sa suite.

Médusa grimaça et se dit que peut-être que ce chat méritait bien d'être remit à sa place. Elle décida cependant de rejoindre le deuxième étage.

Son père était rapidement monté dans son bureau comme elle l'avait prévu. Quand elle franchit le seuil de la pièce, elle se sentit happée par deux mains froides.

Merci, Médusa.

Son père ne l'avait pratiquement jamais prise dans les bras. L'accolade était distante et étrange mais la jeune fille décida que c'était un présent si rare qu'il devait être chéri.

Quand elle se dégagea au bout de quelques secondes elle vit l'expression de son père et réalisa qu'elle ne lui avait jamais connu un visage aussi heureux. Elle lui sourit tout autant.

—Si ce petit romani est un Obscurial, Dumbledore est fichu. Bientôt, il ne sera plus qu'un lointain souvenir. Tu m'as désobéis mais pour cette unique fois, je te pardonne. Le gamin sera à moi et bientôt cette école aussi.

—J'en suis fort aise, répondit Médusa. Mais qu'est-ce qu'un Obscurial, Père ? Personne ne semblait vraiment d'accord ou savoir de quoi ils parlaient au petit déjeuner.

Son père s'écarta et sortit sa baguette. Il traça des filaments sombres dans l'air qui se formèrent en boule compacte et épaisse. C'était une sorte de schéma brûlant de noirceur exposé devant les yeux de la jeune fille qui s'approcha, fascinée.

—Un Obscurial est un sorcier dont les pouvoirs ont été si profondément encrés en eux par la force qu'ils rejaillissent sans que le sorcier n'en ait le contrôle. Beaucoup de Sangs de Bourbes le deviennent à cause de ces vermines de moldus qui les torturent. C'est une magie noire et puissante, d'une puissance même supérieure à tout ce que tu as connu dans ta courte vie, Médusa. Ce sont des êtres destinés à la destruction, ils n'ont pas grand chose d'humain. Je n'en avais jamais rencontré avant, en général ces sorciers meurent dans l'enfance.

Médusa songea qu'en effet cela expliquait le comportement du garçon et ses brusques changements d'humeur.

—L'un d'entre eux a failli détruire New York il y a de cela presque quarante ans, continua son père. Toute cette puissance…chez un être qui aurait dû mourir… quel gâchis ce serait de ne pas l'exploiter.

Il semblait songeur. Médusa n'osa pas demander ce qu'il comptait faire d'Eddy. Il remonta les yeux vers elle et lui sourit. Il s'assit sur son bureau d'un air tranquille.

—Je me dois donc te remercier. Que veux-tu ?

—Une nouvelle robe et un nouveau serpent. Un plus petit que Nagini. J'en veux un avec moi ici, répliqua-t-elle aussitôt.

Comme une vieille habitude, il leva les yeux au ciel et finit par donner son accord. Il était normal après tout de recevoir une récompense quand on accomplissait une bonne action n'est-ce pas ? Médusa avait rapidement appris qu'il valait mieux demander peu pour être sûre de recevoir quelque chose. Elle s'apprêta à partir mais hésita :

—Salazar n'a pas été attiré par Lee par hasard, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il… serait capable d'avoir une influence sur l'Obscurial ?

Son père lui fit un énigmatique petit sourire.

—Peut-être… mais si l'obsucrial revient vers toi, viens m'en parler, dit-il en posant ses yeux sur elle.

Rien qu'à ce regard elle sut tout ce qu'elle avait besoin de savoir. La jeune fille remercia son père une ultime fois et s'en alla.

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Le soir même, Lee n'avait toujours pas réapparu. Ombrage criait à qui voulait l'entendre qu'il avait essayé de l'attaquer alors qu'elle se rendait à la volière mais personne ne la crut. Tous n'avaient plus qu'un mot à la bouche. Obscurial. Beaucoup s'était rués à la bibliothèque et jamais Miss Bréviaire n'avait connu autant d'affluence en ces lieux un dimanche. D'autres avaient déjà prévenu leurs parents et les retours allaient être terribles puisque Dumbledore n'était toujours pas arrivé de sa réunion avec le conseil de l'école.

—Si ça se trouve il est déjà viré et ton père est déjà directeur, se réjouit Bellatrix.

Pourtant elle se détrompa rapidement, Dumbledore pénétra dans la salle d'un pas vif, un autre grand homme à sa suite. L'inconnu était frêle et avait une soixantaine d'année, il avait une démarche tranquille, un peu rêveuse. Certains élèves parurent le reconnaître, car ils ouvrirent de grands yeux. Rita souffla :

—Ce Newt Scamander, l'auteur de mon livre de Soins aux Créatures Magique. Mes parents ont assisté à une de ses conférences !

Une sixième année l'intima au silence pendant que Dumbledore et Newt Scamander allaient se mettre sur l'estrade professorale. De sa place, son père observait ce nouveau venu d'un regard inquisiteur. Les autres professeurs semblaient tendus.

—Mes très chers élèves, estimés collègues. Ne ménageons plus le suspense plus longtemps, désormais vous savez tous que Mr Lee est un Obscurial. J'ai pris la décision d'accueillir ce jeune homme entre ces murs sans vous avertir de sa condition. Pour mieux comprendre cette décision, j'aimerai vous présenter un très vieil et précieux ami, Newt Scamander, Magie-Zoologiste.

Il y eut un petit ronronnement dans la salle parmi ceux qui ne l'avaient pas reconnus. Son frère au bout de la salle ne lâchait pas l'homme du regard.

—Mr Scamander et son épouse Popentina sont les gardiens de Mr Lee depuis sept ans. Je lui laisse donc le loisir de vous expliquer davantage.

Scamander s'avança d'un pas hésitant. Il leur offrit un sourire timide mais il semblait fatigué comme s'il revenait d'un long voyage.

—C-c-c'est un plaisir d'être de retour ici, commença-t-il d'une voix chevrotante. Nous rentrons d'une réunion avec le conseil de l'école où je leur ai expliqué la même chose que je vais vous confier. Un obscurial est une manifestation profonde et puissante chez un sorcier lorsque sa magie est repoussée à l'intérieur de lui. Cela arrive la plupart du temps lorsque le sorcier ou la sorcière grandit dans un milieu hostile à la magie. Tout le monde ne devient pas obscurial, rassurez-vous, mais c'est ce qui est arrivé à Eddy. J'ai fait sa connaissance il y a sept ans après qu'il ait fait exploser la caravane dans laquelle il habitait. Il a usé de magie pour se défendre contre son père violent et abusif. J'avais déjà rencontré des obscurials par le passé, sans parvenir à les soigner. Votre camarade était un enfant en souffrance et il avait besoin d'aide. Nous avons réussi mon épouse et moi à lui en apporter. Nous avons travaillé avec Albus pendant des années pour ça, afin de soigner ce mal qu'un autre avait fait éclore en lui. Eddy n'est pas dangereux. Il est actuellement sous traitement et ce depuis longtemps afin de ne pas exploser l'obscurus en lui. Il peut avoir des émanations fortes, voire des petites crises, mais n'importe quel professeur de cette école sera à même de les contenir. Voyez cela comme une malédiction ou une maladie à combattre. Mais je vous le répète, il ne pourra pas et ne voudra pas vous faire de mal.

Il semblait chercher son fils adoptif sans le voir. Il échangea un regard avec Dumbledore qui continua :

—Le conseil de l'école a prit la décision de laisser votre camarade parmi nous, là où est sa vraie place.

Il y eut un murmure désapprobateur. Bellatrix releva un sourcil dédaigneux.

—Maintenant j'aimerai avoir attention pleine et entière jeune gens. Beaucoup d'entre vous en arrivant dans cette école étaient aussi sujet à catastrophe. À quoi sert cette école si ce n'est vous apprendre à contrôler vos pouvoirs et magnifier cette magie ? Je vous demande donc d'accueillir Mr Lee avec la plus grande chaleur et de le soutenir dans son handicap. Je vous remercie et vous souhaite un bon appétit.

Les plats apparurent sur le claquement des mains du directeur. Newt et Dumbledore allèrent s'asseoir l'un à côté de l'autre. Son père ne parut pas déçu ou furieux, au contraire il avait un air trop satisfait pour qu'elle ne se méfie pas. Médusa remarqua ensuite les traits inquiets de Scamander qui attendait désespérément le moment où son protégé franchirait le seuil de la Grande Salle.

Cela faisait une journée qu'il était introuvable. Médusa se mordit la lèvre. Tout cela était de son fait. Pourtant elle n'en retira pas beaucoup de joie. Salazar croisa son regard et détourna la tête.

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Une semaine s'était passée depuis le discours de Newt Scamander et Eddy n'était toujours pas réapparu. Scamander avait passé toute la soirée à chercher son protégé, d'après Rita qui l'avait évidemment suivi. Elle l'avait vu rôder près de la tour d'astronomie avant d'être attrapée par Picott le concierge qui l'avait enfermée dans un cachot en punition pendant une heure.

Les rumeurs allaient bon train sur Lee désormais, tout le monde considérait qu'il devait quitter le château au plus vite. Certains étaient même très soulagés de sa disparition et espéraient ne jamais le revoir, comme Bellatrix. Médusa ne faisait pas parti de cette catégorie.

Salazar l'ignorait. Il suivait les cours à ses côtés sans un mot en prenant des notes. Il était parti à la recherche de son ami mais était revenu bredouille et froid. En fait, il était si glacial que leur père parut très satisfait de ce changement et la félicita une nouvelle fois.

Bellatrix vint s'asseoir près d'elle dans la salle commune alors qu'elle disputait une partie d'échec version sorcier avec Rita. Son fou massacra avec délice le pion de Rita et Médusa posa son regard sur sa meilleure amie qui avait un sourire sournois.

—Andromeda est chargée d'apporter son repas à Lee, ce soir. Le professeur Dumbledore le lui a demandé tout à l'heure. Il se terre bien dans la tour d'astronomie. Tu crois qu'on peut glisser de la Goutte du Mort Vivant dans sa nourriture ? Je me demande l'effet que ça aura… peut-être que ça le fera exploser de l'intérieur, sourit-elle d'une joie perverse.

Bellatrix avait un très mauvais rire. Rita eut l'air mal à l'aise mais Médusa sourit. Lorsqu'elles s'étaient rencontrées en première année Bella et elle, elles ne s'étaient pas tout de suite plu. Elles étaient deux petites filles au teint pâle et aux yeux sombres qui s'étaient jaugées avec méfiance. Il avait fallut n'attendre que deux jours pour que ça ne dégénère et que Bellatrix ne la frappe violemment à la lèvre lorsque Médusa lui avait répondu quelque chose d'acerbe dans le dortoir. Elle avait répondu aux coups par un sortilège, puis avait utilisé de la légilimentie sur elle. Simplement elle ne savait pas que les Black étaient naturellement doués dans cette discipline. Ce que vit l'une, l'autre vit chose semblable dans ses propres souvenirs. Silencieusement, comme ça à se regarder les lèvres ensanglantées, elles étaient devenues meilleures amies.

—Pas besoin, susurra Médusa. Dans peu de temps il s'en ira de lui même.

Médusa mit en Échec et Mat Rita qui retint un soupir. La sorcière se leva, laissant sa place sur l'échiquier à Bellatrix qui se frotta les mains d'anticipation avec toujours ce même air mauvais. Si Médusa était douée aux échecs, Bellatrix était juste imbattable et affrontait l'échiquier comme elle affrontait les duels, -avec un air fou et déconcentré qui mettait au tapis ses adversaires en quelques coups. Elle quitta ses deux meilleures amies, bousculant avec violence Ombrage qui passait par là, juste pour le plaisir d'entendre son petit cri d'effroi. Elle monta dans les étages pour rejoindre la tour d'Astronomie.

Ce fut-elle rapprochée assez de la porte que celle-ci s'ouvrit sur Andromeda Black, son insigne de préfète en cheffe luisant sur sa poitrine dans le soleil couchant. La jeune femme si semblable à sa meilleure amie lui adressa une grimace courroucée. Elle avait le même visage que Bellatrix, mais le sien n'avait pas la mine fatiguée et maladive de sa cadette.

—Je pense que tu en as assez fait, Médusa. On raconte que c'est toi qui l'as forcé à dire son secret ? Retourne dans la Grande Salle, le repas va bientôt commencer.

—J'y vais, rétorqua sèchement Médusa. Toi retourne donc t'occuper de tes moldus. Tu comptes venir en aide à tous les miséreux de cette école, Sainte Andromeda ? Bellatrix est au courant pour Ted Tonks ? Laisse-moi passer ou elle saura rapidement, crois-moi.

Andromeda eut un mouvement de recul avant de dire d'une voix colérique :

—Tu sais Médusa, être cruelle comme ton père ne te fera pas aimer de lui. Ça ne marche pas pour Bella avec notre père, pourquoi ça marcherait avec toi ?

—Parce que j'y ai bien plus à gagner, répondit-elle avec toujours ce même masque cruel. Allez, ouste. Je ne compte pas le provoquer. J'ai à lui parler à notre petit animal de cirque.

Andromeda plissa les yeux de dégoût mais consentit à la laisser passer. Elle grimpa l'escalier en ferraille et fut surprise de ne trouver personne. Il y avait un petit plateau argenté près du balcon mais Lee n'était nulle part.

—Tu veux vraiment finir par passer par la fenêtre, ce n'est pas possible autrement, fit la voix d'Eddy à son oreille.

Elle se retourna, il n'était qu'une mince silhouette un peu transparente, comme s'il avait raté un sortilège de désillusion. Mais Lee aurait été juste incapable de juste lancer le sortilège.

—Redeviens visible, Lee ! Ai un peu de courage par Salazar.

—J'en suis incapable, s'énerva-t-il. Quand je craque ça arrive. Maintenant va-t'en, ta curiosité est satisfaite ? Toute l'école me veut dehors.

Médusa hésita avec l'envie de rétorquer quelque chose d'acerbe. Elle tint campé sur ses pieds avec une expression mauvaise. Cependant, elle vit la silhouette de l'obscurial se brouiller comme un tableau barbouillé. Lentement présence griffonnée la dépassa simplement pour saisir la petite potion dorée dans le plateau. Il l'ouvrit et la but, l'image se renforça légèrement, bientôt la silhouette montra ses traits. Lee regardait par le balcon Poudlard avec une expression détendue.

—C'est ça ton traitement ? Je n'ai jamais vue une potion comme ça.

—Ouais. De l'Illuminial. Mon tuteur et Dumbledore ont inventé cette potion ensembles. Il faut être un excellent sorcier pour la préparer. Elle bloque ma magie à l'intérieur de moi de façon douce, simplement elle m'empêche d'utiliser mes pouvoirs. Je dois boire ça deux fois par jour pour le reste de ma vie. Si j'arrive à vivre au delà de vingt-cinq ans.

—Tu es condamné, comprit la jeune fille d'une voix blanche.

—Oui, un jour l'obscurus finira par me consumer. Soit j'en mourrais soit je passerai le reste de ma vie à l'état de boule de magie enfermé dans la valise de mon gardien pour faire le moindre mal. Donc tes gamineries avec les deux vipères qui te servent d'amies, je crois que c'est le cadet de mes soucis. Mais… qu'est-ce que tu m'as fait le soir du match ? C'était plus que de la légilimentie.

Médusa serra les lèvres et s'assit contre le balcon, dos au garçon.

—Je n'aurais pas dû montrer ton secret. C'était bête. Je me suis dit que puisque tu connaissais l'origine de notre sang, il fallait que j'aie quelque chose contre toi. Notre ancêtre, Salazar Serpentard a eut le bon goût de mélanger son sang avec des sorciers de différentes ascendances pour nous donner à nous, son sang, plus de force et d'avantages que les autres. Nos ancêtres notent leur talent et aptitudes depuis des années dans un livre que nous nous transmettons par le sang. C'est le Codex de Serpentard. Je suis ce qu'on appelle une Susurrante. Je sais lire ton esprit mais je sais aussi te contrôler momentanément. Nous avons tous différents talents dans notre famille qui je crois tu l'as vu est compliquée. Appeler cela don serait même mal en parler, pour moi ça ressemble à des malédictions. Imagine toi dès l'âge de trois ans commencer à entendre les pensées des gens autour de toi, constamment, juste en croisant leur regard ? C'est horrible, ça te détraque complètement. Mon père a les mêmes pouvoirs que moi et bien d'autres encore. Je t'assure qu'on fini par mépriser tout le monde à force de voir ce qu'ils sont en réalité.

Eddy sembla songeur, il réapparut un peu plus. Médusa ne voulait pas inspirer de la pitié au garçon mais éprouvait le besoin de se confier. Quelque part, Eddy était aussi bousillé que Salazar et elle, pensait-elle. Ils pouvaient au moins de comprendre là dessus.

—Quels sont les pouvoirs de Salazar alors ?

—C'est bien le problème. Le Codex de Serpentard n'en parle qu'une fois pour une très lointaine cousine que tu dois peut-être connaître, Isolt Sayre, la fondatrice d'Ilvermony. Elle avait aussi ce don envers les créatures magiques. C'était la descendante d'un Maledictus et d'une Augure. Mais son lien avec les créatures magique semble moins intense que Salazar. Personne ne sait ce que c'est exactement comme magie. Même notre père ne sait pas vraiment, mais imagine… le pouvoir de te faire obéir de n'importe quelle créature magique ou non. Entre les mains de mon père, c'est dangereux. Mon frère est différent tu l'as bien remarqué. Il n'a pas parlé avant l'âge de cinq ans. Notre mère l'a emmené consulter les médecins moldus en cachette.

—Sal est malade ?

—Oui, enfin non, c'est plus compliqué. On appellerait ça de l'autisme, ou une forme d'autisme. Il voit le monde différemment de toi et moi. Il est souvent incapable de comprendre les expressions et les sentiments de la personne face à lui… Peut-être que son propre don pour la légilimancie l'a rendu comme ça ? Je te l'ai dit, ça détraque. Notre mère n'a jamais communiqué ce résultat à notre père, moi je l'ai lu dans son esprit.

—Quel est le pouvoir de ta mère ?

—C'est une Sangsombre. Elle est capable de disparaître dans l'ombre de chaque objet.

Ainsi que quelques autres pouvoirs qu'il n'avait pas besoin de connaître. Médusa vit le soleil disparaître derrière les collines bordant le lac noir. Elle se demanda ce que cela faisait de n'avoir plus vraiment de famille.

—Ce que je veux dire Lee, c'est que tu n'es pas le seul à être détraqué. Tu as tué ton géniteur qui te battait et tu as bien fait, fit-elle d'une voix froide.

—Je n'en ai plus aucun souvenir. Je ne me souviens même pas de son visage. Quand mes gardiens m'ont trouvé je n'étais qu'une boule de magie, j'ai passé des mois enfermé dans une valise ensuite, j'ai tout oublié. J'ai préféré oublier pour guérir. Mais j'imagine que tu peux comprendre ce que c'est que subir des sévices, n'est-ce pas ?

Médusa se figea. Il savait. Elle ne sut trop comment, mais il savait. Elle sentit la colère et la honte monter en elle.

—Tu sais Jedusor, tu es presque trop polie aujourd'hui. C'est louche. Qu'est-ce que tu veux ?

—Jouons carte sur table, Lee. Mon père prépare quelque chose et veut-y mêler Salazar et toi. Je te demande de m'aider à le protéger lui. Tu n'y gagnes rien d'autres que des ennuis mais je suis sûre que tu diras oui. Comme moi tu veux l'aider n'est-ce pas ?

Lee s'était totalement matérialisé désormais. Il planta ses yeux bruns dans les siens. Pour la première fois depuis qu'il était arrivé dans l'école il la regarda assez longtemps pour qu'elle discerne quelques unes de ses pensées. Elle y lut qu'il l'a trouvait jolie, comme les autres, et qu'il ne savait pas trop quoi répondre.

—Notre père est un brillant et puissant sorcier… simplement il n'a jamais voulu avoir d'enfants, je le sais. Si nous sommes nés Sal et moi c'est qu'il y gagne quelque chose, et ça, ça me terrifie. Je n'aurais pas dû être une telle harpie avec toi, c'était pour protéger Sal. Laisse-moi t'aider à mon tour. Reviens dans l'école, suis les cours pour Salazar ou pour toi par Circé. Avec Rita et Bella j'empêcherai les autres de te faire le moindre mal. Tu as déjà manqué une semaine de cours et tu es le plus mauvais élève, n'aggrave pas ton cas.

—C-c'est d'accord. J'ai un service à te demander, dit le garçon d'une petite voix enrouée.

Il prit ce qu'il restait de la potion sur son plateau repas et glissa du balcon pour être à son niveau. Il lui présenta les restes de la petite potion dorée.

—Tu es la meilleure en potion, aide moi. Apprend-moi à préparer cette potion, je dois savoir la faire d'ici cet été.

Médusa se demanda ce qu'il comptait faire durant l'été mais acquiesça. Pour la première fois, ils se serrèrent la main. Médusa en serrant la main chaude de son condisciple se dit que ce petit détraqué lui inspirait un peu de sympathie. Mais ça, elle ne l'avouerait jamais.


Et tada !

J'ai remarqué avec un peu d'étonnement dans mes statistique d'histoire que mes lecteurs les plus nombreux sont États-Uniens et Canadiens, (Coucou) Si vous traduisez cette histoire avec un logiciel, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire en anglais, je me ferai un plaisir de vous répondre ;)

La suite abordera un peu plus le point de vue de Tom et fournira quelques informations supplémentaires sur la famille Jedusor. À bientôt pour le chapitre : Mari et Père (ça promet eh eh)

Merci de m'avoir lu,

Tadum Doum