Kings of Leon - Sex on fire

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Cameron sortit de sa voiture un peu précipitamment. Ce matin là, rien ne semblait aller pour elle. Son réveil n'avait pas sonné, son micro onde avait rendu l'âme et les embouteillages envahissaient la rue. Tout pour plaire. Elle jeta un coup d'œil à son montre : elle avait une heure de retard. Elle saisit son sac et s'élança vers l'entrée de l'hôpital d'un pas rapide. La jeune femme ouvrit la porte en essayant désespérément de lisser sa chemise qui n'avait pas eu le temps d'être repassée sans s'apercevoir qu'elle fonçait droit sur la personne qui, elle, sortait de l'hôpital.

La collision fut brusque, mouillée et inattendue : d'une part car l'homme ne regardait pas devant lui non plus, ensuite car il avait une tasse de café brulante qui se renversa sur le chemisier de la demoiselle. Enfin, car c'était House.

« Mais qu'est ce que… balbutia-t-elle énervée, House ! ajouta-t-elle un peu plus en colère en levant les yeux vers lui. »

Instinctivement, il saisit son bras quand ils se rentrèrent dedans et ne pensa pas à se retirer de cette étrange étreinte.

« House ! répéta-t-elle une seconde fois en lui lançant un regard noir. »

Réalisant son geste, il s'écarta brusquement, constatant que son gobelet était vide et que vraisemblablement son contenu était joliment réparti sur la chemise blanche de son interlocutrice.

« Vous n'auriez pas pu faire attention ? s'écria-t-elle au bord de la crise de nerf, et c'est brûlant en plus !

- C'est normal, je viens d'aller le chercher.

- Vous n'auriez pas une serviette ou un truc du genre histoire que je limite les dégâts ? demanda-t-elle en regardant la tâche désastreuse, et avant que vous disiez quoique ce soit, n'y pensez même pas.

- A quoi ?

- House, vos yeux sont braqués sur ma poitrine depuis que vous avez renversez votre café. Je sais qu'il y a une tâche énorme sur ma chemise qui laisse deviner mon soutien gorge mais ce n'est pas une raison pour que je vous laisse essuyer cette tâche. Alors, une serviette ? dit-elle en levant les yeux vers lui.

- Mais quel égocentrisme ! Je ne regarde pas vos seins ! D'abord je ne vois même pas ce que je pourrais regardez parce que vous n'en avez pas.

- Je serais tenté de vous croire si vous n'aviez pas, encore, dit-elle en lui arrachant une serviette en papier des mains, vos yeux posés sur ma poitrine. »

House ne put s'empêcher de sourire mais la jeune fille ne le vit pas. Il la regarda s'exciter énergiquement sur sa chemise partagé entre la circonspection et l'intérêt :

« Elle ne s'enlèvera pas comme ça, il va falloir la mouiller. »

Elle leva brusquement la tête et lui asséna un regard noir :

« Quoi ? se défendit-il, outré.

- Qu'est ce que vous faites là d'abord ? Vous n'avez qu'une heure de retard ce qui pour vous revient à être en avance. Vous n'étiez jamais en avance quand je travaillais dans votre équipe, dit-elle dans un sourire.

- Vous n'étiez pas aussi sexy que Treize… enfin, hum, vous n'êtes pas aussi sexy que Treize. Mais je dois avouer que si vous me refaites le coup du tee-shirt mouillé une ou deux fois, on pourra s'arranger.

- Vous n'avez pas de cas, pas de travail ?

- Nop.

- Pourquoi je pose la question ? Même si vous en aviez, vous seriez ici.

- Possible. Et vous… vous ne seriez pas légèrement en retard ?

- Mince c'est vrai… Cuddy va me tuer ! dit-elle en en passant la porte, et une chemise de foutue, marmonna-t-elle pour elle-même. »

House s'éloigna de l'hôpital avant de constater que sa tasse était vide – bien évidemment. Il grimaça et retourna dans le bâtiment d'un pas boiteux.

***

« Bon. On peut m'expliquer ce qui se passe ? Une réunion d'anciens de la fac ? Un rendez vous secret pour organiser un petit quelque chose à trois ? Dîtes moi que c'est la deuxième solution, s'exclama House en joignant ses mains en signe de prière.»

Wilson regarda Cuddy qui levait les yeux au ciel. Ils étaient tous les trois réunis dans le bureau de la directrice. Il était 16h.

« Parce que tu voudrais un truc à trois… avec moi ? demanda Wilson en riant.

- Non, je voudrais un truc à deux avec Cuddy, c'est juste une ruse pour pas l'effaroucher. Une fois sur le lit je te ferais tomber et bye bye Wilson !

- Bon ça suffit ! s'écria Cuddy en se massant les yeux, je ne suis pas d'humeur ! House, Wilson et moi devons vous parlez.

- Ca j'avais compris.

- On ne te fournira plus de Vicodin, House, intervint l'oncologue.

- Et c'est reparti… dit-il en levant les yeux au ciel.

- C'est nécessaire, déclara Cuddy.

- Quoi ? Tritter est revenu et vous avez la trouille ? Allons…

- Non, ce n'est pas ça, le coupa Wilson. On a discuté longtemps avec Cuddy et on pense que tu devrais arrêter. Ce serait mieux pour toi.

- Non c'est pas mieux pour moi, c'est mieux pour vous. Vous avez l'impression que comme ça je serais un bon médecin. Le problème c'est que sans Vicodin je suis mauvais, avec je suis excellent. C'est comme ça.

- Ce n'est pas vrai, si vous le vouliez vous pourriez vous passer de Vicodin, dit la directrice, et vous seriez un aussi bon médecin, voir meilleur.

- Et bien je n'ai pas envie de m'en passer.

- Tu n'as pas le choix House, nous sommes les seuls à te faire des ordonnances.

- C'est pas la première fois que vous me faîtes le coup, alors je crois que j'ai pas à me formaliser plus que ça, soupira le diagnosticien. Bon, j'y vais, j'ai du travail.

- Vous n'avez pas de cas aujourd'hui, déclara Cuddy posément.

- C'était une manière gentille de vous dire « vous m'emmerdez » en fait, dit-il en passant la porte. »

Cuddy jeta un regard las à l'oncologue. Celui répondit par un soupir.

« Est-ce qu'on a fait le bon choix ? demanda la doyenne dans un murmure. »

***

Fort éprouvé par un quota anormalement élevé de consultations, House quitta l'hôpital à six heures du soir. Alors qu'il s'apprêtait à enfourcher sa moto, il aperçu à l'autre bout du parking un engin qui semblait être un camion de dépannage. Intrigué, il se dirigea vers celui-ci : en à peine quelques mètres, il comprit qu'on emmenait un véhicule et que le dît véhicule n'était autre que celui de Cameron.

Il s'arrêta à la hauteur de la jeune femme qui sans le regarder, bras croisés regardait sa voiture s'en aller. Elle passa une main nerveuse sur son front en murmurant d'une voix fatiguée :

« Comme si j'avais besoin de ça aujourd'hui.

- Dure journée ?

- Très dure journée. Je n'ai plus qu'à prendre le bus. Bonne soirée House. »

Il la regarda s'éloigner un moment, puis baissa la tête, grimaça avant de se décider :

« Attendez ! »

La jeune immunologiste se retourna vers lui, surprise. Il vint à sa rencontre d'une démarche claudicante et une fois qu'il l'eut dépassé, s'expliqua :

« Je vous ramène.

- C'est gentil mais… ça va aller, je vais prendre le bus.

- Le bus à cette heure ci, ça craint.

- Je vous assure que…

- Et si je vous disais que c'était pour me faire pardonner pour la tâche de café de ce matin hum ? C'est pas le cas, jamais je m'excuserais pour un truc pareil, mais faîtes comme si.

- Vous savez vous êtes autant voir moins sécuritaire qu'un bus.

- Vous avez fait l'expérience une fois et vous êtes toujours en vie non ? Allez monter, c'est un ordre. »

La jeune fille saisit le casque qu'il lui tendit et le rejoignit sur sa moto. Comme il lui avait appris, elle empoigna fermement sa taille et lui chuchota, juste avant que sa voix devienne inaudible par le bruit du moteur :

« Je n'ai plus d'ordre à recevoir de vous, vous n'êtes plus mon boss, House. »

***

Ils filèrent à travers les rues de la ville sous les la lumière blafarde des lampadaires pendant que la jeune femme resserrait un peu plus son étreinte sur le diagnosticien. Certes il y avait la vitesse mais ce n'était pas la principale raison : elle ressentait le besoin de le sentir contre elle. Sentir son dos, sa chaleur, lui procurait un plaisir qu'elle croyait avoir oublié, enfoui, occulté. Il n'en était rien. Son attirance était toujours bien là, malgré Chase, malgré son changement de service et son apparente froideur : une simple virée en moto réussissait à tout raviver en elle. Elle aurait aimé que le voyage dure des heures, qu'elle trouve une réponse à des questions comme : est ce que je l'invite à monter ? Est-ce qu'il va accepter ? Est-ce que je devrais l'oublier ? Seulement tout à une fin, même les trajets de nuit avec son ancien patron.

Il se gara, elle descendit, il resta sur sa moto. Elle attendit. Gauchement. N'osant à peine le regarder :

« Hum… merci pour… merci. »

Elle se retourna vers la porte de son appartement en se mordant l'intérieur de la bouche, en se traitant d'imbécile, en se demandant si finalement elle ne devait pas lui proposer de monter.

« Cameron ? »

Elle se retourna, stupéfaite, n'arrivant pas à masquer son soulagement :

« Oui ? demanda-t-elle d'une voix remplie d'espoir.

- Je me demandais, dit-il hésitant, si… ce serait possible que vous me fassiez une ordonnance de Vicodin.

- Comment ? demanda-t-elle complètement déboussolée.

- Quand je n'en aurais plus… C'est-à-dire dans une semaine, grand maximum.

- Je… je ne comprends pas, dit-elle en réussissant tant bien que mal à contenir la colère qui bouillonnait en elle.

- Je ne vois pas ce que vous ne comprenez pas, dit-il énervé, je n'ai plus de Vicodin donc je vais avoir besoin d'une ordonnance et comme je ne peux pas m'en faire moi-même…

- Oui, ça je suis au courant. Et Cuddy et Wilson ? C'est eux qui vous en prescrivaient habituellement non ?

- Ils ne veulent plus m'en prescrire.

- C'est donc ça, dit-elle après un temps, ils ne veulent plus alors vous vous rabattez sur moi.

- Je…

- Je ne cautionnerai pas ça House, j'ai toujours été contre le fait que vous abusiez de ce médicament, j'ai toujours pensé qu'une cure serait la meilleure chose pour vous.

- Vous ne savez pas ce qui est bon pour moi, dit-il brutalement.

- Et vous visiblement, vous vous faîtes une mauvaise image de moi. Si vous croyez qu'il suffit de me ramener chez moi ce soir pour que j'accepte de vous faire une ordonnance, vous vous trompez lourdement.

- Je croyais simplement que durant toutes les années où vous avez travaillez avec moi, vous aviez compris à quel point je souffrais, et à quel point j'en avais besoin. Visiblement, vous n'aimez que l'idée des gens « cassés », pas les inconvénients.

- Vous êtes pathétique House. »

Elle lui lança un regard entre déception et colère avant de rejoindre son appartement. Alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la porte, elle entendit une moto vrombir et s'en aller dans la nuit à une vitesse folle. Elle secoua la tête de dépit et pénétra dans son appartement.