Voici le nouveau chapitre de « Let me know ». =)
Je m'excuse pour les longs mois d'absence. Je comprendrais très bien que certains aient « décrochés » après tout ce temps.
Je remercie d'avance les courageux qui vont poursuivre la lecture ^^ et je remercie aussi ceux qui m'ont poussé, d'une manière ou d'un autre, à m'y remettre. =)
A écouter avec Pink – Please don't leave me.
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"Vous avez une tête à faire peur, vous savez."
House se redressa, assit à son bureau et découvrit son interlocutrice, accoudée à la porte, les bras croisés.
« Cameron, dit-il dans une sorte de marmonnement doublé d'un soupir.
- Qu'est ce que vous cherchez ?
- Mon doudou, je crois l'avoir égaré ici, c'est un lapin avec une oreille en moins, dit-il d'un ton las mais néanmoins sarcastique. Qu'est ce que vous croyez que je cherche hein ?
- Il n'y a pas de Vicodin ici, il n'y en a apparemment plus chez vous et vous n'en aurez pas par un pharmacien. Je crois même que vous ne seriez pas assez stupide pour vous refaire une ordonnance par peur que l'histoire de Tritter se répète et…
- Je sais qu'il n'y a pas de Vicodin ici ! Je cherche quelque chose qui me soulagerait, n'importe quoi, quelque chose pour me faire mal même parce que vous ne pouvez pas savoir à quel point cette douleur est…
- House, je sais…
- Non vous ne savez pas, hurla-t-il, vous ne savez rien. Vous ne connaissez pas la douleur, vous n'avez rien vécu. Vous ne savez pas ce qu'on est capable de faire quand on souffre. Ou quand quelqu'un n'est même pas foutu de vous faire une ordonnance !
- Ne rejetez pas la faute sur moi, dit-elle les dents serrées.
- C'est pourtant de votre faute. Vous croyez savoir ce qui est bon pour moi, mais vous ne savez rien. Vous n'avez rien vécu.
- Arrêté, dit-elle tremblante en regardant ses pieds.
- C'est la vérité. »
La jeune fille releva la tête, tremblante de colère puis s'approcha de lui à grandes foulées. Elle se positionna en face du diagnosticien, assit sur sa chaise. Elle voulu dire quelque chose mais il la devança :
« Pourquoi vous vous approché ? Je semble encore plus détruit et plus en manque vu de près. Pourquoi regarder quelque chose que vous essayez tellement d'occulter ?
- Votre état ne me fait pas peur. Votre colère ne me fait pas peur.
- Vous êtes idiote, siffla-t-il.
- Vous êtes malade, reprit-elle calmement sans le quitter du regard. Rentrez chez vous. »
Il baissa la tête et cru qu'il ne pourrait jamais se redresser : son crâne semblait lui peser des tonnes. Sans la regarder, il souffla :
« Foutez le camps. »
Elle ne répondit rien. Ses bras appuyés sur les accoudoirs de la chaise de House tremblaient mais elle n'y prêta aucune attention.
Sur son bras nu, le souffle de House s'intensifia, elle sentit alors les battements de son cœur à elle s'amplifier dangereusement.
A cet instant, Cuddy passa la porte et se stoppa net devant la scène, les sourcils froncés.
« Je peux savoir ce qu'il se passe ? »
Cameron se retira lentement de cette drôle de position sous les yeux froids et haineux du diagnosticien. Ils se défièrent ainsi du regard de longues secondes avant qu'il ne réponde d'une voix rauque :
« Rien. Qu'est ce que vous voulez ?
- Je viens vous annoncer que vous faîtes désormais parti d'une cure.
- Et je vous redis que je n'irais pas.
- Vous irez.
- Sinon quoi ?
- Sinon je vous vire.
- Vous ne ferez pas ça, dit-il avec une lueur ironique subsistante dans ses yeux.
- Essayez, et vous verrez. »
La directrice le regarda avec pitié en secouant la tête avant de passer la porte suivit de Cameron.
Une fois sortie, la jeune fille ne put s'empêcher de regarder son patron à travers le vitrage mais Cuddy l'en dissuada :
« Dr Cameron, ne vous faîtes pas avoir. Vous êtes trop intelligente pour ça. »
Décidant de ne pas chercher à comprendre à quoi faisait allusion la directrice, la jeune femme se tourna vers elle et demanda d'une voix lasse :
« Vous vouliez me parler ?
- J'aurais besoin de votre aide.
- A propos de quoi ?
- A propos de House.
- J'en ai assez de House, marmonna-t-elle dans un soupire.
- Je l'ai inscrit dans une nouvelle thérapie qui consiste à soulager ses douleurs par l'eau.
- Franchement, vous voyez House à la piscine ?
- C'est là que j'ai besoin de votre aide. J'ai besoin de quelqu'un pour le… surveiller.
- Vous voulez que j'aille à la piscine avec House ? demanda-t-elle interloquée.
- Vous êtes la seule qui puisse le supporter. Je vous demande juste de l'accompagner, deux fois par semaine pendant une heure. Vous ne serez pas seule, il y aura un spécialiste compétant avec vous.
- Alors pourquoi devrais-je y allez ?
- Parce qu'il ne l'écoutera jamais. Vous, si.
- Il ne m'écoute pas.
- Il aime à vous faire penser que non, c'est tout, dit-elle dans un sourire. »
Cuddy s'approcha du bureau qu'elles avaient quitté quelques instants plus tôt, ouvrit la porte et s'écria à l'intention de House :
« Consultations. Maintenant. »
***
Cet après midi là, les urgences furent calmes. Cameron vagabonda entre son service et les paperasses administratives, profitant d'un peu de temps libre pour savoir comment se passait la cure auquel son ex-patron participerait ou du moins, devrait participer.
Passant près des consultations, la jeune médecin aperçue une femme sortir d'une salle de consultation l'air visiblement excédée.
« House » pensa-t-elle pour elle-même, un rien blasé, avant d'entrer dans la salle que la patiente venait de quitter.
« Que lui avez-vous dit ? demanda-t-elle au diagnosticien qui lui tournait le dos, assit sur la table d'examen.
- Qu'elle avait la syphilis.
- Et… ?
- Que c'était sûrement dû à son absence d'hygiène intime. Son mari à du abandonner et voir ailleurs. »
L'immunologiste échappa un petit rire puis s'exclama :
« Vous avez vraiment le truc pour exaspérer les gens !
- C'est pas un truc… c'est… un… don, dit-il à bout de souffle d'une voix éteinte.
- House ? appela-t-elle inquiète. »
Elle s'approcha du diagnosticien et le découvrit, recroquevillé sur lui-même, son visage à demi caché par ses bras.
« House, répéta-t-elle en saisissant son visage. »
Le manque se lisait partout sur son visage : de ses traits tirés, à ses cernes profondes, à ses yeux éteints. Sa main s'attarda sur sa nuque, baignée de sueur.
« Allongez vous. »
Celui-ci s'exécuta sans ronchonner, aider par la jeune fille. Elle déposa une compresse fraiche sur son front sans le quitter du regard. Il ferma les yeux au contact du linge sur sa peau brûlante.
« Laissez… moi. Je n'ai pas… besoin de… vous.
- House… dit-elle en humidifiant son visage.
- Je connais ça.
- Et qu'est ce qu'il y à faire ?
- Attendre, dit-il en plongeant son regard dans le sien, attendre. »
Ils restèrent de longues minutes sans dire un mot puis, sentant qu'il revenait un peu à lui, elle lui dit doucement :
« J'ai une super nouvelle à vous annoncer : on va bientôt allez barboter tous les deux.
- Quoi ? demanda-t-il la bouche pâteuse. »
Elle lui sourit, appliquant la compresse le long de son cou : quelque part, à défaut d'aimer le voir dans cet état, elle appréciait pouvoir lui parler sans crainte de recevoir un sarcasme en pleine figure. Paradoxalement et malgré son regard vide, il semblait être vraiment là, pleinement avec elle, sans masque et sans artifice :
« Cuddy vous a inscrit dans un programme hydrothermale, pour soulager votre jambe.
- Quelle chance, dit-il lasse mais ironique à la fois. Et vous allez m'accompagnez ?
- Il semblerait.
- Bien, dit-il à bout de force.
- Vous n'avez pas une petite remarque acerbe à faire sur mon prétendu maillot de bain non ?
- Je n'ai rien en réserve, désolé, murmura-t-il les yeux mis clos. »
Elle lui sourit une nouvelle fois puis posa la compresse sur son front, cessant à regret ses caresses déguisées sur son visage. La jeune femme plongea sa main dans sa poche et en extirpa une boîte qu'elle tendit au médecin :
« Tenez, c'est de l'Anexsia. C'est autorisé pendant votre thérapie, je me suis renseignée. Je sais que ça ne remplacera pas la Vicodin, mais ça peut vous soulager… un peu. »
Il la regarda furtivement en saisissant maladroitement la boite, sa bouche se tordant dans un rictus de gêne.
« Je dois y aller. Hum… prenez soin de vous. »
Alors qu'elle s'apprêtait à passer la porte, il l'appela :
« Cameron ?
- Oui ?
- Merci. »
Elle se retourna lentement vers lui et découvrit qu'il la scrutait étrangement :
« Il n'y a pas de quoi. »
Elle partit, troublée ; il laissa tomber sa tête sur la table, exténué.
