Chapitre III
"When you're weary
Feeling small
When tears are in your eyes
I will dry them all" *
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Quand je commence à sortir de ma transe, il est presque 2h du matin. Je sens les effets de l'alcool et de la drogue se dissiper quelque peu, la langueur prenant petit à petit le pas sur l'excitation et l'euphorie, bien que ressentant toujours une pointe de gaieté. Avachie sur un canapé du salon, la tête dans la main, le coude sur l'accoudoir, j'aperçois les hommes se rassembler autour de la table de la cuisine et commencer une partie de poker, un verre de scotch à la main. A moins qu'ils ne jouent au black jack ? Je me laisse bercer par les voix et les éclats de rires lointains. Je ne saurais dire combien de temps je reste là à rêvasser, car soudain je me rend compte que je suis seule dans cette grande pièce. La plupart des invités sont partis, sans doute à l'hôtel, tandis que les amis les plus proches restent je crois dormir dans les pièces vacantes de la maison. Je me lève doucement du canapé, pourtant O-si-confortable, et part rejoindre les hommes dans la cuisine. Mes pas sont lents et mes jambes tremblantes, sur mes talons hauts. Owen, Derek et Karev sont assis autour de la table, concentrés dans la partie. Mark, lui, se tient près du comptoir, un énorme cigare allumé à la main. Il m'aperçoit alors :
« Addie ! » s'écrie-t-il alors, me tirant par la main et m'attirant à coté de lui, m'embrassant la tempe.
« Qu'est ce que tu fais là toute seule ? T'es pas avec les autres filles ? » Je regarde alors autour de moi et réalise qu'effectivement, aucune femme n'est présente au rez-de-chaussée.
« Il faut croire que non… » Je lui répond, les paupières lourdes, la tête penchée sur son épaule.
« Tu veux pas aller avec elles ? » me dit-il doucement, me caressant les cheveux.
« Tu veux que je m'en aille ? » Je lance en rigolant, levant la tête pour le regarder.
« Bah… tu vois… j'ai peur que te tu sentes mal, avec toute cette testostérone… » il répond avec un sourire narquois. « Mais je suis sur que le club des vagins t'accueillera à bras ouverts ! »
J'éclate de rire. « Le club des vagins ? »
« Bah oui, les femmes quoi ! Je sais pas ce qu'elles sont parties traficoter, elles sont toutes parties là-haut il y a une demi-heure… »
Je lève un sourcil interrogateur, et il me sourit en haussant les épaules.
« Très bien… je vais rejoindre mes semblables alors… » Lui dis-je, en lui donnant un petit coup dans le bras.
« Sage décision ! » Je l'entends lancer derrière moi en riant, alors que je me dirige vers l'escalier.
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Une fois là haut, j'entend des éclats de voix venir de ma gauche. Le bruit semble venir de l'intérieur d'une chambre. Je pousse alors la porte, lentement, et je vois une demi douzaine de têtes se retourner vers moi.
« Addison ! Viens, entre ! Où t'étais ? »
« Euh… je… en bas… »
J'entre à petit pas dans la pièce, retirant mes chaussures sur le pas de la porte. A droite, sur le lit, Christina repose contre la tête de lit, les mains sur son ventre, tandis que près d'elle, sur le ventre, Meredith s'étant de tout son long, les pieds en l'air et une bouteille de Martini rouge entamée dans la main. Par terre, plus ou moins en cercle face à Meredith, sont assises Lexie, Callie et Arizona.
« Qu'est ce que vous faites ? » je demande, curieuse, avant de m'asseoir entre Callie et Arizona.
« Rien ! » s'exclame Lexie, comme embarrassée.
« Un truc de lycéennes… » rétorque Christina d'un air totalement blasé.
« On joue à 'J'ai jamais' » me glisse alors Callie à l'oreille, un sourire jusqu'aux oreilles. A voir leur visage, il semblerait que je ne sois pas la seule à avoir bien trop bu ce soir… Leurs yeux ne sont plus que des fentes et des sourires béat ornent leurs visages. Je comprends alors que je dois me trouver dans la même situation…
« Je crois pas avoir déjà joué à ce jeu… » j'avoue alors en haussant les épaules.
« Quoi ?!? Jamais, comme… Jamais ? »
« Impossible ! »
Leurs réactions me fait rire : « Si si je vous assure, je crois pas… »
« Ca existait peut-être pas encore à l'époque. » Dit Lexie sur un ton neutre, ne pensant pas vraiment à ce qu'elle dit. Tous les visages se retournent alors dans sa direction, estomaqués.
« Quel tact Mini Grey ! » lui lance alors Christina. « C'était très fin ça, comme commentaire… »
« Oh… je… je suis désolée… Je disais pas ça pour…je… Nan enfin, Addison t'es pas vieille, pas du tout, je… » tente-elle alors de se dépêtrer, comprenant ce qu'elle venait de dire.
« Lexie, Lexie ! C'est pas grave… je sais que tu voulais pas m'offusquer… t'inquiètes pas… »
« Bon, les règles sont simples… » coupe alors Callie, « Quelqu'un dit quelque chose qu'il n'a jamais fait de sa vie, comme euh… 'J'ai jamais été skier' ou je sais pas quelque chose comme ça… »
« Enfin, on essaye de trouver plus scabreux, quand même, comme question… » ajoute Meredith.
« Oui, bon, c'est un exemple ! Et donc, tous ceux qui ont déjà fait ça, donc le plus possible dans l'idéal, doivent boire un coup ! »
« Sauf moi ! Vive les joies de la maternité… » lance Christina sur un ton sarcastique, pointant son doigt vers son ventre rebondi.
« Bon, bon, c'était au tour d'Arizona… » s'exclame alors Lexie, et tous les visages, dont le mien, se retourne vers la blonde à ma droite.
« Hummm… » commence-t-elle, jouant avec son verre de Martini à côté d'elle. Soudain son visage s'illumine et elle annonce, comme fière de sa trouvaille : « Je n'ai jamais couché avec un homme ! »
Autour de moi, la pièce s'emplie alors de toute sorte de cri, allant du rire au trépignement, et je vois chacune d'entre elle boire une gorgée, devant la victoire cuisante d'Arizona sur cette question. Je prend alors moi-même le verre que Meredith vient de me remplir et avale une gorgée, quand soudain Christina demande :
« T'as jamais eu envie d'essayer ? Avec un mec ? »
Tous les regards se tournent alors vers elle. Moi la première la regarde avec stupéfaction. Voyant nos mines abasourdies et l'air circonspect d'Arizona, elle tente de s'expliquer :
« Enfin, je sais que tu es lesbienne et tout ça… mais je veux dire, on fait toujours tout un tintouin autour du pénis… t'aurais pu avoir été tentée, par curiosité… c'est tout… même sans forcément passer à l'acte… »
« Euh non, désolé Christina, mais non, la tentation n'a jamais été très intense ! » répond Arizona en riant.
« C'est sur, le pénis, ça fait vraiment pas tout… » ajoute alors Callie en grimaçant, prenant une deuxième gorgée.
« Ma mère disait toujours… » je déclare alors en souriant, mon verre à la main, « qu'il n'y a rien de tel qu'une femme pour en satisfaire une autre… » ce à quoi mes camarades répondent par un éclat de rire. « et il y a 2 ans et demi, j'ai appris qu'elle était lesbienne, ce qui au final, n'aurait pas du m'étonner plus que ça… »
« Bon Lexie, à ton tour… »
« Euh… j'ai jamais… embrassé de fille ? »
« De quels genres de baisers on parle là ? De contact entre les lèvres ou du fameux french kiss ? » demande alors Christina, levant les mains.
Alors qu'à côté, les filles débattent sur le type de baiser, je tourne le regard vers Arizona qui me sourit alors et lève son verre dans ma direction, avant de boire une gorgée. Je lui rend son sourire et l'imite alors, buvant à mon tour. Pas besoin en effet de suivre le débat pour savoir que je devrai boire, quelle qu'en soit l'issue… A ma gauche Callie boit elle aussi, suivie de Meredith, sur le lit, et enfin de Christina.
« Vous avez toutes déjà embrassé une fille ? » demande alors Lexie, ouvrant un peu plus grand ses yeux naïfs.
« Lexie ! Tout le monde le fait au moins une fois dans sa vie ! » lui répond Meredith, à la fois blasée et amusée. « Tiens, Arizona, t'as déjà embrassé un mec ? »
« Affirmatif. »
« Et bah voila. Tu vois ? »
« Faut qu'on lui trouve une fille ! » lance alors Christina.
« Hein ? Quoi ?! » s'écrie Lexie, la peur clairement visible sur son visage, et sa réaction entraînant le rire de toutes les autres.
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Au fil des tours et des questions, l'ambiance dans la pièce s'adoucit . Si à 2h, la maison me semblait peu à peu sombrer vers l'apathie, à maintenant 3h passées, les esprits semblent flotter entre deux états indescriptibles. Ma vision est de nouveau plus trouble à cause du Martini et je ne peux m'empêcher de sourire, sans parfois même savoir pourquoi. Ma veste noire a depuis longtemps été jetée en tas près du lit, et ma position assise du début a cédé place à un étalement assez incertain. Callie, Arizona et moi ne formons plus à présent qu'un amas de corps entremêlés. Je repose mon poids en arrière, sur Callie, elle adossée contre le mur, tandis qu'Arizona a trouvé une position allongée, recroquevillée, la tête sur mes genoux.
Sans y penser, ma main se ballade dans ses cheveux, tantôt les coiffant avec les doigts, tantôt effleurant son cuir chevelu, dessinant des formes abstraites. Je pourrais rester comme ça une éternité. Je ne saurais dire depuis combien de temps je n'ai pas ressenti une telle plénitude, blottie ainsi, mon corps s'épanouissant de ce contact rare. Un contact doux, rassurant. Un contact que j'avais longtemps oublié, seule, dans ma grande maison de Los Angeles. Cette grande maison vide et froide, je la retrouverais dès demain. Je ne peux m'empêcher de rire amèrement . Il fait toujours beau et chaud à L.A. Mais pourtant, c'est ici au Nord que je trouve finalement la vraie chaleur, la plus importante, celle des êtres chers.
Mon état de plénitude s'évapore aussitôt, dès l'apparition de ces pensées. Un frisson me parcourt le dos à la simple idée de quitter cet endroit demain et je sens que l'alcool ne fait qu'accentuer cette déprime passagère. L'idée de retrouver une maison vide me glace le sang. C'est pourtant ce que je fais presque tous les jours, sans me poser de question, ni que ça ne me pose en soit de problème. Mais ce soir, cette image m'est simplement insupportable et m'en retourne presque l'estomac. Je me lève alors un peu précipitamment, attirant vers moi les regards intrigués d'Arizona et de Callie, et tachant de la jouer décontractée, cachant tant bien que mal mon émotion, je sors de la chambre et arpente le couloir à la recherche d'une salle de bain.
Une fois à l'intérieur, j'ouvre les robinets et me passe brièvement de l'eau sur le visage afin de reprendre mes esprits. Je lève alors la tête et me regarde dans le miroir, blême, déconfite. Je vois des rides, je vois des joues creuses, je vois des yeux vides, qui ont perdu tout leur éclat. Je vois une femme triste et seule, et apeurée. C'est alors que je ne plus les retenir, les larmes. Elles coulent ; une sur ma pommette, une autre se faufile au creux de mon nez, une autre encore vient mourir sur mes lèvres. Mon front se contracte alors que je tente de réprimer un sanglot, en vain. Je ferme les yeux, une main posée sur ma bouche tandis que l'autre me supporte comme elle peut, appuyée sur le meuble de la salle de bain. Et je pleure, je pleure ce qui me semble être toutes les larmes de mon corps, quelques minutes, une éternité.
C'est alors que j'entend la porte s'ouvrir derrière moi, et une petite voix dire précipitamment :
« Oh désolée, c'était ouvert… Excuse-moi. »
Avant qu'elle n'ait le temps de s'en aller, je me retourne brièvement et mon regard se pose sur Arizona, qui s'aperçoit alors de mon état.
« Addison, est-ce que ça va ? » demande-t-elle, l'air visiblement concernée.
D'un geste de la main, j'essuie les larmes qui ruissèlent sur mon visage et tente de sauver le peu de maquillage qui doit me rester. Je fais oui de la tête, sans rien dire, avant de rire de mon geste. Bien sur que non, ça ne va pas. Vu mon état, inutile d'essayer de le lui cacher. Je secoue alors la tête, les yeux tournés vers le sol, alors qu'elle pousse la porte et la ferme derrière elle. Elle approche d'un pas, puis s'arrête, et me regardant droit dans les yeux, me répète la question, silencieusement cette fois. Je respire profondément, essayant de me calmer, avant de prendre la parole. Je lève les yeux aux ciel, en souriant malgré moi, l'alcool s'apprêtant à me faire me confier avec bien plus d'aisance que je n'aurai pu le faire en toute autre circonstance :
« Je… je me sens… mal. Je me sens seule, et de vous voir tous ici ce soir, ça me fait tellement plaisir… et en même temps, ça me rappelle que ma vie ne rime à rien et que je dépéris un peu plus chaque jour dans ce corps qui dépérit lui aussi… » je parviens à dire, sans pouvoir retenir les sanglots dans ma voix.
Je garde les yeux rivés vers le sol, honteuse, jusqu'à ce que je sente sa main soulever mon menton et je la vois me regarder droit dans les yeux, les siens pleins de compassion. C'est alors que sans dire un mot, elle me prend le visage entre ses deux mains et m'embrasse. Je me sens fondre dans ce contact retrouvé. Sa main descend dans ma nuque, et si c'est possible, sa bouche se presse encore davantage contre la mienne tandis que nos corps se rapprochent jusqu'à combler tout espace. Si le baiser partagé dans le jardin était lent et doux, celui-ci est plus rapide, plus intense, presque désespéré. Mes mains trouvent repos sur ses hanches, sa taille, puis son dos, et je l'attire un peu plus près encore, comme par besoin de la sentir toute entière contre moi. Pendant ces quelques instants, toutes mes pensées s'envolent et je ne réfléchis plus à rien. Je ne sens plus rien à part ses lèvres sur les miennes, sa langue contre la mienne, son corps serré contre moi. Bientôt, l'air vient à nous manquer et c'est presque avec regret que je la vois se reculer, le rose aux joues, les lèvres entre-ouvertes et encore rouges de cet échange. Je reprends mes esprits, mes mains de nouveau agrippées à la commode comme pour me retenir de la chute. Je lève les yeux vers elle et lui sourit. Chuchotant presque, je demande :
« Et ça c'était pour quoi ? »
Elle se rapproche alors légèrement, et posant une main sur la mienne, me répond, avec une extrême douceur dans les yeux et dans la voix :
« Pour que tu ne te sentes pas seule. Pour que tu te sentes aimée, et désirée. Parce que ta vie ne rime pas à rien. Parce que tu ne dépérie pas, mais que tu es magnifique. »
A cet instant précis et pour la première fois depuis des mois, et peut-être même des années, j'ai le sentiment d'être quelqu'un, d'être Addison et non la coquille vide de moi-même. Je reste à la regarder, sans voix, longtemps après qu'elle ait prononcé ces mots ; sa présence agissant comme un bouclier, son regard me ramenant à la vie. Au bout d'un moment, elle me sourit alors et serre un bref instant la main qu'elle tenait, avant se reculer et de se diriger vers la porte. Sans réfléchir une seule seconde, je l'attrape par le poignet et la retiens. Elle me regarde alors étonnée, un sourcil levé. Je baisse les yeux, puis le regarde à nouveau, et tout bas, je lui glisse alors :
« Et si j'ai envie de me sentir aimée et désirée, encore un peu ? »
Je vois sa bouche s'entrouvrir, comme pour parler, mais rien ne sort. Je la tire doucement vers moi jusqu'à ce que quelques centimètres seulement nous séparent. Elle me regarde d'un air que je ne saurais déchiffrer. Doucement, et d'un geste plutôt incertain, je vois sa main se lever et remettre une mèche de cheveux derrière mon oreille. Puis son visage s'approche et je ferme les yeux, mes lèvres s'apprêtant à accueillir son baiser. Cependant, je suis surprise de trouver au lieu de cela ses lèvres effleurer mon cou, et je penche alors la tête du côté opposé, toujours les yeux fermés. Ses lèvres se déplacent et déposent de petits baisers furtifs ça et là. Enivrée par la sensation, mes mains viennent se poser dans ses cheveux et autour de son cou. Elle remonte doucement, déposant de nouveaux baisers le long de ma mâchoire, puis sur ma joue, et impatiente, je détourne la tête, mes lèvres cherchant les siennes. Je ne sais si c'est l'alcool, le contexte ou juste cette femme, mais mon désir est tel que mon corps semble en vouloir toujours plus. Mon bras s'enroule autour de sa taille et la rapproche encore davantage contre moi, et je la sens soupirer contre mes lèvres. Comprenant l'effet que j'ai sur elle, au moins aussi fort que celui qu'elle a sur moi, je me découvre l'audace de la faire reculer, sans jamais rompre le baiser, et de la plaquer sans heurt contre le mur d'en face, suscitant un gémissement de sa part. Le baiser s'intensifie alors encore davantage, et ses mains entremêlées dans mes cheveux descendent doucement, effleurant mes seins avant de se poser sur mes hanches, les attirant contre elle avec force. Alors que mes lèvres s'agitent avec frénésie contre les siennes, je sens soudain sa cuisse se frayer un chemin entre les miennes. Le contact me prend par surprise et j'expire alors bruyamment, ayant le souffle momentanément coupé, tandis qu'elle saisit l'occasion pour reporter son attention à nouveau sur mon cou, avec plus de passion cette fois. Je suffoque, les yeux fixant brièvement le plafond avant de se refermer, alors que je sens sa langue et ses dents faire des merveilles contre ma clavicule. De la main, je relève son menton et l'embrasse à nouveau, presque par nécessité.
Petit à petit, nos mouvement ralentissent et nos respirations reprennent un rythme presque normal. Bientôt, nos bouches semblent agir presque au ralenti, en symbiose totale. Quand nos lèvres se séparent enfin, nous restons immobiles, les yeux fermés, comme épuisées. Je sens son souffle contre chaud contre ma joue et la sert alors contre moi, posant ma tête sur son épaule. Je garde encore une fois les yeux fermés, profitant de cet échange tendre et rassurant, bercée par son parfum et les douces caresses dans mon dos. Lorsque je dessert enfin notre étreinte, je recule de quelques pas et tente de reprendre mes esprits, passant une main dans mes cheveux. Je lève les yeux vers elle et la vois toujours adossée contre le mur, me regardant. Elle ne dit rien et je ne dis rien. Je serais bien incapable de dire quoi que ce soit. A quoi bon ? Même au plus profond de moi-même, je ne sais ce que je ressens à l'instant. Toujours sans rien dire, je la vois se diriger alors lentement vers la porte. Une fois la main sur la poignée, elle se retourne alors une dernière fois vers moi et me dit tout bas, avec un sourire :
« Je serai en bas. »
Elle me laisse alors seule dans la salle de bain. Seule, perdue dans mes pensées. Je m'assied sur le rebords de la baignoire et regarde en face de moi, les yeux vides. A cet instant précis, je ne sais plus où j'en suis. Tout ce dont je suis sure, c'est que toute cette mélancolie, à cet instant précis, s'est tout bonnement envolée…
* citation : Bridge over troubled waters, by Simon and Garfunkel
