Bon, ce chapitre arrive dans la foulée (mais ne vous attendez pas à autant de ponctualité à chaque fois ^^) et il est plus court que les autres, mais bon j'espère que vous apprécierez quand même. Ce chapitre clôt la 1ere partie de cette fanfic MAIS la 2ème partie est en route (les 2 parties se distinguant par le lieu et la date de l'histoire, mais la 2eme partie n'est que la suite cette histoire, pas d'inquiétude...). Bref, à bientôt et ENJOY ! :)
Chapitre V
"Bye bye love,
Bye bye sweet caress
Hello emptiness,
I feel like I could die" *
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Je me réveille avec une boule au ventre ce matin là. Non pas parce que j'ai passé la nuit et failli faire l'amour avec une femme que je connais à peine, non ; parce que aujourd'hui, je rentre à L.A. J'entrouvre un œil et un jet de lumière m'éblouit à travers les stores. J'étends le bras, espérant y trouver la forme endormie d'Arizona, mais à la place, je ne trouve qu'un espace vide et froid. Mon poing sert les draps qu'il y trouve, et je soupire un grand coup. Tout est déjà terminé. La soirée d'hier soir me semble si lointaine. Comme un rêve. J'ai même du mal à savoir si tout s'est réellement passé. Ma tête est lourde de l'alcool ingurgité la veille et du manque de sommeil. Les souvenirs sont troubles, et je me concentre pour les faire resurgir plus distinctement. Je me souviens de la cigarette partagé avec Arizona, de notre premier baiser ; de la course dans le jardin avec Callie et Mark ; de la fête, de la danse ; du « j'ai jamais » ; du deuxième baiser… Mes pensées s'attardent sur ce souvenir. Puis je repense à notre conversation dans le lit, de cette intimité partagée, de son corps contre le mien. C'est si clair dans ma tête et pourtant si loin.
Je me redresse et m'assieds sur le lit, en me frottant les yeux. La pièce est vide. Les affaires d'Arizona ont disparu et seuls mes vêtements sont présents, éparpillés sur le sol près du lit. Une vague d'angoisse monte alors en moi. Aurait-elle pu déjà quitter la maison ? Je me précipite hors du lit, presque vacillante, retire le T-shirt de Mark à toute vitesse et enfile les 1ers habits qui me tombent sous la main. Je ne prend même pas la peine de changer de sous-vêtements… Je quitte la chambre, traverse le couloir, et fonce en bas, descendant quatre à quatre les escaliers. Vu de l'extérieur je dois avoir l'air ridicule, mais je m'en fiche. Une fois en bas, je traverse le salon et suis les voix qui me guident vers la terrasse. Je débarque dans le jardin et tous les visages se tournent vers moi, curieux, étonnés. Le soulagement que je ressens en voyant Arizona déjeuner à la table est indescriptible.
« Addison, ça va ? » demande Mark, « pas la peine de courir comme ça, il va te rester de quoi manger ! » me lance-t-il en plaisantant. Je fais mine de rire avec lui et m'assied sur une chaise vide, entre lui et Christina, en faisant bonjour de la main au reste de la table. Christina ne dit rien et me regarde d'un œil interrogateur, puis replonge la tête dans sa tasse remplie de café. Presque en face de moi se trouve Arizona. Je croise son regard et lui sourit, et celui qu'elle me rend n'atteint pas vraiment ses yeux. Son visage n'a pas son éclat habituel et ses traits font tirés, fatigués. Au fond de moi, je sens que ce n'est pas à cause du manque de sommeil…
« Café, Thé, Jus de fruit ? » me demande Mark, alors que la table reprend leur conversation là où ils l'avaient laissé.
« Du thé, je veux bien, merci. »
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Le reste du petit-déjeuner se passe paisiblement, alors que le soleil monte de plus en plus haut dans le ciel. De temps en temps, je jette des regards furtifs en direction d'Arizona, mais c'est comme si elle évitait de me regarder. Je vois bien qu'elle n'essaie pas de suivre la conversation non plus. Elle passe le déjeuner les yeux baissés ou dans le vague, le regard vide, une expression indéchiffrable sur le visage. Il est presque 13h lorsque nous quittons la table, et que chacun part rassembler ses affaires. Je prends une douche rapide, et monte faire ma valise. Alors que je ressors de la chambre 20minutes plus tard, je la croise en coup de vent dans le couloir. Elle me sourit brièvement mais ne s'attarde pas, et n'engage pas la conversation. Je sens qu'elle tente de se protéger, et que c'est la meilleur chose à faire pour nous deux, mais cela parvient quand même à me fendre le cœur. Je la vois se détourner et descendre les escaliers, les épaules abaissées, comme abattue. Je m'appuie contre le mur du couloir un moment. Je ne sais que faire, que penser. Je suis comme dépitée, et vu son comportement, il est clair qu'elle doit l'être aussi. Tout ce que je sais, c'est que je voudrais la prendre dans mes bras, encore un peu, avant de partir. Cela de mène à rien, mais tant pis, je voudrais pouvoir profiter des derniers instants ici.
Je descend en bas avec ma valise. Mon avion décolle dans 3h. Il est vraiment temps que j'appelle un taxi pour m'amener à l'aéroport. Quelque minutes plus tard, je commence à dire au revoir à tout le monde, et en particulier à mes hôtes. Après Lexie, c'est au tour de Mark :
« Tu vas me manquer Mark… Merci de m'avoir invité j'ai passé une super soirée… » je lui dis en le serrant dans mes bras.
« Je risque de passer à Los Angeles d'ici la fin de l'année pour un congrès de chirurgie plastique, je t'appellerai d'accord ? »
« T'as intérêt ! » je lui dis en rigolant, et je dessers mon étreinte. J'ai les yeux humides. Je ne dis pas adieu, c'est sur, mais c'est plus fort que moi : je déteste les au revoir, quels qu'ils soient, et en particulier aujourd'hui. Je dis ensuite au revoir à Meredith et Derek, Owen et Christina, et enfin à Karev. Arizona n'est pas là. Je ne sais pas où elle est. Je prends sur moi et fais comme si de rien n'était et me dirige vers la porte. C'est alors que par la fenêtre du salon, je la vois dehors, devant la maison, assise sur les marches du perron et fumant une cigarette.
J'ouvre la porte, tirant mon sac derrière moi, et la referme. Le bruit l'alerte et je la vois tourner la tête de mon côté. Elle me sourit, en silence, et ses yeux sont brillants, comme si elle avait ou était sur le point de pleurer. Attendant toujours le taxi, je m'assied près d'elle, toujours sans rien dire.
« Tu fumes encore… » je lui dis au bout d'un moment, en repensant à la scène de la veille. Je la vois rigoler alors et me dire, la voix quelque peu tremblante :
« Je sais, mais je déteste les au revoir… alors je fume, pour compenser… »
En quelques minutes, la cigarette est finie et elle écrase son mégot dans un pot près des marches. Elle reste assise près de moi, les yeux baissés, les mains sans repos.
« Tu rentres sur Seattle avec les autres ? » je lui demande, pour meubler la conversation.
« Oui, c'est Alex qui me ramène. » Alex. Entendre son prénom me fait bizarre. C'est vrai que certains le connaissent plus qu'en tant que simple ex-interne. Pour moi, il restera toujours Karev. Elle n'a vraiment pas l'air décidé à dire quoi que ce soit, et le silence reprend, plus fort, plus déchirant encore qu'auparavant. La peine que j'ai à la voir ainsi près de moi est telle que sans réfléchir, je prends sa main dans la mienne et la voit sourire faiblement à ce geste, toujours le regard vide et baissé, évitant tout contact avec le mien. Une fois de plus, je sens le bout de ses doigts froids contre ma paume, et je ne peux m'empêcher de sourire un peu plus en repensant à hier soir.
« Tu vas me manquer. » finit-elle enfin par dire, en relevant la tête, et ce que je vois alors dans son regard n'est rien d'autre que de la tristesse. Je sens alors une boule dans ma gorge et je parvient à répondre, en chuchotant tant bien que mal :
« Toi aussi. »
Je m'approche un peu plus et ouvre les bras, et elle passe les siens autour de mon cou, me serrant fort contre elle. Nous restons ainsi longtemps, et j'en profite pour caresser une dernière fois ses cheveux blonds, respirer une dernière fois son parfum, ressentir une dernière fois la chaleur de son corps contre le mien. Nous sommes interrompues par le bruit de moteur qui s'approche, alors que le taxi se gare près de la maison. Elle enlève alors ses bras, et nous nous relevons toutes les deux. J'agrippe mon sac de voyage et commence à avancer dans l'allée vers la voiture, Arizona à mes côtés. Je pose mon sac à l'arrière et reste un moment immobile près de la portière. Je relève la tête et la vois me regarder. Je ne sais que dire, et apparemment, c'est la même chose pour elle. A quoi bon dire tout ce qu'on a à dire, dans un moment pareil ? Elle prend pourtant la parole :
« Je crois que c'est le moment où il faut dire au revoir. » dit-elle sur un ton plein de sarcasme. Je ne répond rien. Au lieu de ça, je fais un pas vers elle et dépose un baiser sur ses lèvres. Un baiser chaste et court, même si mes lèvres s'attardent un peu plus qu'elles ne devraient. Lorsque je rouvre les yeux, les siens sont encore fermés. Elle les ouvre elle-même quelques secondes plus tard et me regarde, l'air blême, sans même faire semblant de sourire.
« Rentre bien. » Je luis dis simplement avant de monter dans le taxi et fermer la porte. Par la fenêtre tintée, je la vois rester là un moment, puis finalement rebrousser chemin et retourner vers la maison à pas lents, presque chancelants.
Alors que le taxi démarre, je jette un dernier coup d'œil dans sa direction et la voit suivre des yeux le taxi qui s'en va. Alors qu'à la radio, une vieille chanson des Bee Gees commence, je ne peux retenir une larme solitaire qui suit son chemin le long de ma joue et vient mourir sur mes lèvres. Ce que je ne sais pas cependant, c'est qu'à ce même instant, sa sœur jumelle suit on chemin le long de la joue d'Arizona…
(A suivre…)
* citation : Bye Bye Love, by Simon and Garfunkel
