J'espère que ce chapitre vous plaira, je pense qu'il a le potentiel pour. Je vais pas m'attarder, juste merci encore pour tous les supers commentaires ! Enjoy :)
Chapitre VII
"And so you see I have come to doubt
All that I once held as true
I stand alone without beliefs
The only truth I know is you." *
Je rayonne. Mon soulagement est incommensurable alors que je sors du bloc opératoire en cette deuxième journée à Seattle. Tout s'est bien passé et cette opération sera la dernière. A présent changée, alors que je m'apprête à aller fêter ça chez Joe avec quiconque pourra s'y trouver, je manque de tomber lorsqu'en tournant pour aller vers l'ascenseur je rentre dans un interne. Ma joie est telle, cependant, que je n'en ressens aucune irritation Je m'excuse un milliard de fois, m'accroupissant comme je le peux malgré ma jupe et mes talons, alors que je l'aide à ramasser la pile de dossiers qu'il portait. Je me relève, un peu honteuse en lui rendant les derniers ramassés, et lui souris, avant de le voir continuer son chemin tout penaud. C'est alors qu'au bureau des infirmières, j'aperçois Arizona, un grand sourire aux lèvres, se moquant probablement de moi face à la scène à laquelle elle vient d'assister. Je m'avance vers elle, contente que le repas de la veille ait considérablement réduit la tension subsistant entre nous.
« Rester sur ses talons après un choc pareil, la grande classe ! » me lance-t-elle avec un sourire narquois alors que je vient m'accouder au bureau à côté d'elle.
Je rougis un peu du fait qu'elle ait pu être témoin de cela.
« T'as l'air heureuse, ton opération s'est bien passée ? » me demande-t-elle, alors que j'arbore mon plus beau sourire.
« Très. Tout le monde est sain et sauf, et il y aura pas besoin d'une autre opération. » Je lui réponds, fière de mon accomplissement.
« C'est génial ! Tu vas fêter ça ?! » me dit-elle, les yeux plein d'éclat.
« Oui, j'allais chez Joe là, justement… » je lui lance, en ajoutant « Tu, tu finis dans longtemps ? »
« Ouais, j'en ai bien pour deux bonnes heures encore… »
Je ne peux m'empêcher d'être déçue, d'autant plus quand je pense que je n'aurai peut-être plus l'occasion de la revoir d'ici mon départ. Cependant, c'était mal connaître Arizona Robbins :
« Mais viens fêter ça à la maison après si tu veux ? » elle me lance d'un ton assez peu assuré, plus sous la forme d'une question que d'une proposition.
« Je pourrais cuisiner ! Ou nan, peut-être pas… je suis assez mauvaise dans ce domaine… » je la vois enchaîner à tous vitesse, en balbutiant, presque comme parlant à elle-même. Je ne peux m'empêcher de trouver ça adorable.
« Je commanderai un truc… comme du Chinois ? »
Elle s'arrête enfin et semble attendre une réponse, une moue sérieuse sur la visage, son regard plongé dans le mien. Je ne peux m'empêcher de sourire à nouveau.
« Super. » Je réponds tout simplement. Si après l'opération réussie, j'avais songé un moment à avancer mon départ à ce soir, ces nouveaux plans viennent changer la donne. Je partirai demain en fin d'après-midi, comme prévu.
« Génial. 20h30 ? Chez moi ? »
Je hoche la tête en signe de contentement.
« C'est le même immeuble qu'hier, comme tu sais… L'appartement 409 au 4ème. Tu t'en souviendras ? »
« Oui, m'dame. » je lui dis en rigolant. Oui, je suis capable de retenir 3 petits chiffres…
« Génial. A tout à l'heure ! et Bonjour à Joe ! » me dit elle à reculons alors qu'elle part dans la direction opposée, un sourire radieux sur le visage.
17h50. Les 2h et 40 prochaines minutes seront sans doute les plus longues de toutes ma vie…
Il est 20h42 quand j'arrive devant l'immeuble, une bouteille de champagne à la main. J'expire un grand coup avant de pousser la porte et faire mon chemin jusqu'à l'ascenseur. Un ding léger m'annonce que je suis arrivée à destination, et alors que j'avance dans le couloir du 4ème étage, je réalise que le numéro d'appartement m'est complètement sorti de la tête. Malin, très malin. J'avais apparemment sous-estimé 3 petits chiffres. Brillant, Addison. Je l'appelle sur mon portable, et rapidement, elle décroche.
« Addison ? » j'entend à l'autre bout du fil. Je sens une pointe d'anxiété dans sa voix. Elle croit peut-être que j'ai un empêchement…
« Hey, Arizona… désolé, je vais avoir l'air stupide mais, tu sais où je me trouve ? »
« Non… ? » sa voix est toujours inquiète.
« Au 4ème étage de ton immeuble. Je suis apparemment incapable de retenir un numéro, je suis désolée… » je lui dis en rigolant, et je l'entend rire aussi à travers le combiné.
« Ne bouge pas je viens te chercher… » répond-t-elle avec humour, et je peux rien qu'à sa voix imaginer un grand et magnifique sourire sur son visage.
A peine une minute plus tard, je la vois en effet apparaître un grand sourire aux lèvres, au bout de couloir. Elle avance vers moi alors que je progresse moi-même dans sa direction. Je distingue de plus en plus sa petite silhouette, vêtue d'une robe noire arrivant mi cuisse. Sexy, définitivement. S'est-elle mise sur son 31 pour moi ? Je n'ai personnellement même pas eu le temps de me changer ni de repasser au Archfield après chez Joe. J'ai juste pris le temps d'aller à la supérette du coin et de leur acheter leur meilleur champagne (pas qu'il soit hors de prix, ça reste le meilleur d'une supérette…)
« Alors, on est perdue ? » me lance-t-elle moqueuse, comme à un enfant, ce à quoi je répond en tirant la langue. Je sais, pas vraiment un moyen d'effacer le côté puéril de la situation…
Lorsque j'arrive à sa hauteur, je lui tend la bouteille de champagne.
« Pour fêter ça ! » lui dis-je avec un sourire satisfait. Mes yeux s'attardent un instant sur son décolleté, lui aussi mis en valeur dans cette robe. Depuis quand est-ce que je regarde les seins, moi ? Elle s'avance pour me faire la bise, et une fois de plus je profite un instant du parfum à la fois fleuri et entêtant qui parvient jusqu'à moi. Je crois qu'il en faudrait peu pour qu'il devienne une addiction…
Je ne suis pas déçue lorsque j'entre dans son appartement. Il est configuré exactement comme celui de Callie, mais le reste n'a vraiment rien à voir. La pièce principale est plus lumineuse. Les murs sont blancs, tout comme les canapés, mais toute la pièce est ponctuée de touches de couleur, des coussins, aux tapis, en passant par les rideaux. Alors que je retire mon manteau en scannant la pièce autour de moi, mon regard s'arrête sur le mur de droite où une multitude de dessins d'enfants est affichée. Probablement des dessins de ses patients.
« Je pensais les mettre dans mon bureau à l'hôpital, mais Teddy trouvait ça funky ici alors… »
« Oui, c'est adorable… » je réponds, les yeux rivés sur un dessin représentant un personnage aux cheveux très jaune, avec un grand sourire et des rollers, le tout entouré d'un cœur. « Ils doivent vraiment t'adorer… »
Je la vois rougir, alors qu'elle pose deux flûtes à champagne sur le comptoir et fais sauter le bouchon sans heurt. Elle me tend une flûte rempli avant de faire de même, et levant son verre, elle déclare avec un petit sourire malicieux :
« Au brillant chirurgien que tu es… »
[…]
« J'ai bien commandé chinois comme prévu. Ou vietnamien d'ailleurs, enfin, asiatique quoi… je t'aurai bien cuisiner quelque chose, mais à part les pâtes et la soupe en sachet je sais pas faire grand-chose… »
Je rigole à sa remarque. Mais bon, ce n'est pas comme si j'étais moi-même le genre à faire des petits plats ou passer ma vies derrière les fourneaux…
« Tu pourras demander à Teddy, je suis une vraie calamité, pire qu'une ado… »
« Ah oui ? Tu pars manger ton bol de céréales devant ton ordinateur ? » je lui demande en plaisantant, m'étirant pour atteindre le bol de cacahuètes, avant de revenir à ma place sur le canapé.
« Presque… » Je la vois rigoler en apportant deux boîtes contenant probablement le repas de ce soir, et les poser sur la table basse du salon.
« En parlant de Teddy, elle est pas là ? » je lui demande, avec l'espoir que la coloc' ne vienne pas gâcher ce tête à tête.
« De garde. Toute la nuit. »
« Oh, ok… » je réponds mine de rien, mais au fond soulagée. Cependant, je ne sais toujours pas si le comportement d'Arizona est purement amical ou non. Connaissant nos antécédents, quelqu'un voulant être juste 'amies' aurait-elle invité l'autre personne seule ? En même temps, cela fait 2mois, nos vies ont avancé, nous sommes deux adultes sans doute capable de nous comporter en femmes civilisées et non pas en ados en rut -sans doute étant ici le mot clé.
La soirée se déroule à merveille. Après avoir épuisé les ragots de Seattle et avoir liquidé la bouteille de champagne, je l'écoute avec plaisir m'en apprendre plus sur elle, sur sa famille au Texas, et même la mort de son frère. Je suis agréablement surprise et fière qu'elle m'ait considéré suffisamment proche pour en parler avec moi. Je lui raconte à mon tour –et non sans humour- mes déboires familiaux, faisant le tour des Montgomery avec Archer 'le connard infidèle', le Capitaine ou 'coureur de jupons' et Bizzy, secrètement amoureuse de la femme qui travaille aux services de mes parents depuis plus de 20ans. Nous sommes assises près l'une de l'autre alors que nous racontons les détails plus ou moins risibles de nos vies, et l'alcool aidant, chacune d'entre nous apparaît de plus en plus à l'aise. Tout le long de la conversation, je ne peux cependant m'empêcher de la dévisager avec plus d'insistance qu'il ne faudrait, alors que chaque infime parcelle de son corps semble m'attirer à elle comme un aimant. Elle est si belle ce soir dans cette robe, c'en est presque insupportable. A plusieurs occasions, je crois voir ses yeux s'attarder aussi sur moi, son regard se détourner timidement lorsque nous nous regardons trop longtemps, ce même regard se déporter sur mes lèvres, un bref instant…
Au milieu de la soirée, je m'excuse aux toilettes pour me soulager un peu de cet alcool assez largement ingurgité. Lorsque je ressors de la salle de bain, je l'aperçois dans le coin cuisine en train de ranger je ne sais quoi. Je m'y dirige alors et m'approche pour l'aider à remettre les ustensiles rincés à leur place.
« Arrête, t'as pas à faire ça… » me dit-elle en me poussant d'un petit coup d'épaule.
« Si si, laisse moi… » je la repousse de la même façon en remettant une flûte sur l'étagère.
« Mais ! T'es pénible, va donc t'asseoir tranquillement et laisse moi finir ! » me dit-elle en rigolant toujours alors que chacune de nous se bat pour garder sa place. Alors qu'elle joue de l'épaule, je lui agrippe les poignets et parviens malgré moi à la retourner contre le plan de travail, face à moi. J'entends son souffle se couper soudainement, faisant écho au mien. Je suis tétanisée. Elle est si près, beaucoup trop près. Mon corps est pressé contre le sien, la maintenant bloquée contre le meuble, et je tiens toujours fermement ses poignets à la hauteur de nos épaules. Nos regards sont plongés l'un dans l'autre, fixes et intenses, et sans réfléchir je me penche et l'embrasse. Si je la sens réciproquer brièvement, mais vite elle se tend contre moi et soudainement elle me repousse par les épaules. Ce baiser se sera terminé aussi vite qu'il avait commencé…
« Addison, qu'est ce que tu fais … » Ses yeux sont baissés et elle se détache de mon emprise. Ces paroles m'abattent, mais je sais que j'ai mal agis, je sais qu'ici le cœur est allé trop loin et l'a emporté sur la raison.
Je la vois faire les cent pas en se passant la main dans les cheveux, le regard toujours baissé.
« Je, je suis désolée… » je parviens à dire en balbutiant.
« Addison tu peux pas faire ça ! Tu peux pas ! » me coupe-t-elle sur un ton énervé, ses yeux à présent droit dans les miens, reflétant de la colère et je ne sais quoi…
« Tu peux pas venir à Seattle et m'embrasser en présumant que je suis libre ou que je serai partante ou juste que ça me dérangera pas ! Je veux pas être un jouet qu' on utilise faute de mieux, que l'on prend pour se distraire occasionnellement quand il est là, une à deux fois par an ! »
Son discours me laisse sans voix. J'ai la bouche légèrement ouverte, prête à répondre quelque chose, mais rien ne sort. Je ne l'ai jamais vu comme ça et je reste pétrifiée devant elle, alors que le ton monte de plus en plus.
« Parce que… parce que je suis pas un jouet ! » dit-elle alors que sa voix se brise et que je vois les larmes embuer ses grands yeux bleus. « J'ai des sentiments ! Tu peux pas m'embrasser et repartir comme si de rien n'était quand ça te chante, parce que je tiens à toi, et je m'attache ! » les larmes coulent à présent, et je sens les larmes monter aussi de mon côté devant ce spectacle qui me brise le cœur.
« J'ai eu un mal de chien à passer à autre chose après cet été chez Mark, et t'as pas le droit, t'as pas le droit de venir me faire ça pour que je retourne au point de départ ! » dit-elle d'une voix sanglotante, alors que je retiens toujours mes larmes.
« Bordel ! Pourquoi est-ce que tu peux pas juste agir en amie rien qu'une fois ?! »
Je suis toujours transie, choquée, bouleversée et je tente tant bien que mal d'avaler la boule qui a élu domicile au fond de ma gorge. Répond Addison, putain, répond ! Mais une fois de plus rien ne sort.
« Tu devrais y aller… » dit-elle alors d'une petite voix.
Je fais un pas vers elle, et hésitante je tente : « Arizona… »
« Va t'en, s'il te plait, juste… va t'en. » ajoute-t-elle à peine plus haut qu'un murmure, sans me regarder.
Je reste figée sur place une seconde, avant de récupérer mon manteau et quitter l'appartement à pas chancelants, sans dire un mot. Une fois sur la rue, j'interpelle un taxi. Ce n'est qu'une fois à l'intérieur après avoir indiqué la direction du Archfield que je lâche prise et que je sens les larmes ruisseler sur mon visage. Je mets une main devant ma bouche pour assourdir mes sanglots alors que les larmes continuent de dévaler, sans retenue.
A l'hôtel, je fais couler l'eau sous la douche et me déshabille lentement, presque à bout de force, avant de me glisser sous l'eau presque brûlante, le visage levé sous le jet, comme pour emmener la douleur et la souffrance peintes sur mon visage avec elle. Je ne sais combien de temps je reste sous la douche. 20mn ? ½ heure ? 1 heure ? Le temps s'est arrêté ce soir. J'enfile un bas de pyjama et, à même la peau, mon sweat YALE- mon pull de réconfort, qui dieu merci se trouvait dans mon sac. Je m'étale sur mon lit dans le noir, les yeux grands ouverts, rivés sur le plafond. Je m'en veux. Je m'en veux de n'avoir rien répondu alors qu'elle se mettait à nue devant moi. Je m'en veux de l'avoir laissé penser qu'elle ne pouvait être qu'une distraction. Je m'en veux d'avoir tout gâcher, d'avoir trahi sa confiance, son amitié.
Je soupire un grand coup en pensant que je m'en vais demain et que c'est probablement ce sur quoi l'on va se quitter. Cette dispute. Peut-on même appeler ça une dispute ? Il faut être deux pour se disputer… moi, j'étais absente. Je n'ai pas prononcé un mot, pas même tenté de me défendre, et surtout je n'ai pas révélé quelles étaient les vrais raisons de ce baiser. Certes, j'ai eu tors, mais au moins les raisons étaient nobles. Il faut que je la vois. Il faut que je lui dise. Je ne peux pas repartir à L.A. en la laissant croire les abominables choses qu'elle a dites. Je tourne la tête vers le réveil. 0h52. Tant pis. Je me lève d'un bond, bien décidée à lui parler coûte que coûte. Peu importe si elle ne m'ouvre pas, au moins j'aurai essayé, je n'aurai pas de regrets. Peu importe les conséquences, peu importe que mes désirs soient impossibles… Il faut au moins que je rétablisse la vérité.
Il est une 1h20 passées lorsque j'arrive devant son appartement. J'ai fait au plus vite. J'ai troqué le bas de pyjama contre mon jean et je n'ai même pas pris la peine de changer de pull, ni même de mettre quoi que ce soit en dessous. Mes cheveux sont encore humides de la douche, mon visage démaquillé et mes yeux probablement bouffis. Je réalise que je dois vraiment ressembler à rien, mais tant pis. Je prends mon courage à deux mains et frappent doucement à la porte. N'obtenant pas de réponses, je frappe un peu plus fort, à plusieurs reprises. Au bout de quelques minutes, je finis par entendre :
« Qui est là ? »
« Arizona, c'est moi Addison… »
Pas de réponse.
« Arizona, je t'en supplies ouvre moi… »
La porte s'ouvre soudainement à la volée, me faisait presque sursauter. Arizona se trouve alors en face de moi dans un pyjama rose orné d'une multitudes de petits cupcakes. Dans d'autre circonstances, j'aurai sans doute trouver cela marrant… Ses yeux sont aussi bouffis que les miens, et son air n'est pas très rassurant.
« Addison, qu'est ce que tu veux… » me demande-t-elle assez sèchement, sans vraiment me regarder.
« Il-il faut que je te parle… » ma voix est tremblante, mais je tente de garder mon sang froid.
« C'est vraiment pas nécessaire… »
« Je t'en supplies, laisse moi entrer 5mn, il faut vraiment que je te parle, que je… t'explique… »
Elle semble hésiter quelques instants, et ouvre finalement plus grand la porte, me laissant me glisser à l'intérieur.
Alors que je commence à faire les cent pas dans le salon, elle reste debout devant moi en croisant les bras, attendant probablement que je parle. Je tremble, je suis effrayée mais je finis par parler, parce qu'il le faut :
« Tu n'es pas un jouet. » Je lance, en me retournant vers elle.
« Tu n'es pas une distraction… tu… » les mots me manquent et je commence à m'énerver avec moi-même. « Putain ! » je m'écris en mettant brièvement les mains devant mon visage. Elle reste là, sans rien dire, et je continue alors :
« Si je t'ai embrassé, ce n'est pas parce que je veux passer le temps à Seattle ou parce que tu m'attires physiquement… enfin, non, je veux dire si, tu m'attires physiquement mais là n'est pas la question… » je commence à divaguer alors qu'elle me regarde en fronçant les sourcils, cherchant à comprendre.
« Ce que je veux dire, c'est que je tiens à toi… Beaucoup plus qu'il ne faudrait… La vérité, c'est que je me sens bien avec toi… »
« Addison, t'es pas obligée de faire ça… Tu peux nous épargnez ça à toutes les deux. » me coupe-t-elle d'une voix blasée.
« Tu repars à Los Angeles demain, et quand on se reverra dans… 6mois ou un an ou je ne sais quoi, on agira comme s'il ne s'était rien passé et on sera cordiales et- »
« Non Arizona laisse moi parler ! » je l'interromps, avec plus de hargne que je n'en avais l'intention. Les yeux grands ouverts, elle me regarde étonnée.
« Depuis la soirée chez Mark, je n'ai pas arrêté de penser à toi, tous les jours. J'ai essayé de t'oublier, mais j'y arrive pas ! » ma voix est forte mais pleine d'émotions et bientôt les larmes me montent aux yeux.
« Tout ce que je veux, c'est être avec toi ! Près de toi, contre toi. Juste t'embrasser, te toucher… » je continue, la voix plus douce, alors qu'une larme fait son chemin le long de ma joue.
« Je te veux toi, juste… je te veux tellement fort que ça fait mal. Et je sais plus quoi faire Arizona… » j'ajoute, ma voix pleine de sanglots. « Je sais plus quoi faire ! J'ai même couché avec un type pour t'oublier mais je pensais à toi tout le long, et c'était atroce, atroce ! »
Elle s'approche un peu de moi, les yeux embués, et me chuchote à voix basse :
« Pleure pas, s'il te plaît… »
« Et je sais que tu es ici et moi à L.A., mais tout ce que je sais c'est que j'ai de vrais sentiments pour toi. Et quand on m'a dit que je venais à Seattle, tu es la première personne à qui j'ai pensé, et j'avais qu'une hâte c'était te revoir même si j'en étais aussi pétrifiée ! »
Je continue à pleurer en la regardant, pleurant elle aussi en face de moi. Le silence s'installe quelques instants, et je finis par dire :
« Et je suis désolé de t'avoir embrasser, mais c'était plus fort que moi… Je suis folle de toi Arizo-»
Avant même d'avoir fini ma phrase, ses lèvres s'écrasent sur les miennes et ses mains viennent englober mon visage, m'attirant contre elle. Mes mains les imitent puis se glissent dans ses cheveux, alors que mes lèvres répondent aux siennes avec la même ferveur. Je sens les larmes salées sur nos lèvres, incapable de savoir s'il s'agit des siennes ou des miennes.
« Je suis désolée… » dit-elle contre mes lèvres, alors que je m'empresse de l'embrasser à nouveau. Je fais valdinguer mes chaussures pour être davantage à sa hauteur alors que sa langue demande l'entrée dans ma bouche. Ce baiser est indescriptible. A la fois désespéré et passionné, rapide et tendre. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, alors que je peine à réaliser ce qui est en train de se passer. Mon corps est apparemment bien plus éveillé que mon cerveau. Elle enroule ses bras autour de mon cou alors que les miens s'enroulent autour de sa taille, la serrant le plus possible contre moi. Spontanément, mes mains se faufilent sous son pyjama et caressent son dos, alors que je retrouve cette douceur qui ne m'est pas inconnue. Nous rompons un instant le baiser, le souffle saccadé et bruyant. Ses mains se posent sur mes hanches, et sans même y réfléchir, les yeux fermés et la bouche entre-ouverte contre la sienne, je commence à déboutonner son haut de pyjama, bouton après bouton. Je n'obtiens aucune résistance de sa part.
Ma bouche descend dans son cou tandis que je continue mon opération, et je sens ses mains venir vagabonder sous mon pull, caressant l'étendue de mon dos, de mon ventre et effleurant la courbe de mes seins, rendant ma respiration de plus en plus laborieuse. Son haut est à présent ouvert en entier, laissant entrevoir un sillon de peau de son cou jusqu'au nombril. Mes mains remontent petit à petit le long de son ventre, et je m'arrête avant de franchir l'ultime étape. Nos lèvres s'effleurant à peine, je la sens hocher la tête, comme pour me donner la permission. Chacune de mes mains se pose alors sur sa poitrine ; je la sens soupirer contre mes lèvres et je l'embrasse une nouvelle fois. Délicatement, je fais glisser son haut sur ses épaules avant qu'il ne tombe en tas sur le sol. C'est la première fois que je vais aussi loin avec une femme. Mais pourtant, rien ne me semble bizarre, étrange ou même différent. Ce que je ressens, c'est la sensation divine d'une chose juste ; comme si tout prenait sens ; comme si chaque chose était enfin à sa place…
C'est dans un enchevêtrement incertain de corps qu'Arizona nous dirige vers ce que je suppose être sa chambre. Ni l'une ni l'autre n'ose interrompre le baiser et c'est à tâtons que nous nous déplaçons, les mains poussant sur les murs, les meubles, les jambes entremêlées. Je manque à plusieurs reprises de tomber alors que je me cogne aux meubles durant le voyage. Demain je serai probablement couverte de bleus, mais je m'en fiche. A peine rentrées dans la chambre, je la sens déboutonner mon jean de ses mains habiles et je me tortille afin de m'en extraire comme je peux. Je la sens ensuite tirer sur mon sweat et je lève les bras afin qu'elle me le hôte, mes lèvres manquant le contact des siennes immédiatement.
Lorsque j'ouvre les yeux, je vois son regard se balader sur mon corps quasiment nu avant de replonger dans le mien, plein d'intensité et de désir. Elle n'est pas tellement plus habillée en face de moi, mais je ressens pourtant soudainement une certaine timidité et baisse les yeux brièvement. Elle se débarrasse de son bas de pyjama et se retrouve alors comme moi, en culotte. Me regardant toujours tendrement dans les yeux, elle s'avance vers moi, doucement, avant d'enrouler ses bras autour de ma taille, se collant à moi, et de chuchoter contre mon oreille :
« Est-ce que ça va ? »
Je suis surprise d'autant d'attention, et je hoche la tête vivement avant de l'embrasser encore, presque par nécessité. Sentir son corps nu contre le mien m'électrise et je ne me souviens pas avoir eu autant envie de quelqu'un, de tout ma vie. Lentement, elle m'emmène avec elle près du lit et s'assied, m'attirant contre elle de façon à ce que trône au dessus d'elle, la plaquant contre le lit. Mes lèvres regagnent les siennes aussitôt et que nos doigts s'entremêlent alors que je maintiens ses mains au dessus de sa tête. Ma bouche s'enhardie et je descend le long de sa mâchoire, dans son cou, mordillant, léchant, suçant chaque centimètre de peau que je peux trouver sur mon passage. Je descend ensuite vers la clavicule, alors que je sens ses ongles s'enfoncer un peu plus dans mon dos et sa respiration s'accélérer. (Note pour moi-même : se souvenir de la clavicule…). Je continue mon périple entre ses seins, sur son ventre et m'arrête sous son nombril avant de remonter plus rapidement et de retrouver ses lèvres, lorsque je la sens sourire et me retourner contre le matelas. Puis elle se recule un instant, retirant les cheveux de son visage, et reste un moment me regarder en me souriant tendrement. Elle vient déposer un baiser léger sur mes lèvres avant de dire tout bas :
« On est pas obligé de faire ça tu sais… On-on peut just- »
« J'en ai envie. » je la coupe d'un murmure avant de l'attirer à nouveau contre moi.
Bientôt, les petites culottes s'éclipsèrent, volant à travers la pièce. Pendant plus d'une heure, nos lèvres s'effleurèrent, nos corps se pressèrent l'un contre l'autre, se cherchant, se caressant… nos langues se liant au milieu des respirations saccadées et des ponctuels cris de plaisir.
Je me retrouve à présent sur le dos, épuisée et comme shootée, le regard fixe vers le plafond, Arizona collée contre moi, sa tête blottie au creux de mon cou. A cet instant je ne ressens qu'une intense plénitude. Je suis heureuse, comme je ne me souviens plus l'avoir été depuis longtemps. Des larmes de joie me montent aux yeux alors que je réalise ce à côté de quoi j'aurais pu passer. Elle doit m'avoir entendu renifler parce qu'elle se redresse soudain en me regardant avec inquiétude :
« Addison, ça va pas ? » me demande-elle anxieusement.
Je m'empresse de sourire pour ne pas la paniquer pour rien.
« Si si, ça va, justement, c'est juste que… »
Elle attend sans rien dire, les yeux grand ouverts.
« Je suis contente d'être là avec toi, c'est tout. » Je lui dis en tout honnêteté, avant de la voir sourire et se pencher vers moi, me serrant fort contre elle. Et à peine assez haut pour être entendu, je l'entends murmurer à son tour :
« Moi aussi, je suis contente que tu sois là… »
* citation : Kathy's song by Simon and Garfunkel
