JOUR 20 : Prendre soin de soi
Personnages : Penny & Sheldon
ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème "ménage"
Quand Sheldon ouvrit le tiroir de sa commode, Penny faillit faire une crise cardiaque.
- Fait attention !
Elle lui avait fait cette recommandation au moins 150 fois depuis le début de l'après-midi. Sheldon avait fait jusque là preuve d'une très grande patience à son égard – du moins, selon l'échelle de Sheldon. Bien consciente de ses efforts, elle avait tâché de se retenir. Malheureusement, elle n'y été pas arrivée aussi bien que ce qu'elle avait pensé.
- Ca suffit ! pesta Sheldon. Je ne peux toucher à rien ! Or c'est toi qui m'a demandé de te trouver un système de rangement je te rappelle ! Si tu ne voulais pas de mon aide, il ne fallait pas me déranger !
Il lâcha ainsi le tiroir dans un mouvement brusque. Avant qu'elle ne puisse dire quelque chose, il avait déjà quitté la chambre. Penny lui courut après pour le rattraper :
- Sheldon... je suis désolée. Je ne devrai donc pas remettre en question tout ce que tu fais. C'est juste que... il n'y a pas que toi qui aime avoir tes affaires d'une certaine manière. Changer est étrange pour moi aussi.
- Sauf que moi, on a pas retrouvé de carotte moisie sous mon lit, fit-il remarquer d'un ton implacable. Alors changer est moins urgent pour moi que pour toi.
- Je sais, soupira Penny. Ce jour-là tu m'as dit que je devais prendre soin de moi et que cela passait par prendre soin de mon appartement. C'est pour cela que je t'ai demandé de m'aider. Mais... cet appartement, aussi sale soit-il, c'est mon cocon. À tes yeux, il ne s'agit que d'un immense bordel, mais chaque objet a une place particulière. Et ce bazar organisé... ça me donne l'impression que je peux me cacher dedans. Je m'y sens en sécurité. Changer tout ça... c'est donc très angoissant pour moi.
Sheldon resta quelque secondes silencieux, avant de demander doucement :
- Alors pourquoi tu me demandes de tout changer ?
- Car tu as raison. Je serai sûrement mieux dans un appartement un peu plus entretenu. Et si je t'ai demandé à toi de m'aider, c'est parce qu'avec toi, je me sens en sécurité.
En prononçant ces mots, Penny s'attendait à ce que Sheldon prenne la fuite. Au contraire, il se rapprocha lentement d'elle, jusqu'à faire une chose inouïe : il la prit dans ses bras. L'étreinte ne dura qu'une poignée de secondes, mais elles furent suffisantes pour faire comprendre à Penny qu'elle avait eu raison en se tournant vers lui : Sheldon était prêt à repousser ses limites pour lui venir en aide. Il était temps qu'elle accepte d'en faire de même.
- On s'y remet ? proposa-t-elle en chassant les larmes qui perlaient au coin des yeux.
Et cette fois-ci, quand Sheldon déclara d'un ton intransigeant qu'il fallait absolument qu'elle vide les ¾ de son placard, elle ne chercha pas à l'en dissuader.
