Chapitre 2 : There are thousands of bones in the Parisian catacombs !

The scariest thing was that we didn't even have to be together for you to break my heart (trouvé sur le tumblr de "quote fairy")

(Le plus effrayant est que nous n'avons même pas dû finir ensemble pour que tu me brises le cœur)

- C'est bon tout le monde, c'est assez pour aujourd'hui, s'exclama Brennan à la cantonade.

Chacun sortit du trou dans lequel il travaillait en étirant ses muscles endoloris. Elle-même avait du mal à tenir debout, son dos la faisait atrocement souffrir.

Daisy sembla sortir de nulle part pour prendre la main de son idole et l'aider à se relever. Brennan la remercia vaguement elle qui avait cru que la jeune femme calmerait ses ardeurs une fois baignée dans la boue, les insectes qui piquent et qui tuent, les plantes qui piquent et qui tuent et les animaux qui mordent et qui tuent, elle s'était trompée. Malheureusement.

Brennan rejoignit sa tente en se massant les épaules des deux mains. Passer la journée courbée sous le soleil était extrêmement fatiguant et elle n'en pouvait plus de cette position.

Arrivée dans sa tente, elle se passa de l'eau sur le visage, regrettant une fois de plus l'absence d'une cabine de douche sur les lieux des fouilles. Ils se contentaient d'occasionnels bains dans la rivière pour se laver entièrement.

Lasse, Brennan s'allongea sur son lit de camp et fixa la toile de la tente.

- Courrier ! s'exclama l'un de ses collègues, Flint, en passant la tête par l'entrée de la tente.

L'anthropologue attrapa la lettre au vol et la retourna vivement. Elle retint un soupir déçu en s'apercevant que l'écriture sur l'enveloppe n'était pas celle de Booth, et l'ouvrit. C'était une lettre d'Angela et Hodgins. Sa meilleure amie l'informait qu'ils étaient au meilleur de leur forme elle était souvent malade et se demandait si elle n'était pas enceinte.

Brennan se réjouit à cette idée sa meilleure amie avait toujours voulu avoir toute une tripotée de bébés, alors pour elle en attendre un était un peu comme l'aboutissement d'une vie.

- Brennan ? s'exclama une voix depuis dehors.

La jeune femme posa la lettre sur son lit et sortit de la tente.

- Qu'est-ce qu'il y a, Joanna ? demanda-t-elle.

- Un coup de fil pour toi.

L'angoisse s'empara immédiatement de son cœur, rappelant à l'anthropologue les réelles raisons de sa présence sur le lieu des fouilles, loin de tous ceux qu'elle aimait. Elle se remémora ce qu'elle avait dit à Angela « je suis inquiète tout le temps ». Elle s'était éloignée pour récupérer sa carapace, mais malheureusement l'inquiétude ne faisait pas mine de s'éteindre, loin de là elle semblait rendue exponentiellement plus forte par la distance.

Et si Booth s'était fait blesser en Afghanistan ?
Ou même – non, ne pense pas à ça, Brennan – tuer ?

Elle se précipita vers la tente qui abritait leur système électrique et attrapa le téléphone que sa collègue lui tendait.

- Allô ? dit-elle.

- Bones ?

Le soulagement déferla en elle et elle ferma les yeux pour savourer le bonheur que lui apportait le simple son de la voix de son ancien partenaire.

- Booth ! s'exclama-t-elle sans se rendre compte qu'un énorme sourire s'était peint sur son visage.

Joanna haussa les sourcils et eut un sourire amusé.

- Ca fait du bien de vous entendre, Bones, dit Booth.

- J'avoue que le son de votre voix fait plaisir à entendre. Vous m'avez fait une peur bleue, Booth, j'ai cru que…

- J'en suis désolé. C'est juste que c'est tout aussi urgent…

- Ah ?

- Oui… Cullen vient de m'appeler. Selon un appel anonyme, il y aurait un squelette caché dans les catacombes parisiennes.

- Il y a des milliers de squelettes dans les catacombes parisiennes, Booth !

- Oui, mais celui-là y aurait été caché récemment.

- Et Cullen veut que je prenne l'avion juste pour venir vérifier ? Non merci, ce que je fais ici est très important et je ne peux pas me permettre de perdre trois jours de fouilles comme ça sur un coup de tête. L'équipe a besoin de moi.

- Eh bien figurez-vous que moi, j'y vais. Un ambassadeur américain a disparu il y a deux mois, et ce coup de fil avait l'air bien réel.

- Ecoutez, Booth, lâchez un chien dans les catacombes et il vous trouvera en un clin d'œil les ossements récents. Rien n'a pu enlever toutes les traces de chair sur ces ossements, à part si le meurtrier a eu accès à du matériel comme celui que nous utilisons pour nettoyer les ossements à l'institut Jefferson.

- Vous n'avez vraiment pas envie de venir ?

Rien qu'au ton suppliant de sa voix, Brennan eut soudain envie de répondre par l'affirmative et de tout planter. Elle arriverait en avion, il serait là à l'attendre, elle se jetterait dans ses bras, et…
Non. Non, Brennan, tu as dit que tu prendrais tes distances pendant un an, il n'est pas question de flancher maintenant.


- Booth, en d'autres circonstances, probablement, mais nous faisons des découvertes très importantes ici, mentit-elle.

Joanna fronça les sourcils et Brennan lui fit les gros yeux. Elle n'aimait pas qu'on écoute ses conversations téléphoniques, et encore moins que l'on se rende compte qu'elle mentait. Quand avait-elle appris à mentir, déjà ?

- Plus importantes qu'une affaire de cette ampleur ?

- Ma décision est prise, n'essayez pas de me faire changer d'avis ! fit sèchement l'anthropologue.

Vous pourriez bien réussir, à force, gémit-elle intérieurement.

- Bon.

A son ton, Brennan sut qu'elle avait gagné la partie. Etrangement, elle n'en retira aucun réel contentement peut-être même aurait-elle préféré qu'il parvienne à la convaincre. Il lui manquait beaucoup trop cela ne faisait que trois mois et elle n'en pouvait plus de ne pas le voir. La douleur était presque physique.

- Je vous souhaite bonne chance pour résoudre cette affaire, dit-elle de la manière la plus chaleureuse qu'elle put. Embrassez Angela de ma part, et demandez-lui de vous faire une étreinte de mecs pour moi.

- Je n'y manquerai pas.

- Au revoir, Booth.

Elle fit une courte pause, le cœur battant à cent à l'heure.

- Vous me manquez.

- Vous aussi vous me manquez, Bones. A bientôt.

La tonalité retentit. Sans un mot, Brennan rendit le téléphone à Joanna et se précipita vers sa tente. Là, elle s'allongea sur le dos et observa la toile verte, luttant contre les larmes qui menaçaient de s'écouler de ses yeux.