Chapitre 6 : The government lies all the time and, you know, I HATE KNOWING IT!
The most beautiful words of a wounded heart : « I never stopped loving you, I just stopped showing it », Unknown.
(Les plus beaux mots d'un cœur blessé : « Je n'ai jamais cessé de t'aimer, j'ai juste arrêté de le montrer »)
Booth dormait profondément dans le lit double de la chambre d'amis de la petite maison en quai de Seine. Des feuilles en rapport avec l'enquête qu'il menait sur le meurtre de Kurt Michiels étaient étalées sur le sol tout autour du lit. Elles y avaient glissé lorsque l'agent s'était soudainement endormi en relisant une fois de plus le dossier.
Lorsque le téléphone sonna, Angela et Hodgins étaient en pleine action version page 187 dans la chambre à l'autre bout du couloir, et la jeune femme eut bien du mal à s'extraire des draps pour courir, enfilant un peignoir, jusqu'à son bureau.
Son portable tournait sur la table encombrée de dessins en vibrant, chantant « La vie en rose » d'Edith Piaf.
- Allô ? dit-elle en décrochant.
Se faisant, elle ajusta les pans de son peignoir autour de son ventre à la légère protubérance.
- Angela, c'est moi, fit une voix qu'elle connaissait si bien.
- Ma chérie ! s'exclama-t-elle tandis qu'un magnifique sourire s'épanouissait sur son visage. Comment vas-tu ?
- Très bien, enfin, un peu fatiguée, mais ça va… Et toi ?
- Crevée, nue, enceinte, j'étais au bord de l'orgasme quand tu as appelé, débita Angela.
- Félicitations, tu pourras retourner au truc qu'Hodgins fait lorsque tu m'auras passé Booth, rit sa meilleure amie. Il faut que je lui parle.
- Comment as-tu deviné que… Oh, peu importe. Tu as changé d'avis, tu veux prendre l'avion pour nous rejoindre ? demanda Angela d'un air coquin.
- Pas tout à fait, mais c'est très important.
- D'accord, je vais le réveiller, acquiesça l'artiste.
Elle traversa le couloir pour rallier la chambre d'amis et s'assit sur le bord du lit de l'agent spécial.
- Booth… Booth, réveillez-vous… dit-elle en lui passant une main sur la joue.
L'agent sursauta et ouvrit brutalement les yeux. Il releva le drap sur lui en se redressant d'un bond.
- Angela ? dit-il en se frottant les paupières. Quelle heure est-il ?
- Une heure du matin… C'est Brennan au téléphone, dit la jeune femme en collant le portable à l'oreille de son ami.
Elle adressa un clin d'œil à Booth et sortit de la pièce sur la pointe des pieds, bien décidée à demander à Hodgins de continuer ce qu'il avait si bien commencé.
- Bones ? s'exclama l'agent spécial en renversant la tête en arrière.
- Booth, je suis désolée de vous déranger, mais… J'ai besoin de vous.
Tout à fait réveillé à présent, il s'assit sur son lit, un sourire naissant aux coins de ses lèvres.
Comme cela avait l'air de lui avoir coûté de prononcer ces mots !
- Ah, mais ça, Bones, on a toujours besoin d'un agent très spécial du FBI, fanfaronna-t-il.
- Non, jusqu'ici je me débrouillais très bien, mais…
Elle lui expliqua ce qu'elle avait découvert sur l'île Maluku dans les bâtiments du gouvernement américain. Au fur et à mesure qu'elle racontait son histoire, Booth se rembrunissait.
- Et puis il y avait ces deux enfants, six et seize ans, quelque chose comme ça, une fille et un garçon, qui n'avaient vraiment pas l'air d'être à leur place, termina Brennan. Je trouve cela vraiment lugubre et révoltant !
Le cœur de Booth fit un bond dans sa poitrine.
- Deux enfants, vous avez dit ? Un grand garçon et une petite fille ?
- Oui, c'est ça. Tous les deux les cheveux châtains. L'adolescent était plutôt grand, à peu près votre taille, je dirais.
- Bones, quand est le prochain avion pour votre île ? demanda Booth en attrapant son pantalon.
Il entreprit de l'enfiler en appuyant le téléphone d'Angela contre son oreille.
- Il n'y a pas d'avion direct, vous devrez aller jusqu'à Bangkok puis prendre un petit avion jusqu'à Maluku. De là, il faut prendre une jeep. Je vous trouverai un guide, si vous voulez.
- Je me débrouillerai. Je prends le premier avion possible, je serai là dès que je pourrai, ne bougez pas ! Et surtout, n'y retournez pas, c'est dangereux de se balader dans les tunnels de bâtiments du gouvernement américain ! la morigéna-t-il.
- Vous avez l'air en colère… marmonna Brennan.
- En colère ? Mais bien sûr que je suis en colère ! Les deux gamins dans ce bâtiment sont probablement Jake et Violette Coureaux, disparus il y a quatre jours, et le gamin a été témoin d'un truc, il avait vu un insigne doré avec un oiseau ! Un oiseau, bon sang, c'est l'aigle tenant feuilles et parchemin, comme sur votre bâtiment ! Sécurité intérieure ! Bones, le gouvernement nous ment, je le sais, mais je déteste en avoir la preuve ! explosa Booth.
- Je sais… tenta-t-elle de l'apaiser. Je sais.
- Je vous rappelle sur le téléphone satellite dès que je suis sur votre île, promit-il. A bientôt.
- A bientôt, souffla-t-elle.
Booth raccrocha et regarda autour de lui afin de localiser sa chemise. Il allait l'enfiler lorsqu'il décida de mettre un t-shirt confortable à la place. Il ôta les vêtements sales de sa valise et n'y rangea que le strict nécessaire. Puis il se précipita vers la chambre d'Angela et Hodgins, d'où lui parvenaient des voix et des rires.
Il toqua doucement.
- Vous êtes décents ? demanda-t-il.
- Oui, Booth, pas de problème ! rit Hodgins.
Il ouvrit la porte et se tint dans l'embrasure. Angela était assise en tailleur en robe de chambre tandis qu'Hodgins lui massait le pied droit.
- Bah pourquoi vous êtes habillé ?
- Il me faut le premier vol pour Bangkok. Je mettrai ça sur la note du FBI.
- Qu'est-ce qui se passe ? fit Angela en enlevant son pied des mains de son mari.
- Il faut que je rejoigne Brennan, il se passe des trucs pas nets sur son île. Si Cullen appelle, ne lui dites pas où je suis, surtout.
- Booth, on peut faire quelque chose ? demanda Hodgins.
- Je file à l'aéroport, peut-être que pendant ce temps vous pourriez me trouver des plans satellites de l'île où Bones est ? Essayez de découvrir un bâtiment qui n'est pas sur les cartes.
- Ca sent la conspiration à plein nez, j'adore ça. Le docteur B n'est pas en danger, j'espère ? demanda Hodgins.
- Pas encore, mais ça pourrait venir. Angela, vous avez mon autorisation pour pirater les serveurs des services secrets américains pour arriver à vos fins.
La jeune femme leva vers lui un regard abasourdi. Son mari avait un sourire jusqu'aux oreilles.
- Je viens avec vous à l'aéroport ! s'exclama Hodgins. Je vous conduis en voiture, ça ira plus vite.
- Merci, Jack.
- A votre service, mon vieux.
Booth embrassa rapidement Angela sur la joue. Celle-ci les accompagna en bas et alla brancher son ordinateur dans le salon. Elle le connecta à l'écran plat de la télévision, puis sorti sa tablette graphique et tout son matériel de haute technologie. Lorsque les deux hommes sortirent de la maison, elle était sur Google Earth et tapait les coordonnées exactes du camp de fouilles sur Maluku.
Il y avait peu de trafic pour rejoindre l'aéroport et Booth et son comparse déboulèrent dans un hall presque vide. Ils se précipitèrent vers le comptoir.
- Il me faut un avion pour Bangkok et une correspondance pour l'île Maluku, le plus vite possible ! s'exclama l'agent spécial.
La réceptionniste lui accorda un regard dédaigneux.
- Vous attendrez, comme tout le monde, monsieur.
- Je ne suis pas tout le monde, madame, dit Booth en plaquant son insigne sur la table.
Il sortit son passeport, son autorisation spéciale du FBI et son arme à feu et les aligna sur le comptoir.
- C'est une affaire fédérale de la plus haute importance et il est capital que je sois sur Maluku le plus rapidement possible.
- Vous permettez que je vérifie votre priorité ? demanda la réceptionniste.
Booth lui envoya un regard qui signifiait clairement qu'il n'en avait rien à faire du moment qu'elle obtenait ce qu'il désirait le plus rapidement possible.
Ses doigts pianotèrent sur le clavier et elle se tourna vers lui, le visage blême.
- Vous enquêtez sur la mort de monsieur Michiels et la disparition des deux petits Coureaux ? demanda-t-elle.
- Précisément, et c'est pourquoi j'ai besoin de cet avion !
- Bien, il y en a un dans deux heures, il reste un siège, dépêchez-vous de passer au check-in et à la sécurité.
Booth avait déjà rassemblé ses affaires et était reparti en sens inverse en direction des tapis roulants, lisant au passage les noms des destinations que chaque bureau check-in traitait.
- Et surtout n'emmenez pas votre arme à bord ! cria la réceptionniste.
- Merci, dit Hodgins à son intention en français.
Booth confia sa valise contenant son arme à l'homme qui s'occupait de son avion et serra brièvement la main d'Hodgins.
- Je vous appelle dès que j'ai retrouvé Bones, promit-il.
L'entomologiste donna un sac à dos à son ami, qui n'en portait aucun.
- Il y a un ordinateur portable à l'intérieur, et quelques en-cas qu'Angela-enceinte apprécie. Demandez à avoir droit au wi-fi, ça ne coûte pas grand-chose. On vous enverra ce qu'Angela aura trouvé pendant que vous serez dans l'avion.
- Merci, Jack.
- De rien. Allez, mon vieux ! Allez retrouver votre Bones ! dit-il en lui faisant un clin d'œil.
Booth lui sourit, l'air contrit, et agita la main à son intention avant de se détourner et de présenter son passeport au type de la sécurité.
