Chapitre 16 : Jeux du sort
Nb : Modifier la typo pour l'italique
POV : Journal de Blaise - 1er février 1997
Ne dit-on pas que le mois de Janvier est le plus long mois de l'année ?
Et bien, parlez pour vous ! Le mien est passé à une vitesse folle.
C'était incontestablement un des meilleurs mois de toutes mes années à Poudlard.
Mon cerveau turbine à l'hormone de la joie. Weasley et moi avons décidé de laisser tomber toute forme de retenue et de moralité à la mords-moi-le-noeud.
Il est évident que lorsque deux personnes se correspondent aussi bien, correspondance il doit y avoir ! Ce serait une offense aux dieux des hommes que de ne pas exploiter cette incroyable alchimie que nous avons.
Elle me rend incontestablement fou. Je n'arrive plus à écrire, à dormir, à étudier sans penser à la douceur de sa peau, au parfum de ses cheveux et à la brillance de son regard lorsqu'elle le pose sur moi. Chaque moment de liberté est utilisé pour nous retrouver.
J'en suis tellement comblé que la voir avec Thomas me donne désormais davantage envie de rire de son infortune que d'ensorceler un cognard afin qu'il ait son visage comme cible permanente. Enfin. Toujours un peu quand même.
Tout me semble plus facile, désormais. Même mentir à Daphnée me semble plus facile.
Ne nous méprenons pas toutefois, il ne s'agit pas ici de relation. Nous ne mettons pas de nom, nous ne collons pas d'étiquette sur « nous ». Nous ne nous appelons pas par des surnoms crétino-romantiques, nous ne souhaitons pas aller à Pré-Au-Lard la main dans la main, nous ne souhaitons pas nous marier et assurer la descendance de l'espèce humaine, bien que la conjugaison de nos deux lignées donnerait certainement des sorciers incroyables et brillants.
Nous avons chacun nos petits amis respectifs pour cela, et ainsi fonctionnent les règles de la société.
Non, nous, nous sommes hors de tout cela. Nous sommes différents.
POV : Souvenirs de Blaise - 1er février 1997
Feuilletant son livre de potion, assis à côté de la cheminée de la salle commune des Serpentard, Blaise tentait de se concentrer. Des éclats de voix incessants l'en empêchaient. En reconnaissant la voix de Drago, il décida de tendre l'oreille.
- Je ne vous dois aucune explication. Vous faites le guet et c'est tout ! Chuchotait rageusement Drago.
Blaise tourna discrètement la tête vers lui et vit que le blond discutait avec Crabbe et Goyle de façon animée.
- Mais nous on en a marre, geignait Goyle de sa voix crétine.
- Si vous ne m'aidez pas sur ce coup, je vous assure que vous le regretterez amèrement. Et je ne parle pas uniquement en mon nom, les menaça Drago.
Blaise vit Crabbe et Goyle échanger un regard avant d'acquiescer de la tête. Drago se détourna et se précipita vers les dortoirs.
Blaise s'étira longuement avant de se lever. Il posa un léger baiser sur le front de Daphné qui somnolait sur le canapé. Il se décida à faire une petite course dans le parc.
En sortant, il aperçut des fantômes qui semblaient se disputer sur la maison à laquelle appartenait Merlin à Poudlard.
Il croisa des élèves qui s'échangeaient des friandises des Sorciers Facétieux.
« Ah, ces Weasley » souffla Blaise en passant.
Il finit par tomber sur Ginny enlacée dans les bras de Dean. Les deux s'échangeaient un baiser plus que langoureux.
Blaise sentit son estomac se contracter douloureusement. Il tenta de se ramener à la raison. Il avait bien plus que de simples bisous dans les couloirs, lui. Ginny ne l'aperçut pas. En revanche, Blaise lui, croisa Potter qui jetait un regard dépité vers le couple. Harry quitta alors précipitamment le couloir, ce qui interrompit Ginny dans ses activités. Lorsqu'elle vit que c'était Potter qui était parti, elle afficha un air embêté. Elle regarda autour d'elle et vit Blaise qui reprit le cours de sa marche en se tenant de façon extrêmement raide.
En revenant de sa course, Blaise ressentit le besoin de s'isoler dans le cachot. Il avait passé l'heure à imaginer tous les maléfices qu'il pourrait envoyer à Dean Thomas.
Quelle plaie purulente ce type.
Il trouva évidemment Ginny devant son cachot qui semblait l'attendre de pied ferme.
Il passa devant elle, en l'ignorant royalement et déverrouilla le cachot.
- Oh non, tu vas pas recommencer ! Je croyais que c'était pas pour nous ces bêtises ! S'exclama immédiatement Ginny.
- Recommencer quoi, Weasley ? Dit Blaise distraitement en rangeant ses parchemins sur le bureau.
La jeune fille se rapprocha du bureau et plaqua ses mains sur les parchemins, empêchant Blaise de continuer.
- Ça. Recommencer ça. Je t'aime, je te déteste, je t'aime, je te déteste, je veux pas de toi comme petite amie, mais je veux pas que tu sois avec quelqu'un d'autre non plus, répondit Ginny en le regardant fixement.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-il froidement.
Blaise tenta de se contenir. Mais il le savait, il la connaissait bien assez. C'était peine perdue. Elle le ferait craquer.
- Blaise.
- Weasley.
Les deux élèves se défièrent longuement du regard.
- Je suis en couple, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, dit Ginny.
- Moi aussi.
- Alors, pourquoi je te sens blessé par ce que tu sembles avoir vu ?
- Blessé, pfff, dit-il en levant les yeux au ciel. Je ne suis juste pas d'humeur, là, c'est tout.
- D'humeur à quoi ? A te comporter comme un être humain normal ?
- D'humeur à être ton joujou, cracha-t-il en se détournant.
Sans se laisser démonter, Ginny se plaça devant lui.
- Tu n'as certainement pas le droit de me dire ça, toi, répliqua-t-elle en appuyant sur son épaule avec son index. Si tu veux faire évoluer les choses, tu n'as qu'à le dire. Grandis un peu. Sinon laisse tomber, ajouta-t-elle en se dirigeant vers la porte.
- Tu aimerais bien que je laisse tomber, comme ça Potter pourra prendre le relais, lâcha Blaise à voix basse.
- Pardon ? Dit Ginny en se retournant vers lui.
- Fais comme si tu n'avais pas vu comment il te regarde, et puis surtout fais comme si tu en étais indifférente, déclara Blaise, le visage fermé.
Ginny le regarda d'un air sidéré.
Elle ne répondit pas et s'en alla en claquant la porte.
POV : Souvenirs de Blaise - 13 février 1997
Blaise était dans les airs. Elle n'allait pas tarder à arriver. Il respira profondément et savoura le contact des bourrasques de vent sur son visage légèrement anesthésié par le froid.
Lorsqu'il aperçut sa chevelure rousse, il fit une vrille et fonça vers elle.
Loin d'être impressionnée, Ginny ne bougea pas d'un iota. Blaise atterrit alors et lui balança son balai.
- Le dernier Nimbus, annonça-t-il, visiblement très content de lui.
- Super. Pourquoi je suis là ? Dit Ginny sans rattraper le balai qui tomba mollement au sol.
- Je veux devenir joueur de Quidditch professionnel, dit Blaise.
- Bon, je m'en vais, dit Ginny en tournant les talons.
- Je plaisante ! Admets quand même que j'ai fait de sacrés progrès ! Ma mère m'a offert ce balai pour mon anniversaire. Je lui ai dit que j'aimais bien voler maintenant, déclara Blaise.
Ginny stoppa net.
- C'était ton anniversaire ?
- Oui ! Il n'est pas mal le balai, non ? Je ne m'y connais pas vraiment, mais je le trouve super contrairement aux vieilleries de l'école sur lesquelles je volais pour apprendre, continua Blaise.
- Pourquoi tu me l'as pas dit ? S'exclama Ginny d'un air atterré. Je ne le savais pas !
- Comment aurais-je pu te le dire ? Tu ne m'adresses plus un regard depuis une semaine ! Répliqua Blaise.
Il se baissa pour récupérer le balai et le lissa machinalement avec sa main.
- Joyeux anniversaire, lança-t-elle sombrement.
- Je te présente mes excuses, Ginny, dit Blaise. J'ai été idiot et irrespectueux. Nous avons toujours été très clairs et transparents l'un avec l'autre. Il ne m'appartenait pas de te reprocher les règles auxquelles j'ai consenti, ajouta-t-il.
Ginny observa un temps de silence durant lequel elle le jaugea du regard.
- Si tu as des sentim...
- On fait la paix ? La coupa brusquement Blaise.
Ginny ferma les yeux durant quelques secondes en prenant une longue inspiration. Le comportement du garçon ne cessait de la perturber.
- Très bien, dit-elle. Mais que ce soit la dernière fois. Je ne comprends pas pourquoi tu as parlé de Harry, je n'ai même pas...
- On se voit demain ? L'interrompit-il à nouveau.
- Non, je ne peux pas, souffla Ginny, agacée par le jeune homme. C'est la Saint-Valentin, je serai avec Dean, ajouta-t-elle d'un air de défi.
- Ah, d'accord. Profitez-bien alors ! Dit Blaise dont le ton réjoui ne pouvait tromper personne tant il sonnait excessivement faux.
- Tu ne seras pas avec Daphné? Demanda Ginny, hésitante.
- Bien sûr que si. Ne t'en fais pas ! Continua Blaise, usant toujours de cette voix exagérément joyeuse.
- Blaise, tu...
- Je dois y aller, je suis désolé ! Dit-il avec un regard d'excuse. Il posa un léger baiser sur sa joue et quitta précipitamment le parc.
POV : Journal de Blaise - 13 février 1997
Fin du jeu.
