Chapitre 4 : Que t'étais-il arrivé ?
Seto Kaiba se ressaisis peu à peu et se releva, tout en gardant Makuba serré contre lui, pour faire face à cette femme qu'il dépassait bien d'une tête. Elle souriait, encore et toujours avec ce sourire d'enfant naïf. Le même sourire que sa mère :
« Sayuri : Mon garçon…
Kaiba (tendant son bras pour l'empêcher d'approcher) : Ne vous approchez pas. Ca suffit comme ça. Ma mère, Sayuri Imura, est morte il y a une dizaine d'année. J'ignore qui vous êtes, pourquoi vous lui ressemblez et comment vous vous êtes procuré la carte de L'ange de l'amour. Mais je suis certain d'une chose, je ne vous laisserai pas entraver le cours de ma vie et de celle de mon frère. Alors je vous demande de bien vouloir partir et de nous laisser en paix.
Sayuri : Morte ? Hum, je vois, Yutaro a du te faire croire que j'avais quitté ce monde. C'est normal, c'était pour toi, pour que tu puisses faire ton deuil. Mais je ne suis pas morte, Seto. Je n'ai jamais quitté ce monde.
Kaiba : Vraiment ! Alors où étais-tu ?
Sayuri : Je n'ai pas bougé de l'endroit où vous m'avez laissé il y a dix ans. Tu sais d'où il s'agit Seto, l'hôpital de Sapporo (NB : capitale d'Hokkaido, île du Japon).
Makuba : Seto, mais que dis-elle ? »
Sayuri : Je vais te montrer quelque chose qui te dira sans doute quelque chose. »
La femme prit son sac et en sortit un cadre photo qu'elle montra à Kaiba. Ce dernier resta bouche bée devant la photo : son père Yutaro et lui. Le cadre fétiche que sa mère transportait partout où elle allait. Dans le cadre, en bas à gauche, il y avait une petite photo avec un bébé brun dessus. C'était Makuba à la naissance. Quelqu'un avait rajouté cette photo par-dessus l'autre de manière à ce que l'on puisse voir les trois personnages. Kaiba tremblait de tout son corps, il ne pouvait plus lutter et se dire que cette femme n'était pas sa mère Sayuri. Il se sentit tomber mais la femme le rattrapa au vol et l'assis délicatement par terre. C'était elle, ça ne pouvait être qu'elle :
« Kaiba (tremblant) : Maman…
Makuba (surpris) : Qu'est-ce que tu as dit, Seto ?
Kaiba : C'est toi, maman ?
Sayuri : C'est moi, mon garçon… Mes garçons.
Makuba (affolé) : Seto, explique-moi, je ne comprend plus.
Kaiba (ne prêtant pas attention à Makuba) : Que t'était-il arrivé ?
Sayuri : Si nous rentrions au lieu de rester au froid. Je vais tout vous expliquer. »
Kaiba se releva et passa devant pour montrer le chemin à sa mère. Cette maison était si grande qu'il ne voulait pas prendre le risque qu'elle s'y égare et qu'il la perde une nouvelle fois. Il demanda à l'une de ses servantes de leur servir du thé et ils s'installèrent au salon sur un canapé. Makuba se trouvait à une extrémité, accroché à son frère, Seto était au milieu et tourné vers Sayuri qui se trouvait à l'autre bout du canapé. On leur servi le thé et Kaiba commença :
« Kaiba : Maintenant, je veux savoir la vérité. Si tu es vraiment notre mère, alors pourquoi notre père m'a dit que tu étais morte ?
Sayuri : Mon pauvre Yutaro, il n'a sans doute pas du avoir le courage de te dire la vérité. Tu avais beau être intelligent, Seto, tu n'en restais pas moins un petit garçon de 5 ans. Seto, je ne suis jamais morte, je dormais.
Kaiba : Tu dormais ?
Sayuri : En fait, quand j'ai accouché de Makuba, il y a eu des complications. Je ne sais pas pourquoi, cela ne me l'avais pas fait quand j'ai accouché de toi.
Kaiba : Des complications ?
Sayuri : Mon cœur. J'ai fait un arrêt cardio-respiratoire. Makuba était en train de sortir de mon ventre, ils ne pouvaient pas arrêter l'accouchement comme ça. Je me souviens avoir entendu le premier cri de Makuba, Yutaro qui me tenait la main, qui paniquait car il voyait que je n'allais pas bien… puis plus rien. Le reste on me l'a raconté. Ils ont terminé l'accouchement vite vite et ils m'ont réanimée. Personne ne sait pourquoi j'ai fait cet arrêt. Il est vrai que ma mère est morte de la même chose en me donnant la vie, que mon père a fait un infarctus mortel à 35 ans et que mon frère aînée est mort enfant d'une malformation cardiaque. Enfin, bref, ils ont réussi à récupérer mon cœur, mais mon cerveau…
Kaiba : Il a été endommagé ?
Sayuri : Je m'en sors plutôt bien, je n'ai perdu aucune fonction motrice. En fait, pendant ces dix dernières années, j'étais dans le coma. Un coma très profond. Personne ne pensait que je me réveillerai un jour.
Kaiba : Mais tu t'es réveillée. Comment cela se fait-il ?
Sayuri : Tu vas sans doute trouver ça absurde mais j'ai senti, j'ai senti que vous aviez tous les deux besoin de moi. Je ne sais pas pourquoi mais je l'ai senti, c'est ce qui m'a donné la force de me réveiller.
Kaiba : Quand t'es-tu réveillée ?
Sayuri : Le 16 juin de cette année. Cela fait déjà plusieurs mois. S'est-il passé quelque chose de particulier ce jour-là ?
Makuba : Seto, c'est le jour où Pegasus a enfermé nos âmes dans des cartes.
Kaiba : C'est exact, Pegasus avait enlevé Makuba puis il a soit disant enfermé son âme dans un carte. Ensuite, c'est la mienne qu'il a enfermée.
Sayuri : Vous étiez en danger. Je comprends mieux où j'ai trouvé la force de me réveiller. J'avais beau être à des années lumière, je n'en reste pas moins une mère qui veut qu'il n'arrive rien à ses enfants.
Makuba (sur un ton sec) : Si vous étiez vraiment une mère, vous serez apparu plus tôt. Seto et moi avons connu l'enfer auprès de Gozaburo Kaiba, notre père adoptif. Mais là, vous n'étiez pas là…
Kaiba (mettant un gifle à Makuba) : Tais-toi Makuba. Tu n'as pas à lui parler comme ça. Ce n'est pas sa faute, elle aurait aimé être là pour nous voir grandir. Et elle a du user de toutes ses forces pour se sortir de ce sommeil sans fin.
Sayuri (attrapant le poignet de Kaiba) : Arrête Seto. Je comprends son mal-être et son désarroi. Tu n'as pas à le traiter ainsi, il y a une part de vérité dans ce qu'il dit. »
Makuba se leva et courut s'enfermer dans sa chambre, le visage entre les mains pour cacher ses larmes. Kaiba voulut se lever pour le rattraper mais Sayuri lui tenait fermement son poignet pour l'empêchait de se lever. Sa mère semblait toujours une femme inoffensive et naïve, il n'en est pas moins que Sayuri Imura possédait une vraie force herculéenne qu'elle ne sentait pas elle-même. Kaiba se ravisa et se rassit sur le canapé :
« Sayuri : Laisse-le. C'est d'autant voire même plus dur pour lui que pour nous. Il ne m'a jamais connu et ce n'est encore qu'un enfant. Tu es l'être à qui il tient le plus au monde Seto et il a l'impression de que je suis en train de te voler. Ne t'inquiète pas, il finira par s'y faire et par comprendre que je ne suis pas là pour perturber votre vie.
Kaiba : Quel était ton but en revenant nous voir ?
Sayuri : Vous êtes mes enfants, mes bébés… Je ne vous ai pas vu grandir. Vous êtes tellement beaux. Sais-tu la première chose que j'ai dit quand je me suis réveillée ?
Kaiba : Quoi ?
Sayuri : Où sont mes fils ? Personne dans l'hôpital de Sapporo ne se doutait que mon aîné était le PDG de la grande KaibaCorp. On m'a fait toute une série d'examen. Les médecins n'en reviennent toujours pas. On ne voulait pas me laisser sortir et moi je ne cessais de dire que je devais tout de suite vous retrouver. J'avais du mal à marcher au début, j'avais perdu tous mes muscles. J'ai fait trois mois de rééducation intensive. Puis, je suis tombé sur toi.
Kaiba : Sur moi ?
Sayuri : A la télé, dans les journaux… Tu es si important aux yeux du monde. Je t'ai tout de suite reconnu.
Kaiba : Comment as-tu réagi ?
Sayuri : J'étais fière. Si fière que je l'ai dit à tout le monde et l'ont m'a pris pour une folle. Tout le monde pensait que je débutais une démence et je suis resté un mois supplémentaire en service de psychiatrie. Je savais que m'enfuir ne me servirait à rien alors j'ai pris mon mal en patience. Puis je suis revenu en neurologie refaire des examens. Ca n'en finissait pas.
Kaiba : Au final, comment es-tu arrivé ici ?
Sayuri : Les examens étaient normaux et les médecins ne voyaient aucun inconvénient à me faire sortir. On m'avait appris que Yutaro était décédé et que personne ne savait où vous étiez. Ma maison aurait été vendue et l'argent servait à financer mon hospitalisation. Il m'en restait un peu. Je m'en suis servi pour faire le voyage et vivre à l'hôtel pour le moment. Je suis arrivée il y a une semaine. Ma priorité était de vous revoir. Ensuite, je trouverai un travail d'infirmière comme je l'étais avant et je m'installerai dans un appartement.
Kaiba : Ma mère n'a pas à galérer après un tel combat. Tu vas venir t'installer ici et tu vas te reposer pour le moment. Ca ne fait pas longtemps que tu as repris connaissance.
Sayuri : J'apprécie ton geste, Seto mais je ne veux pas interférer dans votre vie.
Kaiba : Je ne veux plus te perdre.
Sayuri : Mais…
Kaiba (enlaça sa mère) : Je ne veux plus te perdre. Ici, c'est chez toi.
Sayuri : Et Makuba ? Que va-il penser ?
Kaiba : Comme tu l'as dit. Il finira par s'y faire. Je lui parlerai demain.
Sayuri : Laisse, je lui parlerai, moi. J'aurai sans doute un peu plus de tact.
Kaiba : De tact ?
Sayuri : Tu es comme ton père, Seto. Tu manques de tact et tu fais le dur. Mais au fond, tu es quelqu'un de sensible.
Kaiba : Tu me connais mal, ma chère mère.
Sayuri : Je te connais bien plus que tu ne le crois, mon cher fils. »
