Oui je sais, le délai entre deux chapitres est assez long, mais je vais faire mon maximum pour aller plus vite. Et on oublie pas ma petite review mes petits ^^ Allez, soyons fou, si j'en reçoit plus de 3 d'ici vendredi, je vous promet un nouveau chapitre pour samedi prochain :D


C'est très dur d'avoir le cœur brisé. On ressent chacune des petites failles, on sent les morceaux qui s'éloignent lentement. Je tombais à genoux et ma voix brisée retentit dans le silence de la pièce.

-Tu as orchestré ça ?! Tu as orchestré la mort de mon père pour ensuite m'engager ?!
-Chloé non ! Je n'ai jamais… Non ! Que vas-tu croire ?!
-Tu l'as… tué.

Comment avait-il pu me regarder tout ce temps sans jamais éprouver le moindre… remord. Il était aussi froid et calculateur que ce que l'on prétendait ?! Tout ce temps, il m'avait manipulée… Il avait joué avec moi, tel un chat jouant avec une pauvre petite souris.

-Chloé écoute moi !

Son ton me paralysa. Tant de force dans un seul être. Il avait déjà tué mon père. Se débarrasser de moi serait un jeu d'enfant. Je reculais, apeurée. Lui ne semblait pas s'en formaliser, il s'approchait, aussi lentement que je reculais. Je butais un instant contre une chaise. Sa voix grave et envoutante qu'il réserve à ses clients prestigieux vibra dans l'air.

- Chloé, j'ai découvert ce complot contre ton père, il y a un an… j'ai voulu faire des recherches mais il semblerait que tout ce soit évaporé autour de lui. Pas le moindre petit indice qui pourrait expliquer ce qu'il s'est réellement passé…

Son regard était presque noir. Je me retrouvai bien vite contre le mur. Lui continuait son monologue en me fixant.

- Et puis, quand je t'ai vue. Tes yeux… ils n'étaient plus ceux que j'avais connus. Comme éteints. Je voulais que tu retrouves ta joie de vivre. Je voulais… Chloé, comment peux-tu seulement croire que je pouvais faire du mal à ton père ? Je ne suis pas un monstre.

Il s'arrêta, plongea ses yeux dans les miens. Je vis comme une cassure dans son regard.

-Mais c'est ce que tu penses. Que je suis un monstre.

Comme prise en faute, je baissais les yeux. Je ne savais quoi dire ou quoi faire. Je m'en voulais de l'avoir blessé mais mon être hurlait que je détestais cet homme. Je ne voulais pas qu'il pense cela de moi. Que je pouvais le voir comme un monstre. Partir. Le dernier recours que j'avais.

- Laisse-moi te prouver que je ne suis pas un monstre. Je veux t'aider. Je ferai ce que tu voudras. Laisse-moi une chance de te montrer que je ne suis pas mon père. Je t'en supplie.

J'étais au bord des larmes. Pouvais-je le croire ?

Il se retourna et pris son téléphone sur son bureau.

Les jours qui suivirent furent probablement les plus pénibles. Après m'avoir avoué qu'il était en partie responsable, il avait téléphoné lui-même à la police. J'eus beau le supplier de m'expliquer, il resta de marbre. Pas un mot. Pas un regard. Sa volonté de me prouver que j'avais tord l'avait quitté. La dernière image que j'avais de lui était celle d'un homme menotté emmené par deux colosses de la police de Métropolis.

Lois m'avait envoyée le soir même à New York pour me protéger. Je trouvais cela totalement inutile. Lex ne se serais jamais abaissé à essayer de m'assassiner. Oui, j'avais compris la majeure partie de cette histoire. Le complot avec Carmelina pour éviter que des informations pouvant les compromettre ne soit divulguées. La fuite de mon père. Son prétendu accident. La fin des recherches…
Mais jamais au grand jamais, il n'aurait tenté de m'assassiner. Il ignorait encore que mon père était en vie donc il n'avait pas de raisons valables de vouloir le faire. Et au fond de moi, une petite voix ne voulait pas croire en sa culpabilité.

Lois et Clark avaient fait du bon boulot. Leur dossier était d'une clarté et d'une précision frisant la perfection. A un point tel que les enquêteurs n'avait eu qu'à mettre Carmelina et Lex en prison dans l'attente de leur procès.

Central Park était magnifique à cette époque de l'année. La température était idéale. Même si je détestais être si loin de Métropolis, je me rendais compte du chemin parcourut ces derniers mois.

J'avais repris le dessus. Travailler pour Lex m'avait réellement plu. Enfin au début. La fin était trop imparfaite mais travailler pour lui m'avait prouvé que je pouvais reprendre une existence normale. Même si au niveau émotionnel, j'avais régressé, en me promenant ici, je sentais que j'avais grandi. Ou je m'étais retrouvée. Je ne sais pas vraiment quel terme est le plus correct. Dans tous les cas, je ne voulais plus jamais redevenir secrétaire. D'une part, parce que j'avais collé parfaitement à l'image de la secrétaire s'envoyant en l'air avec son patron. Et de l'autre part, j'avais réalisé à quel point le journalisme m'avait manqué. Venir ici, là où Pulitzer avait lancé le fameux « The New York World », là où il avait disputé une lutte acharnée contre William Hearst pour la suprématie de son journal, je sentais déjà mon sang battre plus fort dans mes veines. Comme si quelque chose en moi se réveillait.

-Chloé, fait attention, tu vas attraper un coup de soleil.
-Papa, je n'ai plus…

Mon cœur rata quelques battements.

-Papa ?!

Il était là, devant moi ! Encore plus beau que dans mon souvenir. Comment avais-je pu oublier cette petite ride au coin de l'œil, ce sourire, ces…
En un instant, il me prit dans ses bras. Jamais je n'avais ressenti pareil bonheur. Il était là. Dans mes bras.

-Ne pars plus jamais.
-Jamais mon ange.

Sa voix grave me transperça le cœur. Trop de bonheur en si peu de temps. Pourrait-il supporter tout cela ?
Nous avons passé la journée ensemble à parler de tout et de rien. Nous avons juste savouré le fait d'être ensemble. Malheureusement, le soir venu il devait repartir pour Métropolis pour faire sa déposition.
Mais je ne m'inquiétais pas. Il avait promis. Il ne me quitterait plus.

-Allo ?
-Salut douce cousine de mon cœur.
-Lois… Laisse-moi revenir.
-Non.
-Mais !
- Il n'y a pas de mais qui compte. Tu restes à New York. Le temps que le juge annonce s'il va y avoir poursuite contre Andréas et Luthor.
-Il va y avoir poursuite ! Ils ont voulu tuer mon père !
- Chloé, Andréas va tomber. Pour Luthor, ça va être plus compliqué. Il était au courant mais il n'a rien organisé. Il risque au plus d'être jugé pour ses agissements illégaux et non assistance à personne en danger.

-Chloé, je sais que tu es tiraillée entre ta raison et…
- Non ! Je t'interdis de dire ça. Mon cœur n'a aucune raison d'être dans cette histoire. Je n'éprouve rien. Pas la moindre émotion à son égard.

Pas la moindre, je ne pouvais pas. Ma raison ne pourrait y survivre.

- D'accord Chloé. Je te promet qu'à la seconde où la situation sera éclaircie ici, je te fais revenir. En attendant, profite de ton voyage.
-J'ai le choix ?
-Non.
-Bien.
-Chloé, n'oublie pas que je fais ça pour ton bien.
-Oui. Je sais.

Elle avait peur que je devienne folle. Trop d'émotions avait-elle murmuré à Clark alors qu'ils m'emmenaient à l'aéroport.
Je ne lui en voulais pas de vouloir me protéger. Je lui en voulais de m'éloigner de mon univers, de mon père et dans un sens aussi de Lex. Je voulais le voir, qu'il m'explique, qu'il me dise qu'il n'avait rien à voir avec tout cela, qu'il ne m'avait pas manipulée, qu'il…
Lois avait raison. J'étais trop émotive. Lex était le sujet qui me martelait le plus. Je ne m'étais même pas interrogée sur le retour de mon père. Ni sur ce qu'il avait bien pu faire ces trois dernières années.

Mon univers tournait autour de Lex.
Insidieusement, mon cœur avait pris le pas sur ma raison.
J'étais à sa merci.
Il m'avait séduite et je ne pouvais rien faire contre ça. J'étais amoureuse d'un monstre.