Donne moi une vie

6


Il faisait nuit depuis quelques heures, ce soir tout était calme, David lui avait annoncé qu'ils accostaient en France après demain. Le jeune roux était excité de voir un nouveau pays, la France ce mot était magique et inspirait à ce jeune homme la mode et autre cliché de la vie parisienne. Elle lui rappelait aussi la royauté, les palais, un monde qui lui faisait penser aux vampires romanesques des livres à succès et à Haji tout simplement. Si il n'avait pas eu ce prénom, il aurait aimé l'imaginer en noble français. Au-delà de ça, d'un côté plus terre à terre, Kai savait aussi que la France indiquait que les affaires allaient se corser car ils allaient se rapprocher de leur but ultime. Pour une fois en regardant la mer devant lui, le petit roux pensa à Haji, non pas à sa sœur, comme d'habitude. Il allait se faire un sang d'encre pour Haji, rien qu'Haji lorsqu'il partirait en éclaireur avec elle. Il se demandait si tout irait bien pour lui aussi... Il était maintenant dur pour lui de ne pas trahir son amour, car s'en était visiblement un. A la rigueur une amourette ne lui aurait pas mis le moral à zéro, mais visiblement, ce n'en était pas une. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il pense il en revenait toujours à... Haji. Il avait beau faire le pitre et amuser la galerie comme avant, il n'en restait pas moins que son cœur se comprimait dans sa poitrine à chaque fois qu'il voyait la chevelure sombre du chiroptère.
La tête contre les bras, les bras reposant sur la rambarde, Kai regardait d'un air vide la mer, ça faisait quelque jours qu'il n'avait pu capter un moment d'intimité avec le brun, c'était bien dommage, non en fait ça le rendait amer, de le voir accrocher à Saya comme un animal captif. Depuis leur nuit, elle semblait ne plus vouloir laisser Haji seul quelques instants et lui pourrissait la vie en le traitant comme esclave. Il lui ficherait bien une claque, pour la réveiller, pour lui faire comprendre toute la chance qu'elle avait de l'avoir à ses côtés. Kai tuerait presque, si il pouvait prétendre à prendre la place de Saya et engendrer un tel être pour le garder auprès de lui et le traiter avec tous les égards qu'il méritait... visiblement les chiroptères n'avaient pas tellement d'estime pour leurs congénères, ou c'était autre chose.
Kai soupira plus fort, un jour, oui, il deviendrait vieux et il mourrait, alors qu'Haji resterait jeune éternellement. Ce mot lui faisait mal, et il comprenait bien que jamais Haji lui rendrait ses sentiments, d'ailleurs en regardant leur histoire sous cet angle, il ne le voulait pas. Il ne laisserait pas Haji derrière après sa mort, c'était un agissement égoïste d'enfant. Fronçant les sourcils, il attrapa la montre qui lui avait offert son ex pour la jeter à la mer, tout ceci n'avait plus de sens pour lui, car maintenant il était sûr de ne pas ré aimer de sitôt.

- Trop compliqué... »

Kai se retourna posant ses coudes contre la rambarde, il regarda autour de lui, il était seul sur le pont supérieur, alors sans gêne il cala une cigarette entre ses lèvres et observa les étoiles quelques longues minutes. Il devait s'inventer chaque jour un nouveau rôle pour ne pas se mettre à déprimer à cause de cette histoire de cœur. Il ébouriffa ses cheveux, et prostré, cambré contre la rambarde, il se mit à regarder droit devant lui un point quelque part... David passerait bientôt, autant qu'il s'entraine au tir. Il avait fait de bon progrès, mais depuis peu, tenir une arme le stimulait d'une nouvelle façon. Il aimait ça, le pouvoir qu'il avait pendant quelques minutes, la détonation, l'odeur, le bruit de la douille... Et maintenant il visait juste, il y avait quelque chose là-dedans de plaisant, il en ferait... son métier, sa manière de vivre, car si il devait tuer pour protéger les siens, il le ferait sans hésiter. Lui-même trouvait que cette histoire d'amour l'avait fait murir doublement, derrière ses histoires d'enfants, il entrevoyait le monde avec des yeux d'adulte, son mentale avait enfin rattrapé son âge.
Le lycéen jeta sa cigarette derrière lui, enfonçant son visage dans le col de sa verste. Étrangement, il ne vit pas l'homme qui s'approchait de lui et fut surpris d'entendre son nom. Ses yeux tournèrent vers Haji, à qui il fit un rapide mouvement de tête. Ne pas se trahir, ne pas montrer son attachement, il se mesurait de mieux en mieux.

- Ça va ? »
- Tranquille. »

L'un à côté de l'autre les deux hommes n'échangèrent pas plus de mot. Kai fixait toujours le pont et se mit à courir à la rencontre de David lorsque celui-ci passa.

- On s'entraîne ? »

Le militaire n'était pas né de la dernière pluie, il avait bien remarqué le sérieux du roux, son trop-plein de sérieux pour être exacte. S'entrainer... il n'avait plus rien à lui apprendre, c'était comme si Kai avait redoublé d'efforts pour se faire attentif et consciencieux, ces deux attributs qui lui avaient manqué pendant tous les entrainements qu'ils avaient partagé depuis qu'il voulait protéger Saya. Le blond savait bien qu'aujourd'hui ce n'était plus Saya qui était la priorité du roux, et que cette priorité était également sur le pont. Quand est-ce que le gamin arrêterait de jouer l'adulte qu'il n'était pas encore pour cacher ce qu'il n'avait plus à cacher à quiconque. Lui, Julie, Lewis, tout le monde avait vu à quel point il avait changé depuis l'altercation avec Saya. Il avait défier sa sœur pour ce qu'il avait cru juste et depuis il avait des étoiles dans les yeux quand on parlait d'Haji, il avait même arrêté de fantasmer sur le décolleté de sa... enfin de Julia !

- Je n'ai plus rien à t'apprendre, si tu veux vraiment agir en adulte, ce n'est pas à moi que tu dois le prouver, ni à toi d'ailleurs ; c'est à lui. Difficile de passer pour un adulte devant une personne qui fait dix fois ton âge... Difficile d'être crédible devant un chevalier, et je pense pas qu'Haji soit du style à se laisser approcher comme ça, mais la guerre gamin, ne se fait pas qu'avec des armes. Surtout fuis pas tes sentiments, ils te rattraperont un jour, attend pas d'avoir dépassé la quarantaine pour te dire que tu as laissé s'envoler les plus belles années de ta vie. »

David savait de quoi il parlait, c'était d'expérience qu'il lui disait ça. Sans dire un mot de plus, le blond continua sa route, de toute façon, ce soir, il n'allait pas se faire une séance de tir, il finirait sa nuit avec Julia, point barre !

- Tss ! »

Kai haussa les épaules tout en se retournant vers Haji. Il fallait certainement qu'ils parlent, tout du moins qu'il lui parle, mais il n'était pas prêt. Pas facile de dire à un immortel, je t'aime, alors si c'est réciproque, ben dans quelques années fait de moi ce que tu es, pour ne jamais qu'on soit séparé ; risible... Haji détestait assez sa condition pour refuser de la donner à un humain, surtout si il l'aimait ! Une larme dévala sa joue et sans attendre il se dirigea à la poupe, sans prendre garde au violoncelliste il partit s'isoler. Sa décision devait être prise maintenant, en marchant, il n'aimerait plus Haji, mais si le chiroptère voulait à nouveau saouler son être de son sang, il prendrait l'opportunité pour glisser dans ses bras. Qu'importait son cœur désormais, mieux valait voir Haji, comme un possible amant d'une nuit. Son visage balayé par le vent, le roux ferma les yeux, glissant une main dans son pantalon. Le vent soufflait fort, assez fort pour le remplir d'une certaine excitation. Il avait l'impression d'être une poussière capable de s'envoler. Le vent marin s'engouffra dans sa veste faisant palpiter sa chaire, il ne savait pourquoi, le vent lui donnait ce sentiment intense de vie et d'ivresse, c'était sûrement ce que recherchait le chiroptère avec lui... rien qu'en pensant à Haji, il se libéra retombant mollement contre le sol. Sa nuque se cambra, suivant le mouvement de son dos, allongé là sur le sol, Kai fixaient les étoiles. Un ruban glissa devant ses yeux, accompagné d'une nuée de fils fins et précieux dont été composé la chevelure du brun. Il l'avait suivi ? L'avait-il observé pendant qu'il ? Le roux passa les mains contre son t-shirt effaçant les taches blanches qui les maculaient.

- Kai, désolé... »
- Le soit pas, t'as qu'à… continuer à me prendre de la sorte, c'est tout ce que je te demande, tu veux du sang, j'en ai, prend le. Je ne te demande rien d'autre Haji… »

Sa voix était blanche, Kai essayait de se persuader lui-même de ses paroles, c'était absurde, mais c'était le mieux à faire dans son cas. L'amour avait quelque chose de trop humain, tant qu'Haji ne serait pas réconcilié avec sa condition et ses regrets passés, mieux valait ne pas en rajouter. Il soupira observant Haji glisser sur ses haches, le chiroptère se baissa puis enfonça ses canines dans la chaire du roux. Kai fut assez intrigué que le brun concède sans broncher à sa demande, qui n'en était même pas une, d'ailleurs. Il ne pensait pas que le violoncelliste le prendrait à la lettre, après tout ce n'était qu'une invitation dans le vent. Avec tendresse la main du roux glissa dans la chevelure du brun l'attirant un peu plus près de lui. Le vent continuait de balayer son corps à tel point qu'il en cherchait son souffle, étrangement, ces deux éléments additionnés, le plaisir de la morsure d'Haji et le vent qui le martelait de plein fouet le firent gémir comme un bien heureux. Il se sentait si petit, si faible, rien qu'un grain de poussière emporté par le vent... Cette image lui rappela les cendres de ses parents, que ses gants blancs de gamins avaient laissé partir justement dans le vent.
Kai prit conscience à ce souvenir particulier que la vie n'était qu'un bref passage et qu'il devrait mordre à pleine dents, alors dans un sourire fripon, il glissa ses mains sur le corps du brun, ce soir, même si Haji n'était plus humain, il n'allait pas le laisser filer rien qu'avec une morsure ; déjà il dégagea sa gorge pour prendre possession des lèvres du brun, son sourire fit tiquer le chiroptère.

- J'ai pas qu'une seule veine, vas-y... »

Le corps en face d'Haji lui semblait inconnu, il ondulait comme un serpent, c'était une sensualité qu'il n'avait jamais vu sur Kai, un sourire entendu glissa sur ses lèvres rougies par le sang, il allait s'exécuter. Il regarda l'humain dégager son corps de ses vêtements, et lentement le chiroptère glissa sur la peau pâle des cuisses pour y glisser ses canines. La chaire était plus tendre que celle du cou, un peu plus épaisse, mais délicieuse, c'était la première fois qu'il croquait quelqu'un à cet endroit, il n'avait jamais eu que le poignet ou le cou de la douce Saya. Ce soir, sous la lune, son amant lui montrait une étrange facette pleine de tentations auxquelles il s'abandonna rapidement. Il n'aurait su dire si c'est Kai qui lui avait fait partager cet état ou si c'était le vent qui les fouettaient ainsi qui le rendait aussi... vivant. Le chiroptère lâcha la cuisse pour aller lécher sa voisine, en effet sur le corps humains, il y avait pleins d'endroit où se sustenter à loisir, d'ailleurs ses canine pénétrèrent la seconde cuisse sans attendre, laissant le corps de Kai s'onduler un peu plus encore. Le vent faisait mourir les gémissements de plus en plus sonores du jeune homme au milieu du fracas des vagues.
Kai glissa sa main dans la chevelure brune, son regard se perdit dans la nuit pendant qu'il s'abandonnait aux souvenirs d'une chanson qui lui faisait tout à coup penser à cette nuit. C'était la plus belle musique qu'il n'avait jamais entendu, là dans ses oreilles, il s'était dit qu'il l'écouterait en faisant l'amour. Pourquoi ? Car c'était avant tout ça, ce n'était pas une histoire de prouesse ou de sexe violent, c'était juste une histoire de sentiments et de bien-être... Là entre les dents du chiroptère il ressentait un plaisir intense qu'il n'oublierait certainement jamais. Les yeux mi-clos, Kai se mit à chantonner le tube de Moby porté par le lien qui l'unissait au brun, il le fit remonter le long de son torse pour un baiser quasi passionné. Il sentit les crocs du violoncelliste fendre sa lèvre inférieure, visiblement Haji était en appétit, ça le fit sourire intérieurement. Là les yeux dans les yeux, les deux hommes se sondèrent quelques instant avant qu'Haji n'aille mordre la veine qui glissait sous la peau fraîche du bras qui venait de remonter sur le crâne du roux. Son corps ce soir porterait de nombreuses morsures, mais il fallait avouer que ça avait un côté jouissif apparemment autant pour lui que pour l'humain.

- J'ai envie... de toi. »

Kai poussa un profond soupire, le chiroptère lâcha son corps, pour ce soir, il avait suffisamment donné de son sang, il ignorait pourquoi, mais Haji continua de l'observer, allongé sur le sol, le corps chaud et vibrant sous un vent déchainé, Kai semblait frémir à chaque coup de vent et en redemander aussitôt, l'air qu'il fredonnait lui semblait familier comme étrangement étranger, Haji n'aurait sur vraiment, pourquoi il n'arrivait à trancher, après tout il était... musicien... Sans un mot il glissa vers le pont inférieur laissant là l'humain qui le regarda s'éloigner. Le corps de Kai se cambra, mais resta là, au même endroit, quelque chose lui avait dit que le brun reviendrait bientôt, et s'en fut ainsi, quelques secondes plus tard, la silhouette du chiroptère fut à nouveau visible, il portait quelque chose à la main que le roux ne put identifier qu'une fois contre lui. Que faisait le brun avec un archet ?

- Ferme les yeux. »

D'abord étonné, Kai regarda Haji puis l'archet et à nouveau Haji, ce n'est que lorsque le musicien lui intima de fermer les yeux, que l'humain comprit ce qui allait se passer. Un sourire étira les lèvres de Kai lorsque la mèche de l'archet glissa sur son corps, sur son torse, ses tétons, un à un, enflammant littéralement son être. Haji se prêtait à un jeu qu'il n'aurait jamais espéré. Le corps glissa entre les mains du violoncelliste qui l'attira à lui, ce soir, il serait son instrument, puisqu'il le désirait. L'humain glissa son visage dans le cou de son maître, il y avait là quelque chose d'enivrant à se laisser porter et traiter comme un simple objet. Un large sourire étira les lèvres du roux, lorsque l'archet dévala son corps le faisant frémir de part en part, si ce n'était pas de la torture… Kai, enfonça ses dents dans la peau laiteuse du brun lorsque la mèche frôla son membre, il n'était pas chatouilleux pour un sou, heureusement, mais ces frôlements lui faisaient perdre la raison.

Les yeux mi-clos, la respiration courte Kai poussa un profond gémissement repoussant tendrement la main du violoncelliste, il savait qu'à ce rythme il ne tiendrait pas la route, alors il se mit à rire.

- Haji, tu vas me tuer… »
- C'est ce que je suis... As-tu peur de mourir de mes mains ?»
- Non, prend-moi, si c'est ma vie qui t'intéresse elle est tienne jusqu'à la dernière goutte...»

Cet échange fait de murmures fit ouvrir les yeux de Kai, à cet instant dans les prunelles noires de son vis-à-vis il venait de voir une note d'espièglerie. Haji semblait s'amuser de ce qu'il lui faisait subir et pas qu'un peu, puisque l'archet frôla à nouveau l'entre jambe de l'humain qui jouit entre ses bras. Le brun baissa le visage glissant l'arrête de son nez contre la nuque de l'humain. Il saignait encore un peu, d'ailleurs la langue du chiroptère alla nettoyer le sang qui s'échappait encore de la plaie. Le pouls de l'humain était trop vif à peine eut-il nettoyé la plaie que le sang s'échappait à nouveau.

- Doucement, tu vas te vider de ton sang... »
- Et si je mourrais ce soir ? »
- Dis pas de bêtise ! »
- Haji, si je devais mourir, avant toi, me transformerais-tu ? »
- Pour ? »
- Je veux... rester éternellement avec toi, quand le moment sera venu, fait de moi, ton compagnon... pour... l'éternité... »

La chevelure rousse glissa dans son cou, le jeune homme semblait à moitié ailleurs, peut-être qu'il avait eu sa dose d'émotions fortes pour la nuit, vu ce qu'il commençait à dire. Des inepties ! Compagnon ? Éternel ? Voilà des mots qui ne ressemblaient pas à Kai. Haji plissa les sourcils, bien sûr il avait entendu les sentiments du gamin, mais il n'était pas prêt à l'entendre parler de la sorte. Il était jeune, frais, plein de vie, il n'avait pas à penser à la mort, pas à penser de devenir un être taciturne comme lui. Il n'y avait rien de magique dans leur vie de chiroptère, loin de là. L'éternité était un fardeau qu'ils devaient porter... quasiment... à jamais.

- Haji... »
- Quoi ? »
- J'aimerais un jour partager quelque chose de plus humain avec toi.»

Plus humain ? Parlait-il de relation physique ? Ou de sentiments ? Le regard fiévreux du rouquin était plutôt synonyme de concupiscence, pourtant sa voix, chaude et basse, invitait plutôt à quelque chose de tendre qui étonna un peu plus le brun. Où était partit l'ado plein de pulsions qui se serait envoyé la première minette qui aurait passé ? L'homme à la chevelure d'ébène se laissa tomber à terre attirant l'humain contre lui, ce soir, il se sentait, quelque peu... étrange, jamais il n'aurait pensé, faire quelque chose d'aussi sensuel avec Kai, l'humain continuait d'onduler entre ses bras, Haji se plaisait à le regarder se mouvoir au-dessus de lui, il devait s'avouer que le spectacle était des plus délicieux. Les yeux mi-clos de Kai semblaient briller d'une lueur dangereuse et son corps nu encore un peu androgyne pour son âge, l'extasiait par sa pureté et sa sensualité mélangée.
Où avait-il raté sa transformation ? Était-ce par ce qu'il avait été fait trop jeune ? Un spectacle pareil aurait dû aviver un feu agréable en lui, mais il n'en était rien, son corps demeurait muet face à la scène qui réjouissait ses prunelles noires.

- Haji... je t'appartiens..."

Kai visiblement commençait à perdre pied, alors sans attendre, le violoncelliste le releva pour le glisser dans sa veste, d'un mouvement rapide il attrapa leurs affaires et le traina jusqu'à sa cabine. Haji avait déjà vu des camés, au début du siècle dernier, Kai y ressemblait beaucoup ce soir, au travers de ses yeux, il y avait un monde de plaisirs et de bien-être inconnus. Au milieu de ses draps, un corps à genoux lui fit face, le dos légèrement cambré, le visage de l'adolescent retomba mollement en arrière tandis que ses hanches bougeaient avec une lenteur déconcertante dans le vide. Haji regarda le roux et fut étonné de le voir se lever tout à coup pour se saisir de quelque chose. Le musicien ne comprit pas de suite de quoi il s'agissait, mais en voyant le jeune homme revenir vers le lit avec une bougie entre les doigts, le chiroptère fit un sourire en coin. La langue de Kai glissa le long de l'objet faisant comprendre à Haji où se situerait l'utilité de l'objet. Et si l'humain commença à se positionner sur l'objet pour l'utiliser à des fins jouissives, il fit comprendre au chiroptère que son aide serait la bienvenue. Le corps de Kai se mit à onduler, ses mains prirent appui entre ses cuisses et l'objet sorti de son corps pour s'y enfoncer de nouveau, la tête retomba souplement en arrière invitant le chiroptère à le rejoindre dans un regard langoureux.
Haji l'avait rejoint depuis quelque secondes, le brun était assis juste derrière lui, dans cette position, Kai eut un large sourire, son dos glissa contre le torse du brun, dans cette position, oui... il pouvait imaginer que c'était le brun qui remplissait son corps d'un plaisir puissant, mais doux. Lorsqu'il eut jouit, l'humain s'affala dans les bras du chiroptère cherchant un dernier moment de douceur. Haji n'avait pas parlé depuis qu'il avait pénétré la chambre, Kai ignorait donc si ça lui avait fait plaisir de participer à ce genre de choses, mais il n'eut pas la force de le lui demander à haute voix, à la place, il se laissa glisser dans les draps, repu.

- C'était... si bon... Haji, je t'aime. »

C'était sorti tout seul, mais qu'importait maintenant, Kai en avait trop dit, trop fait pour se taire à présent, c'était vrai, ce n'était que des sentiments humains, les sentiments d'un gamin pour une créature ayant dépassé les deux cent ans... Mais alors ? Où était le mal ?
Une main caressa son visage il sentit les lèvres du brun avant de s'endormir, glisser un baiser chaste sur ses lèvres, il n'y avait pas eu de "moi aussi", mais cette réponse lui avait rempli le cœur de joie. Il savait que son amour serait pris avec des pincettes car il n'était qu'un humain, mais un jour... oui, un jour, lorsque le temps viendrait, il montrerait à Haji qu'il serait prêt à tout pour lui...

- Kai... repose-toi. »

L'humain ferma les yeux, serré entre les bras de l'homme qu'il aimait, rien n'aurait plus d'importance maintenant à part de prouver à Haji qu'il était sincère et qu'il ne passerait jamais à autre chose.

- Jamais... »