Auteur: Nanika
Fandom: Harry Potter, UA
Pairing: Pansy/Hugo
Warning: Nope, à moins qu'une femme "bourrée" mérite un warning...
Note: Cute! Heureusement, je donne des armes à Hugo!
XX
Pansy Parkinson avait changé depuis les évènements de sa Septième année.
Non pas qu'elle soit devenue gentille, elle n'avait jamais était méchante après tout. Oh, elle n'avait jamais reculé face à une bonne critique des élèves jugés « inférieurs », ni une moquerie.
Mais il n'était pas dans son genre de décimer réellement.
Malefoy, son ami, son amour, l'avait abandonné après la guerre. Ou, plutôt, elle était partie. Elle n'avait pas réussi à supporter sa nouvelle face découverte. Elle avait aimé le côté brillant, le côté fort et la manière méprisante de vivre.
Et bien qu'elle l'aimât toujours, tout dû moins, l'idée qu'elle s'en était fait, elle ne supportait plus ce pathétisme qu'il traînait comme une chaussette.
Elle s'était fait engager dans un petit salon de thé d'un village sorcier, « Plume Enchantée », et passait ses journées entre des livres et des tisanes brûlantes.
Un jour, son train-train se retrouva bouleversé.
2021.
Hugo Weasley, digne fils de sa mère, avait pris très au sérieux le cours optionnel de Troisième Année.
C'était une option qui n'existait que depuis quelques années, et qui consistait à ce que l'élève accepte de passer une semaine de stage chez un employeur. Pour des raisons pratiques, il était expressément demandé à ce que ce stage se réalise dans le monde sorcier, sauf pour les élèves ayant choisis le cours d'Etude Moldu, qui devaient, alors, obligatoirement suivre un stage dans les familles moldues au courant du Secret.
Hugo avait longuement réfléchis avant de se décider.
Il avait profité d'une sortie à Pré-au-Lard pour observer chacune des devantures de magasins. Si ces amis l'avaient trouvé étrange, ils n'en avaient rien dit. Après tout, ils avaient l'habitude de ces états d'âmes.
Le jeune garçon avait arrêté son choix sur deux échoppes. La première, classique, était une boutique de balais. Avec la famille qu'il avait, il aurait été difficile de ne pas concevoir une quelconque connaissance de l'objet !
Son second choix ferait certainement plaisir à sa mère.
Un salon de thé-librairie. La « Plume Enchantée ».
Pansy leva les yeux de son ouvrage, et apposa sur ses lèvres son sourire commercial. Et malgré les cheveux roux qui se tenaient à l'entrée, ce sourire ne diminua pas.
« Bonjour… »
« Bonjour, Madame ! »
La conversation s'arrêta aussi vite qu'elle avait commencé, et les deux protagonistes échangèrent un long regard. L'un comme l'autre, ils essayaient d'analyser l'autre.
Lui parce qu'il espérait bien qu'elle l'accueillerai dans sa boutique, elle parce qu'il, ou dû moins ses cheveux, lui rappelait son passé.
« Désirez-vous quelque chose en particulier ? » finit elle par demander, cassant le silence par sa voix brusque.
Hugo sursauta, et il cilla des yeux. « Euh, oui. Avant tout, j'aimerai goûter votre thé… et ensuite, j'aimerais vous faire une proposition, madame ! »
Il vit la légère grimace de la femme, et haussa un sourcil. En l'entendant marmonner alors qu'elle se levait de son siège, il sourit en coin. « Souhaitez-vous une saveur en particulier ? » continua t-elle, avec un sarcasme évident.
« Et bien, qu'avez-vous ? »
« … Caramel, chocolat, thé vert, composition… »
« … Je veux une compo' », répondit le jeune garçon avec une arrière pensée.
« Non, mais t'es pas chiant, comme gosse, toi, hein ! », lâcha Pansy.
Hugo sursauta une fois de plus, et lui lança un regard en coin. Il sourit. Ce serait vraiment plaisant, en fait.
Leur première conversation porta alors sur le thé, et ses différentes associations. Au final, Pansy fut agréablement surprise par la « science » du garçon dans les mélanges végétaux (jamais Hugo ne lui vouerait que Neville était une grande pointure du thé…), et lui fut certain de laisser tomber la boutique de balais sans hésitation.
Premier jour.
« T'es en retard, gamin… »
« Désolé, j'ai eu du mal à porter ce que vous m'avez demandé d'amener, justement ! »
Pansy eût un sourire en coin, et Hugo soupira. Il entra avec la traînée de bûches que la jeune femme lui avait ordonné d'apporter pour son premier jour.
« Je vous le pose là… Madame ? »
Pansy grogna.
Deuxième jour.
« Et donc, ce livre a le charme de parler de notre région, et… », Hugo se tût en sentant le regard torve de son employeuse.
« … T'es carrément nul, mon pauvre gars… »
Hugo soupira.
« Merci, Madame, j'apprend. »
« … Tu me soûles… »
« Je sais, Madame. » Sourit le garçon.
Troisième jour.
Hugo entra dans la boutique avec un froncement de sourcil.
La pièce était sombre, et quand il passa la tête du bureau de Pansy, il la trouvé ivre morte sur le sol.
Passé l'instant de surprise et de peur, il alla fermer la boutique, et s'occupa de la jeune femme.
Celle-ci resta enfermée dans les brumes de l'alcool, mais elle sentait bien qu'on s'occupait d'elle. « M… merci… »
« C'est normal, Mad… Pansy. »
« T'es gentil, Weasley… co… comme ta mère. Tss, elle était con, elle… »
Hugo se figea, puis reprit son mouvement en silence. Il l'aida à se coucher, en attendant la suite. Depuis deux jours, il avait bien compris à ses manières, à ses paroles, et à son âge apparent qu'elle avait dû être à Hogwart à la même époque que ses parents, et dans une maison opposée.
Mais Pansy se tût.
Et Hugo soupira.
Quatrième jour.
Pansy grogna, et se prit la tête dans les mains ensuite.
Elle avait perdu. Une fois de plus.
Depuis hier, elle sentait qu'Hugo la regardait encore plus bizarrement qu'avant. Il ne l'avait même pas agacé, encore !
La journée finit sur cette note d'attente.
Cinquième jour.
« Parkinson. »
« Weasley… », fit doucement Pansy. Ainsi, le garçon avait découvert son ascendance. Elle se plaça plus confortablement dans son siège, et patienta.
Mais le roux se contenta de la fixer du regard. Finalement, il repartit faire son travail en silence.
Pansy souffla lentement. « Ce ne sera plus long… »
Sixième jour.
« Vous avez changé... »
« Tu crois ? Tu ne m'as jamais connu, gamin. »
« Possible. Mais Maman prétend que vous aviez une certaine force dans le regard. Vous semblez brisée… »
Pansy haussa un sourcil, puis poussa un léger grognement amusé. « Peut-être que j'ai rêvé trop longtemps, oui… mais je crois surtout que ta mère vit dans un souvenir drôlement cinglé. Elle prend des drogues ? »
« Mais vous avez quoi, exactement, contre ma mère ? » perdit finalement son sang froid Hugo.
Pansy eut un petit rire faible. « Elle est une Née de Moldue. »
Hugo fronça les sourcils « et alors ? »
« Et alors, et alors… ah, tu vis dans une famille tolérante, mon jeune idiot. A mon époque, c'était… mal vu… »
« Mais, pourquoi ? »
« Parce que les Nés de Moldus sont, pardon, étaient des tares. Des tricheurs, des fous, des voleurs. Parce que je ne les aime pas, c'est salops qui nous volent nos droits et nos plaisirs, nos métiers, et nos espoirs. Parce qu'elle représente à la fois ce que j'aurais dû être, et ce que je ne supportais pas. »
Hugo ne comprenait pas pourquoi elle lui racontait tout ça, pourquoi elle acceptait de se dévoiler. Elle-même avait du mal à saisir, mais elle sentait confusément que ça avait trait à ses cheveux roux, à ses manières silencieuses, propres, presque timide, et à ses yeux si francs. Il lui rappelait l'enfance, il lui rappelait la souffrance, mais surtout, il lui rappelait l'amitié. Elle soupira.
« Laisse tomber, gamin… C'était ton dernier jour. Rentre chez toi. »
Mais Hugo n'en avait pas fini.
Il revint la semaine suivante.
« Mais qu'est-ce que tu fous là ? »
« Un thé compo' Hiver Pétillant. Et qui était avec vous, dans votre dortoir ? »
Pansy leva un sourcil, mais le servit.
Puis elle raconta.
Et la semaine d'après, Hugo continua son manège.
Chaque Samedi. Et Pansy finit par l'accepter.
« Tu ressembles à ton père, tu sais… »
Hugo fronça une fois de plus les sourcils. « Non… »
« Si. Mais avant. Avant Hogwart, avant Potter. Le Ronald d'avant, celui du jardin d'enfants. C'était le bon temps… »
Elle lui raconta alors ses souvenirs. Doucement, par petites touches. Les matins à regarder par la fenêtre en apprenant l'étiquette. Les après midi dans le parc destiné aux jeunes sorciers.
Et Ronald, Ronald si gentil. Qui se faisait avoir par ses frères, mais qui protégeait toujours sa sœur. Celui qui souriait à tout le monde, et qui n'avait peur de rien. Celui qui préparait avec minutie les attaques contre Flo'ian, le vendeur de glace.
Et Hugo écoutait, Hugo apprenait, il riait, pleurait même parfois, mais toujours en silence. Une brève présence qui disparaitrait un jour, mais qui écoutait quand même.
Pansy le remercia, une fois. Une seule.
Mais Hugo l'accepta pour la valeur que ça avait. Avec tout son cœur.
Et malgré la curiosité, l'inquiétude même, de sa famille, il ne dit jamais à quoi il passait les quelques heures de chaque Samedi sur deux après midi, même après Hogwart.
Et Pansy l'accueillait toujours avec le sourire, et une tasse de thé.
XX
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