Auteur: Nanika
Fandom: Harry Potter, UA
Pairing: Poppy Pomfresh/Parvati Patil
Warning: Pas ce que vous croyez, mais vous commencez à être habitués. )
Note: CUTE. En tout cas, pour moi !

XX

L'infirmière du château poussa un petit soupir en refermant silencieusement la porte de son antre.

C'était fini pour la journée, et, a priori, pour tout le weekend.

Elle eut un petit rire fatiguée : bien que l'institut possède un nombre respectable d'étudiants, ceux-ci semblait absolument incapables de venir passer un peu de temps à l'Infirmerie.

Il fallait, en même temps, préciser que la Magie avait cette capacité, assez étonnante pour les Moldus, de renforcer le système immunitaire.

Seules quelques maladies passaient les filets, et encore, il s'agissait bien souvent de maladies spécifiques…

Comme chaque soir, elle repassa mentalement les quelques visites qu'elle avait eu dans la journée.

Eloise Midgen était, une fois de plus, repassée à l'Infirmerie. Depuis le malheureux épisode de son nez, la jeune fille venait une fois par semaine. Poppy pensait, en elle-même, que c'était excessif. A t-elle vraiment besoin d'aide, après tout ? Elle ne fait que se plaindre pour un rien !...

Mais la jeune fille semblait absolument devoir parler, et l'infirmière ne se sentait pas le courage de la rejeter, alors qu'elle-même avait besoin de compagnie. Elle aurait, certes, pu l'envoyer voir un psychomage. Mais, hey, était-ce vraiment nécessaire ?

Le petit Neville était aussi passé, ainsi qu'une troupe de jeune Pouffsoufle. Tous avaient eu un cours de Soin aux Créatures Magiques, et, bien qu'ils ne soient pas dans la même année, avaient tous reçus le même genre de blessure. Etonnant… Hagrid, je vais devoir vous tirer les oreilles une fois de plus !

Mais tout ceci n'avait pas vraiment d'importance, non, parce que la seule personne qui avait marqué son passage avait était la petite lionne.

Parvati Patil.

La jeune indienne jeta un regard inquiet derrière elle, alors qu'elle montait les escaliers menant à son dortoir. Elle venait de finir ses devoirs, et, une fois de plus, il était plus minuit que dix heures.

Bien sûr, seule sa meilleure amie savait qu'elle mettait autant de temps à les faire. Quel horreur si quelqu'un d'autre en avait conscience ! Après tout, bien que l'intelligence ne soit pas forcément primé chez les jeunes filles en fleurs (surtout chez les indiennes, et, en pensant cela, elle grimaça), il y'avait une limite à ne pas dépasser. Et être contrainte à passer deux fois plus de temps qu'un cancre notoire (Goyle, pour préciser) à travailler n'était guère… réjouissant.

Elle savait, bien sûr, qu'elle n'était pas aussi intelligente que sa sœur. Et c'est pour cela que, même si elle ne s'en faisait pas trop de passer beaucoup plus de temps qu'elle à travailler, elle y mettait tout ses efforts.

Elle ne négligeait rien, faisait des exercices supplémentaires, apprenait par cœur, déchiffrait à l'envers, et même, aller parfois à des tutorats… mais rien à faire, elle restait désespérément dans la moyenne.

Et pourtant, elle n'était pas bête. N'est-ce pas ?

La jeune fille était passée, de manière complètement inattendue, et il avait fallu à Poppy toute son expérience pour ne rien dire devant les cernes que le maquillage ne cachait plus.

Ce fut ce maquillage, plus que le reste, qui l'a convainquit qu'elle n'avait pas devant elle l'habituelle Patil.

« Miss Patil ? »

« Mrs Pomfresh… Je… » Commença t'elle. Mais elle n'avait pas pu continuer, et avait, à la place, baissé les yeux.

Pour autant, Poppy s'adoucit. C'était bien la première fois que celle-ci venait pour autre chose que pour un souci d'allergie à certaines substances en Potion, et elle avait bien l'intention de la garder un moment. Elle se sentait si mal, parfois, de sa réputation de dragon. Même si c'était pour leur bien.

« Asseyez-vous… expliquez moi donc. »

Et Parvati murmura son souci.

Elle aurait aussi bien pu le hurler.

Poppy en resta interdite. « Vous voulez une potion pour dormir ? Mais vous êtes si jeune ! »

Elle ne laisserait certainement pas une des étudiantes dont elle avait la charge commençait à se droguer maintenant !

Certes, la potion n'était pas addictive tout de suite, mais Poppy savait que si on commençait pour autre chose que pour une urgence médicale, on en devenait vite accro. Après tout, une Potion sans Rêve équivalait à un envoi simple dans l'oubli. Or il semblait bien que c'était ce que recherchait la plupart des jeunes déprimés.

Mais Parvati leva les yeux.

Des larmes au coin des paupières, une lueur absente, un regard presque vide…

Poppy céda. « Une seule fois. »

Et Parvati rentra chez elle à pas de loup.

La semaine se passa lentement, sans qu'aucune des deux ne repense vraiment à l'autre.

Si seulement il n'y avait pas eu ce satané contrôle…

« Miss Patil ? »

« … S'il vous plait… »

« … »

Poppy soupira, et jeta un œil autour d'elle. L'infirmerie était vide. Bien…

Parvati ne fronça même pas les sourcils.
La semaine qui venait de finir avait eu pour objectif de la mettre à terre, de la jeter définitivement, de l'assassiner à coup d'examens.

Alors, quand l'infirmière lui fit signe d'entrer, et qu'elle refermât la porte derrière elle, la jeune fille ne dit rien.

Elle fit passer délicatement sa longue tresse devant son épaule, et elle commença à jouer avec le bout. Elle s'assit doucement sur le lit que Pomfresh lui proposait, et elle leva finalement les yeux.

Poppy l'observait.

Elle notait à part elle, dans son plus pur style de médecin, les conséquences physiques de ce qui semblait ronger l'étudiante.

Cernes, teint cireux, yeux vides, mâchoires crispées…

Et pourtant, elle l'avait remarqué, Parvati passait sa journée à sourire et à faire bon accueil à tous.

Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, et pourtant, elle en avait déjà une idée.

Après tout, les jumelles Patil n'avaient pas été ses premières étudiantes gémellaires...

Elle se rappelait fort bien des jumeaux Wesaley. Notamment de leurs soucis l'un envers l'autre, à l'adolescence…

Mais était-ce vraiment ça ?

Parvati souffla doucement.

L'infirmière ne lui avait rien demandé. Elle s'était contentée de lui servir une tasse de thé brûlant, et de lui offrir du temps.

Au début, elle avait bien cherché à trouver un moyen de partir… mais, rapidement, elle s'était sentie détendue. Un regard perplexe vers le thé, un regard vers l'infirmière et son sourire en coin, et Parvati avait pu sourire réellement pour la première fois de la soirée.

Poppy sourit derrière sa tasse.

Décidément, il suffisait VRAIMENT d'une tasse de thé pour ces britanniques…

Les semaines passèrent, et finalement, Parvati finit par raconter son histoire.

« Ce n'est pas que je suis nulle, dû moins je ne le crois pas… mais… » Elle se tût. Poppy lui resservit une tasse de thé, et lui sourit avec compréhension.

« Mais ?

Mais je suis toujours à la traîne, n'est-ce pas ? Je veux dire…

Par rapport à… ? »

Parvati lui lança un regard incisif. « A ma putain de sœur ! »

Aussitôt, elle plaça une main devant sa bouche, et eût un air absolument horrifié. Poppy baissa lentement sa propre tasse vers ses genoux, et la regarda avec impassibilité.

Parvati finit par baisser les yeux et soupirer. « Je suis vraiment désolée…

Ce n'est pas à moi que vous devriez le dire, Miss Patil. Et, pour être sincère, je pense que vous n'en avez pas besoin.

Pardon ?

Vous le pensiez ? Vraiment ? »

Parvati faillit se mordre la langue pour ne pas l'insulter. Bien sûre que non ! Elle n'aurait jamais pensé cela en le pensant réellement, si elle n'avait pas été tellement en colère, tellement énervée, tellement fatiguée…

Et ça la percuta.

« C'est à cause de ça, n'est-ce pas ?

Nh ?

Vous le saviez. Pourquoi je n'arrive pas à dormir… »

Poppy sourit. « Je m'en doute, Miss Patil. Mais si vous ne me le dîtes pas, je ne peux pas le savoir vraiment. Après tout, je ne suis pas infaillible pour ce qui n'est pas des lésions médicales… »

Parvati offrit un sourire faible. « C'est vrai… »

« C'est juste qu'elle est tellement parfaite ! Je veux dire, elle sait tout faire, elle a toujours de bonnes notes, et en plus, elle est jolie. Alors, oui, je sais, on se ressemble, mais elle est différente, elle a cette élégance que je n'ai pas, avec mon impulsivité toute lionnesque ! Et puis, depuis qu'elle fait partie de son groupe de je-sais-pas-quoi, elle s'est rendu compte qu'être sociable, ben c'était pas dur, et maintenant, elle a plein d'amis, et les amis, ben c'était mon seul truc ! Je veux dire je suis pas très intelligente, enfin, si, mais pas comme elle. Quand on étaient gosses, c'était pas compliqué, elle était la tête, et j'étais les jambes, c'était bien. Mais maintenant… déjà, elle n'a plus besoin de moi pour se faire des amis, mais en plus, je disparais, et c'est trop dur, et puis en plus, elle, elle a tout, tout de suite, tandis que moi, même si j'essaie, ça marche pas et… »

Poppy l'écouta parler pendant plus d'une heure.

Elle ne s'étonnât pas de la longueur, Gidéon Prewett avait mis beaucoup plus de temps, après tout. Non, ce qui la perturba, ce fut plutôt le problème en lui-même.

Parvati Patil souffrait d'un syndrome fort bien connu.

Elle avait un complexe d'infériorité.

Pour autant, Poppy comprit que ce n'était pas complètement naturel. Elle ne se sentait pas plus bas que les autres, elle avait conscience de ses qualités… mais elle se jugeait toujours au-dessous de sa sœur jumelle.

Sachant que l'autre jumelle n'avait d'autres soucis que ses études…

Poppy soupira.

Et entama son programme de sauvetage de jeune fille en détresse.

Parvati inspira profondément, en repensant à ce que Poppy Pomfresh lui avait dit.

Elle plaça un sourire sur son visage, et entra par la Grande Porte.

Le silence qui se fit ne dura pas longtemps. Et bien que ça la fisse grimacer intérieurement, elle ne dit rien et continua à sourire. Les Premières années étaient arrivés. Ce n'était pas le moment de perdre son air avenant.

Elle fit un clin d'œil à Ronald Weasley qui lui sourit doucement.

Enfin, elle s'assit à sa place.

Le roux de son année se leva, et le silence se fit. « Bienvenue pour une nouvelle année. Je n'ai pas grand-chose à vous dire, les anciens savent que je n'aime pas les discours, et les nouveaux l'apprendront vite. Mais avant tout, je vais vous présenter notre nouvelle Infirmière en Chef, Parvatil Patil ! »

Des applaudissements légers retentirent, mais Parvati sourit. C'était un début.

XX

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