Chapitre 13
Un froissement de drap, un corps qui bouge contre le sien, l'éloignement de la chaleur.
Tout ça le réveilla et il ouvrit les yeux péniblement.
Ses cheveux retombaient en mèches folles devant ses yeux et lui obscurcissaient la vue. A travers eux, il voyait cependant la silhouette floue d'un homme.
« Sir ? » demanda-t-il, la voix éraillée.
Aussitôt, un éclair de douleur traversa sa bouche. Il avait presque oublié ce détail de morsure.
L'homme se retourna avec un sursaut. Il l'observa sans un mot puis reporta son attention sur les rideaux. Il poussa un soupir, hésita un moment, puis se rallongea précautionneusement auprès de Remus.
« Dans quoi je me suis embarqué ? » souffla-t-il, les yeux fermés.
Remus ne répondit pas et rapprocha son visage du sien.
« Je ne devrais pas. » murmura à nouveau Sirius.
Remus soupira lourdement.
« Je m'en fous. Je me fous si c'est bien ou mal, si c'est contre nature ou pas. Je me sens bien avec toi, le reste n'importe pas. » répondit-il doucement.
Sirius le regarda dans les yeux, une lueur étrange dans le regard.
« Si seulement c'était aussi simple. »
Il vint déposer un léger baiser sur la ligne de sa mâchoire et ne dit plus rien pendant un moment.
Ils avaient une décision à prendre, et aucun des deux ne voulait se risquer à l'évoquer à haute voix, de peur de lui donner trop de substance.
Sirius suivit du doigt une cicatrice qui partait de son omoplate.
Remus frissonna légèrement.
« Tu as mal ? » s'enquit-il.
« Non. » chuchota Remus, le souffle coupé. « Non, c'est juste que...tu as les mains gelées. »
« Oh, désolé. » fit précipitamment Sirius en s'éloignant légèrement, l'air un peu contrit.
Remus rit doucement. « C'est rien. Et puis, c'est pas désagréable une fois qu'on prend l'habitude. » répliqua-t-il avec un clin d'œil malicieux. Remus réduisit la distance qui les séparait et vint placer sa tête contre son épaule avec un petit soupir satisfait.
Sirius sourit légèrement. De violent voire agressif, Remus passait d'un coup à doux comme un agneau, c'était à ne plus rien y comprendre.
« C'est un des désavantages d'être un vampire : nous avons toujours froid. »
Il sentit Remus sourire dans son cou. « Et c'est l'un des avantages des loups-garous d'avoir une température corporelle légèrement supérieure à celle des humains. »
Sirius laissa échapper un rire. « Mon p'tit chauffage personnel. »
« Hm, je suis pas contre cet usage. » répondit simplement Remus, lové entre les bras du jeune homme brun. Il releva la tête après un moment, soudain soucieux. « Tu dois rentrer quand ? »
« Dans deux heures. » soupira-t-il.
Remus grogna, contrarié : « Déjà ? »
Sirius ne fit qu'hocher la tête avant de demander :
« Et toi ? Tu devrais pas bientôt donner cours ? »
Remus grimaça. « Merci de me le rappeler. » grommela-t-il, mécontent. « Je peux même pas profiter d'un peu de sommeil ? » fit-il plaintivement.
« On a pas dormi des masses. » répliqua Sirius avec un sourire charmeur.
« Oh, tais-toi ! » Un silence. « Je veux pas bouger. » marmonna-t-il en se renfonçant un peu plus dans l'étreinte du vampire.
Celui-ci éclata de rire. « Si je pouvais, je resterais bien ici toute la journée tu sais. »
« Alors fais-le. Je prendrais une journée de congé et je fermerais tous les rideaux. » gémit Remus en s'accrochant un peu plus à Sirius.
« Pas raisonnable. » fit ce dernier en riant.
« Depuis quand tu es raisonnable ? » bougonna Remus. Il retint un grognement mécontent quand Sirius s'écarta de lui pour se lever du lit.
« Depuis que je te connais. » répondit celui-ci en souriant.
Remus étouffa un gémissement dans son oreiller.
« Tu n'as pas une trousse à pharmacie ? »
Il gémit un peu plus. « Dans la salle de bains, la petite armoire à gauche. »
Il entendit les pas de Sirius s'éloigner. Un peu inquiet, il releva la tête.
Peu après, le vampire revint avec tout un petit matériel de guérison.
« Pour soigner ta bouche. » expliqua-t-il sous le regard interrogateur de Remus.
Il sortit de la trousse ce dont il avait besoin, du désinfectant surtout.
Avec précaution, il enduisit un peu de ouate d'alcool dénaturé.
« Ça va faire mal. » précisa-t-il en approchant le coton humidifié de la bouche du jeune homme.
« J'ai l'habitude d'avoir mal. » répliqua simplement celui-ci.
Il grimaça quand il sentit la brûlure aiguë du désinfectant sur sa blessure. Il retint un gémissement de douleur. Sirius essayait de faire son possible pour soigner le plus efficacement et le plus rapidement sans lui faire trop mal.
« Remarque que c'est de ta faute si tu as ça. Je n'allais pas me laisser faire. » fit Sirius avec un sourire moqueur.
« Comme si j'avais pu imaginer que t'allais me faire un truc pareil ! Et puis, j'ai pas réfléchi, je ne voulais pas que tu partes. » répliqua Remus avant de grimacer sous l'effet de la douleur.
« Tu as une drôle de façon de retenir les gens tout de même : les plaquer contre le mur et les embrasser. »
Remus fit semblant de ne pas relever l'ironie de sa phrase.
« Ce n'est pas déplaisant cependant. » fit Sirius avec un sourire aguicheur. Remus retint son envie soudaine de tester son moyen d'empêcher les gens de fuir. « Voilà, c'est fini. » dit Sirius en s'éloignant pour admirer son travail. « Au moins, ça évitera l'infection et ça cicatrisera au bout de quelques jours. »
Remus toucha légèrement ses lèvres abîmées du bout des doigts. Il avait encore un peu mal, mais au moins, c'était en bonne voie pour guérir.
« Merci. »
Sirius lui fit un clin d'œil. « C'est moi qui t'ai causé ça, fallait bien que je répare. » Il se releva et s'étira. « Tu veux prendre ta douche d'abord ou je peux y aller ? »
« Qui a dit que je t'autorisais à utiliser ma salle de bains ? » fit Remus en haussant un sourcil.
« Moi-même. » répondit Sirius avec un grand sourire. « Mes victimes ne protestent pas d'habitude. »
« Elles ne sont pas en état de le faire. »
« Pas faux. Sinon, j'ai le droit ? »
« Bien sûr que oui grand con. »
« Merci du compliment. »
« Je t'en prie. »
Avec un sourire moqueur, Sirius partit vers la salle de bains.
Remus soupira et s'enfonça un peu plus dans le lit chaud. Il jeta un coup d'œil à son réveil, posé sur sa commode.
Sept heures.
Il plongea sa tête dans l'oreiller pour étouffer un gémissement de désespoir.
Il devait bientôt donner cours.
Péniblement, il se leva, arrangea quelques affaires, en attendant que Sirius ait fini de prendre sa douche.
Elle ne dura pas longtemps. Cinq minutes plus tard, il était sorti, complètement habillé, et les cheveux mouillés. Il les avait attachés en catogan pour éviter qu'ils ne retombent dans son visage.
« Tu peux y aller. » fit-il simplement.
Remus hocha distraitement la tête mais ne put s'empêcher de demander en passant à côté de lui : « Tu vas encore te barrer en courant ? »
Sirius haussa un sourcil interrogateur. « Pardon ? »
Le jeune homme sourit tristement. « Tu prends souvent la fuite. »
Sirius afficha une mine perplexe, puis vexée.
« Non, je n'en avais pas l'intention cette fois. » Il le fixa d'un air hautain. « Et je te rappelle que le premier soir, c'est toi qui es parti. »
Remus eut au moins la politesse de paraître gêné. Il ouvrit la bouche pour s'excuser mais le jeune homme brun l'interrompit d'un geste.
Sirius secoua la tête. « C'est bon, pas la peine de t'excuser ni d'expliquer, c'est pas grave. »
Il sourit pour prouver la sincérité de ses paroles.
Remus acquiesça et finit par se rendre dans la pièce d'eau.
Le jet chaud lui fit du bien et lui lava l'esprit. Il resta un moment dans la douche, profitant que l'eau lui détende les muscles. La chaleur l'enveloppait et désengourdissait ses membres. Il frotta vigoureusement son visage pour y chasser toute trace de sommeil.
Il finit par sortir un peu plus tard, les cheveux en bataille après le passage de l'essuie. Il avait simplement enfilé une chemise à longues manches gris clair et jeans à la va-vite. Il boucla la ceinture en sortant, ayant peur sans l'avouer que le vampire ne soit finalement parti. Il vit avec soulagement Sirius en train de feuilleter un livre de sa bibliothèque, assis sur un accoudoir du sofa.
Quand il entendit le claquement de la porte, il releva la tête vers lui et lui sourit.
Il replaça le bouquin à son emplacement originel et se dirigea vers lui, légèrement prédateur.
« Au fait, j'aime ton savon. » murmura-t-il doucement avant de déposer un léger baiser dans son cou.
Remus sourit et frissonna sous le contact. « Merci. »
« De rien. » fit Sirius en s'éloignant légèrement de lui.
Il sortit des clés de la poche de sa veste.
« J'te conduis ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.
« Comment ça ? »
Le vampire sourit. « En moto. J'te conduis à l'école où tu enseignes, si tu veux. »
Remus fut pris de court.
« Euh...oui...enfin, si ça te dérange pas...mais...pourquoi tu me demandes ? »
Sirius leva les yeux au ciel avec un faux air exaspéré.
« Je dois rentrer aussi, autant te rendre service en même temps. Et puis, ça me fait faire un tour comme ça. »
Il eut l'air méfiant, ce que le vampire remarqua tout de suite.
« Oh Rem ! Je vais pas te faire de sale coup quand même ! » s'exaspéra Sirius.
« Excuse-moi. » fit précipitamment le concerné. « Mais...je ne comprends pas. On est quoi au juste ? »
Presque aussitôt, il regretta sa question. C'était trop tôt, beaucoup trop tôt. Mais il détestait ne pas être sûr d'une chose. Etait-ce véritablement une relation qu'ils avaient ? Ou était-ce juste...juste le coup d'un soir qui avait mal tourné ? Il se mordit la lèvre en attendant la réponse, anxieux.
Le visage de Sirius se troubla. « Qu'est-ce que tu entends par là ? »
Trop tard pour reculer à présent. Il inspira profondément, prêt à déballer ce qu'il avait sur le cœur. Il fallait qu'il mette ça au clair, même s'il risquait de perdre ce fragile lien entre eux.
Courage, se dit-il.
« Ecoute...je sais que pour toi, une relation durable n'est certainement pas quelque chose d'envisageable...ou même une relation avec une victime tout court. Mais...j'aimerais savoir. On joue à un jeu trop dangereux et imprévisible. Peut-être que ça te plaît mais j'en ai assez de ne pas savoir sur quel pied danser. Je...je veux juste savoir...qu'est-ce qu'on est ? Qu'est-ce que je suis pour toi ? »
Il n'aurait pas pu choisir pire moment pour aborder ce sujet.
Sirius déglutit avec difficulté.
Son regard se figea sur la pomme d'Adam du vampire qui montait et redescendait en un lent mouvement fascinant. Il s'arracha à cette contemplation, refoulant impitoyablement ce côté animal de lui. La nuit passée n'avait pas complètement calmé le loup en lui finalement.
Sirius passa une main dans ses cheveux, perdu.
Après une profonde inspiration, il parla avec lenteur, articulant soigneusement, choisissant ses mots avec soin.
« Tu sais que tu es un cas unique pour moi, une exception. Au risque de te vexer, on pourrait dire que tu es...ma proie permanente. C'est une situation compliquée...trop compliquée pour moi. Je n'ai jamais...éprouvé de... » Il chercha le mot correct. « ...sentiments pour quelqu'un. Enfin, jamais rien qui dépassât l'amitié. » Il le regarda, un peu gêné. « Je ne sais pas vraiment si...on peut s'engager. Je t'apprécie beaucoup, je fais même plus que t'apprécier mais...c'est dangereux. Moi-même je représente un danger pour toi. Et...et pourtant, j'aimerais continuer à te voir. Même si je sais que je ne devrais pas, surtout que tu es...un lycan. Mais...j'ai l'impression que je ne peux pas me passer de toi...non, en fait, j'en ai la certitude. Je reconnais que c'est dingue mais...il y a quelque chose que me lie à toi...et même si je voulais couper les ponts, je ne pourrais pas. » Il soupira et un léger sourire effleura ses lèvres. « Bref, pour répondre à ta question...je suppose qu'on peut considérer qu'on est...et bien, un couple ? »
Remus ne savait pas comment réagir. Devait-il rire ou être soulagé ?
« Si ça peut te faire quelque chose, disons que tu es le "premier" copain que j'ai. » fit Sirius avec un clin d'œil.
Un sourire naquit sur ses lèvres pendant que le vampire l'étreignait légèrement. Ses cheveux lui chatouillaient le visage.
« Alors, un tour en moto, ça te dit ? » lui chuchota-t-il à l'oreille.
« Laisse-moi prendre mes affaires et je viens. » répondit-il avec un sourire.
Sirius s'écarta de lui doucement et il eut l'envie soudaine de retourner entre ses bras.
Il prit ses affaires en vitesse, mit un pull, arrangea sa tenue et sortit de l'appartement en compagnie de Sirius.
Ils prirent l'escalier – l'ascenseur étant vraiment trop lent à leur goût – et sortirent de l'immeuble. Derrière le bâtiment, dans une petite ruelle au milieu de la neige se trouvait une grosse moto au chrome étincelant, à la peinture métallisée noire et au siège de cuir, noir lui aussi. De petites flammes peintes en argent décoraient ses côtés. Même le moteur coupé, elle dégageait une énergie et une puissance immenses. Il avait presque l'impression d'avoir affaire à une créature vivante, prête à bondir à n'importe quel instant.
Il toucha le guidon avec révérence et fascination.
Sirius remarqua son regard et sourit avec fierté.
« Mon bijou. Je l'ai retapée moi-même, elle était bonne pour la casse quand je l'ai récupérée. J'ai passé des journées et des nuits entières à la remettre en état. »
Une sorte de tendresse perçait dans sa voix.
Remus tourna les yeux vers lui, intrigué et l'évalua du regard.
T-shirt à longues manches noir, pull noir, veste noire, écharpe noire, pantalon noir, bottes noires, maquillage noir, collier noir, cheveux noirs.
On pouvait dire qu'il portait parfaitement son nom.
Il avait plus l'air d'un "petit prince rebelle" – comme il l'avait dit – ou d'un rockeur qu'autre chose.
« Tu sais que tu es très loin de l'aristocrate type ? »
Sirius éclata de rire. « Encore heureux ! » Il enfourcha sa moto et invita l'autre homme à prendre place derrière lui. « Tu m'indiques le chemin ? » demanda-t-il avec un clin d'œil.
Remus se plaça précautionneusement derrière lui et hésita un moment sur la manière dont il allait se tenir sur l'engin. Finalement, il opta pour la solution de se tenir à Sirius. Il le devina sourire.
« Au fait, j'ai une question. » fit le vampire en tournant la tête vers lui.
Remus le regarda, interrogateur.
« C'est demain non ? » demanda-t-il, l'air soudain sérieux.
« Dem... »
Remus ouvrit grand les yeux.
La pleine lune.
« C'est pour ça ? » dit soudain Sirius.
« Pour ça quoi ? »
« Pour ça que tu as réagi aussi bizarrement hier ? »
Il allait tomber, il devait être d'une pâleur mortelle. Sirius prit son bras pour le soutenir.
« Qu'est-ce que j'ai fait exactement ? » demanda-t-il d'une voix blanche.
« Oh, tu t'es juste tout d'un coup mis en colère contre moi sans raison apparente, comme quoi je t'avais pris pour un objet. Tu m'as fait des accusations plutôt blessantes. Vraies pour certaines, mais blessantes quand même... » Il eut l'air soucieux tout d'un coup. « Tu ne t'en rappelles pas ? »
Remus évita son regard.
« Pas...pas vraiment. Enfin si, mais c'est flou. Je sais que je t'en voulais. Beaucoup. » Il soupira lourdement. « Je dois te dire un truc. »
Sirius resserra un peu son bras, pour l'inciter à continuer.
« Je ne suis pas...comme toi. Toi, tu acceptes ta...nature sans problèmes. Je ne peux pas. Je...je déteste ce côté-là de moi, je le refoule sans arrêt. Parce que...parce que c'est dangereux pour les autres et que...je pourrais faire du mal aux gens sans le vouloir. Et... » Il eut l'air gêné tout d'un coup, Sirius haussa un sourcil. « Hm. Le loup déteste être dominé. Le fait que...je ne sois qu'une proie l'a rendu dingue. Je ne pouvais pas le supporter. C'est moi le prédateur habituellement. Je n'ai jamais rencontré de gens qui soient une menace pour le loup mais toi... » Un léger sourire étira ses lèvres. « Toi, tu es comme un égal. C'est un peu paradoxal mais c'est ce que j'aime et ce que je déteste en toi en même temps. Tu es le seul...compagnon à savoir la vérité. C'est toujours pénible de devoir mentir sur mes cicatrices tu sais ? Et devoir refouler ce foutu instinct de domination aussi. Mais avec toi je sais que ça ne pose pas de problème, que je peux être moi-même. C'était...extraordinaire d'enfin pouvoir me sentir libre, de pouvoir me laisser aller complètement, de ne pas avoir peur de ce que je te fasse mal ou... » Il rougit brusquement, prenant conscience de ce qu'il était en train de dire. Sirius lui fit un sourire délibérément charmeur qui le fit rire. « Et en même temps, le loup te redoutait parce que tu étais aussi fort que lui, que tu pouvais le dominer si tu le désirais. Tu étais un adversaire, un ennemi. C'est pour ça que j'ai aussi mal réagi avec toi chez Lily la première fois. Tout me poussait à me méfier de toi. »
Remus regarda ailleurs, embarrassé.
Voilà, c'était dit. Maintenant, restait à voir la réaction de Sirius.
Accepterait-il un loup-garou schizophrène comme petit-ami ?
Un baiser dans son cou le fit sursauter.
« Je suis content que tu aies mis ça au clair. » Un autre baiser, plus appuyé cette fois. « Et dis au loup de ma part qu'il n'y a pas de danger et que je le laisserai faire ce qu'il veut de moi du moment qu'il ne m'amoche pas trop et qu'il me laisse la place de prédateur de temps en temps. Je t'aiderai à l'extérioriser le plus souvent possible pour pouvoir te sentir plus...humain la plupart du temps. » Remus rougit furieusement sous le sous-entendu et bégaya une réponse inintelligible. Sirius lui mordilla légèrement l'oreille. « Mais pour l'instant, nous avons autre chose à faire que de nous préoccuper de lui... » chuchota-t-il d'une voix grave. Il l'embrassa au coin des lèvres. Au moment où Remus allait lui donner un baiser digne de ce nom, le vampire s'écarta brusquement et lui fit un sourire moqueur. « Je vous conduis à votre lieu de travail professeur Lupin ! »
Remus fut pris par surprise par la tournure des événements et mit un temps à réaliser ce que Sirius venait de lui dire. Ses sens n'étaient pas encore remis du charme déroutant que le vampire avait exercé sur lui.
Conduire. Travail. Professeur.
L'école !
Il redescendit soudain sur terre et jeta un regard noir à Sirius qui lui sourit largement en retour.
« Je te hais. » marmonna-t-il.
« Je sais, je sais. » répondit avec légèreté le jeune homme brun. Il mit le moteur en route et posa les mains sur le guidon. « Maintenant, accroche-toi et indique-moi le chemin ! »
Et il démarra en trombe.
Un moment, Remus eut peur de perdre l'équilibre et il se raccrocha nerveusement à la veste de Sirius.
D'une voix emportée par le vent, il donna ses indications à l'autre homme, celui-ci hocha la tête et fila à toute vitesse à travers les rues de Londres.
Le moteur rugissait, la moto vibrait sous lui, le vent sifflait dans ses oreilles, ses cheveux volaient en tout sens et il sentait la merveilleuse chaleur de Sirius contre lui.
C'était grisant.
Ils arrivèrent bien trop vite à son goût au lycée public où il enseignait aujourd'hui.
Avec une grimace, il entendit Sirius lui dire inutilement qu'ils avaient débarqués.
Il ne voulait pas descendre, il voulait rester avec lui tout le temps. Il détestait l'école.
Sirius éclata de rire quand il vit la mine renfrognée de Remus et l'embrassa légèrement en un petit signe de réconfort.
A contre-cœur, le jeune professeur descendit de moto.
« J'veux pas y aller. » fit-il d'une voix plaintive.
Sirius éclata de rire.
« Il faut bien monsieur le prof ! Moi je dois rentrer. » Il le rapprocha cependant de lui en l'attirant par la taille et planta un léger baiser dans son cou. « A ce soir. » dit-il en lui faisant un clin d'œil.
Et il fila presque aussitôt sans lui laisser le temps de répondre tel une flèche noire et argent à travers les voitures et les piétons qui se pressaient pour se rendre au lycée.
Remus poussa un soupir, triste d'être abandonné ainsi sur le trottoir. Mais il se força à voir l'aspect positif de la chose : il le reverrait ce soir.
Regagné par une soudaine bonne humeur, il franchit presque avec joie les escaliers qui le menaient à l'entrée du lycée sous les regards curieux de ses élèves qui avaient vu la scène.
Sirius Black avait déjà ses fans.
Atmosphère : album Enter – Within Temptation, 27 juillet
Vampire Heart – HIM / Lose You Tonight – HIM / Pretending – HIM / Please Don't Let It Go – HIM / Right Here In My Arms – HIM, 28 juillet
Ikuisuus – Heijaste / albums Rakkautta Ja Piikkilankaa et Kehä - Uniklubi, 29 juillet
Venus Doom – HIM, 2 août
Just Like Heaven – The Cure, 8 août
album Neuromance et EP Make A Star – Dope Stars Inc., 11 août
Je reviens de mes cinq jours d'enfer et plutôt en piteux état pour vous donner cette jolie suite. Pour les détails : j'ai été opérée des deux mâchoires, torture d'au moins 5h et j'ai dû rester à l'hosto 5 jours au lieu de 2 à cause de complications. J'ai mal et je suis fatiguée mais c'est supportable !
Si je peux me permettre...j'hallucine tout simplement en voyant le nombre de reviews de VH ! Je crois que je n'en ai jamais eu autant par chaps que ces derniers temps ! Je suis sur un ptit nuage ! x)
Petit chap tout léger, pas dark du tout et en plein dans le SBRL !
Ça vous plaît quand même ?. :-)
Merci de continuer de lire !
Sorn
