Chapitre 14
La sensation du vent sur son visage et la vitesse l'enivrait.
Il se sentait bien.
Il éclata soudain de rire.
Il était heureux.
Il s'amusa à accélérer, à filer à pleine vitesse dans les minuscules ruelles sombres.
Il s'engouffrait avec tant de facilité entre elles !
Le soleil allait bientôt se lever, il lui restait vingt minutes tout au plus pour regagner le repère.
Mais il aimait le goût du risque, qu'il profite de ces vingt minutes !
Avec un bonheur qu'il n'avait plus ressenti depuis longtemps, une liberté qu'il avait presque oubliée, il fonçait à toute allure dans les rues, entre tous les gens qui le regardaient passer, ahuris, puis dans les coins plus sauvages, par-dessus les ruisseaux, dans les parcs.
L'aube grise pointait déjà et faisait concurrence au bleu profond de la nuit mais il n'en avait que faire, il voulait vivre !
Quand l'heure se fit trop critique, il consentit à rentrer au manoir.
Dans un crissement de pneus retentissant, il se gara dans un bâtiment annexe, où nul vampire ne savait qu'il cachait sa moto. Il salua rapidement le gardien du hangar puis partit en courant vers la demeure de ses semblables.
Il passa par l'autre entrée, plus étroite, plus miteuse, plus sécurisée aussi.
Des chiens l'accueillirent avec force aboiements quand il sauta par-dessus la grille en fer forgé dans le petit jardin caché derrière les hautes haies. Il les caressa d'une main apaisante et ils se turent aussitôt. S'il avait été humain, ils l'auraient déchiqueté en petits morceaux.
Il traversa les couloirs illuminés de rouge, plus courts que ceux auxquels il était habitué, et finit par pénétrer dans un petit hall. Seuls quelques domestiques s'y trouvaient.
Il les salua poliment d'un hochement de tête et traversa d'un pas rapide le sol dallé de marbre noir moucheté de blanc.
Il grimpa les marches de l'escalier étroit et moins glorieux que son homologue de l'autre hall qui menait à l'étage et fila dans sa chambre.
Il vit son frère dans le couloir, appuyé à la porte de sa chambre. Sa bouche avait un pli désapprobateur et son bel habit de soie rouge le faisait paraître trop sévère pour son visage encore enfantin.
Il venait à peine d'avoir dix-sept ans.
Avant même qu'il ait pu parler, Sirius l'interrompit d'un geste de la main.
« Dis à Mère que je fais ce que je veux de ma vie et que si elle veut me voir, qu'elle frappe directement à ma porte au lieu de se servir de toi comme messager. Oh et dis-lui que, qu'importe ce qu'elle dira, je ne l'écouterai pas. Qu'elle laisse son fils aîné tranquille et s'occupe plutôt de la prochaine réception à laquelle elle sera conviée. »
Regulus ferma la bouche en un claquement sec mais ses yeux étaient furieux.
Son visage ressemblait beaucoup trop à celui de Sirius au même âge. Avec un pincement au cœur, celui-ci se dit que malheureusement, il avait un tempérament trop docile et influençable pour son propre bien. Si seulement il avait eu un peu plus de volonté, tout aurait pu être tellement différent !
Comme s'il avait deviné ses pensées, la colère de Regulus s'apaisa et une expression lasse prit place sur ses traits.
« Ecoute-moi Sir. Ça ne me plaît pas plus qu'à toi tout ce manège mais je dois bien obéir aux parents. Je n'ai pas encore l'âge, je ne peux pas tout contrôler comme toi tu le fais ! » Sa voix était amère. « Ce n'est pas Mère qui m'envoie, je voulais juste te prévenir que tu ferais mieux de ne pas trop les monter contre toi, c'est tout. Tu ne sais pas de quoi ils seraient capables si tu devenais trop menaçant. »
Un instant, il eut un élan de sentiment fraternel envers ce jeune vampire qui lui ressemblait tant, qui partageait le même sang que lui, qui portait le même nom que lui, qui avait même parfois dans ses postures ou dans ses gestes sa ressemblance. Mais il le refoula et se composa un masque froidement moqueur.
« Je n'ai que faire de ce qu'ils peuvent bien m'infliger ! Je fais ce que je veux et je n'ai pas peur d'eux. Que peuvent-ils me faire ? Me priver de sortie ? Me couper les vivres ? Me renier ? Me chasser ? Tout cela n'est rien, je trouverai toujours le moyen de m'en sortir ! Tu es bien gentil petit frère, mais ne t'inquiètes pas pour ton traître de frangin, je peux parfaitement me débrouiller seul. » fit-il d'un ton railleur.
Regulus ne s'offusqua pas de ses paroles et lui saisit fermement le bras. Sirius ne se dégagea pas et planta son regard dans les yeux trop noirs de son frère. Une seconde, ses convictions s'ébranlèrent et il regretta d'avoir été aussi cruel avec lui. Il ne voulait que son bien. Ils étaient pareils.
« Fais attention, c'est tout ce que je te demande Sirius. »
La pression sur son bras se relâcha et Regulus tourna les talons. Il voulut le rappeler mais il avait déjà disparu au détour du couloir.
Troublé, il resta un moment à la porte de sa chambre.
Pour la première fois depuis longtemps, il prit conscience que Regulus n'était pas seulement un produit de l'accouplement des mêmes parents que les siens mais qu'il était aussi son frère. Malgré leurs différences, ils restaient du même sang.
Il secoua la tête pour tenter de remettre ses idées en place.
Il y penserait plus tard.
Pour l'instant, il était fatigué et n'avait qu'une envie : dormir.
Tout au long de la journée, Remus remarqua les regards curieux que certains élèves posaient sur lui.
Principalement les filles.
Il n'avait jamais fait étalage de sa vie à l'école – même si ça ne faisait que depuis quelques mois qu'il enseignait – et la scène de ce matin était loin d'avoir été discrète.
Mêmes certains collègues le regardèrent étrangement.
Là encore, les femmes.
L'une osa même demander si l'homme aperçu devant l'immeuble tout à l'heure était son copain.
Remus fut heureux de répondre par l'affirmative.
Il dut retenir à grand-peine le sourire stupide qu'il avait envie d'afficher jusqu'à ce que sa journée de cours soit terminée.
Dans le bus qui le reconduisait chez lui, les gens le regardaient curieusement. Qu'avait donc cet homme à sourire ainsi ?
Il aurait voulu crier à la terre entière qu'il était heureux.
Quand il entra dans son appartement, il fut presque déçu de ne pas y voir Sirius.
Il savait qu'il ne serait pas là, bien sûr, mais son odeur imprégnait tellement l'air qu'il avait presque le sentiment qu'il était présent. Il avait désespérément envie qu'il le soit.
Il déposa nonchalamment son sac à terre et mit son manteau sur une chaise.
Son téléphone sonna.
Avec célérité, il alla le décrocher.
« Allô ? » fit-il.
« Rem ? »
Il faillit lâcher un soupir dépité. Ce n'était pas lui.
Seigneur, il était drogué ou quoi ?
« Oui, Lil's ? »
« Oh oh, pourquoi ce ton ? Tu es déçu on dirait. Tu attendais un autre appel ? »
« Non, pas vraiment. Comment tu vas ? »
« Oh, moi bien. Mais je voulais surtout savoir comment toi tu allais. Je n'ai pas eu beaucoup de nouvelles depuis l'après nouvel an. Ça s'est arrangé avec Sirius ? »
Il faillit pousser un cri de joie. Il allait enfin pouvoir faire partager son bonheur à quelqu'un !
« Oh oui. » fit-il, légèrement rêveur.
« Hm, ce ton me laisse beaucoup penser. Et tu n'as même pas pris la peine de m'en parler ? Explique-toi mon loup. »
Il sourit largement.
« Hier après-midi, j'ai enfin réussi à l'avoir au téléphone. Et il est venu hier soir pour qu'on...s'explique. Je lui ai dit la vérité pour tu-sais-quoi. »
« AH ! Et comment il a réagi ? Bien ? Vous allez vous revoir ? Il a dit quoi ? Et... »
Remus éclata de rire devant l'enthousiasme de son amie.
« On peut dire qu'il a plus ou moins bien réagi...c'est plutôt moi qui ai disjoncté après. »
« Comment ça ? Rem...tu n'as pas fait de connerie hein ? »
« Ça dépend ce que tu entends par le mot "connerie". Enfin je t'explique depuis le début. Il est arrivé à la même heure que d'habitude et il y a d'abord eu un froid. Je ne savais pas trop quoi dire ni faire, surtout que je ne l'avais pas revu depuis le nouvel an. » Un sourire affleura à ses lèvres en repensant à ce souvenir. « Après ça s'est détendu et on a parlé sur les vampires...ça m'intriguait. Tu sais, dans un sens c'est un peu comme s'il était comme moi...La différence c'est que lui refuse d'être humain alors que moi j'essaie de l'être le plus possible, on a légèrement calé là-dessus. Et là, il m'a dit que j'étais le seul humain à "avoir passé plus de quelques heures avec lui" pour reprendre ses mots. Tu imagines le choc que ça m'a fait. Après, je lui ai dit ce que j'étais vraiment. J'avais peur qu'il me rejette. Mais...je ne sais plus, il a dit quelque chose et le loup a pris ça comme une attaque. Je lui en voulais. Je croyais que je n'étais qu'un objet. J'ai tout lâché, j'ai pété un câble. Et je crois que je l'ai blessé, psychologiquement je veux dire. Il a réfuté mes accusations, m'a révélé ce qu'il pensait de moi, qu'il tenait à moi. Et c'était si semblable à ce que je ressentais...ce...cette peur que les gens te regardent plus pour ce que tu es que pour qui tu es. Ensuite, il a voulu partir. J'étais affolé, je ne voulais pas, je venais juste de comprendre que je m'étais trompé, que si je ne le rattrapais pas, là, il allait disparaître pour de bon. Je l'ai embrassé pour l'empêcher de se sauver mais il ne s'est pas laissé faire et m'a mordu. Je perdais la tête, il a tenté encore une fois de fuir mais je l'ai retenu. Et après, on a fait l'amour...mon Dieu, c'était fantastique. »
Il entendit Lily rire au bout du téléphone.
Il se rendit soudain compte qu'il devait paraître parfaitement stupide.
« Ah Remy-chou, tu parles comme un amoureux transi ! » Elle pouffa. « Alors finalement, comment ça s'est passé après ? »
Il ne resta pas longtemps vexé.
« Bien. On a juste clarifié certaines choses. Il m'a conduit à l'école en moto. Et je le revois ce soir. »
« Hm hm, dis donc, ça devient officiel vous deux on dirait ? »
« On peut dire que ça l'est. »
« Ah ! J'en étais sûre ! Et tu ne t'es même pas précipité pour tout me raconter ? Non, j'imagine que tu avais bien autre chose à penser, n'est-ce pas ? Alala Rem ! Tu vois quelle fabuleuse meilleure amie je fais ! Qu'est-ce que tu me disais encore ? Que tu ne sortirais jamais avec lui, hein ? Ah ah, j'ai réussi ! »
« Vas-y, vante-toi. »
« Admets que j'ai bien fait de t'y pousser ! Non mais tu te rends compte de la chance que tu aurais laissé passer juste pour une affaire de "méfiance instinctive" ? Sir, c'est le prince charmant que tu attendais, mon loup ! Tu craques à mort pour lui, ça s'entend à ta voix ! »
« Tu m'emmerdes. »
« Oh, je t'ai vexé ? »
« Hmf. Je ne te dirais plus jamais rien. »
« Oh mais je peux demander des infos à ton Sirius adoré, moi. Rappelle-toi que je m'entends bien avec lui. »
« Je te hais. »
« Oh mais je sais Rem. »
Il pouvait la deviner sourire.
« Allez, passez une bonne nuit, dormez bien – avec le peu de temps de sommeil que tu lui accorderas – je dois filer ! Bye Re ! »
« Bye Lil's. »
Il avait à peine raccroché qu'il sentit deux bras puissants enserrer sa taille.
« Je t'ai manqué ? » lui souffla-t-on à l'oreille.
Il se retourna avec surprise et vit le visage souriant de Sirius lui faire face.
« Que...qu'est-ce que tu fous là ? » lâcha-t-il, complètement abasourdi.
Sirius fit la moue, faussement blessé.
« Hm, joli comme accueil dis donc. Je passais dans le coin pour chasser quand je suis passé devant ton immeuble. Une femme m'a proposé de rentrer. »
« Et tu as accepté ? » s'offusqua-t-il.
Question fidélité, c'était raté.
Sirius lui sourit largement.
« Elle sait que je suis avec toi. Elle voulait m'épargner de devoir sonner, c'est tout. »
Il éclata de rire devant le visage contrit de Remus et l'embrassa légèrement.
« Ne t'inquiètes pas, va. Mais je ne fais que passer, je reviens tout à l'heure. »
Et il le lâcha pour se diriger vers la porte.
« Mais...comment tu as fait pour rentrer ? Et...et pourquoi tu restes pas ? » Il essaya de le retenir.
Sirius lui fit un clin d'œil et s'échappa facilement de son étreinte.
« Ta porte n'était pas fermée à clé. Et je dois chasser. Sauf si tu veux que ce soit toi qui me serves de repas ? » Il haussa un sourcil suggestif puis rit devant la mine déconfite de Remus.
« Je reviens après, ne t'en fais pas. » fit-il légèrement avant de passer la porte.
Remus en aurait hurlé de frustration.
A peine apparu, il disparaissait déjà !
Il verrait quand il rentrerait, il lui ferait payer !
Un sourire sadique étira ses lèvres.
Oh oui, il verrait.
Sirius riait dans la rue.
Il savait qu'il avait laissé derrière lui un Remus qui lui en voulait à mort.
Et c'était amusant !
Il entra dans un petit bar-dancing au coin de la rue. La musique y était calme. Les clients pas trop éméchés.
Il fit un sourire séducteur à une fille qui passait près de lui.
Elle détourna la tête en rougissant et marcha plus vite vers son petit groupe d'amis.
Pendant quelques minutes, il s'amusa à la fixer intensément pour la forcer à tourner la tête vers lui...pour qu'elle se cache aussitôt son acte.
Mais il n'avait pas envie de jouer, il allait juste se nourrir et puis retourner voir son lycan d'amant.
Il repéra rapidement une fille sur la piste.
Avec un sourire carnassier, il s'approcha d'elle.
Elle tourna ses grands yeux bleus vers lui et lui sourit.
C'était si facile.
Ce fut elle qui fit les premiers pas, le draguant ouvertement.
Elle se croyait prédateur alors qu'elle était la proie.
Quelle situation comique !
Après plusieurs baisers et caresses plus ou moins poussées, elle finit par l'emmener dans un coin un peu à l'écart.
C'était risible.
Elle ne se rendait même pas compte que lorsqu'il l'embrassait dans le cou il la mordait.
Ou alors elle prenait peut-être ça pour des suçons spéciaux.
Toujours est-il qu'une demi-heure plus tard, il ressortait du bar-dancing, sa soif de sang pas encore tout à fait assouvie, mais déjà un cadavre derrière lui.
Un jeune garçon finit par compléter son tableau de chasse de cette nuit.
Il était presque vingt heures quand il sonna à l'appartement de Remus.
La porte à peine ouverte, il fut plaqué sauvagement au mur et réduit au silence par un baiser féroce de son amant.
Il gémit et passa une main derrière la nuque de Remus pour approfondir ce baiser dévorant. L'autre main vint enserrer sa taille pour le rapprocher de lui.
Quand ils furent à bout de souffle et que leurs bouches durent se séparer, Sirius réussit à parler, haletant légèrement.
« Je préfère largement cet accueil-là. »
Remus lui fit un sourire prédateur.
Hm, ça devenait intéressant.
« Je n'aime pas qu'il y ait l'odeur d'autres sur toi. » fit-il en léchant son cou.
Très intéressant même.
Il pencha un peu la tête, de manière à lui donner un meilleur accès à sa gorge. Il sentit Remus le mordre légèrement à la base du cou, comme une marque de domination.
« Alors impose la tienne. » murmura-t-il, aguicheur, les yeux fermés de plaisir.
Il entendit un grognement en réponse et ses perceptions s'évanouirent peu à peu dans un océan de sensations délicieuses et diffuses.
Leur paradis personnel.
Il se réveilla un peu plus tard, dans le lit où ils s'étaient trouvés la veille.
Remus avait passé un bras possessif autour de la taille de Sirius et avait la tête enfouie dans son cou. Le vampire sentait son souffle chaud qui lui chatouillait la nuque.
Sirius s'amusa à essayer quelque chose.
Il se dégagea légèrement de l'étreinte de son amant mais presque aussitôt, celui-ci grogna et resserra sa prise sur lui.
Il sourit. Il en était sûr.
Il approcha tout doucement la bouche de son oreille et chuchota : « Rem. »
Le jeune homme bougea un peu dans son sommeil mais resta endormi.
Il retenta. « Rem. »
Nouveau mouvement. Mais toujours pas de réveil.
D'une voix plus basse, plus rauque, plus séductrice, il recommença. « Rem. »
Cette fois-ci, il eut un semblant de réaction. Ses paupières s'agitèrent doucement.
Il sourit et laissa une traînée de baisers aériens sur la peau pâle de sa gorge.
Son odeur de miel le rendait fou.
« Rem. » murmura-t-il à nouveau.
« Hm. » reçut-il en réponse.
Il laissa promener ses doigts sur le torse blanc de Remus tout en l'appelant par son nom. Celui-ci frissonna et un petit soupir s'échappa de sa gorge.
Sirius continuait lentement ses baisers et ses caresses quand l'autre homme papillonna des yeux.
Il les ouvrit péniblement pour rencontrer le regard argent maintenant devenu familier.
« Sir ? »
Le jeune homme brun sourit et déposa un léger baiser dans son cou.
« Hm. » laissa échapper Remus en fermant les yeux. « C'est bon de se réveiller comme ça. » murmura-t-il en s'étirant entre les bras de son amant.
Sirius ne dit rien et sourit légèrement.
Il voulait juste profiter du moment.
« Sir ? » fit Remus après quelques minutes de silence.
« Hm ? »
« J'ai une question conne à te poser. »
« Vas-y. »
« Ça existe des vampires végétariens ? »
Sirius éclata de rire. Son rire fit parcourir des frissons dans son dos.
« Non, on ne peut que boire du sang. »
« Et du sang animal à la place du sang humain ? »
« Pour survivre, on peut mais c'est toujours moins...efficace, disons. Il y a aussi du sang artificiel mais c'est en cas d'extrême urgence et ça a relativement le goût de...médicament...pas agréable donc. Pourquoi tu me demandes ça ? »
Remus s'agita dans ses bras.
« Je sais que c'est bête mais...j'suis pas très...à l'aise avec le fait que...enfin, tu comprends. »
« Je ne te boufferai pas si c'est ça dont tu as peur. »
« Non, c'est pas ça, c'est juste...enfin, ça me dérange un peu que tu doives...tuer des gens. Et sentir l'odeur des autres sur toi tout en sachant qu'ils sont...morts. »
Remus baissa le regard, confus. « Je suis désolé. »
Sirius prit son menton délicatement et planta ses yeux dans les siens.
« Non, c'est rien, je comprends. Mais je t'ai déjà dit que je n'y pouvais rien. Tu ne veux pas quand même pas que je meure, j'espère ? »
Remus secoua violemment la tête, l'air effaré qu'il ait pu penser une telle chose. « Bien sûr que non, je ne veux pas ta mort ! C'est que...enfin, le loup aussi a besoin de...chair humaine pendant les pleines lunes...Mais je fais tout pour éviter ça...ça me révolte. »
« Oui mais tu n'as pas ce besoin tout le temps, à mon contraire. Toi, tu peux t'en passer. » Il accota son front à celui de Remus et chuchota doucement contre ses lèvres. « D'ailleurs, je viendrais ce soir. »
Remus releva rapidement la tête, atterré.
« Ce soir c'est la pleine lune, Sirius. » lui rappela-t-il d'un ton angoissé.
« Je sais. Je viendrais. »
« Je serais transformé. » ajouta-t-il, essayant de le dissuader.
« Je sais. Mais je viendrais quand même. » Il soupira. « Je sais que c'est douloureux quand on ne sait pas contrôler les transformations. Et je sais que tu te blesses toi-même pendant ces nuits-là. Je veux juste t'aider. »
Remus enfouit la tête dans son cou.
« Je risque de te blesser. Et puis ça fait des années que ça dure, j'y suis habitué maintenant. » Il avait dit ça d'un ton faible.
« Les lycans ne réagissent agressivement qu'en présence d'humain. Je ne le suis pas, je ne cours pas de risque. »
Remus lui jeta un regard suppliant.
« Je n'en serais pas aussi sûr à ta place. Je n'aime pas ça, ne viens pas. S'il te plaît. »
Sirius resta silencieux un moment.
« Je viendrais. Et s'il y a trop de problèmes, je partirais, c'est simple. »
Remus secoua la tête. « Non, j'ai trop peur. Pour toi. Pour moi. Je ne supporterai pas de te faire du mal. »
« Et moi je ne supporterai pas que tu te fasses du mal. »
« Sirius. » implora-t-il, mais il était malgré tout touché par ses mots.
« Non. Je viendrais, c'est tout. »
Et il l'embrassa fermement pour l'empêcher de répliquer.
Remus abandonna la lutte.
Atmosphère : Poison Heart (acoustic) – HIM, 12 août
album Once et Wishmaster – Nightwish / Amaranth – Nigthwish / Eva - Nightwish, 15 août
Amaranth – Nightwish / Eva – Nightwish / album Infinite – Stratovarius, 16 août
Suite qui arrive plus tôt que prévu parce que je suis VRAIMENT insomniaque (et pas volontairement...vive les douleurs post-opératoires !) et que je n'ai RIEN d'autre à faire à 4h du matin debout.
Je n'adore pas ce chap...la fin a été légèrement réécrite.
Pour ceux qui demandent (et il y en a pas mal XD) je fais mon possible pour caser un JPLE, je vous assure, il arrivera ! Pour les impatients, je dirais qu'il sera même là au chapitre 16 et qu'on y retrouvera un perso secondaire, héhé !
Au prochain chap : la pleine lune.
Merci de continuer de lire, reviewer et aimer :)
Sorn
