Chapitre 18
Remus se traita d'imbécile fini pour la au moins dixième fois depuis une minute.
Il n'y avait décidément que lui pour faire une connerie pareille.
Il se rendait compte maintenant qu'il aimait Sirius, maintenant !
Il gémit pitoyablement dans son oreiller.
Pourquoi devait-il toujours se lancer dans des relations toutes plus compliquées les unes que les autres ? Et surtout toutes plus addictives les unes que les autres ?
Ça faisait à peine dix minutes qu'il était parti et il désespérait déjà de le revoir.
Pathétique.
Pourquoi devait-il toujours être aussi aveugle en ce qui le concernait ? Aimer quelqu'un, n'était-ce pas une chose que l'on était censé savoir ?
Et c'était désespérant l'effet d'une telle révélation.
Désespérant parce qu'il se rendait compte qu'il avait un besoin frénétique de sa présence. Tout le temps. Chose que Sirius ne pouvait évidement pas lui accorder.
Pas pratique d'avoir un vampire pour petit ami.
Il se leva en soupirant et en maudissant le soleil de se lever aussi tôt – alors qu'il était neuf heures mais il était assez énervé pour faire abstraction de ce détail –, se dirigea vers la cuisine.
Son estomac criait famine.
Il mordit voracement dans un croissant à sa portée et fixa d'un regard noir le soleil qui dardait de ses rayons pâles le paysage industrialisé de Londres.
Il repoussa nonchalamment les mèches de cheveux qui lui tombaient dans les yeux. Il devrait bientôt les couper.
Avec des gestes automatiques, il se prépara un thé fumant qui acheva de le ragaillardir.
Il finit par bouquiner quelques heures, préparer ses cours puis par sortir dans l'air froid de janvier.
Le vent glacé lui fit du bien et lui enleva momentanément tous ses soucis de la tête. La neige craquait de manière agréable sous ses pieds, les ruelles de la métropole étaient vides et il faisait plutôt beau. Une belle journée d'hiver.
Il passa une heure et demi dehors avant que le vent ne se mette à souffler trop fort pour lui et ne le décide à rebrousser chemin.
Une surprise l'attendait en rentrant chez lui.
Une lettre de son ex.
Enervé, il ne la regarda même pas, la froissa et la lança vers la poubelle.
Elle retomba à côté et il ne fit aucun effort pour aller la ramasser.
Et puis quoi encore ! Ce type s'était foutu de lui, il n'allait quand même pas se fatiguer pour lui !
La présence de Sirius quelques heures plus tard le rassura et lui fit oublier le léger incident.
Cependant, le vampire remarqua ce bout de papier roulé en boule et s'y intéressa.
« Rem ? »
« Oui ? »
« C'est quoi ? »
Son regard tomba sur la lettre froissée entre les doigts de Sirius et aussitôt, un masque froid et dur remplaça son air doux habituel.
« Rien du tout, jette ce truc. »
Sirius fronça les sourcils, sur le point de répliquer, mais il se tut devant le regard soudain glacé de Remus et son ton empli de colère froide.
Il savait qu'il ne ferait que se heurter à un mur s'il persévérait.
Il résista à l'envie d'ouvrir ce qui ressemblait à une enveloppe chiffonnée et la mit simplement à la corbeille.
Il fut blessé du manque de confiance que lui portait Remus.
Deux semaines passèrent.
Finalement, d'une manière un peu fortuite et on ne sait trop comment, Lily et James finirent par se revoir...sans en parler à leurs amis respectifs.
Quand ils furent enfin mis au courant, ils étaient déjà ensemble.
Rapide ? Oui. Très rapide même.
Mais ils étaient sûrs d'eux et apparemment, James avait radicalement changé d'opinion sur les humains.
Il montrait un côté de lui que Sirius n'aurait jamais soupçonné qu'il possédait.
Il se montrait protecteur et attentionné envers Lily, qui était parfois un peu gênée par son attitude. Elle ne s'attendait certainement pas à ce qu'il se révélât aussi doux avec elle, pas après l'avoir entendu dire son idée de l'amour quand elle l'avait vu la première fois.
Mais quelque chose avait percé les murailles du vampire lors de cette soirée et même s'il en avait été déstabilisé, il avait rapidement accepté les faits.
Lily avait un peu plus de mal à s'habituer au rythme de vie et à la vision si radicalement différents des siens, mais faisait son possible pour le cacher. Il changeait pour elle, elle pouvait bien faire des efforts pour lui !
Elle se montrait très curieuse sur les coutumes vampiriques et demandait souvent conseil à Remus pour telle ou telle attitude à adopter. Parfois même elle en parlait à Sirius, qui s'amusait de la voir autant s'inquiéter de ne pas être aussi informée qu'elle le voudrait sur sa possible future belle famille.
Les parents furent rapidement mis au courant.
Passé la première surprise, les parents de James furent heureux de rencontrer la jeune femme chez elle. Elle était horriblement mal à l'aise de se trouver démunie de la connaissance qu'elle aurait voulu avoir face à ces grands aristocrates immortels. Mais James la rassurait de son mieux et Serena Potter l'accueillit avec un enthousiasme non feint dans la famille.
Elle s'amusa même à la prévenir des multiples défauts de son fils, lui recommandant de bien faire attention à ses sorties, qu'il ne revienne pas amoché après une bagarre ou empestant le parfum de femme.
James se sentit trahi de voir sa mère et sa petite amie ainsi parler sur son dos. Mais en même temps, il était heureux qu'elle soit si facilement acceptée – en dépit de son humanité – par ses parents.
La famille de Lily fut plus difficile à convaincre.
Le principal problème étant qu'ils ne croyaient pas que James était un vampire.
Ainsi, ils s'offusquèrent de le voir refuser de manger à leur table ou de passer l'après-midi avec eux dans leur maison de campagne, le prenant pour un mauvais plaisantin.
Malheureusement, la sœur de Lily semblait elle aussi trouver James à son goût et essaya de le séduire, malgré les regards furieux de sa sœur cadette. La tactique dissuasive de James se révéla très efficace. Montrer ses crocs avait quelque chose d'assez inhabituel et effrayant, remarquez.
Du coup, Pétunia sortit du salon en hurlant que le petit ami de sa sœur était un monstre et qu'elle ne voulait plus jamais l'approcher.
Les deux parents durent se rendre à l'évidence que le jeune homme leur avait dit la vérité et eurent du mal à l'accepter. Ne risquaient-ils pas de se faire dévorer par lui en pleine nuit ?
Lily tenta de les rassurer en disant que ça faisait déjà deux semaines qu'ils étaient ensemble et qu'elle n'avait jamais couru aucun risque. De plus, Remus sortait lui aussi avec un vampire et n'avait rien.
Cette nouvelle fit tourner de l'œil à la pauvre mère de Lily.
Bizarrement, après cet incident, le père de Lily prit James en affection et le félicita de son humour et de ses idées. Chose à savoir : le père de Lily avait été un grand fauteur de trouble en son jeune temps.
A partir de ce moment-là, il fut plus aisé pour James de se voir invité par la famille – au soir – et ils ne disaient rien sur l'assiette vide que la mère de Lily tentait désespérément d'afficher, refusant encore inconsciemment de croire que le petit ami de sa fille soit un vampire.
James finit par leur faire sous-entendre qu'il n'appréciait pas vraiment cet affichage de tentative d'empoisonnement sur sa personne.
Devant l'air ahuri de la mère de Lily, le vampire expliqua que la nourriture normale lui était toxique et mortelle.
Passé le choc, la femme évita donc de mettre une assiette devant la place de son presque beau-fils.
Kit aussi eut du mal à accepter la présence de James dans l'appartement. Savoir que c'était le meilleur ami de Sirius n'aidait en rien, bien entendu. En riant, James proposa de lui faire rencontrer un autre spécimen de son espèce si elle le voulait.
Elle s'en offusqua et Dracula – son chat – était désormais gardé loin de ses congénères de nom, malgré le grand intérêt que portait le matou à Sirius.
La mode se mettait aux vampires.
A la fin de ces deux semaines mouvementées, quelqu'un refit sa brusque apparition.
Au grand déplaisir de Remus.
Un soir, vers minuit, alors que Sirius était chez lui, comme d'habitude, on vint sonner à sa porte.
La tête pas tout à fait claire, Remus ouvrit sans vraiment prêter attention à qui venait chez lui.
Ce fut comme si une averse glacée lui était tombée dessus quand il vit la personne au seuil de sa porte.
« Salut beau gosse, comment tu vas depuis tout ce temps ? »
Son haleine puait l'alcool, ses yeux bleu-gris étaient dilatés de manière suspecte, ses cheveux bruns courts étaient en bataille, et ses vêtements empestaient la fumée et le parfum de femme bon marché.
Il afficha un air dégoûté. « Dégage, je veux plus te voir. » Il voulut fermer la porte mais un pied coincé entre le chambranle et la porte l'en empêcha.
Il retint difficilement un soupir agacé et l'envie féroce de lui écraser le pied.
« Oh oh, c'est comme ça que tu m'accueilles maintenant, Remy ? »
« J'ai dit dégage. » siffla Remus, la voix chargée de colère.
« Tu n'es pas content de me voir, chéri ? »
L'homme se fit plus audacieux et avança d'un pas dans l'appartement.
« Non. Maintenant, sors. »
Ses yeux lançaient des éclairs et son ton était glacé, mais l'autre homme n'y prêta pas attention
« Oh, alors on peut même plus s'amuser ? » fit-il avec un sourire torve en s'approchant de Remus pour tenter de saisir son bras.
Aussitôt, il fut repoussé violemment par Sirius qui venait d'arriver aux côtés du loup-garou.
« Qui c'est celui-là ? » marmonna furieusement l'intrus en se retenant au cadre de la porte.
Sa vision tangua et il ne vit de Sirius qu'une tâche noire et floue.
« Remus t'a dit de partir. » répliqua hargneusement Sirius, le regard noir.
L'autre homme essaya de mieux voir dans le brouillard de sa tête et quand il vit plus ou moins nettement Sirius, il éclata de rire.
« Tu m'as remplacé par un putain de séducteur ! T'es tombé bien bas Remy, je te savais pas aussi désespéré. Mais je reviens maintenant, tu peux virer ton p'tit con de l'appart'. »
Sirius lui lança un regard meurtrier. Si l'homme avait été en pleine possession de ses facultés mentales, il n'aurait jamais continué de le narguer ainsi. Il fallait être fou pour défier Sirius quand autant de malfaisance émanait de lui.
« Oh toi môssieur j'fais le rebelle aux ch'veux longs, arrête de me regarder comme ça, j'reviens récupérer Remus, tu l'as un peu mal baisé si tu v... »
Il ne finit pas sa phrase. Un craquement sonore se fit entendre quand le poing de Sirius s'abattit durement sur sa mâchoire.
« Espèce de salaud ! Tu l'as trompé et tu oses revenir frapper à sa porte parce que t'as pas assez de fric pour te payer une pute ! Ne t'approche plus jamais de mon Remus, compris ? » cracha Sirius, en rage.
L'homme se releva avec un rire moqueur tout en essuyant le sang qui s'écoulait de sa bouche. Il ne devait pas sentir la douleur à cause de la drogue.
« Ton Remus ? » ricana-t-il. « Et puis quoi encore ! C'est mon mec ! Il est fou de moi, n'est-ce pas Remy ? Malgré que je l'ai trompé, il est tout le temps resté avec moi. Un an ! Ah ah ! Ça t'en bouche un coin la Barbie goth hein, j'ai passé un an avec lui, toi j'imagine que ça fait à peine deux jours que t'es là ! Pauv... »
Un deuxième coup de poing le fit taire, plus fort celui-là.
« Sirius ! » s'écria Remus en essayant de retenir son bras.
L'homme tomba à la renverse sous la violence du choc et un gémissement de douleur s'échappa de sa gorge. Il se releva péniblement.
« Putain ! T'es malade ma parole ! Faut te faire soigner ! » tonna-t-il en lançant un regard furieux au vampire. Puis, il s'adressa à Remus d'un ton soudain pressant, en lui tendant la main. « Rem, viens avec moi, ce type est complètement cinglé. Regarde ! Il a faillit me tuer ! Ec... »
Il essayait déjà d'agripper le bras du loup-garou quand une arme fut braquée sur son front, entre les deux yeux, le doigt appuyé sur la gâchette. Sirius le toisait d'un regard froid, un bras possessif passé autour de la taille de Remus pour l'éloigner de l'autre homme.
« Dégage. Maintenant. »
L'homme, inconscient du danger, ricana.
« Tu n'oseras pas me tirer dessus ! »
Le déclic du cran de sécurité le fit pâlir.
« On parie ? » demanda Sirius avec un sourire froid et cruel qui découvrit ses crocs.
L'homme blêmit un peu plus et finit par battre en retraite, effrayé par la tournure que prenaient les événements.
« C'est bon, je pars, je pars ! »
Mais Sirius, sans lui en laisser l'occasion, le retint par sa volonté et le paralysa.
Les yeux bleu-gris s'écarquillèrent d'horreur et il essaya de se débattre contre l'emprise vampirique, sans succès.
« Putain, je peux plus bouger, qu'est-ce que tu me fais ? Lâche-moi, lâche-moi, arrête ça ! » L'homme paniquait devant le regard de plus en plus brillant de Sirius et ses canines blanches dénudées.
« Ne reviens plus jamais ici. Ne t'approche plus jamais de Rem. » fit calmement le vampire, le bras gauche toujours passé autour d'un Remus muet d'horreur et de stupéfaction, et le bras droit pointant toujours son arme sur la tête de l'homme.
« Tout ce que tu voudras ! Tout ce que tu voudras ! Mais laisse-moi partir putain, laisse-moi partir ! »
« Promets. » exigea toujours aussi calmement le vampire, une étincelle dangereuse luisant au fond de ses yeux qui tendaient vers un bleu électrique.
« Je promets, je promets ! Laisse-moi partir, laisse-moi partir ! »
L'homme était sur le point de craquer et Sirius relâcha soudain la pression exercée tout en abaissant son arme.
L'homme faillit perdre équilibre sous le brutal changement mais retrouva vite son aplomb. Il ne perdit pas une seconde avant de s'élancer dans le couloir tout en lançant au vampire de furieux et convulsifs « Espèce de malade ! Taré ! Je t'aurais, tu vas voir ! Tu ne peux pas me faire ça ! Monstre ! ».
D'un coup de pied, Sirius referma la porte qui claqua avec un bruit sonore, se refermant sur les expressions figées des voisins qui étaient sortis pour voir ce qu'il se passait, fixant l'arme du vampire avec des yeux écarquillés de frayeur.
Il crut voir quelqu'un qui composait le numéro de la police.
Lassé, Sirius déposa son arme sur le meuble à côté de lui et regarda le visage de Remus.
Celui-ci exprimait toutes sortes de sentiments contradictoires : cela allait de la colère à l'horreur, en passant par la joie, le dégoût et la stupéfaction. Il tremblait dans ses bras.
Une expression douloureuse passa sur les traits de Sirius. Il lui avait fait peur.
« Excuse-moi Rem, j'aurais pas dû réagir comme ça. »
Le loup-garou se tut mais continuait de le regarder avec cette expression insupportable.
« Rem, dis-moi que tu me pardonnes. Rem, je voulais pas. Je suis désolé. Rem... »
Remus se serra brusquement dans ses bras, à la grande surprise du vampire.
« Ne fais plus jamais ça. » émit la voix faible de Remus. Il était secoué de tremblements.
Sirius le serra avec force et douceur. « Promis. Je ne le ferais plus. Ça m'a juste rendu fou la manière qu'il avait de te traiter. J'ai pas réfléchi, je voulais pas arriver à ça, je te demande pardon. »
Remus secoua la tête et posa son front contre son épaule. « Tu m'as fait peur. J'ai cru que tu allais le tuer. »
« J'en avais envie. Vraiment envie. Mais je n'allais pas le faire. Rem, je suis désolé, dis-moi que tu me pardonnes, s'il te plaît. » Sa voix était suppliante.
Remus releva un regard indécis vers lui et se mordit la lèvre.
Il ne répondit pas.
« Tu veux que je te laisse seul pour réfléchir ? » demanda Sirius, déçu.
Il ne savait plus ce qu'il voulait.
Il avait peur de Sirius et en même temps, il voulait qu'il reste près de lui, là, comme ça, être juste dans ses bras rassurants, savoir qu'il le protégerait de tout.
Et en même temps, son cœur bondissait de joie à la jalousie, à la possessivité dont il avait fait preuve ! « Ne t'approche plus de mon Remus. »
C'était tellement contradictoire.
« Tu l'aimes encore ? » lui demanda soudain Sirius, une note anxieuse dans la voix.
Il releva un regard surpris vers lui. Mais Sirius fixait la porte avec une expression indéchiffrable.
Comment croyait-il qu'il pouvait encore l'aimer ! C'était lui, lui dont il était amoureux !
« Non. »
« Tu n'as pas besoin de me mentir, tu sais. » Il eut un rire triste. « C'était Seb, hein ? Le gars avant moi. Je vous ai entendu en parler Lily et toi une fois. Tu es resté un an avec lui, je comprendrais si tu m'en veux, je... »
Remus le fit taire d'un baiser impérieux.
Il sentit le soulagement de Sirius quant à ce geste. Il aurait voulu lui hurler de toutes ses forces qu'il l'aimait, qu'il était amoureux de lui, de lui et uniquement lui mais il avait trop peur. A la place, il essaya de faire passer ce message dans le baiser désespéré, il s'accrocha à Sirius, écrasant leurs corps l'un contre l'autre.
« Ne dis plus jamais une connerie pareille. Je ne l'aime plus. Ça a été dur d'oublier mais c'est passé, c'est fini. Maintenant, il me dégoûte. » Il souffla et accota son front au sien. « Ne fais plus jamais ça, plus jamais. »
« Je promets. Je ne voulais pas te faire peur, je ne voulais pas te blesser. »
Sirius vint déplacer une mèche de cheveux châtains de devant ses yeux, effleurant la joue de Remus de ses doigts au passage. Son regard était rempli d'inquiétude.
Remus soupira.
« Je sais. Je sais. » fit-il en calant sa tête à sa place habituelle et en fermant les yeux.
« Si tu veux, je peux m'en aller... » murmura doucement Sirius.
Mais qu'il était énervant à croire qu'il ne voulait pas de lui ! Il se serra un peu plus contre le vampire et soupira.
« Reste. Si j'avais voulu que tu partes, je te l'aurais dit depuis longtemps. »
Sirius hocha simplement la tête et ils restèrent comme ça un long moment.
« Je le hais. » lâcha le jeune homme brun d'un coup.
« Sir. » soupira-t-il.
« Désolé. »
« Arrête de parler de lui. »
Et il se tut. Remus frissonna et s'enfonça un peu plus dans son étreinte.
Il se sentait juste bien, là, entre ses bras. Protégé, réconforté.
Il lâcha un petit soupir de bonheur.
Est-ce que ça pouvait être encore mieux que ça ne l'était déjà ?
Mais quelque chose le tracassait.
« Sirius ? »
« Oui ? »
« Tu t'es déjà servi de ton arme ? »
« Oui. »
Il soupira.
« C'était quand la dernière fois que tu as... »
« Que je l'ai utilisée ? Quand tu m'as repoussé chez Lily. »
Remus releva des yeux horrifiés et soudainement inquiets vers lui.
« Je t'avais dit que j'avais fait une connerie. » répondit Sirius.
« Quel genre de connerie ? »
Il ne savait pas s'il avait vraiment envie de connaître la réponse.
« Tu es sûr de vouloir savoir ? »
Il commença à paniquer. Qu'avait-il fait ?
Il hocha cependant la tête et déglutit péniblement.
« J'ai pris une victime dans un bar. Une fille...beaucoup trop jeune. Je l'ai violée puis tuée. Et j'ai tiré sur le videur de la boîte quand il a voulu me retenir. »
Son regard et son ton étaient vides. Il lui faisait peur. Remus toucha son visage pour le faire réagir mais il ne le regarda pas.
« Sirius. » murmura-t-il désespérément.
Les mots sortaient de sa bouche, saccadés, hachés, impossibles à retenir, comme s'il gardait ça en lui depuis trop longtemps.
« J'étais fou de douleur quand tu m'as repoussé. Je n'arrivais plus à penser correctement. J'avais tellement mal. C'était insupportable. Et j'étais en colère. Je te détestais pour tous les sentiments que je ressentais par ta faute. J'avais été tellement heureux de te retrouver...et quand je t'ai vu...je n'existais même pas à tes yeux, tu ne voulais même pas me voir, tu... »
« Sirius. Arrête. Arrête s'il te plaît. » supplia-t-il en enfonçant sa tête dans son cou, les larmes roulant sur ses joues. Sa voix et son regard étaient tellement vides, il l'effrayait.
« Moony ? Je...non, Rem, ne pleure pas. Rem, s'il te plaît. Je suis désolé, je... » L'inquiétude perçait à nouveau dans sa voix.
Sirius prit délicatement son menton entre ses doigts et embrassa chacune de ses larmes tendrement.
Remus secoua la tête et se resserra encore plus dans ses bras. Il souffla :
« Plus jamais. Plus te faire du mal. Tout le temps avec toi. Toujours. Je t'a... »
Sirius le coupa d'un baiser. Il l'embrassa désespérément et Remus y répondit avec tout autant d'ardeur. Les larmes roulaient sur ses joues.
Il ne voulait plus le faire souffrir. Il ne voulait plus souffrir. Juste être à deux.
Juste être eux.
Atmosphère : album Luotisade – Uniklubi, 27 août
album Luotisade – Uniklubi, 28 août
On revient au dark, ah ah ! J'adore juste le côté vampire dangereux et psychopathe de Sirius, pardon XD Kuro-hagi, j'espère que ça te plaît ?
Pour le JPLE, je suis désolée de dire que ce sera le dernier chapitre où vous en verrez. Je sais que le dénouement est très rapide mais j'ai un véritable problème avec ce couple (les lecteurs d'Errance – fic postée sur mon autre compte – pourront en témoigner...je suis en panne sèche depuis plus d'un an) et puis, c'est aussi pour correspondre avec la chronologie de la fic (vous comprendrez aux chapitres suivants).
Ma fic a un an...je suis émue :') Normalement, j'aurais dû publier le 30 octobre (pour cadrer totalement avec la date de départ) mais bon, au vu de certains empêchements...Sinon, je vous souhaite à tous une bonne lecture du HP 7 !
Sorn
