Chapitre 23

Il eut vaguement conscience qu'on le détachait. Son corps retomba sur son libérateur sans qu'il parvienne à retrouver son équilibre.

Il vit fugitivement le visage de son frère dans la lumière aveuglante et blanche des néons, concentré et effrayé.

« Reg ? » articula-t-il difficilement, luttant pour garder les yeux ouverts.

Il était épuisé.

Les traits de son cadet exprimèrent le soulagement l'espace d'une seconde avant qu'il ne s'exprime d'un ton urgent.

« File Sirius ! James t'attend en bas, dépêche-toi ! »

Et avant qu'il ne puisse réagir, Regulus le prit par le bras et le poussa vers la fenêtre brisée, en lui murmurant pardon.

Sirius ne comprit la raison de ce mot qu'une fois que son corps voltigea dans les airs.

Malheureusement, il ne fut pas assez vif et s'écrasa lamentablement sur le toit de la voiture au bas de l'immeuble. Une douleur aiguë parcourait son dos.

Une voix familière se fit entendre près de son oreille gauche.

« Sirius ? Sirius, tu m'entends ? Sirius, il faut se dépêcher, vite ! »

Il ouvrit péniblement les yeux pour tomber sur le visage anxieux de son meilleur ami. Celui-ci, voyant qu'il n'avait pas toutes ses facultés physiques, finit par passer ses bras autour de lui et le descendit le plus doucement et rapidement possible du toit de la voiture, en essayant de ne pas prêter attention aux protestations de douleur de Sirius.

Hébété par la souffrance, le vampire se laissa faire, à moitié conscient de ce qui se passait autour de lui. Il sentit vaguement James le déposer sur le siège passager et démarrer en trombe dans les rues étroites de la ville.

« Qu'est-ce qui... » marmonna-t-il d'une voix pâteuse.

« Tu as été pris en chasse. Un vampire a dit qu'il avait vu des hommes t'assommer et t'emmener dans leur fourgon. Dès qu'il l'a su, Regulus s'est précipité à ta recherche. »

Un brusque éclair de lucidité le traversa.

« Reg ! James, il faut y retourner ! Reg est tout seul, il n'y arrivera jamais, il n'a aucune expérience, il... »

La panique l'envahit.

Le jeune homme brun le coupa.

« Non. Il m'a ordonné de ne pas retourner le chercher et de d'abord t'emmener au manoir. Je retournerai là-bas dès que tu seras en sécurité. »

La colère de Sirius explosa.

« James, on ne peut pas le laisser ! Ramène-moi là-bas ! Je refuse que mon frère se fasse capturer à ma place ! James, retourne là-bas ! »

Son meilleur ami sembla hésiter deux secondes mais se reprit rapidement.

« Non. Je te ramène, je vais l'aider après. »

Sirius bouillonnait de rage.

« JAMES, RAMENE-MOI LA-BAS ! »

James lui lança un regard dur et glacé.

« Non. Regulus voulait t'aider, j'agis selon sa volonté alors maintenant tu te la fermes ! Plus vite on arrivera, plus vite je pourrais retourner aider ton frère ! »

Sa fureur retomba aussitôt.

Il aurait voulu protester, crier, frapper même. Comment James pouvait-il laisser son frère ainsi, seul, sans défense ?

Mais il était tellement épuisé, la tête lui tournait.

Peu à peu, contre sa propre volonté, il replongea dans sa torpeur et ferma les yeux.


Des éclats de voix et des cris le réveillèrent. Il sentit qu'on le secouait par l'épaule.

« Sir, Sir, réveille-toi ! »

Il percevait la voix comme si elle venait de loin, de très loin. Il voulut voir qui l'appelait mais ses paupières restèrent fermement closes.

Il sentit ensuite qu'on l'empoignait sans ménagement par le col de sa chemise. Un souffle glacé balaya son visage.

« Traître à ton sang, réveille-toi ! Sale petit arrogant, je t'ordonne de me répondre ! »

Il fut encore plus violemment secoué et ses yeux voletèrent pour s'ouvrir sur le beau visage déformé par la haine de sa mère. Ses yeux d'ordinaire si noirs étaient maintenant d'un bleu électrique et lançaient des éclairs. Ses ongles acérés s'enfonçaient dans la chair fragile de sa gorge. Il suffoquait.

« Dis-moi où est Regulus, dis-le moi ! »

Hébété, il vit tous les vampires rassemblés autour d'eux. James le fixait, atterré, en retrait, sa petite sœur, Sylvia, à son côté, ses grands yeux bleus limpides écarquillés de peur et sa petite main serrée étroitement sur celle de son frère. Le maître d'armes, Constantinus, les regardait, à la fois désapprobateur et désolé. Son père, à sa gauche, le maintien droit et raide, le physique semblable au sien, avait le visage fermé, les lèvres serrées. D'autres vampires affichaient des sourires moqueurs ou des mines empreintes de pitié et de tristesse. Il croyait même entendre la voix de Vitany, quelque part derrière eux. Que s'était-il passé ?

Une violente gifle le ramena à sa mère.

« Réponds-moi ! » Sa voix haineuse avait des accents désespérés.

Lentement, sa précédente phrase pénétra son esprit. « Dis-moi où est Regulus, dis-le moi ! »

« Reg... » émit-il faiblement, la voix cassée. Des taches blanches lui apparurent devant les yeux.

Sa mère amorça un mouvement pour le frapper à nouveau mais la main ferme de son mari retint son bras. Stupéfaite, elle tourna son regard vers lui. Orion secoua lentement la tête et le visage de sa femme se décomposa à vue d'œil. Pour la première fois de sa vie, Sirius vit sa mère pleurer.

A travers ses sanglots, il put néanmoins entendre les mots hachés qu'elle lui adressait. « Mon fils ! Comment as-tu pu lui faire ça, Sirius ? Mon fils ! Dis-moi où il est...Dis-moi où est Regulus... »

La gorge nouée, la scène lui revint soudain en mémoire. Le bar, les chasseurs, l'interrogatoire et...et son frère et James venus le délivrer...Regulus était encore là-bas...Regulus était en danger !

Il se leva d'un mouvement brusque, surprenant tous les vampires amassés autour de lui et un moment, sa vision tangua. Il mourait de soif.

« James ! James, où est-il ? »

Il chancela jusqu'à son meilleur ami, tenant à peine sur ses jambes. Il devait savoir, tout de suite !

Le regard désolé que lui lança James lui broya le cœur.

« Ils étaient partis quand je suis revenu. Je suis désolé Sirius, tellement désolé... »

Il refusait d'écouter, refusait la vérité. Non, Regulus allait revenir, il en était sûr !

D'un pas titubant, il écarta tous les aristocrates sur son chemin et dévala les escaliers aussi vite que son état de faiblesse lui permettait.

« Sirius, où est-ce que tu vas ? » lui parvint la voix affolée de James, qui le suivait de près. Son bras le retint.

« Chercher mon frère. »

« Mais tu ne sais même pas où...j'ai déjà cherché partout, Sir, ils ne sont plus là ! »

La tristesse et la pitié dans son ton l'écoeuraient. Sirius lui lança un regard furieux.

« Je le retrouverai. »


Animé d'une rage et d'une détermination brûlante, il parcourait les rues de Londres, tous les sens en éveil, cherchant après une trace des chasseurs.

Il avançait méthodiquement, retraçant tout le chemin qu'il avait parcouru en début de soirée, du bar jusqu'à la ruelle où il avait été emmené puis de l'entrepôt jusqu'au manoir.

Les traces s'évanouissaient avec la voiture. Il n'avait aucune empreinte fraîche pour les repérer.

En désespoir de cause, il retourna à l'entrepôt, arme au poing, s'attendant à tout moment à être attaqué.

Son cœur battait la chamade, il était encore dans un état de faiblesse assez prononcé malgré le sang qu'il avait absorbé un peu plus tôt. Il lui restait encore environ trois heures avant le lever du soleil. Serait-ce assez pour retrouver Regulus ? Son estomac se tordit d'appréhension à cette pensée.

Il secoua la tête. Il devait agir méticuleusement, ne laisser aucun indice lui échapper, ne pas laisser ses émotions prendre le dessus et lui faire perdre son sang froid. Il inspira un grand coup et ferma les yeux. Faire le vide dans sa tête.

Une fois totalement maître de lui-même, il remonta la pente qui le menait au petit entrepôt où il avait été enfermé plus tôt. La panique l'étreignit sans raison apparente.

Le lieu l'angoissait. Il s'y sentait mal à l'aise. Quelque chose n'allait pas.

Plus il montait les escaliers, plus son envie de fuir se faisait pressante. Danger ! criait son esprit, mais il fit taire les mises en garde, décidé à retrouver son frère, quoiqu'il en coûte.

Parvenu au cinquième étage, un fort sentiment de malaise le prit. Il avait envie de vomir.

La porte de la salle d'interrogatoire était ouverte, comme si les chasseurs s'étaient attendus à ce qu'il revienne. L'air froid entrait par bourrasques à travers la fenêtre brisée.

Le sol était fait de carrelage blanc. Des débris de verre jonchaient le parterre. Et, Sirius le remarqua avec horreur, des seringues contenant Dieu seul savait quoi. Les tubes fluorescents continuaient d'illuminer la pièce de leur lumière blanche et crue. Les murs, eux aussi, étaient d'un blanc immaculé. L'air puait l'éther diéthylique et le suffoquait. Une étincelle et tout exploserait. Il fut au moins soulagé de voir que la pièce était dans un bon état. Il n'y avait pas eu d'utilisation d'arme à feu.

Il s'avança vers la plaque métallique où il avait été attaché quelques heures auparavant. Près d'elle se trouvait une petite table où étaient disposés pinces, burettes, scalpels, seringues et autres objets. Sirius remarqua même quelques fioles de sang.

Priant pour qu'il ne s'agisse pas de celui de son frère, le vampire se rapprocha de la plaque. Les liens qui l'avaient enserré étaient en cuir, en cuir étonnamment solide. Sûrement une manipulation chimique pour le rendre plus résistant. Désormais, ils pendaient lamentablement, déchiquetés par l'instrument que Regulus avait utilisé, Dieu seul savait lequel.

Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il le remarqua.

Le mot.

Un vulgaire bout de papier, accroché à la sangle, hâtivement rédigé. Il était légèrement déchiré, un peu tâché. Une vieille feuille de récupération.

Sirius Black.

Si tu reviens ici, sache que nous avons ton frère. Il ne s'est pas bien défendu mais à sa décharge, je dirais qu'il était jeune et inexpérimenté.

N'espère pas le retrouver, ni lui, ni nous. Nous avons de puissants alliés et à l'heure où tu lis ce mot, nous avons déjà quitté la ville depuis un bon moment. A défaut de t'avoir toi, nous avons eu un autre vampire de pure souche, ça compense ta perte. Je t'en remercie au nom de tous les chercheurs qui se feront une joie de disséquer son cadavre. Tu feras avancer nos connaissances sur votre métabolisme et nous aideras à élaborer de meilleures manières de vous éliminer.

Adresse nos sincères condoléances à tes parents et surtout, n'oublie pas que nous savons tout sur toi. Tu nous reverras.

Entre ses mains, le mot tremblait.

Il envoya un féroce coup de poing à la table et eut la satisfaction de voir une déformation dans le métal.

La fureur et la haine avaient pris possession de son corps et de son esprit, annihilant toute pensée rationnelle. Ils avaient osé.

Il devait les retrouver. Il devait retrouver Regulus.

Il refusait de croire que son frère était mort. Regulus était peut-être inexpérimenté mais il était intelligent et il bénéficiait du même entraînement d'armes que lui. Il avait toutes ses chances pour survivre, ce n'était que du bluff.

Il jeta un rapide coup d'œil au reste de la pièce, au cas où un détail lui aurait échappé. Tout indice, même d'apparence insignifiante, pouvait se révéler d'une importance capitale s'il voulait retrouver les chasseurs.

Il nota dans un coin un petit tableau. Il se dirigea vers l'endroit et inspecta le prospectus.

C'était une liste. Une liste de noms. Tous les vampires que les chasseurs avaient réussi à attraper jusqu'à présent.

Aucun d'eux n'était familier à Sirius. Sûrement de jeunes mordus ou des bâtards. Ils avaient dit qu'ils n'avaient pas encore eu de vampire de pure souche.

Il avait envie d'y mettre le feu mais ne pouvait s'y résoudre. Juste une petite flamme et le bâtiment volerait en éclats. Or, il avait besoin de récolter tout ce qui était susceptible de l'aider.

Mais il n'y avait presque plus rien. Les chasseurs avaient pris soin d'emporter le plus d'effets possible en partant. Il ne restait que des vieilles douilles, des flacons vides et un talkie-walkie cassé. Bref, rien qui ne puisse l'aider.

Les armes étaient apparemment humaines et les douilles étaient normales. Les flacons ne contenaient pas cette insupportable odeur qui l'avait rendu malade au bar et nulle trace de l'instrument qu'ils utilisaient pour assourdir les vampires.

Il n'avait aucune trace, aucune piste.

Rien. Absolument rien pour retrouver son frère.

Accablé, il s'effondra à genoux au sol.

Il avait échoué.


« Tu ne me demandes pas son nom ? »

« Non. »

La réponse était catégorique, sûre, le sourire de Regulus, assuré et tranquille.

« Pourquoi ? »

Il haussa les épaules et lui fit un demi-sourire.

« Je n'en ai pas besoin. Et c'est mieux ainsi. Au cas où on m'interroge sur toi, je ne pourrais pas répondre, même si je le voulais. »


Il se recroquevilla lentement en position fœtale. Son arme était à côté de lui, posée sur le carrelage froid. Le contact glacé de la pierre ne faisait qu'aggraver les violents tremblements qui agitaient son corps.


« Sirius ? »

« Hm ? »

« Tu n'as jamais pensé au danger que tu courrais en étant avec lui ? »

« Non, je pensais plutôt au danger que lui courrait avec moi. Pourquoi ? »

« Moi, j'y pense. Tout le temps. »


Un gémissement s'échappa de sa gorge et il resserra ses bras autour de lui, tentant vainement de se protéger contre un ennemi invisible.

Une tâche rouge tomba sur le carrelage.

Les vampires pleuraient du sang.


Allongé sur son lit, il fixait le plafond, perdu dans ses pensées.

Les derniers mots de James résonnaient encore dans sa tête, aussi clairement que s'il les répétait devant lui.

Votre relation n'est pas...saine. C'est trop fusionnel.

Ça faisait plusieurs jours qu'il évitait Sirius. Il n'avait pas répondu aux premiers appels et puis, le vampire avait fini par abandonner. Apparemment il avait pris le « Laisse-moi » très au sérieux.

Il avait crû que Sirius serait à l'appartement quand il rentrerait – Sirius avait toujours été d'un naturel très obstiné – mais non, il n'y était pas. Et ça l'avait attristé plus qu'il ne l'aurait crû. Renonçait-il si facilement ?

Il avait conscience que son attitude était puérile et ridicule. Excessive. Mais...il avait toujours détesté qu'on lui mente et Sirius était le mensonge incarné.

Il savait qu'il devrait faire le premier pas – d'après James, son meilleur ami était dans un état limite dépressif – mais il ne pouvait s'y résoudre. Il refusait de se laisser avoir. Question de fierté.

Malheureusement, Lily lui avait fait judicieusement remarquer que, bien que au courant que son ex le trompait, il n'avait rien fait. Alors pourquoi réagir aussi violement avec Sirius ? Il ne savait pas vraiment.

Peut-être parce qu'il était vraiment attaché au vampire. Peut-être parce que pour lui, ça signifiait plus qu'un amour passager.

Pour la première fois, quelqu'un savait pour sa nature, l'acceptait et cherchait à l'aider. Pour la première fois, il ne devait plus mentir et pouvait être enfin tel qu'il était.

Peut-être que c'était ce déséquilibre qui le dérangeait. Il ne cachait rien à Sirius mais lui, gardait beaucoup trop de réserves sur certains sujets. Et ça l'énervait et le blessait.

Dans ses anciennes relations, il y avait toujours eu place pour le mensonge car, au plus profond de lui, il sentait qu'il ne pourrait tout simplement pas dire la vérité sans être rejeté en conséquence. Mais là où il avait espéré l'honnêteté et la franchise, sa relation se révélait encore plus complexe et mensongère. Et c'était cette déception qui le menait à autant en vouloir à Sirius. Parce qu'il avait espéré quelque chose de sérieux et de sincère et qu'il n'en ressortait que des illusions.

Il soupira et roula sur le côté.

Mauvaise idée. Le vide dans le lit ne faisait que cruellement lui rappeler ce qu'il avait fait.

Il poussa un gémissement pitoyable.

Pourquoi devait-il toujours prendre de mauvaises décisions ?

Sirius lui manquait. Affreusement.

Il enfonça la tête dans son oreiller et, inconsciemment, inhala l'odeur qui y était imprégnée. Celle de Sirius.

Le vampire avait pris une telle place dans son existence en si peu de temps que ça l'effrayait.

Ça faisait trois ou quatre jours qu'il ne pouvait plus dormir. Toute la nuit durant, il restait allongé dans son lit, le plus souvent encore habillé, à ruminer ses pensées qui pour la plupart du temps tournaient toujours autour du même sujet. Encore et toujours Sirius.

Il ne savait plus quoi penser. Les propos de James l'avaient troublé plus qu'il ne voulait l'admettre.

Sirius n'avait jamais été très éloquent, il ne révélait pas grand-chose de sa vie privée et il aurait dû comprendre ça. Après tout, n'avait-il pas été pareil avec les autres ?

Mais encore une fois, Sirius n'était pas comme les autres. Il était différent, et à bien des égards.

Il savait que si le vampire n'avait pas persévéré, il n'y aurait jamais rien eu d'autre entre eux qu'une nuit à mettre sur le compte de l'ivresse et du chagrin. En quelque sorte, Sirius lui avait permis de vider sa rancœur et de trouver un réconfort artificiel dans la chaleur d'une étreinte. Mais lui ou un autre aurait tout aussi bien servi à cette fin. Sirius n'avait été utile que le temps d'un soir, il n'avait jamais cherché plus et il en avait clairement conscience. Alors pourquoi est-ce que cet événement avait pris de telles proportions ? Il n'en savait rien. Sirius aurait dû le tuer cette nuit-là mais ne l'avait pas fait. Il n'avait cherché qu'une victime pour assouvir sa soif de sang. Lui, avait voulu trouver le réconfort et l'oubli dans l'alcool. Il l'avait trouvé dans un être dépourvu de sentiments et d'attaches, exempt de toutes les souffrances qu'il ressentait à cause d'un homme qu'il aimait et qui avait fini par le tromper. Peut-être avaient-ils été faits pour se rencontrer, qui sait ? Son cœur était trop lourd et celui de Sirius, mort. D'une certaine manière ils s'équilibraient. Tout ce qu'il y avait de trop en lui, Sirius l'avait pris et l'avait fait sien. Il ne savait pas vraiment si c'était une bonne chose mais...il était trop tard pour faire machine arrière, les dégâts étaient déjà faits.

La sonnerie de son portable le sortit violemment de ses pensées. Il jeta un bref coup d'œil à son réveil. Cinq heures et demie. Ça ne pouvait être que lui.

Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine tandis qu'il tenait le téléphone entre ses mains. C'était le moment ou jamais.

Après un soupir, il décrocha.

« Allô ? »

La réponse de Sirius fusa, violente et brusque.

« REM ! Rem, est-ce que tu vas bien ? S'il te plaît, dis-moi que tu vas bien ! »

Il ne l'avait jamais entendu aussi affolé.

« Oui, je vais bien, pourquoi, qu'est-ce... » Il fut directement coupé :

« Mon frère ! Ces salauds ont capturé mon frère ! »


Atmosphère : album Century Child – Nightwish, 9 novembre 2007

Kinni (acoustic) – Heijaste, 25 novembre 2007

album Dark Passion Play (instrumental) – Nightwish / The Escapist – Nightwish, 29 décembre 2007

ablum Dark Light – HIM, 31 décembre 2007

Beautiful – HIM, 13 janvier 2008

album Mother Earth – Within Temptation, 24 février 2008

Pour les intéressés, une séquelle à Vampire Heart ("Beautiful") a été publiée, ayant pour personnage principal Kit (la colocataire de Lily). Il s'agit des événements de la fic vus par elle (la séquelle se situerait plus ou moins entre le chapitre 18 et 19) et aussi d'un petit tour par le Tavastia...pour un concert de Sa Majesté Infernale !

Je sais que ce chapitre est un peu plus court que les précédents et que je coupe encore au mauvais moment...mais je l'aime ainsi. Ca faisait longtemps que je n'étais plus fière d'un chapitre et celui-ci me plaît vraiment. Vous sentirez sûrement l'influence du film Underword ici ;p

Sorn