~ " Que veux-tu de moi ? "
Vincent fixa Ada avec un air surpris, une réelle expression sur le visage, comme la première fois qu'il l'avait vu. Et la même lueur passa à nouveau dans ses yeux.
- Comment ça Ada-sama ?
- Qu'es-ce que tu veux de moi ?
La jeune femme s'était assise sur le banc, tandis que Vincent la fixait avec un air d'incompréhension. Elle se mit à sourire.
- Tu croyais vraiment que je ne remarquerai rien, que tu pourrais m'utiliser. J'ai déjà entendu Oncle Oscar parler de toi. Je savais dans quoi je me lançais.
Le visage du jeune homme s'assombrit. Il ne pouvait plus tenir la mascarade plus longtemps.
- On t'a surement déjà dit que tu ressemble vraiment à ton frère avec cet air contrarié. S'amusa la Vessalius. " Alors ?"
- La clé, je veux la clé de la porte des Abysses gardés par les Vessalius.
- Oh alors tu es un membre de la famille Baskerville ? Gil ne sera pas très ravi de l'apprendre.
- Laisse-le en dehors de ça.
- Parce que tu as surement murement réfléchis avant de m'impliquer...
Doucement elle s'était rapprochée de lui. Elle continuait à jouer, à voir jusqu'à quel point elle pourrait aller. Elle continua devant le silence de son interlocuteur :
- Donc tu voulais m'utiliser pour faire du chantage à mon oncle et obtenir cette clé ?
- C'était le plan.
- Mais quel but sers-tu ? Surement pas Pandora. Et ça serai trop réducteur de te placer du coté des Baskerville. Tu as toujours été spécial.
- ...
- Dis-donc, tu n'as pas l'air très coopératif. Bon concernant cette clé, même si tu me kidnappes, tu ne l'aura pas. Mon père n'a jamais eu d'affection pour Oz ou moi.
- Ton père ?
- On dirait que j'ai capté ton attention. Mon père est le contractant de Griffon, le chain gardé par ma famille comme Raven pour la tienne. Donc ton plan est un peu obsolète.
- Tu le prends plutôt bien.
- De quoi ?
- Tu sais que je t'utilise et pourtant tu es venue aujourd'hui, tu as pris ce risque. Et maintenant que tu as ta réponse que vas-tu faire ?
- Tu me laisseras partir ?
- Je n'ai aucun intérêt à te garder là. Je sais que tu ne parleras pas, tu l'aurais déjà fait.
- Mais n'as-tu vraiment pas envie que je reste ?
- Je ne peux pas niez, tu es très belle, et il n'y a pas une once de mal en toi. Même si je le voulais, tu ne fuiras pas, tu es une princesse.
- Tu es tellement seul, depuis combien de temps n'as-tu pas parlé honnêtement avec quelqu'un ?
- Une centaine d'année surement.
- Alors veux-tu que je parte, ou veux-tu que je t'écoute ?
Vincent regarda Ada. Elle semblait vraiment sérieuse. Et ses yeux verts, ces magnifiques yeux verts, le regardaient sans le juger.
Comment avait-il pu passer à coté de ça ?
Il était le maître des Ténèbres, il avait réussi à avoir Break lui même. Alors comment avait-il pu se tromper à se point sur la jeune femme ? Il n'avait rien vu. Dans son obsession, il avait continué sa route, sans se rendre compte que c'était elle à présent qui dictait les règles. Tout avait du basculer à un moment. Tout avait changé, il le savait, quand il s'était rendu chez elle. Du moment où elle s'était révélée à lui, elle ne serait pas parti sans voir son " véritable lui".
Mais pouvait-il se permettre cette faiblesse ? Non ça entraverait tous ses plans. Mais cette femme, elle ne le rejetait pas, elle n'avait même pas relevé quand elle avait su ses plans.
- Serais-tu prête à m'aider, chère Ada ?
- Si on le fait à ma façon, ça me va.
Elle voulait le sauver. Le sauver de sa folie. Mais au final, elle sera surement responsable de sa perte. Car aujourd'hui elle avait brisé sa défense, toutes les barrières autour de lui. Et sur un coup de tête, il lui avait tout avoué. Elle était devenue sa complice dans le crime. Et cette sensation qu'il éprouvait, d'avoir trouvé quelqu'un comme lui. Ou plutôt quelqu'un qui le comprenait, il n'y avait personne en ce monde pour être comme lui. Bien avant qu'il s'en rende compte, ses lèvres se posaient contre les siennes et il se trouvait entrain de l'aimer.
Mais son monde s'écroulait. Il voulait tout faire pour rendre son frère heureux. Mais Gil ne semblait pas avoir besoin de lui. Et s'il changeait le passé, serait-elle encore là à son réveil ?
Ses doutes, ses incertitudes pour l'instant, il choisissait de les ignorer, juste pour la nuit.
Le lendemain, quand l'un et l'autre se réveillèrent à coté de la personne avec qui ils formaient les deux faces d'une même pièce, ils crurent vraiment avoir rêvés.
Ada remit sa robe, tandis que Vincent la contemplait.
- Où vas-tu, princesse ?
- Où veux-tu que j'aille, chérie ? Je rentre chez moi, tu sais que je n'ai pas le pouvoir de changer le monde.
- Pourtant tu as bien changé le mien. Je ne te laisserai pas partir, tu es mon soleil.
- Alors, il te faudra surement me tuer, je n'ai pas l'intention de réécrire le passé.
- Et si je te demandais juste de rester avec moi ?
- Renoncerais-tu à ton rêve pour moi ?
- …
- En tout cas, Vincent, merci de m'avoir aimé, car c'était parfait.
Elle se retourna et ouvrit la porte.
Et dans sa folie, il choisit de les ignorer toutes ses voix dans sa tête qui lui disait qu'il avait tord. Et dans sa honte, il balaya tout ses aspirations d'un revers de main.
Il se leva et attrapa son poignet. Un sourire se dessine sur les lèvres de la jeune fille. Et vraiment ils se demandent, qui joue avec qui ? Ou es-ce même encore un jeu ?
Plus tard, Loin de là.
Lotti s'avança vers le groupe de personnes aux capes rouges.
- On a un problème.
- Lequel ?
- Vincent, il est parti. Il s'est enfui avec Ada Vessalius. Avec ta fille, Zai.
Au même moment, autre endroit.
Oz, Eliot et Gilbert étaient réunis autour d'une table. Tous très choqués par ce que Break venait de leur annoncer. Alors que les deux plus jeunes cherchent un moyen de les retrouver et de les ramener. Le contractant de Raven tranche :
- Ils reviendront d'eux-mêmes. Et ils le savent, c'est pour ça qu'ils sont partis. Un jour ils devront assumer leurs actes et nous aider, parce que nous sommes en guerre contre les Baskerville.
Pour elle, il avait renonçait à son frère.
Pour lui, elle avait renoncé à sa vie.
Mais ça n'avait plus d'importance désormais, car ils étaient ensemble, et qu'une fois qu'on commet le crime de céder à la tentation, on sait dès le premier instant qu'on est destiné à récidiver.
