Les semaines passèrent et les deux ou trois rendez-vous hasardeux se transformèrent rapidement en entrevues quotidiennes. Tous les soirs, Sara attendait presque impatiemment la fermeture officielle de l'arcade pour rejoindre Kevin et ils passaient alors une bonne partie de la nuit à travailler sur un tas de projets en tout genre, qu'ils viennent de l'esprit du célèbre concepteur ou même de celui de la jeune femme. Parfois, Flynn se surprenait à contempler son interlocutrice pendant qu'elle griffonnait quelques opérations sur un bloc papier, confortablement installée sur le canapé d'angle blanc de son bureau, mais jamais il n'avait osé tenter quoi que ce soit. Il ne voulait pas qu'elle le prenne pour celui qu'il n'était pas et il ne voulait pas non plus prendre le risque de plus la revoir car mine de rien, il y avait vraiment pris goût à ces petites soirées improvisées, même s'ils ne faisaient que travailler et discuter. Elle lui parlait de choses et d'autres sans jamais trop s'étaler sur sa vie personnelle tandis que lui parlait régulièrement de Sam, son fils qu'il aimait plus que tout et qu'il élevait avec l'aide de ses parents depuis la mort de son épouse deux ans plutôt dans un accident voiture. Jamais la jeune femme n'oublierait ce regard qu'il avait quand il parlait d'elle. Il avait beau avoir fait son deuil comme il était écrit partout, il était évident qu'elle lui manquait malgré cela et ça pouvait se comprendre. Un mois s'écoula, puis un autre et encore un autre. Leur petit « manège » dura ainsi pendant une bonne année jusqu'au soir où Kevin se décida enfin...
- Ce soir, j'ai un truc particulier à te montrer. Lui lança-t-il un soir, alors qu'elle était arrivée depuis dix minutes à peine.
Il se tenait face à elle et avait presque l'expression d'un petit garçon qui avait hâte de montrer ses plus beaux trésors à sa bande de copains ou à sa maman.
- Mais avant, tu dois me promettre que tu garderas ça pour toi, parce que c'est très spécial...Reprit-il avec sérieux.
- Pas de souci. Répondit Sara avec un petit sourire. Je serais muette comme une tombe.
Il se dirigea alors vers le fond de la salle où se trouvait le jeu des Lightcycles et d'un mouvement simple il fit pivoter la machine qui révéla une porte dérobée. De sa poche, il sortit alors une clé accrochée à un petit trousseau afin d'ouvrir cette dernière, puis porta son attention sur son interlocutrice qui se tenait toujours du côté de la porte.
- Tu peux approcher tu sais, y a rien de dangereux...
Elle lui sourit et vint le rejoindre, poussée par sa curiosité grandissante. Que pouvait-il bien planquer là derrière ? Ils entrèrent. Lui en premier, elle en second. A peine eurent-ils fait quelques pas que la porte se referma automatiquement et une sorte de grondement se fit entendre, la machine venait de reprendre sa place normale toute seule. Durant un court instant, la brune resta plantée là à observer l'ouverture par laquelle ils étaient arrivé dans ce couloir sombre et froid. Elle devait vraiment être dingue pour l'avoir suivit jusque ici. Ils parcoururent une bonne dizaine de mètres, puis tournèrent à droite et ensuite à gauche avant de descendre quatre marches en béton pas plus grandes que nécessaire pour finalement arriver devant une armoire électrique aux portes marron clair et sur laquelle figurait un écriteau qui indiquait qu'il était dangereux de l'ouvrir.
- Alors, c'est quoi ce mystérieux truc que tu dois me montrer ? Demanda-t-elle en regardant aux alentours pour ne voir que quelques toiles d'araignées et leurs créatrices en train de se balader tranquillement sur les murs.
- Attends...
Flynn qui était toujours munit de son petit trousseau, choisit une nouvelle clé et déverrouilla la fameuse armoire. Derrière les deux portes en bois, il n'y avait en fait rien d'électrique ou de dangereux, juste une ouverture dans le mur menant à une pièce secrète dans laquelle se trouvait tout un tas d'objets très particuliers. D'un côté, contre le mur, il y avait une sorte de bureau aux allures étranges et de l'autre, il y avait ce qui ressemblait de loin à un canon laser mais la jeune femme n'en était pas vraiment sûre. Le brun resta silencieux, choisissant de la laisser visiter par elle-même avant de lui fournir le fin mot de l'histoire.
- La Grille ? Demanda-t-elle en regardant avec attention une sorte de plan sur lequel figurait des croix, des notes et un tas d'autres gribouillages.
- Tu te rappelles notre conversation sur la plateforme de distribution de ressources et le reste ?
- Attends, tu veux dire que...
Elle le regarda presque avec un regard plus qu'étonné alors qu'il faisait un signe affirmatif de la tête.
- Tu rigoles ? Tu te paies ma tête c'est ça ?
- Absolument pas.
Sara observa de façon plus pointue le bureau pour s'apercevoir qu'en fait il s'agissait d'un ordinateur très moderne pour l'époque, vu qu'il n'y avait qu'une tablette qui servait à la fois d'écran et de clavier. Ceci fait, elle porta de nouveau son attention sur le laser derrière. Tellement de choses se bousculèrent à cet instant dans sa tête, qu'elle en eut presque la migraine.
- Je...enfin c'est...euh... Balbutia-t-elle.
- Une petite balade ça te tente ? Lança-t-il avec un nouveau sourire et une certaine fierté.
- Mais...mais pourquoi...? Je veux dire, pourquoi moi, là, ici, dans ce coin insoupçonné de ton arcade, à plus savoir aligner quatre mots à la suite les uns des autres...enfin tu vois quoi...
- Parce que la moitié des calculs sur lesquels tu as planché m'ont servis pour ça, parce qu'on vit dans le même univers, parce que j'en ai envie...
Il s'avança vers l'ordinateur, tapa quelques lignes de codes et avant qu'elle n'ait le temps de dire quoi que ce soit, une sorte d'éclair blanc l'ébloui. Ca dura quelques secondes à peine et fut sans douleur mais sous le coup de la surprise, elle manqua de tomber à terre. Heureusement, Kevin la rattrapa à temps.
- C'était quoi ça ? Demanda-t-elle en regardant partout à la fois et remarquant ainsi que la configuration de la pièce avait changé.
- Bienvenue dans la Grille. Souffla-t-il simplement.
A Suivre...
Note: Je sais, c'est cours...mais j'espère que ça vous plaira quand même.
