Chapitre 2 - Décisions
C'était bien les Cullen, j'en étais sure, et pourtant ils avaient quelque chose de différents. Leurs yeux étaient différents et en y repensant je finis par mettre le doigt sur ce qui me perturbait, leurs yeux étaient vides il n'y avait plus d'éclat, plus cette étincelle de vie joyeuse, comme s'ils souffraient. Je finis par me dire que m'avoir vue les avait rendu tristes, me savoir vivante et ici les dérangeait. Je pouvais les comprendre, ils ne m'aimaient plus depuis bien longtemps et m'avaient surement oublié, j'avais réveillé chez eux des souvenirs qu'ils auraient préféré ne pas voir revenir à la surface. Et pourtant de mon côté, jamais je n'avais pu les oublier, ils avaient été les plus beaux jours de ma vie, et si je les avais haï c'était maintenant différent. Avec le temps et mon changement de condition j'avais plus ou moins compris leurs décisions mais je savais que je ne leur pardonnerai jamais toute la souffrance qu'ils m'avaient infligé à moi et à Charlie, en me laissant derrière eux, ils avaient scellé mon destin. Au bout de quelques heures de tempête dans mon crane, je me calmais enfin et pris les décisions suivantes : je ne pouvais pas rester à Forks trop longtemps, mais j'avais des choses importantes à y faire. Je devais voir Jacob demain soir et je devais également m'occuper de faire prolonger la concession de Charlie ce qui me prendrait au plus deux jours. Ensuite tant pis je repartirais, je quitterais mon havre de paix avant la fin de la semaine et je ferais en sorte de ne pas les croiser de nouveau. Je n'avais pas l'esprit de revanche, et je ne tenais pas à briser la vie qu'ils s'étaient construite, et que j'enviais secrètement. Cependant, une autre idée me trottait dans la tête, et je savais que Carlisle était le seul médecin que je pouvais voir, le seul qui ne ferait pas de crise cardiaque en m'examinant et en s'apercevant que mon cœur ne fonctionnait pas. Je savais depuis bien longtemps que j'étais différente sur bien des points de mes semblables, et je me demandais parfois même si je n'avais pas quelques idées sur la raison et qu'elles pouvaient en être les conséquences. Je n'avais jamais eu l'occasion de parler de tout cela avec quelqu'un, d'ailleurs en cent ans je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de parler avec quiconque. Je voyais là mon unique occasion d'échanger non seulement avec un vampire qui m'avait connu en tant qu'humaine mais aussi avec une personne sage et de confiance. Je recherchais rapidement le numéro de l'hôpital, afin de m'assurer qu'il y exerçait toujours et pris un rendez-vous pour le début de l'après-midi. J'en profiterai également pour le rassurer sur le fait que je ne comptais pas rester ici et que je ferais en sorte de ne croiser aucun membre de sa famille le temps de mon séjour. Ma décision prise, je commençais à me sentir mieux.
