Chapitre 10 – L'expérience

Les questions fusèrent en même temps, sur comment j'allais utiliser Edward, sur mon don... etc., je les stoppais dans leur élan, leur disant que le plus important, s'ils souhaitaient vraiment m'aider c'était de regarder dans leur tête ce que je leur projetterai. Ils furent tous d'accord, et je les suivis à l'intérieur de la maison, où ils prirent place sur le canapé.

Seul Edward était resté près de moi, et mes yeux se rivèrent aux siens. Pour quelques secondes plus rien n'existait, que ces yeux et mon amour pour lui, ma seule envie à l'instant présent était de me blottir contre lui, de l'embrasser… j'avais pendant si longtemps tenté de l'oublier que l'avoir si près de moi, me rendait heureuse, j'avais retrouvé son odeur, celle qui m'avait fait chavirer tant d'années auparavant et contre laquelle je n'étais visiblement toujours pas immunisée. Je savais par ses pensées qu'il n'avait cessé de m'aimer et j'avais envie de croire que la vie allait nous réunir. Cependant, je savais aussi que ce ne serait pas facile, beaucoup de temps était passé, et nous devions réapprendre à nous connaitre, et de mon côté je savais qu'il me faudrait du temps pour lui redonner ma confiance. Je quittais son regard, et allais prendre une chaise sur laquelle il s'installa. Je posais mes mains sur ses tempes, ce qui me fit tressaillir, puis fixais l'assemblée devant moi. J'espérai y arriver sans trop de difficulté, mais je n'avais pas tenté cette expérience depuis ma période avec les Volturi et j'étais terrorisée à l'avance par les images que je m'étais engagée à leur montrer. Je me concentrais sur Matthew et leur projetais ces images d'horreur : Comment il paralysait ses proies, il leur arrachait les dents pour qu'elles ne puissent pas se défendre ni l'attaquer, il les violait de toutes les manières possibles, les battait, les torturait, les vendait aux nomades de passage et enfin les tuait en les empalant tout en les démembrant. Je ré insistait sur une vision ou il avait paralysé deux nomades avant d'édenter la compagne de l'un d'eux sans qu'aucun ne puisse intervenir.

Il était important qu'ils comprennent sur quoi ils s'engageaient, et qu'il y avait peu de chance qu'ils s'en sortent s'ils lui laissaient le temps d'utiliser son don. Et je finis par une dernière image, lorsqu'il m'avait attaqué. A ce moment où son visage était si proche du mien avec son rictus cruel, et qu'il prononça mon nom, je perdis pied et m'écroulais derrière Edward.

J'avais perdu connaissance, ce qui pouvait parfois m'arriver, mais c'était quelque chose qu'ils ne comprenaient pas. Un vampire ne s'évanouissait pas. J'entendis vaguement Carlisle qui essayait de les calmer et les réconforter. Des bras me portaient et j'entendis Alice expliquer à Edward, que non, elle ne savait pas quand je me réveillerai, qu'elle ne pouvait rien voir de moi, que je devais avoir ce foutu bouclier qui lui cachait mon avenir. A ces mots je vérifiais rapidement qu'effectivement ma protection était bien en place. J'en fus soulagée, car au moins Matthew ne capterait pas mon odeur chez eux, il ne viendrait pas me chercher ici, et le plus important il ne s'en prendrait pas à Esmée, Rose ou Alice. Car mon pire cauchemar aurait été de les voir entre ses mains cruelles, les maltraiter et les tuer devant leur famille impuissante.

J'entrouvris alors les yeux, pour voir à quelques centimètres de mon visage, Edward qui me regardait, le regard torturé par la peur, et l'incompréhension. J'essayais alors de le rassurer, lui disant que j'allais mieux et me relevant je les regardais. Ils étaient encore tous visiblement sous le choc de ce qu'ils avaient vu et j'étais fière d'avoir réussie mon petit tour. Je m'adressais à eux :

Je suppose, que vous savez maintenant à quoi vous en tenir et j'espère que tout ceci permettra à Alice d'avoir les visions nécessaires ou à Edward de capter ses pensées. Je vais vous laisser, il faut vraiment que je rentre maintenant. J'ai réussi, je ne sais pas comment à garder mon bouclier, mais ça devient une lutte trop difficile à gérer, je ne peux pas prendre de risque..

Emmett et Edward réagirent au quart de tour, Emmett en me rappelant qu'il était très fort et qu'il était capable de me protéger, que près de lui je ne risquais rien. Il me tenait par les épaules, me regardant avec ce sourire rempli de fierté et d'amusement que j'aimais tant , quant à Edward, il me fit comprendre que sa famille était là pour moi, qu'Il était là pour moi, et que jamais il n'accepterait que je reste seule chez moi, alors qu'un fou furieux était à proximité. Je me demandais si finalement ils avaient mesuré les risques qu'ils couraient tous et m'emportais contre tant légèreté.

Carlisle, Emmett, Jasper, pouvez-vous imaginer un instant pouvoir assister aux tortures de vos compagnes sans pouvoir réagir ? Les entendre hurler, à vous vriller les tympans, pendant qu'il s'amuse avec chacune d'entre elle ? Et que seule la mort qu'il consentira à vous donner enfin vous délivre ? C'est ce qui arrivera, si je reste trop longtemps ici, il faut vraiment que je rentre et Alice me préviendra si je risque quoi que ce soit

Carlisle finit par comprendre mon point de vue et à raisonner sa famille. Seul Edward n'était toujours pas d'accord, et je consentis donc à ce qu'il me raccompagne