Chapitre 11 - Danger

Il me fit monter sur son dos, ce qui m'arrangeait car je n'étais pas sure d'arriver jusqu'à chez moi sans m'écrouler.

Perchée sur son dos, je laissais le vent fouetté mon visage, puis je callais ma joue contre son cou. Son odeur m'enivrait, la douceur de sa peau m'électrisait, elle était très différente de mes souvenirs mais si douce et fraiche et que j'avais l'impression d'être un enfant retrouvant la chaleur des bras réconfortant de sa mère. J'étais presque heureuse, un sentiment que je n'avais plus connu depuis si longtemps, que j'aurai voulu que jamais il ne cesse.

Cependant au bout de quelques minutes nous étions déjà en vue de la maison de Charlie, et il me déposa doucement devant la porte. J'étais en train de sortir ma clé, quand son téléphone sonna. C'était Alice, elle parlait vite et fort, elle venait d'avoir une vision. Elle la décrivit aussi précisément qu'elle le pouvait, il allait s'attaquer à une jeune fille près d'ici, la description qu'elle en fit me laissait penser qu'il pouvait s'agir d'une jeune fille de la réserve, une jeune au teint mat au long cheveux noir, lisse et brillant qui se trouvait près d'une forêt. Alice pouvait nous préciser qu'un feu de camp se situait non loin de la scène et qu'elle entendait également des chants et de la musique. Mon sang se mit à bouillir, ma tête allait exploser, une jeune fille allait mourir par ma faute, il fallait que je prévienne Jacob.

Je me précipitais à l'intérieur et attrapais mon téléphone dans mon sac à dos. Le numéro étant programmé, j'arrivais à le joindre rapidement. Je lui expliquais le plus brièvement possible ce qu'Alice avait vu, lui demandant d'envoyer la meute là où des jeunes avaient prévu de passer une soirée, qu'il fallait qu'il localise un feu de camp, et qu'il intervienne rapidement. Cet échange ne me prit que quelques secondes, que déjà, il avait raccroché. Je savais que la meute pouvait être rassemblée rapidement, qu'ils étaient forts et capable d'anéantir un vampire, mais malgré tout je m'inquiétais qu'ils arrivent trop tard, ou qu'un des loups ne soit blessé. Le venin des vampires était mortel pour eux, et je ne savais pas si le don de Matthew fonctionnait sur eux.

Je me laissais alors tomber sur le vieux canapé du salon et mis ma tête entre mes mains. Je m'adressais alors à Edward sans le regarder, il avait pris place auprès de moi :

Tu vois, tu avais raison, lorsque tu m'as dit que je n'apportais rien de bon. Je ne suis pas seulement un aimant à problème, je suis un problème pour ceux que j'approche. Je n'aurais jamais dû revenir ici lorsque je vous ai vu devant le lycée, ça t'aurait épargné à toi et à ta famille que je vous pourrisse la vie.

Il émit un grognement de rage et de mécontentement, et me força à le regarder, mon visage en coupe entre ses mains, ses yeux vrillant les miens.

Je t'interdis de dire ça. Ce que je t'ai dit dans la forêt en te quittant, n'était que mensonge, tu as été la personne la plus importante de toute ma vie, tu m'as donné les meilleurs moments de mon existence, les seuls bons moments de mon éternité. Je voulais tellement que tu sois heureuse, mais mon espèce était un danger permanent pour toi, je pensais qu'en te laissant derrière moi, tu reprendrais la vie à laquelle tu avais droit. Que tu rencontrerais l'amour, que tu te marierais, que tu aurais des enfants. J'aimerais tellement savoir pourquoi rien ne s'est passé comme je l'espérais pour toi. J'étais prêt à me sacrifier, à vivre loin de toi, même si je savais que jamais plus je ne pourrais être heureux, jamais plus aucune lumière ne viendrait éclairer ma longue agonie. Et tout ça a été vain. Par ma faute, tu es devenue vampire, par ma faute tu as du affronter seule cette vie, qui ne t'était pas destinée et pour laquelle tu n'étais pas préparée, par ma faute toute ma famille a souffert. Alors s'il te plait, ne dit jamais que tu n'apportes rien de bon, c'est tout le contraire, je suis le seul responsable depuis l'origine de ce gâchis, je suis …

Je mis un de mes doigts sur sa bouche, finalement il n'avait guère changé, sur ce point tout du moins, il avait toujours ressenti une culpabilité à chaque évènement qui avait ponctué notre vie d'avant, il s'en était toujours voulu de sa nature, de ma rencontre fortuite avec James, et de l'accident avec Jasper, le jour de mon anniversaire, et maintenant de sa fuite. Certes, moi aussi je lui en voulais, je leur en voulais, mais à quoi bon se torturer ainsi. Avait-il passé ces cent dernières années dans le remord et la souffrance ? Je ne savais rien de ce qu'il avait vécu de même qu'il ne connaissait pratiquement rien de mon existence. Il ne connaissait rien de moi, de mes défauts en tant que vampire dont seul Carlisle avait eu connaissance, il ne connaissait que depuis ce soir une partie de mon don, celle qui était la plus facile pour moi à expliquer. Peut-être qu'un jour je lui dirai que j'arrivais à lire ses pensées lorsque je le mettais sous mon bouclier. Je m'apprêtais à lui parler, et à l'apaiser lorsqu' un hurlement parvint à nos oreilles, un hurlement de loup dont la souffrance ne laissait rien présager de bon. La meute n'était pas intervenue à temps !

Je dois m'absenter quelques jours, j'espère vous retrouver vers le 20 Aout. A bientôt