Chapitre 14 - Détails de ma vie

Une larme se mit à couler sur ma joue, Jacob la rattrapa, et en riant me dit je j'étais sacrément sentimentale pour un vampire, mais que c'est comme ça qu'il m'aimait. Il s'apprêtait à repartir lorsque Carlisle, lui demanda, s'il pouvait lui expliquer comment c'était passé ma transformation.

« Ce n'est pas spécialement de la curiosité, Jacob, mais peut être que tes explications m'aideraient à comprendre les différences de Bella par rapport à nous. Tu étais présent non ? »

« Oui, j'étais là. Heureusement puisque votre lâche de fils, s'était tiré. Cracha-t-il avec un regain de colère à l'encontre d'Edward. »

Jasper envoya une petite dose de calme sur Jacob qui regardait Edward avec une grimace sur le visage. Mon regard se tourna vers lui, et je vis son visage se tordre de chagrin et de douleur.

« Jacob, qu'est-ce que tu fais ? »

« Je crois que ta sangsue, n'aime pas mes souvenirs », me sourit- il.

Je me projetais dans la tête d'Edward pour y voir des images de moi, triste et décharnée après son départ, d'autres souvenirs également alors que je hurlais pendant ma transformation…

« S'il te plait Jacob, arrête, je ne pense pas que ce soit utile ! »

« Très bien Bella, mais pourquoi ne saurait il pas ce qu'a été ton enfer, pourquoi n'aurait-il que les meilleurs moments avec toi, alors que moi, j'ai géré les pires. Admets que ce n'est pas très juste ! Mais pour en revenir à votre question docteur Cullen, je pense effectivement être le mieux placé pour vous raconter la vie de Bella. »

Il poussa un soupir :

« Ça peut prendre un peu de temps, et si vous n'avez rien de mieux à faire installez-vous bien gentiment, c'est une histoire que je ne raconterai qu'une fois, l'histoire d'une descente aux enfers qui a marqué ma mémoire à tout jamais, et que je ne prends aucun plaisir à vous raconter. »

Jacob s'installa face à la famille réunie en demi-cercle. J'étais extrêmement mal à l'aise et ne savais où me mettre. Jacob, tapota l'herbe à côté de lui, pour m'inviter à y prendre place. Il savait parfaitement ce que je ressentais, il me connaissait si bien, qu'il se sentait gêné pour moi. J'avais toujours détesté être le point de mire, et là, ça s'annonçait pire que tout.

Avant de commencer son récit, il prit ma main dans la sienne et la porta à ses lèvres, puis posa ma main toujours dans la sienne sur son genou. Il prit une grande respiration et commença son récit alors que moi je gardais la tête baissée sur le bout de mes chaussures.

« Tout a commencé lorsqu'Il l'a laissé dans la forêt, après lui avoir annoncé qu'il l'a quittait. Bella c'est perdue en essayant de le retrouver, et Charlie inquiet nous avait tous rassemblé pour la rechercher. C'est vrai que c'est grâce au mot qu'Il avait laissé que nous avions une idée de l'orientation à donner à nos recherches. Il a fallu plusieurs heures pour que Sam la localise enfin et la ramène chez Charlie. Lorsque Sam est arrivé devant chez Charlie, qui organisait les recherches, il tenait Bella dans ses bras, elle était en boule comme un chaton apeuré. La première chose à laquelle à penser Charlie, c'est que Tu pouvais lui avoir fait du mal, mais si elle n'était pas blessée physiquement comme le constata le médecin, c'était bien pire. Elle était catatonique ! Le médecin, après lui avoir administré une piqure pensait que ça irait mieux après une bonne nuit de repos. Quel idiot !

Il parlait de chagrin d'amour dont on se remet facilement, alors qu'il s'agissait d'une déchirure si profonde que jamais personne ne pourrait la guérir. Elle resta prostrée plus d'une semaine, sans manger ni parler à personne.

Je n'ai jamais su ce que tu lui avais dit ce jour-là, je ne pouvais même pas imaginer quels étaient les mots capables de détruire ainsi une personne.

Charlie me suppliait de l'aider là où il se sentait impuissant, il voulait que j'essaye de lui changer les idées, mais … Pourtant Dieu sait que j'ai essayé, je l'emmenais à La Push, nous faisions de grandes balades les pieds dans l'eau, et chaque fois que je lui arrachais un sourire, je prenais ça pour une victoire. J'ai même essayé de lui apprendre à faire de la moto, elle y prenait un certain plaisir, mais nous avons fini trop souvent aux urgences pour que Charlie me laisse continuer. Mais malgré tout cela, elle continuait de dépérir, mangeait comme un oiseau et encore, uniquement quand son père l'y forçait. Elle était si belle, si douce et si fragile aussi que j'en tombais amoureux, mais elle ne voyait rien, et je n'arrivais pas à comprendre sa détresse, je te haïssais bien plus que tu ne pourras jamais le savoir pour l'avoir mis dans cet état et j'étais jaloux aussi, je me demandais ce que tu pouvais avoir de plus que moi, pour qu'elle soit ainsi incapable de te remplacer.

Et puis, un jour, pas de chance, ma mutation a commencé. Sam m'a pris en main pour que j'apprenne à me maitriser, et il m'interdisait de continuer à voir Bella. Je savais que j'étais devenu dangereux pour elle, et que si par malheur je me transformais quand elle était près de moi je risquais de la blesser ou pire de la tuer. Je mis donc nos rencontres entre parenthèses pendant quelque temps. Ce qui mit Charlie hors de lui ! Mais pour Bella, ce fut comme un deuxième abandon, et le peu que j'avais réussi à obtenir, les rares moments où elle avait souri, tout disparu de nouveau et ça empira. Ces yeux étaient vides, elle ne communiquait plus, suivait malgré tout ses cours pour faire plaisir à Charlie, mais n'avait plus aucun ami. Tous avaient fini par la laisser à son désespoir.

Au bout de quelques semaines, je me sentais suffisamment fort pour me rapprocher d'elle et ce malgré l'opinion de Sam. J'essayais en vain de ramener un sourire sur son visage, mais il n'y avait rien à faire, c'était comme si elle avait enterré un proche, comme si toute forme de vie lui avait été enlevé. Je crois que nous avons vécu à ce moment-là les plus noirs instants de notre relation.

Je me sentais tellement impuissant face à sa détresse, que même l'amour que je lui portais me semblait ridicule, et comble de malchance je ne pouvais passer tout mon temps avec elle. Lorsque la meute avait besoin de moi, je devais obéir, m'entrainer, ou surveiller les abords de la réserve, et surtout préserver le secret de ce que j'étais. »