Chapitre 15 - Transformation

« Ca faisait près de six mois que vous étiez partis, quand Sam repéra l'odeur de trois vampires aux alentours. La meute les surveillait de près et nous étions décidés à les pourchasser et les tuer. Ce que j'ignorais alors c'est que Bella avait pris la décision d'en finir avec la vie, elle avait prévu son suicide, laissé une lettre à Charlie, m'en avait envoyé deux – une pour moi et une que je devais te remettre, Edward, si un jour nos chemin se croisaient de nouveau. Cependant, avant de se jeter de la falaise, elle voulait repasser à la clairière, revoir cet endroit que son esprit romantique considérait comme un lieu sacré, un lieu de pèlerinage en quelque sorte, si j'ai bien compris les explications qu'elle m'en donna des années plus tard.

La malchance avait toujours été sa meilleure compagne, et surement n'y avait-il aucune raison pour que ça change les trois vampires étaient eux aussi dans la clairière. Quand on a vu Bella face à eux, nous avons agi le plus vite qu'il nous était possible, mais elle était scotchée par leur présence et visiblement ils la connaissaient. Nous avons réussi à tuer le premier, celui aux dreadlocks, avant qu'il ne la touche, mais la rouquine était très rapide. Si seulement Bella avait reculé juste d'un mètre nous aurions pu la sauver, mais ce ne fut pas le cas, c'était comme si elle attendait une forme de délivrance. Et comme elle s'était préparée à mourir, j'imagine que la falaise ou les vampires, pour elle ça n'avait pas grande d'importance. Pourtant, les dents de la rouquine lui ont juste entaillé légèrement le bras, et je pensais bêtement que ce n'était qu'un petit bobo auquel sur le moment je n'attachais pas d'importance. Le troisième vampire s'étant sauvé, la meute le poursuivit pendant que je restais avec Seth près de Bella.

Nous n'avons pas compris ce qui se passait, Bella avait l'air de souffrir le martyr, elle nous disait qu'elle brulait. Nous n'avions aucune idée de la façon dont se passaient vos transformations et nous n'avions aucun vampire sous la main pour nous l'expliquer. Nous étions jeunes et complètement paniqués, nous l'avons transporté à La Push et installé chez Sam en attendant son retour. Quand, il est revenu, il était vert de rage en voyant Bella, ici. Il voulait la tuer, ayant deviné ce qu'elle allait devenir, elle devenait pour nous tous un danger potentiel. Non seulement parce qu'elle allait devenir un vampire, mais aussi parce que Charlie avait mobilisé tous ses hommes pour la retrouver. Seuls, Seth et moi étions contre le fait d'achever Bella. Nous l'avons supplié d'attendre quelques jours avant de décider de la tuer… pourtant même elle nous implorait de l'aider à en finir. Je l'ai bâillonné et attaché puis avec Seth nous l'avons veillé, nous lui parlions, tentions de la calmer, de l'apaiser. Tout ceci à durer cinq longues journées, et lorsqu'elle a fini par être plus sereine, et que nous ne pouvions pratiquement plus entendre les battements de son cœur, Sam a rassemblé la meute. Nous savions que du comportement de Bella dépendrait sa survie. Quelle ne fut pas notre surprise, quand nous pensions qu'elle nous attaquerait de voir qu'au contraire, elle ne nous souhaitait aucun mal, son seul problème était de savoir quoi dire à Charlie, et ce qu'elle allait devenir, maintenant. Nous l'avons emmené chasser, des animaux, car je ne voulais pas qu'elle devienne un monstre, mais elle n'avait pas faim, et ne semblait pas attirer par le sang des humains de la réserve. Sam dut admettre qu'elle n'était pas un danger, accepta de la laisser vivre sa condition de vampire, et la garda même quelques jours chez lui pour régler quelques détails. Il réussit à lui procurer un peu d'argent et récupéra chez elle ses papiers et quelques vêtements. Quant à Charlie, persuadé qu'elle s'était jetée de la falaise, il fit rechercher son corps durant des années. Il a même fait creuser sa tombe et prévu du même coup l'emplacement de la sienne, espérant qu'un jour il pourrait ensevelir sa fille et qu'elle serait près de lui pour l'éternité.

Bella n'avait d'autre choix que de nous quitter, ce qu'elle fit, me promettant qu'elle reviendrait régulièrement me voir pour me donner de ses nouvelles, et elle tint promesse, elle revenait tous les ans ou à peu près. Puis, par la suite nous pûmes rester en contact par le biais de son téléphone portable, qu'elle branchait à peu près une fois tous les dix jours pour écouter mes messages. C'est comme ça qu'elle put revenir à temps avant la mort de son père, ils passèrent deux jours ensemble, Charlie pensant qu'elle était un ange, le plus beau des anges des anges disait-il. Il s'est éteint heureux, et d'une certaine façon Bella en fût heureuse également. Je me suis ensuite occupé des papiers, Bella a changé son identité et a pu garder la maison, sur laquelle je veillais entre chacun de ses passages. »

« Voilà, je pense vous avoir raconté tout ce que je pouvais, quant à ses rencontres avec le clan de vampires ou tous les nomades cinglés qu'elle a croisé, il n'y a qu'elle qui puisse vous le raconter, car je sais qu'elle a toujours relativisé ses problèmes pour ne pas que je m'inquiète, même lorsqu'elle arrivait blessée, elle mettait ça sur le compte de la maladresse, de la faute à pas de chance. »

Jacob me prit alors dans ses bras puissants et tout en nous relevant il s'excusait auprès de moi de n'avoir pas été assez fort pour me sauver et aussi parce qu'il savait que je n'avais pas aimé qu'il raconte tout cela.

« Je sais que tu me pardonneras, tu l'as toujours fait. Même quand je t'ai embrassé une fois, tu te rappelles ? tu étais entrée dans une colère noire, mais le lendemain, c'était oublié ! Et sincèrement, je crois qu'ils avaient le droit de savoir ce qu'ils t'avaient fait subir, et si ça peut aider le doc… »

« T'inquiète Jacob, je survivrai ! »

Jacob s'apprêtait à partir rejoindre les siens quand Edward l'interpella :

« Tu me m'as jamais transmis la lettre de Bella, pourtant j'étais revenu à Forks, quelques temps après son « décès » » murmura t'il

« Je sais, je t'ai vu pendant des jours, plonger à la recherche de son corps. Mais puisqu'elle n'avait pas sauté j'ai considéré ne rien te devoir… Et puis te voir souffrir un peu avait beau être pour moi une maigre consolation, c'était tout ce que je pouvais obtenir »

Jacob mit la main dans la poche arrière de son jean et en sortit ma lettre, il me regardait guettant mon assentiment, mais suite à mon absence de réaction, la tendit à Edward qui s'en saisit promptement, ayant probablement hâte de savoir quelles étaient mes raisons à ce geste inconsidéré qui m'avait fat rompre ma promesse.

Il me jeta un dernier regard, me rappela aussi de passer le voir quelle que soit la décision que je prendrais, il comptait sur moi, et il disparut entre les arbres.