Chapitre 17 – Enfin seuls

Je me rapprochais de lui, lui pris la main et l'entrainais vers la maison de Charlie, cette fois en courant vitesse vampirique, pour que personne ne l'aperçoive dans cette semi nudité. Nous montâmes directement dans ma chambre, et récupérant mon sac à dos et mes affaires, je lui demandais en souriant, un moment « d'humanité ». Ces quelques mots le firent rirent, et il m'indiqua qu'il m'attendrait le temps nécessaire. Je me rendis dans la salle de bain, et me mis sous la douche. Pour moi c'était un réel plaisir de sentir l'eau tiède couler sur ma peau, et j'en profitais longuement, car je n'avais eu que très peu l'occasion de prendre des douches toutes ces dernières années. Les rares moments où j'avais pu le faire, c'était ici, où parfois quand je rentrais dans des résidences secondaires et que je m'y installais une ou deux journées.

Je me séchais enfin, enfilais un short et un T-shirt, qui étaient mes affaires de nuit, et entrais dans ma chambre où mon adonis m'attendait assis sur mon lit. Je m'assis à ses côtés et lui murmurait :

« Je t'ai prévenu, que tu risquais de t'ennuyer, Edward »

Il me regarda sans comprendre où je voulais en venir et je rajoutais donc, un peu angoissée par ses réactions à venir :

« Je suis extrêmement fatiguée, et je vais dormir un peu. Désolée, j'en ai besoin »

Ses yeux exprimaient une surprise sans borne et peut être aussi un peu d'inquiétude mais il se borna à me répondre :

« Mes nuits passées près de toi quand je veillais sur ton sommeil, ont été les plus belles de ma vie, Bella, n'en doute jamais. Et que ça se reproduise me fait très plaisir, c'est même inespéré. »

« Je sais que ça te parait étrange, mais j'ai des côtés encore un peu humain. Et ce qui me fait plaisir à moi, c'est que tu restes près de moi. Je vais enfin pouvoir dormir en toute sérénité, sans mon bouclier, sachant que tu veilleras sur moi »

« Parmi les côtés un peu humains, est ce que je dois compter ta maladresse, comme lorsque tu as failli tomber sur le chemin du cimetière »

« Oui, entre autre. Pour les autres défauts tu auras peut être le loisir de les découvrir plus tard. »

Je m'allongeais, et il se positionna tout contre moi, une main caressant mes cheveux l'autre sur ma joue. Il commença à me chanter ma berceuse, et je sombrais en souriant dans un profond sommeil.

Point de vue d'Edward

Bella s'était endormie, sa respiration était légère et régulière. Je profitais de son sommeil pour sortir de ma poche la lettre qu'elle m'avait adressé cent ans auparavant. L'écriture sur l'enveloppe était en parti effacée, je me demandais si c'était l'office du temps passé ou si les larmes de Jacob y étaient pour quelque chose. Je l'ouvris rapidement sans faire de bruit, et après avoir fermé les yeux quelques instants, pour me donner du courage, j'en commençais la lecture :

Edward

Si tu lis cette lettre, c'est que je ne suis plus. Je sais que je t'ai fait une promesse, mais je ne peux plus la tenir. Pardonne moi je t'en prie, mais la vie sans toi ne mérite pas d'être vécue. Je ne peux pas faire comme si tu n'avais jamais existé, je t'aime depuis le premier jour où nos yeux se sont croisés, et je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle, et plus longtemps encore si une autre vie me le permet. S'il te plait, j'aimerai que tu ne t'en veuilles pas pour ce que j'ai fait, sache que je ne fais qu'avancer l'inéluctable. Tu ne voulais pas que je devienne comme toi, et un jour serait venu où on m'aurait pris d'abord pour ta mère, puis pour ta grand-mère et puis l'âge aidant je t'aurais de toute façon quitté. J'y ai beaucoup réfléchi, et je suis persuadée que ce n'étais pas non plus la bonne solution. Je veux que tu saches également que tu as été mon unique amour, le seul objet de mes désirs et qu'où que je sois aujourd'hui, mon cœur t'appartient.

Remercie aussi pour moi tous les membres de ta famille pour m'avoir aussi bien accueilli, redis bien à Jasper que je ne lui en ai jamais voulu, et embrasse très fort Alice qui aura été ma meilleure amie. C'est vrai que je leur en veux de ne pas m'avoir dit adieu, mais je comprends que leur sécurité passait avant tout.

Voilà, je pense t'avoir tout dit, je répèterais juste une chose : ne m'en veux pas, et ne t'en veux pas non plus.

Avec tout mon amour

Belle

PS : j'espère que tes distractions t'auront permis de m'oublier

Mes distractions ! J'avais oublié que je lui avais parlé de me distraire pour l'oublier. Je crois qu'en cet instant, si j'en avais été capable, j'aurai pleuré. Pleuré parce que ses mots me faisaient mal et que je pouvais l'imaginer en train d'écrire cette lettre, le néant au fond ses si beaux yeux, surement persuadée que je l'avais déjà oublié alors qu'elle me pleurait. J'avais fait tant de mal autour de moi ce jour maudit où je l'avais quitté. Je me demandais si j'étais resté son unique amour, ou si durant ces longues années elle avait trouvé des bras aimants. Cela me fit mal d'y penser, mais j'étais responsable de la situation, et il aurait été normal que belle comme elle l'était, elle trouve le temps d'un jour, d'un mois ou d'une décennie quelqu'un à aimer. Je crois que j'étais jaloux de cet inconnu qui l'avait séduit, prit dans ses bras, et qui lui avait fait découvrir les délices de l'amour, que j'aurai tant aimé découvrir avec elle.

Elle commença à s'agiter dans son sommeil, et tout en l'admirant, je me demandais si elle parlait toujours en dormant. Elle avait l'air d'avoir peur, je lui parlais doucement pour la rassurer, lui disais que j'étais là et que je veillais sur elle. Visiblement elle revivait son face à face avec Matthew, elle tremblait, et répétait qu'il fallait qu'elle y arrive. Elle finit par se calmer un peu sous mes caresses, puis répéta mon nom à plusieurs reprises. Elle me suppliait de ne pas partir, de ne pas l'abandonner, qu'elle avait peur toute seule. Elle me faisait vivre ses peurs, seule à travers le monde, ne sachant pas toujours comment survivre, et se demandant si d'ailleurs ça valait la peine de continuer de lutter. Je lui parlais encore et encore au creux de l'oreille, lui promettant d'être présent aussi longtemps qu'elle le souhaiterait, et qu'il était nécessaire qu'elle vive, pour nous. J'avais mis ma main dans la sienne, et avec un sourire, elle l'étreignit puis me dit qu'elle m'aimait. J'étais heureux de la voire comme ça, si détendue tout à coup, et sure des sentiments qu'elle éprouvait encore pour moi. Je n'en revenais pas de la chance que j'avais. Avec un soupir, elle guida ma main sous son T-shirt, j'avais bloqué ma respiration, ne sachant comment réagir, lorsqu'elle la promena doucement sur son ventre. Je sentais sous mes doigts ses cicatrices, me demandant pour la ixième fois qui avait osé lui infligé de telles blessures, puis mes doigts caressèrent ses côtes et arrivèrent juste sous ses seins, à priori leur destination finale. Elle avait des petits frissons de plaisir, ne parlait plus, ne s'exprimant que par de petits ronronnements de contentement. Deux sentiments se battaient en moi : le ravissement d'une part, j'avais tellement rêvé de la toucher si intiment, et la honte d'autre part, de profiter quelque peu de la situation. Je ne bougeais pas, ma main suivant le rythme de sa respiration se soulevait et redescendait calmement, j'espérais presque qu'elle remonte encore plus haut et que je puisse la caresser jusqu'à l'entendre prononcer mon prénom mais cela ne se produisit pas. Au bout de quelques heures elle lâcha d'ailleurs ma main, et recommença à s'agiter, j'enlevais prestement ma main de sous son T-shirt, avant qu'elle ne s'éveille, pas certain de la réaction qu'elle aurait eu.

Ses yeux cillèrent deux trois fois puis se posèrent sur moi, elle me sourit.

« J'avais peur que ta présence ne soit qu'un rêve. Je ne rêve pas, hein ? »

« Non, Bella, je suis et je reste à tes côtés aussi longtemps que nécessaire. Tu peux te rendormir, il est encore très tôt. »

« Haha, je t'ai dit que j'avais besoin de dormir, mais rassure toi, trois à quatre heures me suffisent maintenant. Je suis un vampire quand même ! Ton calvaire est fini. »

Me dit-elle avec un petit sourire ironique

Si elle savait combien ces quelques heures près d'elle avaient été tout autre chose qu'un calvaire. Que la douceur de sa peau sous ma main restait gravée en moi comme une belle expérience interrompue bien trop vite. J'aurai tellement souhaité qu'elle se rendorme pour continuer ma prospection de son corps.

« Te regarder dormir a été très distrayant, mes souvenirs de nos nuits étaient bien pâles par rapport à cette réalité. »

Mon téléphone se mit à vibrer, je regardais le message d'Emmett.

« Mon frère s'impatiente. Je crois qu'il est particulièrement pressé de te voir à l'œuvre, ma Bella. »

« Oups, comment se passent en générale vos partie de chasse ? Je veux dire, est ce que vous chassez tous ensemble ou bien de façon individuelle chacun de votre côté ? » me demanda-t-elle dans un murmure

Je la regardais de façon intense, essayant de comprendre sa soudaine inquiétude à propos de la chasse.

« Eh bien, c'est assez variable, mais d'une façon générale nous sommes soit seul soit par deux de temps en temps. Quelque chose t'inquiète, Bella ? Tu as peur qu'Emmett se moque, c'est ça ? »

« Non, pas tout à fait… Il faut que je te montre quelque chose d'abord. Laisse- moi juste le temps de m'habiller, s'il te plait »