Bonjour à toutes et merci pour vos commentaires ! Un grand merci à nini88 pour ses encouragements réguliers et à minomina qui m'a suggéré le point de vue de Carlisle…j'espère qu'il sera à la hauteur de tes espérances !
Bonne lecture à toutes
Chapitre 38 – Attente
Point de vue Carlisle
J'avais été en contact avec eux pour les aider à localiser l'endroit où se trouvait Bella, mais maintenant je me sentais inutile à la villa. Esmée se tenait près de moi me tenant la main, je sentais monter en elle l'impatience et la peur. Je la pris doucement dans mes bras, essayant de la réconforter…A ce moment nous n'étions que deux parents dans l'incertitude de l'avenir de nos enfants et j'essayais tant bien que mal de la rassurer, et de me rassurer en même temps.
Nous entendîmes alors des bruits au loin, et nous nous précipitâmes vers la porte d'entrée. En nous tenant sur le seuil, nos sens aiguisés nous permirent de savoir que deux personnes se dirigeaient vers nous, dans une course précipitée. Je humais l'air, et sentis leurs fragrances arrivée jusqu'à nous. Trois des nôtres revenaient, Rose, Alice et Bella, et pourtant d'eux d'entre elles seulement couraient.
Je fus heureux de sentir l'odeur de ma plus jeune fille, qui enfin rentrait à la maison…et Esmée trépignait à mes côtés, impatiente de les voir surgir enfin. Lorsqu'enfin nous les aperçûmes, nous nous précipitâmes à leur rencontre tout à notre joie.
Celle-ci fut de courte durée, les ongles d'Esmée se plantèrent dans ma peau tandis que nous les contemplions. Rosalie était échevelée, son corps parcouru de spasmes de larmes sèches, le visage d'Alice était comme éteint, quant à Bella…nous n'apercevions que son visage, plus pale qu'à l'ordinaire et boursoufflé, déformé !
Je les déchargeais rapidement de leur fardeau, me précipitant à l'intérieur de la villa. Je n'eus que le temps de voir Rose s'écrouler aux pieds d'Esmée, ses paroles étaient inintelligibles, et Esmée s'agenouillant près d'elle. Alice me suivit jusqu'à la chambre, où j'étendis le corps de Bella.
Je pris le temps de regarder Alice, dont le visage était insondable, et embrassait rapidement son front. Elle leva enfin les yeux vers moi, nos regards se croisèrent…
« elle était comme ça quand nous n'avons trouvé…un des nomades était sur elle…Rose pense qu'il l'a …Je ne sais pas …Les garçons se sont jetés sur eux…nous l'avons mis dans une couverture et nous sommes rentrées… »
Ces mots sortaient avec difficulté, je la serrais rapidement dans mes bras, lui disant qu'elles avaient fait ce qu'il fallait.
« Je vais avoir besoin de toi Alice, ça va aller ? » lui murmurais-je à l'oreille.
Il fallait qu'elle réagisse, et la faire participer était probablement le seul moyen immédiat. Car, c'était vrai, j'allais vraiment avoir besoin d'elle. Mon esprit était quelque peu brouillé par la vision du corps de mon enfant, mon estomac était serré de douleur et de peur.
Elle acquiesça doucement, essayant de se reprendre, et je me tournais enfin vers Bella. Je demandais l'aide d'Alice pour la sortir de la couverture où elles l'avaient enroulé. Le plus doucement et le plus rapidement possible, nous la dégagions de son cocon, nous laissant apercevoir son pauvre corps martyrisé. Ses vêtements étaient arrachés, son torse couvert de coups, son abdomen amaigri, gonflé et noirci sur un côté, ses jambes dénudées, et sur l'intérieur d'une de ses cuisses, une grande griffure et des empreintes de mains, démontrant la force de l'emprise de celui qui la maintenait.
Je soufflais un grand coup, laissant reprendre le dessus au médecin que j'étais, laissant de côté mes sentiments de père, désarmé.
Avec l'aide d'Alice, j'ôtais tous les morceaux de tissus, essayant de la bouger le moins possible. Je soulevais délicatement une de ses paupière pour examiner sa pupille…elle réagissait à la luminosité de mon crayon. Alice me regardait anxieusement, et je lui dis doucement que Bella était bel et bien vivante, malgré le fait que sa respiration soit nulle.
Elle esquissa un très léger sourire, pendant que je continuais ma palpation. Je me fis un compte rendu mental des dégâts, et demandait doucement à Alice de m'aider à la nettoyer.
Je m'efforçais de parler d'une voix qu'elle seule pourrait percevoir, ne voulant en aucun cas faire peur ou donner de faux espoirs à ma famille qui rejoignait petit à petit la demeure familiale.
Soufflant pour me donner du courage, je pliais doucement les jambes de Bella, pour faire un examen gynécologique. Alice, m'arrêta subitement, alors que je maintenais les jambes de ma plus jeune fille, écartées.
« Il faut que je l'examine, Alice.. »
« Je sais, excuse-moi, mais… »
« Aide moi, s'il te plaît, maintient sa jambe droite pour moi, je vais essayer de faire au plus vite… »
Je comprenais le malaise d'Alice bien sûr, mais pour le moment seul le médecin en moi devait réagir, c'était pour moi le seul moyen de surmonter ma peur, et mon envie de pleurer, de me laisser aller à mon chagrin et ma douleur.
J'enfilais rapidement une nouvelle paire de gant, et commençais mon examen. Les yeux d'Alice étaient fixés sur mon visage, elle retenait sa respiration. L'émotion dans la chambre était palpable.
Je rabaissais alors les jambes de Bella, et saisis son regard.
« Vous êtes arrivés à temps, l'hymen est toujours en place, Alice, elle n'a pas … »
Je ne pus finir ma phrase, qu'Alice s'était jetée dans mes bras. Un petit rire nerveux de soulagement la secouait, et je la serrais fortement dans mes bras. Maintenant que j'étais rassuré, moi aussi, il nous restait à la rendre présentable, pour la tribu qui trépignait derrière la porte.
Ils étaient tous là, les larmes de Rose étaient intarissables, malgré les paroles de réconfort d'Emmet. J'entendais Jasper, essayant sans succès d'encourager Edward à garder espoir, et Jacob qui faisait les cent pas dans le couloir rageusement.
Nous nous dépêchâmes de finir de la nettoyer, j'enduisis ses plaies de pommades, notant mentalement qu'il fallait que je fasse un saut rapide à l'hôpital pour prendre ce qu'il me manquait, pour sa machoire.
Je laissais Alice l'habiller, lui enfilant délicatement une chemise d'Edward, ce qui serait plus facile pour les soins à lui prodiguer, et remontait un drap blanc sur son corps pendant qu'Alice se dirigeais vers la porte.
Point de vue Edward
Nous étions partis en urgence dès que Jacob nous avait prévenus. Durant le trajet, je paniquais en écoutant les pensées de Jacob. Il n'était plus sûr d'avoir bien compris le lieu où se trouvait Bella, et en plus d'après ses souvenirs, Bella devait être dans un piteux état. Je supposais qu'elle devait toujours m'en vouloir énormément pour avoir préféré l'appeler lui, plutôt que moi.
Il n'avait peut-être pas tort lorsqu'il disait que je ne lui avais apporté que le malheur et la souffrance. Tout était encore une fois de ma faute.
Si j'avais été vigilant avec Tanya, si j'avais observé de plus près ses envies, rien ne se serait produit. J'étais un misérable monstre !
J'en étais là de mes raisonnements, lorsque le cri de Bella surgit de la forêt. C'était un cri horrible, de peur et de souffrance, et j'accélérais ma course, devançant Jacob et les autres.
Lorsque je la vis enfin, je m'arrêtais net, alors que Jacob me doubla pour sauter sur celui qui la maintenait au sol. Je vis alors son corps frêle, ses vêtements en charpies et son état, et mon corps et mon esprit m'abandonnèrent. Je me laissais tomber sans plus aucune réaction.
J'avais tout enregistré d'un seul coup d'œil : ses joues creusées, ses yeux cernés, ses hématomes sur le visage et le corps, sa mâchoire décalée, son ventre gonflé et bleuit, et cette longue griffure rouge vif qui parcourait l'intérieure d'une de ses cuisses.
L'esprit de Rosalie était d'ailleurs focalisé dessus, cela lui rappelant son propre viol lorsqu'elle était humaine.
Je vis Alice sortir une couverture de son sac à dos et avec l'aide de Rose, elle l'enveloppa et elles partirent en courant avec pour seul but : Carlisle.
Elles avaient remarqué tout comme moi qu'aucun souffle n'émanait du corps de ma Bella, elle ne respirait plus, nous étions arrivés trop tard.
A peine conscient de ce qui se passait autour de moi, je ne repris pied que lorsque Jasper et Emmet me relevèrent, et m'entrainèrent vers la maison.
Un grand feu se consumait, où brulaient déjà les corps des deux agresseurs de Bella …je n'avais même pas été capable de les tuer de mes propres mains, je n'avais rien vu de la bataille, je n'y avais pas pris part, je m'étais éteint pendant de longues minutes recroquevillé égoïstement sur ma propre douleur.
Jasper essayait par tous les moyens de me remotiver, insistant sur le fait que Bella allait avoir besoin de moi, qu'elle ne pouvait pas être morte. Emmet me soutenait sans rien dire, mais je lisais sa peur et son incompréhension face aux évènements. Il ne ressentait ni la joie habituelle après une bagarre, ni fierté d'avoir gagné…l'inquiétude était omniprésente dans ses pensées. Il s'inquiétait pour Bella évidemment mais aussi pour Rose, par rapport aux évènements vécus.
A notre arrivée, la famille s'était rassemblée dans le couloir, leurs pensées m'assaillaient de toute part. Rosalie s'était réfugiée aussitôt dans les bras de mon frère, la douleur qui émanait d'elle était insoutenable.
La tristesse, la peur et la colère suintaient, Jacob bouillonnait sur place, ne supportant plus l'attente, lorsqu'enfin Alice ouvrit la porte.
Ses premiers mots furent pour moi :
« Elle est vivante Edward, en mauvais état, mais vivante ! »
Puis elle se retourna vers Rosalie :
« Ça va, Rose, il ne s'est rien passé de grave »
Des soupirs de soulagement fusaient, et Emmett se détendit enfin, embrassant sa femme, et la réconfortant.
Je me dirigeais dans la chambre où reposait mon amour.
Elle paraissait si fragile, son corps était recouvert d'un drap blanc, et seul son visage en dépassait.
Son œil était gonflé, et sa mâchoire avait toujours l'air déboitée mais c'est Jacob qui posa la question qui me trottait dans la tête depuis que je l'avais vu à terre :
« On dirait qu'elle ne respire pas, c'est pas normal ! »
« Elle n'a pas besoin de respirer, tout comme nous. Je suppose qu'elle évite ainsi de souffrir, elle a des côtes fracturées » – lui répondit mon père
« Et sa mâchoire ? »
« Petite fracture également, je vais faire un saut à l'hôpital, chercher le nécessaire pour l'immobiliser, et je vais essayer de l'intuber, il est impératif qu'elle se nourrisse rapidement….Elle est très faible. »
Petit à petit tout le monde sortit de la chambre, Jacob me demandant de le prévenir dès que la situation évoluait, il prévoyait de toute façon de revenir dès demain.
Je restais enfin seul avec elle, n'osant pas la toucher, ni lui parler, je m'asseyais sur le rebord du lit, immobile.
Au bout de quelques heures, Carlisle avait fait le nécessaire pour sa mâchoire, par contre pour les côtes, il fallait juste du temps.
Il était, pour la première fois de son existence, dubitatif quant à la suite des évènements, incapable de prévoir le temps qu'il faudrait pour que Bella se réveille ou cicatrise.
Il essaya tout de même de me rassurer, d'après lui ci les vampires cicatrisaient d'une fracture en vingt-quatre heures et les humains en quatre semaines, il tablait sur quinze jours pour Bella.
Je pouvais lire en lui comme dans un livre ouvert, et je ressentais la peur qu'il avait eu en voyant Alice et Rose arriver avec le corps de Bella. Son bref instant de désespoir lorsque comme moi, il l'avait pensé perdu ! L'examen minutieux qu'il avait fait subir à son corps martyrisé, les larmes de détresse qui auraient dû couler s'il avait été humain…Il fixa mon regard, sachant ce que j'y voyais et m'étreignis doucement.
Il souleva le drap, m'indiquant les emplacements des coups, me montrant les dégâts sur son corps et cette affreuse griffure, dont elle garderait la cicatrice.
Je frémissais devant son pauvre corps martyrisé, et Carlisle me rassura encore une fois, Bella était vivante et c'était là le principal, et devant ma mine renfrognée, il rajouta avec un sourire en coin, et un clin d'œil à mon attention qu'elle était toujours vierge !
Il fallut attendre plusieurs jours pour que les bleus et les divers hématomes commencent à s'estomper.
Je passais mes jours et mes nuits à ses côtés, espérant la voir ouvrir les yeux, lui parlant, lui répétant combien je l'aimais, et caressant son corps frêle en attendant une réaction…mais rien ne se produisit, et je devais faire ma rentrée au lycée avec Alice et Jasper.
Rosalie et Emmet, qui avaient eu l'intention de partir en Europe pour une nouvelle lune de miel, avaient décidé conjointement de décaler leur départ, attendant eux aussi que Bella nous revienne enfin.
C'est la boule au ventre que je repris le chemin de l'école, pressé chaque jour que ma journée s'achève, pour la rejoindre, et prendre la relève des miens ou de Jacob.
C'est quelques jours plus tard, un midi, alors que nous étions attablés à la cantine qu'Alice eut enfin une vision : Bella allait se réveiller dans les minutes qui suivaient.
Je me levais d'un coup, et voulus partir sur le champ pour être auprès d'elle, mais Alice m'en dissuada – Bella avait besoin d'un peu de temps avant de me revoir, je me laissais retomber lourdement sur ma chaise, sentant les regards des élèves dans mon dos.
La douleur me rattrapa immédiatement, la peur aussi, et Jasper eut toutes les peines du monde à me soulager avant de retourner en cours. Avec tous ces évènements, j'avais presque occulté le pourquoi de sa fuite, sa peine et sa rancœur à mon égard.
Et si elle ne voulait plus de moi ? Que deviendrais-je ?
Chapitre 39 – Retour à la vie
Point de vue de Bella
Mon corps engourdi se réveillait, je bougeais légèrement ma main sentant un matelas et un drap sous mon corps.
Bien, j'étais donc dans un lit, ma respiration était arrêtée, ce qui me gênait pour sentir les odeurs autour de moi, par contre je pus percevoir un mouvement sur ma droite et entendre une voix douce appelée doucement.
J'avais reconnu Esmée, elle appelait Carlisle. Ce dernier arriva très rapidement près de moi, et Esmée lui indiqua que j'avais enfin bougé.
Je sentis qu'il retirait quelque chose de ma gorge, ce qui me donna un haut le cœur.
Une douleur traversa tout mon corps, j'avais dû être blessée !
Mais je sentais confusément autre chose, une autre forme de douleur, morale celle-ci.
Je me refusais à ouvrir les yeux, essayant de me rappeler ce qui c'était passé. Mes souvenirs étaient confus, et c'est la voix de Rosalie qui venait d'entrer dans la pièce, qui me remit sur les rails : Edward et Tanya.
Rose avait été présente elle aussi, elle avait vu tout comme moi la scène, et je me souvenais du choc qu'elle avait ressenti.
Le reste me revint en même temps, ma fuite, mon désir de régler mes affaires avec Jacob avant de mourir, son message téléphonique et les nomades.
Je pris alors une grande inspiration, inhalant leurs odeurs dans cette chambre, et ouvris les yeux.
Le visage de Carlisle était à quelques centimètres du mien, il me souriait. Esmée près de lui avait un visage d'ange, Emmet me faisait de grands signes et des grimaces derrière Rosalie, qui elle-même me dévisageait avec amour.
J'essayais à mon tour de sourire, mais là encore j'avais mal. J'interrogeais Carlisle du regard.
Il reprenait son rôle de médecin, m'interrogeant sur ce dont je me souvenais :
« Les nomades m'ont attaqué »
« Oui, et quoi d'autre ? »
« Edward m'a quitté pour Tanya » – soufflais-je – « et je suis partie »
La tension se fit plus intense dans la pièce, je voyais leur yeux s'assombrirent de tristesse, tandis que je fermais les miens pour retenir mes larmes.
« Tu n'as pas écouté nos messages, n'est-ce pas ? »
« Celui de Jacob seulement, juste avant de l'appeler. Que s'est-il passé, il est venu à ma rencontre ? »
« Toute la famille est venue à ta rescousse, dès que Jacob a contacté Edward. »
Mes yeux s'embuèrent, j'étais fatiguée et j'avais faim aussi.
« Merci »
Carlisle demanda à Esmée de me préparer quelque chose à manger, pendant qu'il m'examinait.
Il fit sortir tout le monde la chambre pendant quelques instants. Ses mains expertes me palpaient, il m'expliqua les différentes fractures qui me faisaient encore souffrir, et me dit que je m'en tirais bien, tout rentrait dans l'ordre.
Esmée revint avec une omelette géante, qui me fit saliver. Je la mangeais doucement sous le regard écœuré d'Emmett, faisant attention à ma mâchoire douloureuse.
J'avais l'impression d'être un spectacle à moi toute seule, ils me détaillaient pendant que je mastiquais, ce qui était très gênant.
Entre deux bouchées, je m'informais de savoir où étaient Alice et Jasper. J'évitais de parler d'Edward, je voulais un tête à tête avec Rose pour ça, et c'est ainsi que j'appris que la rentrée scolaire avait eu lieu quelques jours auparavant et que j'étais restée dans une forme de comas pendant dix jours.
Mon repas terminé, je remerciais Esmée, qui avait fait des miracles…ses omelettes m'avaient cruellement manqué ! Carlisle proposa de me laisser me reposer, mais alors que tous allaient sortir, je rappelais Rosalie. J'avais besoin qu'elle me parle, qu'elle me raconte ce qu'elle avait vu, j'avais tellement peur de m'être trompée, comme l'avais sous-entendu Jacob. Mon cœur se serrait à cette idée. Elle s'assit sur le lit, près de moi.
« Rose, j'ai besoin que tu me racontes, ce qu'il s'est passé dans la clairière avec Tanya. Nous avons vu la même chose, n'est-ce pas ? »
« Oui, mais si tu étais restée une demi seconde de plus, tu aurais compris. Elle l'avait piégé, et il n'a rien vu faire. Nous sommes arrivées au pire moment. L'instant d'après Edward l'a propulsé à l'autre bout de la clairière. Et, quand il a voulu te rattraper, elle l'a plaqué au sol. »
Elle pouffa, puis s'excusa :
« Désolée, ce n'est pas drôle ! »
« Quoi, raconte, tu me rends nerveuse ! »
« Eh bien, si ça n'avait pas été aussi tragique, je dirais que la situation était cocasse, imagine un peu, Edward debout dans la clairière nu comme un vers avec son short au niveau des chevilles… Ça n'a duré qu'un dixième de seconde, mais quand même, j'étais hyper gênée ! »
Cette évocation me fit sourire aussi, j'imaginais sans peine la scène, et finalement ça déclencha chez moi un fou rire, qui me fit un mal de chien…J'avais oublié ma mâchoire douloureuse. Rosalie riait avec moi.
« Contente de t'entendre rire Belle, tu m'as manqué » – me dit-elle en m'embrassant.
Elle me raconta la suite de l'histoire, d'une voix grave, la tension dans son récit, me fit paraitre cruelle. Je leur avais fait tant de peine, à tous. La peur me submergea de nouveau, et c'est d'une voix cassée par l'émotion que je lui posais enfin la question qui me démangeait :
« Crois-tu qu'Il me pardonnera un jour ? »
J'étouffais un sanglot, pensant un instant à son amour perdu à jamais, par ma faute. Mon inconséquence allait me couter très chère, et si je le perdais, je perdais également toute ma famille, ma nouvelle vie, je me disais qu'il aurait été plus simple de mourir finalement. Je m'étais blottie contre Rose, essayant entre deux hoquets de lui expliquer ce que je ressentais. Je savais que tous m'entendaient, Esmée gémit en bas, Emett grogna son désaccord.
« Bella, nous nous sentons tous tellement responsable de ce qui s'est passé. J'aurais dû te retenir, quand tu es passée près de moi, Alice s'en veut parce qu'elle a vu trop tard ce qui se tramait, Carlisle est persuadé que s'il t'avait rattrapé, tu l'aurais écouté et Edward…, c'est le pire de nous tous. Sa douleur et sa peur de te perdre était si intense, que même Jasper ne réussissait pas à le calmer. Si tu pouvais comprendre l'amour qu'il te porte, je ne devrais pas te le dire mais… »
« Quoi ? »
« C'était un secret…Il devait te demander en mariage ce jour-là, c'est pour ça qu'il était dans cette clairière, il cherchait le lieu parfait, pour vous deux ! »
Ses mots m'anéantirent, le gouffre dans mon cœur s'était ré ouvert, et j'entendis en bas Carlisle s'inquiéter…je le rassurais doucement, lui disant que ça allait, mais malheureusement pour moi c'était loin d'être le cas.
Je demandais alors doucement à Rose, si elle pouvait m'aider à me lever et à me doucher. L'eau de la douche nous permettant de continuer notre conversation sans avoir d'oreilles indiscrètes.
Pendant qu'elle me soutenait et que l'eau bienfaitrice coulait sur mon corps, je lui murmurais que ce jour-là devait aussi pour moi être spécial :
« J'avais prévu de me donner à lui, Rose. J'étais enfin prête et j'espérais qu'il en était de même pour lui. C'est pour ça, que quand je les ai vu, Tanya et lui, j'étais tellement sure qu'ils faisaient l'amour, je pensais qu'elle lui donnait enfin ce qu'il attendait depuis si longtemps, ce que je lui avais refusé… Si tu savais comme j'ai regretté de ne pas vous avoir écouté Alice et toi, comme je me suis sentie stupide et impuissante à ce moment-là. Ce qui devait être l'un de nos plus moments c'est transformé en catastrophe par ma faute. »
« Bella, je t'ai dit tout ça pour que tu comprennes à quel point il t'aime, mon frère ne pourrait vivre sans toi, et nous non plus. Alors je t'en prie, ne lui dit pas ce que je t'ai dit, et arrête de t'en vouloir, nous avons tous assez souffert, tu ne crois pas ? »
« Merci, Rose, merci pour tout. Moi aussi je ne saurais plus vivre sans vous, vous êtes ma famille et ma vie. Reste à savoir comment Edward va réagir à son retour. »
« Tu ne devrais plus tarder à le savoir, ils vont bientôt rentrer maintenant. »
Rose m'aida à me sécher, et me donna des affaires propres – une chemise d'Edward et un boxer en dentelle – qu'elle m'aida à passer en souriant. Il devrait te trouver terriblement sexy comme ça, pouffa-t-elle.
« Tu crois qu'il aura la tête à ça toi ? »
« Oui pourquoi pas, et une chemise se déboutonne facilement et très rapidement… »
Nous entendîmes alors Carlisle dire :
« Non, Bella doit reprendre des forces avant tout ! »
Nous échangeâmes un regard Rose et moi puis nous mimes à rire tandis qu'elle me recouchait.
« Je crois que Carlisle n'a pas tort, tu es toute molle entre mes mains, et Edward ne prendra pas le risque de t'abimer d'avantage ! »
En quelques fractions de seconde, tout le monde était de nouveau dans la chambre, Carlisle insista pour que je me repose encore quelque temps et que je reprenne suffisamment de force avant de songer à quoi que ce soit d'un tant soit peu physique, ce qu'Emmet mimait derrière lui de gestes plus que suggestifs.
Esmée lui jeta un regard noir, tandis que Rose lui lançait des œillades amoureuses, me laissant deviner que ces deux-là n'allaient pas tarder à se réfugier dans leur chambre.
Nous entendîmes alors une voiture arriver sur le sentier qui menait à la maison. Je me sentis blêmir, et jetais des regards apeurés à la cantonade. Esmée se rapprocha et s'assit sur le lit près de moi, me tenant la main, tandis qu'Emmett se jetait sur le lit s'étendant à mon côté, et mimant la bagarre avec le premier qui oserait m'approcher.
La porte d'entrée s'était ouverte et refermée, on entendais déjà une cavalcade dans l'escalier, et le porte de la chambre s'ouvrit à toute volée, laissant entrer une tornade au cheveu noir, Alice, qui sauta sur Emmett, le délogea du lit et m'étreignit en m'embrassant.
« Bella, comme je suis contente de te revoir enfin ! »
Carlisle poussa un soupir, et lui enjoignit un peu de délicatesse, si ce n'était pas trop demandé. Jasper se tenait près d'Esmée, et se pencha vers moi pour me souhaiter la bienvenue parmi eux.
Je leur souris à tous deux, puis détournais doucement la tête vers la porte de la chambre restée ouverte.
Edward était adossé contre le mur, son regard fixé sur moi. Ses yeux exprimaient tout à la fois : soulagement, angoisse et amour. L'inquiétude me ressaisit aussitôt, ce que dû sentir Jasper qui me relaxa un peu.
Je le remerciais d'un regard, embué de larme que je ne voulais pas verser, j'avais assez pleuré pour le reste de mon existence.
Carlisle demanda alors à tout le monde de sortir, prétextant que je devais me reposer, ce dont personne ne fut dupe, il souhaitait juste nous laisser seuls Edward et moi.
Alice se pencha vers mon oreille et me murmura que tout allait bien se passer et s'éclipsa avec le reste de la famille, veillant à refermer la porte derrière eux.
J'espère que ces chapitres vous ont plu ! J'attends vos commentaires avec impatience…. A très bientôt
