Chapitre 45 – Nouveau problème ?

De retour au lycée, Cassandra, qui était ravie de ses fêtes de fin d'année, fut la première à remarquer la bague que j'arborais fièrement à mon annulaire gauche.

Lors de notre première heure de cours, j'eus droit à un interrogatoire en règle…c'est vrai que cette bague était magnifique, elle scintillait de mille feux, et pouvait difficilement passée inaperçue. Je lui confiais donc dans un sourire timide, que j'étais officiellement fiancée à …Edward. Elle était si contente pour moi, qu'elle eut bien du mal à freiner son cri de joie, ce qui nous valût à toutes deux un regard chargé de reproches de la part de notre professeur, tandis qu'Alice à quelques rangs de nous se moquait gentiment de mes rougeurs auprès de Jasper. Cassandra attendit alors l'heure de la pause pour me confier ses craintes…elle nous trouvait bien trop jeune pour nous engager sur du long terme…ce qui fit sourire Edward, qui déjà nous rejoignait pour le cours prochain. Si elle savait, le nombre d'année que nous avions patienté l'un et l'autre avant d'en arriver là.

En arrivant à la cafétéria, je m'aperçus que tout le lycée ou presque était au courant. Les têtes se tournaient vers moi afin d'apercevoir ma fameuse bague. La plupart des regards étaient incrédules, d'autres ironiques, et certains…meurtriers !

Vanessa me frôla alors que je faisais la queue, me crachant qu'elle n'avait pas perdue la guerre, et que j'allais vite retomber sur terre, dans ma petite vie insignifiante…aussi insignifiante que je l'étais ! J'essayais de l'ignorer, tandis qu'avec ses amies pom pom girl, elle me dévisageait furieuse.

Elle se mit en devoir, dès les jours suivants, de mettre au point une nouvelle stratégie pour conquérir, ou tout au moins attirer le regard d'Edward sur elle. Ses tenues, malgré le froid et la neige devenaient de plus en plus courtes, et son maquillage assez outrancier. Je m'amusais follement de ses efforts désespérés. Le pire, c'était pendant les cours de sports…son short minimaliste et son petit top, faisaient en sorte de se trouver près de mon amoureux, ses seins pointaient vers lui dès qu'elle en avait l'occasion, et surtout de cours en cours et ce, de plus en plus fréquemment.

Il faut dire que cela lui était grandement facilité par le professeur de sport, qui les avait mis en binôme pour les échauffements avant la gymnastique au sol. Malgré l'indifférence d'Edward, elle continuait de minauder, de lui effleurer le torse, ou les bras et moi dans mon coin je bouillais de rage. Le manque de réaction de la part d'Edward, à part la repousser doucement commençait à faire monter en moi, une rage que j'avais bien du mal à contenir. Aussi, vers la fin du cours, je me dirigeais vers eux, mais fut devancé par Alice qui lui sortit mine de rien :

« Tu devrais arrêter d'acheter tes vêtements en solde, tu vois bien qu'il manque du tissu… si tu n'as plus les moyens de t'habiller, prends rendez-vous avec l'assistante social du lycée ! Tu fais pitié à mon frère, là… »

J'éclatais de rire devant la tête qu'il fit et quand elle me regarda me crachant violemment :

« Pas possible qu''il préfère l'autre pouffe fringuée comme un sac poubelle, qui doit même pas être capable d'écarter les cuisses, tellement elle semble coincée…ou alors c'est une pute qui cache bien son jeu ! »

A ses mots, mon bras parti sans retenu, et si Jasper ne l'avait pas attrapé, sa tête aurait volé à travers la salle de sport.

Dans le même temps, je vis Alice tirer Vanessa en arrière, tandis que Jasper me tenait contre son torse. Il me maintint quelques secondes tout contre lui, me caressant les cheveux en m'incitant au calme. Edward prit rapidement sa place, m'embrassant les lèvres délicatement, alors que je prenais conscience de ce que je venais de faire.

Il insulta copieusement Vanessa, la traitant de trainée aguicheuse, sur qui la moitié des garçons du lycée étaient passés, et que jamais il n'aurait voulu des restes… qui prit le chemin des vestiaires tête baissée, devant les rires de nos camarades.

Je demandais à Alice de récupérer pour moi mes affaires dans le vestiaire et sortis sur le parking. Alice me rapporta et mon sac, et hochant doucement la tête :

« On ne te vois pas ce soir, n'est-ce pas ? »

« non, Alice, j'ai besoin de faire le point sur ce qui s'est passé…j'ai failli la tuer, j'ai failli trahir notre secret, je nous ai tous mis en danger… »

« bien, appelle si tu as besoin », elle m'embrassa doucement la joue, alors que Jasper et Edward sortaient, changés, de la salle de sport.

Je leur fis un signe rapide de la main, et montais dans ma voiture, direction La Push. En chemin, je passais un coup de fil à Jacob pour le prévenir de mon arrivée et répondis à l'appel d'Edward pour le rassurer, on se verrait plus tard.

Jacob m'attendait, visiblement inquiet…Il est vrai qu'il était sommes toute assez rare que je vienne le rejoindre directement sur son territoire. En descendant de ma voiture, je me jetais directement dans ses bras, blottissant mon visage contre son torse, et laissant aller mes larmes.

Il avait toujours eu avec moi, des gestes tendres, et là en me caressant les cheveux il me berçait doucement. Il attendait patiemment que je prenne la parole.

Relevant doucement mon visage vers lui, et croisant ses yeux ravagés par la peur, je commençais à lui parler :

« J'ai failli tuer une humaine aujourd'hui…si Jasper n'avait pas arrêté mon geste, je lui aurais arraché la tête…Sam avait raison, tu n'aurais pas du me laisser vivre…je suis un monstre »

Son regard était incrédule, il me prit la main et m'entraina vers la plage où nous prîmes place face à la mer.

« Raconte-moi, ce qu'il s'est passé et comment, et ne compte pas sur moi pour regretter de t'avoir toujours près de moi…dans mon cœur tu ne seras jamais un monstre…un sang-froid…juste ma Bella ! »

J'entrepris de lui narrer les évènements des jours passés, les gestes provocateurs de Vanessa, que je ne supportaient plus, sa moquerie et sa méchanceté aussi…

J'avais l'impression qu'il se retenait de rire, alors que je me sentais de plus en plus pitoyable !

« Heu, en gros ça s'appelle de la jalousie, non ? si tu avais été juste humaine, tu lui aurais volé dans les plumes, décroché une droite, ou arraché une touffe de cheveu…..Pas de quoi te mettre dans cet état ! »

« Tu ne comprends pas…j'avais vraiment envie de la tuer…pas juste la frapper…j'ai ressenti comme un besoin, une nécessité de …voir son sang »

Je baissais les yeux, laissant une de mes mains jouer avec le sable. Je venais de lui dire, que pour la première fois de mon existence, j'avais eu comme une exigence, l'appel du sang… J'en étais mortifiée, je laissais le silence s'installer entre nous.

« Bella, tu as juste manqué de contrôle pour la première fois de ta vie, ne penses-tu pas avoir le droit à l'erreur, toi aussi »

« Imagine les conséquences une seconde, Jake…si Jasper n'avait pas retenu ma main et Alice tiré l'autre folle en arrière…Le sang se répandant au sol au milieu de quatre vampires…Ça aurait été un véritable carnage.. »

Jacob m'attira vers lui, sa main caressant mes cheveux, je le sentais en pleine réflexion

« Tu n'as jamais ressenti le sang comme étant une nourriture possible – ni celui des humains, ni celui des animaux – Qu'est ce qui ferait qu'aujourd'hui ce serait différent ? Il n'y a aucune raison. Je pense que tu devrais oublier cet incident, et reprendre confiance en toi »

Je ne savais pas quoi penser, dans un sens, bien sûr Jacob avait raison, mais je savais aussi que pour la première fois de mon existence vampirique, j'avais eu l'envie d'une alimentation différente.

Jacob se releva, m'entrainant avec lui. Il voulait que nous allions rejoindre Seth, qui était avec un jeune, un peu plus loin. Il m'expliqua en chemin, que ce jeune garçon, Sean, venait de muter. Qu'il avait lui aussi quelques problèmes à comprendre ce qui lui arrivait, et surtout du mal à contrôler ses humeurs.

« Je ne suis pas certaine que me voir face à lui l'aide beaucoup Jacob…ne lui as-tu pas expliqué que son rôle était de tuer les vampires ? »

Il me regarda en souriant, et me fit une grimace :

« Si bien sur…mais que les méchants vampires ! Je lui ai aussi parlé du pacte et de la famille Cullen » Il se mit à rire en ajoutant :

« Je te protègerais ma belle, et Seth aussi, n'en doute jamais ! »

« Ha Ha » grognais-je en arrivant vers Seth.

En m'apercevant, si près d'eux, je vis le jeune Sean, retrousser les lèvres et plisser le nez. C'est vrai, j'avais oublié que pour lui je devais sentir mauvais. Et quand Seth s'approcha pour m'embrasser, il émit un grondement sourd, et son corps se mit à trembler.

Jacob et Seth se tournèrent alors vers lui, l'incitant au calme, et lui rappelant comment maitriser pour le mieux son corps. Pendant ce temps, je ne bougeais pas un cheveu, attendant patiemment que les choses rentrent dans l'ordre.

Jacob lui expliqua qui j'étais, lui racontant mon histoire. Je comprenais bien qu'il essayait de lui faire comprendre que mon existence n'était pas un choix. Que tout comme lui, je n'avais pas décidé de ce que j'étais, je ne faisais moi aussi que subir ma destinée.

Finalement nous passâmes la nuit à parler autour d'un feu où ils avaient fait cuire leur repas. Sean était destiné, en temps voulu, à devenir l'Alpha. C'est pourquoi, Jacob voulait qu'on se connaisse…même si jamais, il n'aurait le même rôle pour moi, il deviendrait celui qui maintiendrait le traité. Au matin, Sean avait fini par tolérer ma présence, et c'est timidement qu'il me tendit la main au moment de mon départ.

Je rejoignis ma voiture, suivie de Jacob. Manifestement, il avait continué à échafauder des hypothèses, quant à mon dérapage.

« Tu sais, peut être que ton acte est dû à un certain stress. Non, ne rigole pas Bella, tu vas bientôt passer ton bac, puis après tu te maries…Je parie qu'Alice est en train de tout régenter, et tout ça mélangé…Tu devrais en parler à Carlisle, il saurait surement quoi te dire »

Je me tournais vers lui, pour le remercier de son réconfort, comme toujours.

« J'en parlerais, tu as raison…pour le moment je crois que je vais juste sécher les cours. »

Il m'embrassa une dernière fois, et je repris le chemin de la maison.

Chapitre 46 – Un peu de calme, c'est possible ?

J'avais remis mon bouclier, je ne souhaitais pas pour le moment qu'Edward ou Alice me localisent. J'avais vraiment besoin d'être seule. Les paroles de Jacob, quoique réconfortantes, ne m'avaient en rien convaincue. Je savais mieux que quiconque ce que j'avais vraiment ressenti. Mais il n'avait pas compris…les autres ne comprendraient surement pas d'avantage.

Compte tenu de l'heure, j'espérais seulement qu'ils étaient déjà tous en cours, ce qui me laisserais un peu de temps pour moi, et peut être aussi pour vois Carlisle.

Seulement voilà, j'avais tout faux, Edward m'attendait dans ma chambre, tournant en rond comme un lion en cage. Etait-il furieux que je sois partie à la Push ? Je l'entendais d'en bas, de ma voiture…

J'étendis alors mon bouclier jusqu'à lui, histoire de me préparer, et savoir quelle humeur j'allais devoir affronter. Je fus surprise de constater, qu'il n'était nullement jaloux, ni en colère mais seulement extrêmement inquiet. C'était lié à une vision d'Alice, et il était impatient que je rentre pour retourner à la villa où tout le monde nous attendait.

C'est inquiète, que je le rejoignis, me demandant si Alice m'avait vu tuer quelqu'un d'autre ou massacrer d'innocents humains…j'avais une grosse boule qui se formait au creux de mon estomac.

Je retirais mon bouclier, pour qu'il m'entende arriver, et j'ouvris à peine la porte, qu'il me tenait déjà dans ses bras puissants. Je m'y sentis aussitôt à ma place, toutes mes interrogations disparaissant immédiatement. Je levais mon visage vers lui, ses mains me prenant en coupe, et ses lèvres s'écrasèrent sur les miennes.

« Mon ange, je commençais à m'inquiéter »

« Tu savais que j'étais avec Jacob, je ne risquais rien »

« Oui, mais le temps sans toi me parait toujours trop long, je t'aime »

« Je t'aime aussi. Mais si tu me disais plutôt ce qu'il se passe ? »

« On va à la villa…Alice a eu une vision un peu particulière, ils nous attendent »

Nous partîmes en courant, main dans la main. Alice nous attendait sur le pas de la porte, tapotant du pied, impatiente. J'étais à peine à sa hauteur qu'elle se jetait sur moi, m'étreignant comme si elle ne m'avait pas vu depuis des lustres.

« Oui, moi aussi je suis contente de te voir Alice ! »

« Tu vas mieux ? »

« Je suppose que oui…Mais à toi de me le dire…qu'as-tu vu qui nécessite notre présence ici ? »

Elle me fit rentrer à sa suite, et pendant que je saluais Esmée et Carlisle, un peu gênée, elle reprit la parole.

« Un nomade arrive sur Forks »

« Et ? Je suppose que ce n'est pas la première fois que des nomades passent à proximité de Forks »

« Il vous cherche…Toi et Edward » soupira t'elle

« Comment ça ! Que veut-il ? »

« A vrai dire, c'est là que je suis perdue…Il n'a pas l'air de vous connaitre ni l'un ni l'autre…Juste qu'il n'arrête pas de penser à vous trouver. Cependant comme je l'ai dit aux autres avant, il n'a pas l'air d'avoir de mauvaises intentions. Mais il y a comme une urgence dans sa quête, je ne sais rien de plus…désolée »

« Bien, et quand doit il venir »

« Si on ne fait rien, il devrait être là dans trois jours »

« Comment ça, si on ne fait rien ? »

« Nous avons décidé d'aller à sa rencontre, maintenant. Il faut qu'on sache ce qu'il veut, et en fonction de ce qu'il nous dira, nous aviserons. »

Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait. Les seuls nomades que j'avais pu croiser, ne connaissaient pas nécessairement mon prénom, et surtout aucun ne savait que j'étais avec Edward.

Carlisle tenait le même raisonnement à haute voix, et pour lui, il était urgent que nous soyons fixés. Alice étant certaine qu'il était seul, nous étions en position de force en cas de problème. Nous nous dirigeâmes vers Phoenix, où nous devions le croiser, d'après Alice, d'autant qu'il ne savait pas exactement comment nous localiser.

Nous patientâmes quelques instants à un croisement, dans un sous-bois, lorsqu'Edward nous informa qu'il entendait maintenant très nettement les pensées de l'homme qui se dirigeait dans notre direction. Il devrait être sur nous d'ici quelques minutes. L'angoisse montait en moi, alors que tous avaient l'air détendu, me demandant si je le connaissais…je n'avais guère de bon souvenir avec les nomades croisés tout au long de mes périples !

Il était là, il s'était arrêté à une dizaine de mètres de notre groupe, nous dévisageant les uns après les autres. Carlisle s'approcha alors de lui, souriant et une main tendue pour le saluer.

« Bonjour à toi, il me semble que tu cherches certain d'entre nous ? »

Le regard de l'homme était un peu perdu, déstabilisé. Il tendit la main à son tour puis murmura :

« Peut-être qu'effectivement je cherche deux d'entre vous, si l'une s'appelle Bella et un autre Edward ! »

Edward, qui jusque-là était resté concentré sur ses pensées, s'approcha alors en souriant.

« Je suis Edward, de quoi, ou de qui dois tu me mettre en garde ? »

« C'est une longue histoire…Elle peut paraître curieuse, et j'ai longuement hésité à me mêler de ce qui ne me regardait pas…mais…je suis là… »

Carlisle, Alice et Edward se concertèrent un instant puis invitèrent l'homme à les suivre jusqu'à chez eux. Esmée et moi n'avions toujours rien dit, mais nous faisions confiance, comme toujours, à leur jugement.

En arrivant à la villa, l'homme siffla d'admiration :

« Vous vivez vraiment ici ? comme des humains ? »

Carlisle acquiesça, puis l'invita à le suivre à l'intérieur et à s'assoir.

« Je m'appelle Garett, je suis un nomade solitaire depuis plusieurs siècles maintenant. Il y a peu, j'étais au Québec, et c'est là-bas que j'ai surpris une drôle de conversation…Enfin, drôle si on peut dire. Ça va vous sembler étrange, très certainement, mais deux personnes, enfin des personnes comme nous, bien entendu, étaient en train de prévoir la séquestration de deux d'entre vous…Bella et Edward »

« Les enlever…tous les deux ? » questionna Carlisle, alors qu'Esmée secouait la tête, avec une main devant sa bouche, pour s'empêcher de crier.

« Euh, en fait, c'était assez confus. L'homme voulait plutôt tuer Edward et garder la fille…Bella. Et la jeune femme, elle était plutôt terrifier, et ne voulait pas qu'Edward soit tué. Vous voyez, c'est confus ! »

« Et pourquoi être venu nous prévenir ? » demanda Jasper d'un air suspicieux

« Je ne sais pas, peut-être parce que la jeune femme était très belle, et qu'elle me semblait impliquée dans une situation qui la dépassait »

« Avez-vous entendu leurs noms ? »

« Non. Par contre, et je ne sais pas pourquoi, la femme avait des yeux comme les vôtres, dorés, alors que lui avait des yeux normaux, rouges »

« Tanya » murmura alors Alice en nous regardant. « C'est Tanya, forcément, elle a le même régime alimentaire que nous…et jamais elle ne voudrait que tu sois tué Edward »

« Et d'après toi, qui est l'homme » lui demanda Edward

« Je ne sais pas, Bella a surement laissé derrière elle bon nombre de soupirants » répondit elle en me faisant un clin d'œil

Ils continuèrent de discuter un moment, Carlisle posant des questions à Garett sur sa vie, et ses choix, les pays où il passait le plus de temps…

Edward, quant à lui demanda à Alice de surveiller attentivement Tanya, afin d'anticiper nos problèmes…si elle était effectivement derrière. Cela me semblait effectivement probable, la description faite par Garett, bien qu'approximative, pouvait correspondre, et nous ne connaissions que peu de vampire végétarien.

Garett décida d'accepter la proposition de Carlisle, à savoir passer quelques jours dans la famille Cullen. Il était intrigué par leur mode alimentaire, et assez tenté de vivre l'expérience.

Quant à moi, je me réfugiais un moment dans la chambre d'Edward, les laissant à leurs échanges conviviaux. Tout ceci, l'agitation de cette journée, m'avait partiellement fait oublier mes problèmes de la veille avec Vanessa. Cependant, tout me revenait comme un boomerang, et je me demandais si demain, je serais capable d'aller au lycée.

Esmée vint me rejoindre, elle voulait savoir si j'avais faim. Je dus réfléchir un moment avant de lui répondre que non. C'était assez curieux, mais je ne ressentais pas la faim que j'aurais pourtant dû avoir, puisque je n'avais pas manger depuis deux jours. Cependant, je ne m'inquiétais pas outre mesure, il m'étais déjà arrivé de ne pas absorber d'aliment pendant plus d'une semaine.

Je croisais son regard désolé, je savais qu'elle avait des questions sur ce qui c'était passé. Je la réconfortais comme je pus, n'étant moi-même pas convaincu par mes explications de stress et autres. Mais elle fit semblant de me croire, m'encourageant, comme Jacob avant elle, a en parlé avec Carlisle.

Nous redescendîmes rejoindre le reste de la famille, et avant de rentrer chez moi avec Edward, il fut décidé que demain nous retournerions à l'école, et que nous continuerions nos activités normalement.

J'essayais pendant la soirée de parler à Edward, de ce qu'il s'était passé, mais lui comme Jacob, pensait juste à une erreur de parcours. Je décidais d'abandonner, priant pour que tout se passe bien au lycée, et je m'endormis lovée dans ses bras.

Les jours suivants furent pour moi assez éprouvants. En premier lieu parce qu'Alice n'avait rien de très concret dans ses visions, et ensuite parce que je me retenais de respirer en permanence, ce qui m'était inconfortable. Je faisais bien entendu semblant, pour ne pas que les autres s'en aperçoivent, mais c'était une surveillance de tous les instants.

C'est pendant un repas, que je me décidais à consulter Carlisle. En effet, comme chaque midi, j'avais pris une pomme, mais là, le gout était manifestement différent. J'avais alors essayé de la manger en respirant normalement, mais c'était pareil. Si je perdais le goût des aliments que j'aimais, qu'allais-je devenir ?

J'annonçais alors à ma famille que je me rendrais à la Push après le cours de sport, alors que dès la fin du repas, j'avais prévenu Carlisle que je passerais le voir, le priant de n'en rien dire à personne.

A mon arrivée à l'hôpital, la fidèle secrétaire le bipa pour le prévenir, comme il le lui avait demandé. Quelques minutes après, nous étions face à face dans son cabinet, comme quelques mois plus tôt, lors de ma première consultation. La seule différence est que maintenant nous nous connaissions bien, et n'avions plus vraiment de secret l'un pour l'autre.

« Alors Bella, que ce passe t'il ? Est-ce que cela aurait un rapport avec ton manque d'appétit ? »

« Comment… ? Aurais-tu un don caché, Carlisle ? » lui demandais-je étonnée par cette question

« Non, malheureusement…C'est juste qu'Esmée s'inquiète que tu n'aimes plus ses omelettes » ria t'il.

« Elle a raison » murmurais-je, « je ne sais pas ce qu'il se passe, mais je n'arrive plus à manger comme avant, enfin, si je peux, mais les aliments ont un goût étrange…heu, l'autre fois, l'accident à l'école…j'ai vraiment eu envie de tuer, de boire du sang humain,…, je suis désolée, je ne comprends pas…aide moi ! » finis-je en pleur, toujours assise sur ma chaise

Carlisle s'approcha de moi et me prit dans ses bras, me demandant pourquoi je n'en avais pas parlé plus tôt. Je lui rétorquais, que pour tout le monde c'était une perte de contrôle, et que je ne voulais pas devenir un monstre. Je m'étais promis de résister les trois semaines qu'il restait avant nos examens et mon mariage, mais c'était vraiment difficile pour moi, parce que je commençais vraiment à avoir faim, et que je ne savais plus quoi manger.

« Je vais t'examiner, mais comme ça, je ne vois aucune explication logique, Bella. »

Il ouvrit un dossier sur son ordinateur, où il avait enregistré mes données lors de la première visite. M'expliquant qu'il allait les comparer avec celles d'aujourd'hui pour voir s'il y trouvait une quelconque évolution. Il prenait son temps, m'auscultant patiemment.

« Les changements sont mineurs, rien de flagrant. Peux-tu te rappeler à quel moment tout ceci à commencer ? »

Je réfléchis un moment, j'en avais vraiment pris conscience lorsque j'avais agressé Vanessa, rien de spécial ne me venait à l'esprit avant ceci.

« Hem , Bella, accepterais tu que je fasse d'autres examens ? Me fais tu confiance ? »

« Quelle sorte d'examen ? »

« C'est assez délicat, mais je voudrais essayer de faire une échographie interne, et vérifier certains de tes organes. C'est certes gênant pour toi comme pour moi, mais si tu pouvais me voir comme un médecin à ce moment-là, peut être que cela t'aiderait. Je peux difficilement demander à un de mes confrères… »

La gêne de Carlisle était palpable, et se reflétait aussi dans ses yeux. Je lui donnais cependant mon accord, et enfilais une blouse d'hôpital, pendant qu'il allait chercher le matériel.

Il reparut quelques instants plus tard, tirant derrière lui deux machines.

« Bella, je vais commencer par une gastroscopie, histoire de vérifier ton système digestif »

Il m'expliqua patiemment l'appareil, un endoscope – câble souple d'un mètre muni d'une fibre optique et d'une mini caméra connectée à un écran vidéo – qu'il inséra dans mon nez. Je suivais la progression sur l'écran en même temps que lui, ma bouche, ma gorge, mon œsophage, mon estomac et mon duodénum. La seule chose qui ressortait de cet examen, était le néant de mon estomac, je n'avais effectivement rien mangé depuis un certain temps.

« Bien, je crois que tout va bien, je ne vois aucune lésion, rien qui pourrait expliquer tes soucis d'appétit. Hum, je vais prendre maintenant ce petit appareil, pourrais-tu mettre les pieds dans les étriers, Bella ? »

« Heu, oui Carlisle, qu'est ce que c'est au juste ? » murmurais-je en rougissant

« Ta peau est trop épaisse pour faire une échographie, et je voudrais pouvoir voir si tu ne serais pas gêner par un kyste ou autre problème. Je vais donc passer par voie vaginale »

Il me montra alors un autre cordon, m'expliquant que le bout était muni d'une source d'ultrasons miniaturisés. Je me positionnais à sa demande, et fermais les yeux quelques instants, puis regardais l'écran avec lui.

« MERDE » lâcha-t-il

Je le regardais alors, les yeux comme des soucoupes, ce n'était pas un langage courant chez Carlisle, la panique m'envahit pendant qu'il se fixait sur l'écran, statufié…