Titre : Juste une question de survie…

Pairing : HP/DM

Rating : M

Résumé : Après la dernière bataille et sa victoire contre le mage Harry a disparu corps et bien. Quatre ans plus tard sa meilleure amie demande à un enquêteur hors pair de retrouver sa trace…

Note de l'auteur : Merci pour vos adorables reviews, 14 je ne pensais pas en avoir tant et ça m'a fait un énorme plaisir, je répondrai à tous promis des que j'aurai un peu de temps. J'espére que la suite de ma petite fic continuera de vous intéresser...

Je me suis lancée encouragée par Pilgrim et j'ai posté un petit texte (une nouvelle) sur un site de publication, il est très court 4 pages, je mets le lien, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ( les protagonistes ne seront pas sans vous rappeler des personnages connus ^^) .. finalement . ne prends pas les liens ^^, mais le site est : my major company books et mon compte d'auteur est au nom Hamelina B...si vous passez par là merci d'avance...

Ham

Avertissement : Cette fic parle d'amour entre messieurs...vous êtes prévenus^^ ...


Plus jamais ça...

Il se rappelait encore leur première rencontre chez Mme Guipure et ce qu'il avait pensé de lui à l'époque...

Juste qu'il était beau.

Son air doux et sûr de lui l'avait attiré tout suite et son regard lorsqu'il l'avait croisé lui avait coupé le souffle même s'il n'en avait rien laissé paraître.

Il avait onze ans seulement et il n'avait pas compris pourquoi son physique l'avait troublé à ce point...

C'est pourtant toujours la même chose aujourd'hui, la vision de son visage lui manque et le hante bien trop souvent.

OoOoOoOoOoOoO

POV HARRY

Je mets le CD dans la platine et je m'effondre sur le petit canapé défoncé qui meuble agréablement le studio pitoyable et hors de prix que je loue à proximité de Greenwich Village. Je ferme les yeux et me laisse pénétrer par la voix suave du crooner qui flotte dans mes seize mètres carrés comprenant un salon, une cuisine, une chambre à coucher et une salle de bain, tout cela compris dans une seule et unique pièce.

J'y suis chez moi pour la première fois de ma vie et je ne dois rendre de comptes à personne.

J'ai tout abandonné et surtout la magie.

Je savais qu'ils pourraient me retrouver grâce à elle, alors je l'ai laissée derrière moi. À part ma baguette qui m'a servi une ultime fois avant que je ne prenne l'avion et que je ne la remise dans un petit coffre possédant un double fond.

Quatre ans que je ne m'en suis pas servie, j'ai cru au début que ça serait difficile, la magie facilite tellement la vie mais au final pour mon cas personnel elle me l'a plutôt salement pourrie.

J'ai retrouvé des réflexes que je croyais perdus depuis longtemps, je prends le métro quand je veux me déplacer, je craque une allumette quand je veux faire du feu dans ma cheminée et j'ai pris l'habitude de cuisiner sans que les cuillères ne mélangent toutes seules les aliments dans les casseroles.

Maintenant lorsque j'y pense, je me demande si je n'ai pas rêvé tout cela, la différence entre ces deux vies est tellement énorme que j'ai l'impression que tous ces gens bizarres côtoyés pendant sept ans ne sont que le fruit de mon imagination, que cette guerre n'a jamais existée, que je n'ai jamais été ce type dont le visage mouvant s'étalait à la une des journaux.

Serait-ce possible ?

Un simple délire de mon cerveau torturé ?

Parfois, j'aimerais le croire.

New-York New-York

Start spreading the news,

I'm leaving today

I want to be a part of it

New York, New York

These vagabond shoes,

Are longing to stray

Right through the very heart of it

New York, New York

I want to wake up in a city,

That doesn't sleep

And find I'm king of the hill

Top of the heap

These little town blues,

Are melting away

I'm gonna make a brand new start of it

In old New York

If I can make it there,

I'll make it anywhere

It's up to you

New York, New York

J'aime cette chanson de Sinatra, c'est elle qui m'a donné l'impulsion.

Cinq jours après le grand holocauste sorcier, j'errais dans le métro londonien, fuyant et hagard, quand un type pas très jeune s'est assis à côté de moi. Il avait un baladeur et écoutait de la musique via ses écouteurs. Probablement atteint de surdité, il avait mis le son à fond et les cinq rangs devant et derrière nous profitaient, sans en avoir le désir, des chansons qu'il écoutait.

Quand cette mélodie a démarré, j'ai eu comme un flash au fin fond de mon spleen et j'ai su que c'était là que je devais aller m'installer, au cœur de cet énorme monstre urbain où je pourrais me cacher bien mieux que nulle part ailleurs.

Bien avant la grande bataille, j'étais allé changer une énorme somme d'argent sorcier en argent moldu et j'avais ouvert un compte dans une banque moldue. Un empressement subit à me protéger en tant qu'homme si jamais le monde des sorciers venait à disparaître. Une peur maladive de ce qui allait arriver et certainement un grand ras le bol qui commençait à m'envahir.

J'ai acheté le billet d'avion nécessaire à mon voyage et je suis parti sans aucun bagage et sans savoir exactement où j'allais atterrir dans cette ville titanesque.

En sortant de JFK Airport, je suis monté dans un bus en direction de Manhattan, je voulais me mêler à la foule tout de suite sans attendre, respirer le même air, me dissoudre jusqu'à appartenir à cette grosse pomme, n'être plus qu'un anonyme, un visage que personne ne reconnaîtrait. Arrivé à Manhattan, je me suis trouvé un petit hôtel et j'ai dormi, dormi pendant des jours essayant d'oublier et curieusement ce fut plus simple que je ne m'y attendais.

J'étais enfin seul, ce n'était pas de la solitude non, juste du calme et une manière de me retrouver. J'avais l'impression que la bile insidieuse qui me rongeait depuis tant d'année n'était déjà plus qu'un souvenir. Pendant des semaines, je n'ai fait que dormir, manger, me promener un peu dans les rues sans rien voir, ni visiter, mes yeux étaient vides et mon esprit incapable de se fixer sur la moindre chose. Je crois que lorsque j'essaie de me rappeler ces moments-là je ne me souviens de rien. Je ressens juste une sorte de soulagement intense et cette envie dormir qui ne me quittait pas.

Lorsque le mois de septembre est arrivé, je me suis secoué et après avoir hésité longuement entre trouver un job et reprendre mes études, j'ai opté pour la seconde solution. Je possédais une somme suffisante pour survivre quelques temps et de toute manière je ne savais rien faire dans ce monde-ci, mes compétences n'étant valides que chez les sorciers. Je décidais alors d'entamer une nouvelle vie et je me suis inscrit à la fac pour assister à quelques cours qui m'intéressaient. Je ne voulais aucune contrainte et je ne savais pas encore si les études du côté moldu allaient me plaire. Je n'ai jamais été un intellectuel, en réalité à cette époque je ne savais pas qui j'étais réellement, ni de quoi j'étais capable. C'est la raison pour laquelle j'étais venu ici, pour découvrir enfin qui se planquait sous la cape encombrante du Survivant.

J'ai choisi un certain nombre de matières, littéraires pour la plupart et puis celle que j'ai affectionnée au-delà de tout : l'informatique, à vingt ans j'ai découvert les délices de l'ordinateur, les méandres du net et l'anonymat que cela procurait.

Je suis devenu en peu de temps un vrai micro-maniaque, j'ai retrouvé dans cette technologie un peu de cette magie qui me manque parfois.

Je suis comme un enfant fasciné par les incroyables possibilités que me procure cet outil. Et je passe des nuits entières à surfer et à communiquer avec de parfaits inconnus.

OoOoOoOoOoOoO

POV DRACO (bureau de Severus)

« Comment fais-tu pour commencer une enquête sur quelqu'un qui a disparu quand tu ne possèdes pas le moindre indice ? »

Je réfléchis longuement à cette question.

« Eh bien... j'essaie de prendre sa place, de m'introduire dans son esprit, de la comprendre, d'investir ses pensées en les faisant miennes. J'essaie d'être cette personne pendant un court moment, mes investigations me permettent de connaître un peu sa personnalité alors j'extrapole, j'évalue, j'imagine... »

« Fais ça pour Potter ! » Me lance-t-il.

« Je n'y arrive pas, il est aussi opaque pour moi que les grands marécages de Deadmarsh, il l'a toujours été. J'essaie mais c'est le trou noir, le néant, je ne l'ai jamais compris, son comportement, ses réactions, ses choix, m'ont toujours semblé aberrants. Ce type est aussi différent de moi qu'une licorne d'un basilic. »

Un sourire empli de sarcasmes effleure les lèvres de Séverus.

« Lequel est la licorne et lequel est le basilic ? » Me demande-t-il finaud.

Agacé je hausse les épaules sans lui répondre.

Il reprend la parole, le ton grave.

« C'est le moment pour toi de dépasser ce que tu ressens et cette incompréhension fondamentale. Essaie de te métamorphoser, de t'ingérer, de te fondre dans cette personnalité que tu détestais. Pense à tout ce qui te révulsait chez lui, demande-toi pourquoi et imagine que tu endosses son enveloppe comme un vêtement, refais ses gestes, promène-toi dans ses endroits favoris, fréquente ses amis... »

Je ne peux retenir une grimace de dégoût à ces paroles.

« Tu veux vraiment que je me barre moi aussi ? »

Il hoche la tête doctement.

« Voilà Draco tu es sur le chemin qui te mènera à la réussite, c'est exactement ce qu'il faut que tu fasses, que tu partes sur ses traces. »

OoOoOoOoOoOoO

POV HARRY

Une fois que j'ai recouvré mes esprits et que j'ai décidé de fuir, j'ai vite compris que je ne serais jamais en sécurité si je ne changeais pas d'apparence. Si moi je ne connaissais qu'un nombre restreint de sorciers par contre ceux-ci savaient tous quelle tête j'avais et je courais sans cesse le risque d'être reconnu par l'un deux.

Alors mon dernier acte sorcier a été d'effacer le symbole de ma servitude, cette marque infamante posée comme un sceau sur ma peau, indiquant que je leur appartenais à eux tous. En faisant ce geste symbolique, j'ai brisé mes chaînes et ça a été ma première véritable initiative personnelle.

Ça m'a fait un bien fou.

Je me réappropriais mon identité et je gagnais enfin ma liberté.

Une fois installé à New-York, j'ai pensé qu'il valait mieux que je me sépare également de mes sacro saintes lunettes qui me marquaient presque autant que cette cicatrice dont je m'étais débarrassée. Malheureusement ma myopie m'obligeait à porter des prothèses, j'optais alors pour des lentilles de contact, je découvris avec stupeur que grâce à celles-ci, on pouvait également changer la couleur de ses iris, j'optais donc pour des verres bleus après une âpre discussion avec l'opticienne qui ne comprenait décidément pas pourquoi je voulais cacher « cette merveilleuse couleur céladon ».

Je suis donc devenu un garçon au front lisse, aux yeux bleus et aux cheveux bruns plutôt longs ce qui convient à mon look estudiantin.

Un homme banal, perdu dans une cité titanesque où personne ne le remarque.

OoOoOoOoOoOoO

POV DRACO

« Et si on faisait imprimer son portrait sur des boîtes de lait comme font les américains avec les enfants disparus ? »

Il a vraiment des idées à la noix mon copain.

« Tu crois vraiment que le Ministère aimerait que nous attirions l'attention des moldus sur nous. Ce qui ne manquerait pas d'arriver si nous mettions le visage de Potter sur des bouteilles de lait ! »

« Je ne vois pas comment tu peux le retrouver, il a disparu dans la nature. Il pourrait être n' importe où, il ne fait plus de magie depuis quatre ans donc il est indétectable. Comment penses-tu faire ? »

Je hausse les épaules, dépité, je ne sais pas vraiment comment commencer mon enquête bien que...

« Attends Blaise, il ne se sert plus de magie ok ! Mais quelle a été la dernière fois ou il s'est servi de sa baguette, peut-être que ce dernier acte magique nous renseignerait un peu sur ce qu'il a décidé. »

« Pas bête ! Ecoute je vais me rendre au Ministère au Département des Archives Magiques ils devraient pouvoir me renseigner. »

Toujours prompt à réagir, je lui en suis reconnaissant.

« Je t'accompagne ! »

OoOoOoOoOoOoO

Deux heures plus tard, nous nous retrouvons tous les deux dans un petit bureau aveugle où deux hommes d'un certain âge vaquent mollement à leurs occupations.

« Bonjour, désolé de vous déranger, je suis Draco Malfoy j'aimerais savoir s'il est possible de retrouver un acte magique qui a été commis il y a environ quatre ans. »

L'homme le plus proche lève la tête et sourit avec bonhommie.

« Ça dépend de quel acte magique il s'agit, si la personne a préparé une soupe à l'aide de sa baguette nous ne le retrouverons pas car les actes insignifiants de la vie quotidienne ne sont pas comptabilisés dans notre banque de données. Par contre si c'est un acte important ou répréhensible où qui touche à la personnalité même du sorcier à priori nous pouvons le retrouver, à moins que le sorcier n'aie mis au moment de jeter le sort un prétexte d'invisibilité pour ne pas être repéré. Mais seuls les sorciers puissants peuvent faire cela car il est formellement interdit par la loi de masquer les sorts que l'on lance. »

Je soupire, Potter est bien le plus puissant des sorciers qu'il m'ait été donné de connaître, et le plus puissant depuis plusieurs générations sans doute. Je ne pense pas que cette piste nous mènera quelque part, il s'est certainement protégé de tout repérage.

Une main sur mon bras me fait me retourner, je regarde Blaise en haussant les épaules.

« Ne sois pas si pessimiste veux-tu, si Harry est parti si brusquement c'est qu'il n'allait pas très bien, il est fort possible qu'il ait oublié de dissimuler un dernier acte magique avec ce masque d'invisibilité... qu'il ne connaissait d'ailleurs peut-être pas. »

Le deuxième homme nous regarde surpris, il fronce bizarrement le nez et je n'aime pas l'air intéressé qu'il a pris lorsque qu'il a entendu le prénom Harry.

« Vous recherchez qui au juste ? »

« Un ami à nous. » Dis-je vivement ne désirant pas m'étendre plus sur l'identité de notre Arlésienne.

L'homme fronce ses petits yeux d'un air suspicieux.

« Ne serait-ce pas Harry Potter votre ami ? »

« Non ! »

« Dommage ! » Murmure-t-il en se penchant de nouveau sur ses parchemins.

Mon cœur fait un bond désagréable en entendant sa réflexion.

« Pourquoi ? Vous savez quelque chose à propos de Potter ? »

L'homme me fait une sorte de grimace qui doit s'apparenter à un sourire ironique.

« Ce n'est pas lui que vous cherchez de toute façon, alors je ne vois pas en quoi ça vous intéresse. »

Et il replonge le nez dans ses documents qui ont l'air de le passionner.

Je réfléchis une brève seconde puis lâche :

« Si ! C'est bien Potter que nous recherchons mais c'est confidentiel. Si vous savez quelque chose à son propos dîtes-le nous. »

L'homme se redresse avec lenteur en me regardant droit dans les yeux, il a le visage sillonné de rides et la peau jaunâtre des personnes qui ne voient jamais le soleil.

« Lorsque Mr. Potter a disparu il y a quatre ans je m'occupais déjà de ce service et j'ai fait, pour le plaisir, quelques recherches sur les derniers actes magiques qu'il avait pu perpétrer. »

« Et ? »

« Et hormis le plus important de sa vie, à savoir l'extermination du Mage Noir, je ne trouvais rien qui prouvait que le garçon ait utilisé sa baguette après les événements... »

Je baisse les bras de lassitude.

« Ça nous mène à quoi ? »

L'homme me regarde sans sourciller, l'air un tantinet exaspéré par mon intervention.

« J'ai dû gommer une partie du spectre de ce sort impardonnable qu'il avait lancé et qui agissait sur les sorts plus simples en les voilant comme un écran de fumée. Après avoir dépollué le reste de ses archives magiques personnelles j'ai réussi à en découvrir un autre, moins important mais presque aussi répréhensible qu'un impardonnable. »

Blaise et moi ne bronchons pas, accrochés aux lèvres du vieux sorcier comme si notre vie en dépendait. Il nous fixe et prend son temps avant de nous asséner la nouvelle que nous attendons tous les deux.

« Potter s'est lancé un sort sur lui-même. »

« Hein ? »

« Je suppose qu'il a dû changer un détail de son physique ou quelque chose comme ça... »

Il hésite un court moment puis ajoute :

« Peut-être pour qu'on ne le reconnaisse pas ? »

Je blanchis en entendant ça. Je n'avais pas pensé qu'il puisse avoir à ce point envie de disparaître, au point de modifier son physique et surtout je m'en voulais pour ne pas y avoir pensé moi-même.

Cette découverte me fait mal. Pourquoi Harry avait-il fait une chose aussi insensée ? Je me surprends à avoir une furieuse envie de lui coller une droite alors que je ne sais même pas où il se trouve.

« Dray ? »

« Quoi ? »

« Tu fais une drôle de tête. »

« Comment veux-tu que je le retrouve s'il a changé d'apparence ? » Je me sens très déprimé soudainement.

« Il ne le peut pas ! »

Je me tourne vers le petit homme au teint bistre qui me sourit.

« Pardon ? »

« Il n'a pas pu changer d'apparence c'est impossible, juste modifier un détail trop flagrant qui serait susceptible de le faire reconnaître aux yeux des autres sorciers. »

Blaise et moi nous nous regardons une fraction de seconde et nous exclamons alors de concert :

« SA CICATRICE ! »

OoOoOoOoOoOoO

POV HARRY

Je flâne en ce samedi après midi dans Central Park, j'aime ce lieu plus que tout autre dans cette ville. Je suis allongé sur une des vastes pelouses où chacun vient puiser dans la terre et l'herbe citadine un peu de ce besoin originel de se ressourcer au contact de la nature même si celle-ci est domptée par de hauts murs et des grillages.

J'ouvre les yeux avec difficulté car brusquement je ne ressens plus la chaleur du soleil sur mon visage. Une ombre m'en cache sa vue et en plissant les yeux je me rends compte qu'un jeune homme s'est placé entre moi et la chaude lumière.

« Vous me cachez le soleil ! » Je bougonne d'un air peu aimable alors que le garçon me gratifie d'un sourire éclatant.

« Je sais ! »

Je me redresse sur les coudes puis finis par m'asseoir car visiblement l'autre n'a pas l'intention de bouger d'un centimètre.

« J'ai l'impression de vous connaître. » Dit-il en me regardant avec insistance.

Je me sens glacé par la peur s'insinuant dans mes veines plus rapidement que l'eau de l'East River ne coule sous le pont de Brooklyn.

Je me remets vivement sur mes pieds et réponds abruptement en lui tournant le dos.

« Moi je ne vous connais pas, vous devez faire erreur. »

« Non, je suis très physionomiste et votre tête me dit quelque chose. Vous ne seriez pas s... »

« Désolé mais je suis très pressé et... »

« AVADA KE... »

En entendant ces mots je plonge derrière un séquoia géant qui se trouve là. Un roulé boulé spectaculaire qui m'aurait valu les félicitations de Mme Bibine à Poudlard.

Un silence épais puis... un éclat de rire se répercute sur le tronc séculaire, je comprends que je viens de faire une boulette monumentale.

Je me dégage de derrière l'arbre, je sais que j'ai l'air d'un parfait imbécile, deux fillettes ont d'ailleurs stoppé leur jeu pour me regarder d'un air surpris.

Le garçon me fixe goguenard.

« Juste un petit test pour être fixé... Sorcier n'est-ce pas ? »

Je fulmine contre moi, ma réaction stupide m'a marqué plus sûrement que si j'avais tenu ma baguette à la main.

« Dangereux votre test, il pourrait se retourner contre vous. » Je rétorque furieux en époussetant mon jean.

« Alors sorcier ? » insiste-t-il sans se départir de son agaçant sourire.

« ... »

« Pourquoi ne voulez-vous pas me répondre ? »

« J'étais sorcier dans une autre vie mais j'ai perdu mes pouvoirs, je préfère ne pas en parler. »

« Je n'arrive pas à mettre un nom sur votre visage, peut-être étions-nous à l'école ensemble, quel âge avez-vous ? Moi j'ai vingt quatre ans. »

Il est insistant le bougre, mais plutôt mignon je dois bien l'avouer, ma vie sexuelle étant presque inexistante, je frémis dès qu'un regard craquant se pose sur moi.

Il faut que je me secoue et que je ne me laisse pas attendrir par sa sollicitude exagérée. Peut-être que ce type me recherche, je ferais mieux de lui en dire le moins possible pour ma tranquillité.

« Désolé mais je suis réellement très pressé, au revoir. »

Je tourne les talons et m'éloigne à grand pas, ça ne décourage pas mon curieux qui m'a pris en filature essayant de rester à ma hauteur alors que je cours presque.

« Vous savez il n'y a pas très longtemps que je suis arrivé à New-York, je n'y connais personne et surtout aucun sorcier, on pourrait aller boire un verre ensemble ? »

« NON ! »

« Pourquoi ? De quoi avez-vous peur ? Que je vous drague ? »

Je m'arrête net, empoigne son bras et le serre avec force.

« Vous allez me ficher la paix à la fin, vous n'avez pas remarqué que je veux être seul, que votre compagnie ne m'intéresse pas. »

Et je lâche brusquement son bras sur lequel je laisse une vilaine marque rouge.

« Merci ! Ça j'avais compris, ce n'est pas l'amabilité qui vous étouffe ! »

Il frotte sa peau meurtrie d'un air faussement offensé.

« Mais j'aimerais quand même vous offrir un verre histoire de ne pas rentrer déjà dans mon appartement... Je ne supporte plus le silence et la solitude. » Souffle-t-il.

Il me regarde avec des yeux d'une tristesse incroyable légèrement cachés par de fines mèches diaphanes et je me laisse émouvoir parce que moi aussi j'ai besoin d'un peu de compagnie.

Alors, abaissant mes barrières et outrepassant allégrement les consignes de sécurité que je m'étais imposé, je hoche la tête en signe d'assentiment. Il me gratifie d'un flamboyant sourire et je me demande si je ne suis pas en train de faire une énorme bêtise.

OoOoOoOoOoOoO

POV DRACO

Blaise est rentré chez lui et moi je réfléchis.

J'essaie de me mettre à la place d'un homme qui en aurait tellement marre de tout ce qui compose sa vie qu'il préférerait la laisser derrière lui.

Marre de sa vie...

J'ai souvent ressenti des moments de désespoir, de doute, de solitude, d'abandon mais jamais, à aucun moment je n'ai eu envie de changer de vie, de tout quitter, d'abandonner ceux qui formaient ma famille.

A part peut-être...

Harry devait vraiment être arrivé à un point de non retour si comme je le pense il s'est éloigné sur un coup de tête.

Une fois la bataille terminée il était devenu un héros à vie pour notre monde, une icône dont chaque sorcier chérirait l'image à jamais. Alors qu'est-ce qui a pu l'inciter à quitter tout ça, les honneurs, la reconnaissance, l'affection et l'amour des siens ?

L'amour des siens...

Justement est-ce que cet amour là n'allait pas être trop présent, trop envahissant ?

Ou était-ce autre chose qu'il désirait, serait-il parti parce qu'il savait qu'une fois ce grand cirque terminé il ne posséderait jamais ce qu'il convoitait ?

Qu'est-ce qu'il aurait pu vouloir avec tant de force qu'il décide de tout plaquer en une fraction de seconde ?

De quoi s'est-il rendu compte, quel a été le bilan de sa courte vie ?

De quel désespoir n'a-t-il pu se sortir ?

OoOoOoOoOoOoO

POV SEVERUS

« Entrez ! »

Ces fichus gamins ne me ficheront donc jamais la paix, il y en a toujours un pour venir déranger mon agréable silence, un qui doit demander, quémander, parler toujours trop, toujours plus fort pour que je focalise mon attention, pour que j'écoute et que j'aide.

Ce n'est pas mon rôle, je les hais pour cela, pour ces présences constantes qu'ils m'infligent et dont je ne peux décemment pas me débarrasser.

Lui est encore pire que les autres.

« Bonjour »

Je ne réponds pas au salut du garçon, il n'affiche pas son petit sourire satisfait pour une fois, c'est un des rares gosses que je n'ai jamais impressionné, je comprends pourquoi Draco en a fait son meilleur ami. Il est plus courageux que la plupart des Serpentard que j'ai connus depuis des décennies, plus indifférent aussi, rien ne l'impressionne, ce gosse est un roc. Sa seule faiblesse est sans doute cette pseudo amitié qu'il entretient, avec mon filleul.

« Professeur ? »

Je ne relève pas la tête.

« Je ne suis plus votre professeur depuis des lustres, alors cessez de m'affubler de ce titre que vous ridiculisez Zabini ! »

Il retient de nouveau son demi-sourire et lève un sourcil en signe de questionnement auquel je me garde bien de répondre.

« Séverus ? » Murmure-t-il en se fichant ouvertement de moi.

« Snape fera très bien l'affaire. »

Il éclate franchement de rire et je le foudroie du regard en crispant ma mâchoire nerveusement, j'ai envie de lui faire ravaler ce petit air prétentieux qui ne le quitte pas, ce faciès trop sûr de lui. Je lui en veux terriblement pour cette franche opposition à laquelle je ne peux rien, je voudrais le voir plier sous mon regard, le voir trembler et s'excuser mais non ! il ne réagit pas, il me parle comme si nous étions deux vieux amis alors que je ne rêve que de l'acculer contre un mur en tenant son cou bien serré entre mes mains et en lui soufflant au visage tous les mots de haine qui me viennent dès que je pense à lui.

Je bous et ne rêve que de violence bestiale quand il se tient devant moi avec cette expression qui me dit qu'il n'en a rien foutre parce qu'il sait ce que je ressens.

J'ai envie de le briser et qu'il pleure dans mes bras, qu'il me supplie et implore mon pardon et ma clémence.

Il n'en fera jamais rien.

Je le Hais.

J'essaie de calmer cette agressivité mal venue qui me submerge, moi qui suis pourtant le roi du self control alors je respire profondément et me force à lui demander d'un ton que je voudrais neutre.

« Pourquoi êtes-vous là ? »

« Qu'est-ce qui lie réellement Potter à Draco ? »

Je relève lentement la tête.

« Toujours aussi direct ! Honnêtement je pense que ça ne vous regarde pas. »

« Si ! Ça me regarde ! »

Le ton est dur mais la voix tremblante, la carapace de ce petit merdeux est-elle en train de s'effriter ?

« ? »

« Draco est mon meilleur ami et je veux comprendre pourquoi il veut à toute force le retrouver, il m'a demandé de l'aider mais il reste trop de zones d'ombre, trop de douleur. J'ai l'impression que Draco ne pourra vivre normalement que lorsqu'il l'aura rattrapé et ne me dites pas que c'est parce que Granger lui a demandé, ça c'est juste la partie émergée de l'iceberg, ses raisons sont plus personnelles et plus profondes mais je n'arrive pas à les saisir. »

Je balaie sa question d'un revers de main et lui porte l'estocade finale.

« Alors rentrez chez vous et allez vous étourdir dans une de vos soirées oiseuses ou vous vous enivrez d'alcool et de drogues diverses puisque apparemment il n'y a que ça qui vous comble ces derniers temps. »

Il pâlit sous sa peau sombre, ses lèvres se pincent et un frémissement parcourt son corps.

« Ce que je fais ne vous regarde pas. »

« Pas plus que l'improbable relation Potter-Malfoy ne vous concerne, maintenant laissez-moi travailler. »

« Séverus ? »

Il insiste mais je ne relève pas car le ton n'est plus à la provocation.

« J'aimerais vraiment l'aider. »

Je soupire et pose ma plume, je vieillis, je deviens faible.

« Ce qui lie Draco et Harry Potter ne peut être réellement compris que par les deux protagonistes, il existe entre eux une sorte de magie partagée qui les lie c'est comme ça, ils font partie d'un même tout, ne me demandez pas lequel je ne peux que le supposer... »

« Du genre... le bien et le mal... ils sont chacun une partie opposée de l'... ? »

Là c'est moi qui ricane.

« Vous raisonnez de façon bien simpliste, comme un enfant. Je pensais vous avoir appris à être plus incisif et réfléchi ! »

Il se renfrogne à mes paroles.

J'essaie alors de lui expliquer ce que je crois savoir de ces deux là.

« Ça voudrait dire selon vous que l'un des deux est bon et l'autre non. La réalité est beaucoup plus complexe. Potter n'est pas un ange et Draco ne porte pas comme un étendard toute la haine de son clan. Ils ont chacun leur part d'ombre et de lumière et celle-ci doit être partagée entre les deux pour leur rendre leur intégrité. C'est ce qui les attire irrémédiablement l'un vers l'autre. »

« Comment savez-vous cela ? »

Je me sens fatigué brusquement.

Comment lui expliquer la désespérance de ces deux vies d'enfants qui dépendaient indirectement de moi ? Comment lui dire la haine viscérale que j'éprouvais pour le père de Potter contrecarrée par les sentiments honnis que m'inspirait sa mère, m'obligeant malgré moi à le protéger ? Comment pourrait-il comprendre que Draco malgré son rang et son sang pur n'était qu'un pauvre gosse finalement, vivant toujours en marge de la vie réelle, isolé et conditionné depuis son plus jeune âge à ne rêver que de puissance chimérique ?

Comment être certain d'être juste en voulant les réunir ?

Peut-être parce qu'il faut, une fois pour toutes, qu'ils règlent le fait d'avoir grandi et de s'être construit portés par l'animosité et l'agressivité qu'ils se vouaient et qui les ont rapprochés au point d'avoir un besoin viscéral et inconscient de la présence de l'autre.

Je ne peux qu'espérer qu'il comprendra, je sais qu'il en est capable.

« Des années d'expérience et de d'observation, qui malheureusement ne m'ont servi à rien. Je crois juste que leur bataille finale, ils devront se la livrer en privé, juste tous les deux, pour être enfin libérés.»

J'en ai plus dit à ce gamin qu'à quiconque depuis Dumbledore. Peut-être ai-je eu tort mais quand je vois ce visage anxieux je me dis qu'il est en mesure de les aider et de m'aider.

Le jour où les deux gosses auront trouvé leur vérité, moi aussi je serai affranchi.