Titre : Juste une question de survie…

Pairing : HP/DM

Rating : M

Résumé : Après la dernière bataille et sa victoire contre le mage Harry a disparu corps et bien. Quatre ans plus tard sa meilleure amie demande à un enquêteur hors pair de retrouver sa trace…

Note de l'auteur : Quatrième chapitre enfin, je vais essayer d'être plus régulière dans la publication promis, je vous remercie de lire et de laisser un message ça me touche et c'est une manière de me rendre compte de ce que vous aimez….Merci à tous (toutes) j'espère que vous apprécierez ces quelques pages….et que l'année 2011 vous apporte tout ce que vous désirez^^ bisous

Merci à mon amie Mie qui corrige mes textes avec soin…grosses bises ma biche.

Avertissement : Cette fic parle d'amour entre messieurs...vous êtes prévenus^^ ...


Insomnie...s

Le jeune homme allume son ordinateur pour se connecter au site qui lui permettra de tromper sa solitude. Il soigne depuis deux ans ses insomnies en discutant pendant des heures sur le net avec des personnes dont il ne connaît que le pseudonyme. Depuis plus de neuf mois, il a un contact régulier avec un garçon qui a l'air aussi solitaire et insomniaque que lui.

POV HARRY

L'écran clignote dans l'obscurité de la pièce, le petit hibou annonçant les mails volète sur l'écran déposant ça et là des lettres virtuelles qui disparaissent au fur et à mesure que d'autre arrivent.

Je clique sur l'énervant volatile et ouvre le message qui s'affiche immédiatement.

« Hello Elfrid

Comment vas-tu? Je n'arrive pas à me connecter au Chat en ce moment c'est la raison de cet email. J'ai lu le livre que tu m'as conseillé et je l'ai adoré, j'aimerais moi aussi ressembler à ce personnage de roman fort et ambigu à la fois qui prend sa vie à bras le corps malgré les épreuves qu'il traverse, et toi lui ressembles-tu ? Il y a des mois que nous conversons via le net et je ne connais toujours pas grand-chose de toi. De quoi as-tu peur ? Nous ne nous rencontrerons jamais de toute façon. Alors laisse-moi te dire que pour devenir amis, il faut se confier un peu, pas de mensonge, ni de faux semblant, derrière ton écran tu ne risques rien...

J'aimerais juste partager des idées, savoir quels sont tes goûts, ce que tu aimerais faire comme métier lorsque tu auras fini tes études, si tu as une petite amie, si tu es natif de New York cette ville que tu as l'air de tant aimer. C'est très difficile pour moi parce que je ne peux pas me faire la moindre idée de la personne que tu es, si mes questions te dérangent ne réponds pas à ce mail et de mon côté, je n'essaierais plus de te contacter. Malgré tout à bientôt j'espère... Spads. »

J'ai senti une douleur sourdre dans mon estomac en lisant le message, j'avais pensé que les futiles conversations auxquelles nous nous adonnions suffisaient à faire de nous des amis... un mot dont la signification reste bien vague pour moi à l'heure actuelle.

J'ouvre une nouvelle page et je réponds rapidement à sa missive, je ne veux pas le perdre, il est celui qui meuble mes nuits de ses plaisanteries grivoises et de son babillage incessant sans que j'aie à craindre la moindre faille qui me rendrait vulnérable à ses yeux.

Je tape fébrilement sur mon clavier le message qui me le ramènera, pour que de nouveau il me tienne la tête hors de l'obscurité lorsque celle-ci essaie de me dévorer.

« Salut Spads,

Je suis content d'avoir de tes nouvelles, désolé de t'avoir blessé par mon silence. Non, je ne suis pas natif de New York, je viens de la perfide Albion. Je suis orphelin, j'ai été élevé par des parents proches jusqu'à mes onze ans puis je suis allé six années en internat, ensuite je me suis rendu à New York pour poursuivre mes études, ce que je fais toujours à l'heure actuelle. Je vis seul, sors peu et n'ai pas de petite amie, tu vois, ma vie n'a rien de palpitant, je suis juste un garçon banal et solitaire qui aime les livres et les ordinateurs. Voilà, j'espère que tu me recontacteras et que nous pourrons partager de nouvelles nuits à discuter à bâtons rompus. Je te laisse, je dois me lever tôt mon cours de Philo commence malheureusement à l'aube.

Elfrid

Je suis content que le livre t'ait plu. »

Je ferme ma boîte mail et tapote une vague recherche sur le net pour étayer un devoir que je dois rendre dans un délai plutôt bref.

Peu concentré, mon esprit s'envole rapidement et je me connecte à un site où l'on peut admirer de forts beaux garçons, une façon de m'étourdir un peu en laissant vagabonder mon imagination.

Homosexuel, je crois que je le suis mais c'est un dôle de mot qui ne veut pas dire grand-chose, juste une étiquette de plus à mon actif, jusqu'à il y a peu, je n'avais même pas conscience de ce que j'étais. J'ai juste le vague souvenir d'un garçon qui parfois envahit ma mémoire, mon esprit divague et je soupire après une étreinte furtive qui m'aurait comblé en d'autres temps.

Est-ce un rêve ou ce moment fugace a-t-il réellement existé ? Je ne suis sûr de rien, sauf que je fantasme sur quelques mèches de crin et un regard vaporeux qui flotte parfois la nuit sans que je puisse le saisir...

La seule chose dont je suis certain c'est que depuis ce rêve, les garçons ont nettement ma préférence même si je m'arrange pour être avec eux aussi distant qu'avec les filles qui tentent de m'approcher.

Et j'aime plus que tout me perdre la nuit dans des bras fantômes, avant que les cauchemars ne reviennent, je sens leur chaleur autour de mon torse, des doigts palpitent sur ma chair en des endroits qui me font rougir, mon désir monte d'un cran alors que je me dénude et replie mes jambes sous le drap. Mes mains se font curieuses et sans honte aucune se posent sur ma virilité qui devient l'épicentre de ma frustration. Il faut que je me touche, que je glisse mes mains sur ma verge tendue pour la sentir vibrer, revivre sous mes gestes malhabiles. Je veux retenir le temps et la jouissance qui s'empare graduellement de mon corps, je ne presse pas mes caresses, j'essaie de me maîtriser pour ne pas jouir tout de suite. Derrière mes paupières closes, je force mes souvenirs, m'escrime pour me rappeler un moment qui n'a peut-être pas existé...

Je revois un morceau de couverture rêche et pourtant si accueillante, deux lianes pâles qui me soutiennent alors que douloureux je plane entre deux mondes et quand subrepticement, je me rapproche de la vérité, un flash aveuglant me fauche et me fait retomber mollement sur le matelas qui en garde les traces humides. Je me libère toujours trop tôt, toujours trop vite, le souvenir s'est envolé et je pleure en me sentant si lésé et si seul recroquevillé sur ma couche souillée.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Le garçon au teint sombre est tétanisé par le geste de l'homme. Non qu'il ne l'ait jamais désiré c'est même le contraire, il se sent irrépressiblement attiré par lui mais tout a été si soudain... Un doigt posé sur ses lèvres meurtries, il ne comprend pas comment ils en sont arrivés là...Les yeux de braise le dévisagent un moment puis l'austère silhouette se détourne de lui en silence.

POV BLAISE

Je ne sais quelle attitude adopter, il est retourné s'asseoir et je suis resté immobile, enivré des sensations que j'ai ressenties quand ses lèvres se sont posées sur les miennes, c'était si chaud, si différent de ce qu'il est. Ma bouche est sèche et ma gorge brûlante, je dois partir pour ne pas me ridiculiser parce que je suis capable de tout foutre en l'air simplement parce que je n'ai rien compris à ses motivations.

Je me dirige vers la porte silencieusement.

« Blaise ? »

Je me fige, c'est la première fois qu'il prononce mon prénom depuis que je le connais, depuis onze ans.

« Vous pouvez ne rien dire à Draco pour l'instant ? Je dois... Nous devons trouver le meilleur moment pour lui en parler. »

« Mais... »

« Laissons-le d'abord découvrir par lui-même ce qui l'attire dans cette enquête, pourquoi il veut réellement retrouver Potter. »

J'insiste malgré ses réticences.

« Il souffre... »

« C'est notre lot à tous et peut-être qu'il souffrira encore plus lorsqu'il connaîtra toute la vérité. »

Il se tait attendant mon acquiescement . Que puis-je faire d'autre de toute façon ?

« Je ne lui dirais rien... pour l'instant ! »

J'ai toujours eu du mal à obéir et à me soumettre, ce bémol me donne l'impression de maîtriser la situation.

J'ouvre la porte en jetant un coup d'œil à la silhouette fine et musclée qui me tourne le dos, il sent que je l'observe.

Mon cœur cogne un peu trop fort dans ma poitrine.

« Merci. » murmure-t-il.

Je sors le cœur battant et referme silencieusement la lourde porte.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

POV DRACO

J'ai vu Blaise revenir chez moi l'air totalement défait, je ne lui connaissais pas ce regard perdu, embrasé de mille interrogations.

Je m'en inquiète.

« Blaise ? Tu vas bien ? »

Il se dirige sans un mot vers mon canapé où il s'assoit sans bruit, le visage fermé comme s'il était seul au monde. J'hésite à le déranger dans son introspection parce que je ne le connais pas si grave et que ça m'impressionne.

Au bout de quelques minutes qui me semblent être des heures il ouvre enfin la bouche.

« Bonne journée pour toi ? »

Je me sens déstabilisé par cette question si banale et n'ose lui demander ce qui me vaut ce regard vide, je me contente de répondre simplement.

« Oui, la routine, j'ai rempli beaucoup de paperasses... »

« Pourquoi ? » s'étonne-t-il.

« Je veux pouvoir accéder au dossier de recherche sur Potter mais le Ministère fait beaucoup de difficultés pour m'accorder un droit de regard, je pense qu'il y a des points sombres sur cette enquête que je dois éclaircir. »

« Mais son dossier, tu l'as déjà ! »

Je grimace un peu, je pense que tous ces bureaucrates me mènent en bateau.

« Je l'ai réétudié avec soin, je crois qu'il me manque certaines pièces qui ont dû être retirées intentionnellement. »

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »

« Il n'y a aucune mention de recherche de Potter dans les administrations moldues, banques, aéroports etc. J'ai trouvé ça un peu bizarre. Quand un sorcier disparaît volontairement, on se doute que le plus simple pour lui est de se fondre dans le monde moldu et en lisant son dossier je me suis fait la réflexion qu'il y avait des oublis incompréhensibles dans cette enquête alors je suis allé demander des comptes au bureau du Ministre en expliquant que je n'hésiterais pas à faire part de mes réflexions à la gazette. »

« Et ça les a convaincus de t'aider ? »

« Non ils m'ont ri au nez en m'affirmant que je me faisais des idées, ils sont indéboulonnables ces ronds de cuir. Ils m'ont fait remplir des formulaires et m'ont bien précisé que cela prendrait du temps pour que j'ai enfin une réponse, je crois qu'ils ne donneront aucune suite à ma demande, c'est une fin de non recevoir. »

« Tu vas contacter la gazette ? »

« Honnêtement j'hésite, si Potter est toujours en relation avec quelqu'un du monde sorcier, il le saura et se cachera encore mieux, je ne voudrais pas lui mettre la puce à l'oreille. Il faut qu'il pense que nous avons abandonné toute recherche. »

« Oui mais alors comment vas-tu t'y prendre pour avoir de plus amples renseignements ? »

« Je crois que je vais devoir offrir un café à une personne que j'aurais préféré oublier. »

« Qui ? »

« Un certain Théodore si tu vois ce que je veux dire… »

L'éclat de rire de mon meilleur ami me vexe au plus haut point. Parfois j'aimerais qu'il fasse au moins semblant de me prendre au sérieux.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

POV SEVERUS

Je me suis perdu cette fois, ce garçon me rend dingue, sa proximité ne me réussit vraiment pas, j'espère qu'il ne va pas tirer de plan sur la comète après ce lâche atermoiement de mon corps.

J'essaie de ne pas y penser, le sexe est une pratique qui m'a rendu dépendant en d'autres temps et je ne veux plus que cela arrive, jamais...

Zabini...

Ce drôle de garçon a rompu les fragiles barrières que j'avais érigées autour de moi, je ne veux pas le briser en cédant aux flots ininterrompus de sirènes tentatrices qui m'attirent dans leurs filets.

Le prendre reviendrait à le sacrifier à une simple envie, je n'éprouve aucun sentiment juste le désir impérieux de son corps, des pulsions que je dois absolument réfréner.

Mais pas de sentiments, je ne suis ni jeune, ni impulsif... je dois être fort.

Ne pas le désirer, ne plus vouloir le serrer à le briser, ne plus rêver de m'enfoncer dans ses entrailles en le faisant hurler et accessoirement en lui donnant du plaisir. Lorsque la nuit mon bas ventre est dévoré d'un feu qui me consume, je le sens se tordre sous moi, je le soumets à mon désir, à cette violence qui ne m'a jamais quitté parce que le sexe ne peut se satisfaire que de cela.

Aucune tendresse n'est utile.

Jouir en pleurant des larmes amères... je ne veux surtout pas qu'il goûte à cela.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

POV HARRY

Mes cours me prennent énormément de temps heureusement j'en ai à revendre. Je me dirige vers le campus lorsque Chris fait irruption près de moi.

Je m'en étonne.

« Qu'est-ce que tu fiches là ? »

Le campus n'est pas vraiment un endroit où je suis susceptible de le rencontrer, d'où mon étonnement. Il me sourit gentiment et me demande.

« J'avais envie de te souhaiter une bonne journée et de te demander si tu serais partant pour passer un week-end à Cap Code, je pensais que je pourrais te faire découvrir la côte en vélo, c'est magnifique et si le temps s'y prête nous pourrons peut-être même nous baigner. »

Il me prend un peu de court, je n'ose pas lui dire que son idée ne m'emballe pas du tout. Il me dévisage en souriant attendant visiblement une réponse positive.

« Euh, oui pourquoi pas. » je réponds sans enthousiasme mais je n'ai pas le courage de le décevoir.

« Génial, tu vas voir on va passer un super week-end, je viendrais te chercher vers six heure samedi matin. »

« SIX HEURE ? »

Il éclate de rire.

« C'est sûr tu vas devoir te lever tôt mon vieux, mais si on veut profiter du week-end il faut bien ça, bon je file... à samedi ! »

Flûte ! Pourquoi je ne lui ai pas dit que je n'étais pas libre ? Ce week-end ne me dit rien qui vaille. En plus un léger détail technique m'ennuie...

Je ne suis jamais monté sur un vélo.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Le blond se dirige d'un pas nerveux vers le service de Theodore Nott. Le Ministère va bientôt fermer mais il espère que celui-ci n'aura pas encore quitté les lieux. Pendant un temps plutôt bref, il a été son amant. Mais Draco avait cessé de le voir sans raison, sans explication, sans avoir réellement rompu. Le jeune homme lui vouait donc une rancune farouche. Jamais depuis deux ans ils ne s'étaient adressé de nouveau la parole.

POV DRACO

« Salut Ted. »

Il se retourne lentement et grimace lorsqu'il m'aperçoit. je ne peux véritablement pas lui en vouloir lui en vouloir, je l'ai plaqué de façon plutôt cavalière et arrogante et je pense qu'il m'en porte bien légitimement grief.

Il se retourne vivement au son de ma voix. Oui c'est confirmé, vu son expression amicale, il n'est pas ravi de me voir.

« Qu'est-ce que tu fiches là Malfoy ? »

En d'autres temps, il susurrait langoureusement mon prénom à mon oreille avant de pousser des petits cris d'orfraies lorsque je lui faisais l'amour. Les rapports humains sont décidément bien houleux. Je savais en le quittant qu'il ne me pardonnerait rien, croyant à « l'amour éternel » avec un seul partenaire, il a toujours été si rêveur et romantique que ça me pesait vers la fin de notre relation.

« J'ai besoin de toi. »

Il se retourne un méchant rictus s'étalant sur ses lèvres. En voyant son expression je comprends que ça n'est pas gagné.

« Tiens... tiens, Sa Majesté a besoin de moi... »

Effectivement, ça commence plutôt mal. Je décide d'ignorer le ton ironique, le regard de tueur et de m'en tenir à une bienséante froideur.

« Je suis en train de faire une enquête et j'aurais besoin de consulter quelques dossiers que ton administration ne veut pas me confier. J'ai pensé que peut-être tu pourrais m'apporter ton aide, de façon informelle bien entendu. »

Il ouvre des yeux stupéfaits. Ses lèvres se crispent de colère contenue.

« Tu es vraiment le plus grand enfoiré que la terre ait porté Draco, tu oses venir comme une fleur me demander mon aide alors que tu es parti sans aucune explication, que tu m'as abandonné lâchement sans vouloir me revoir, je ne te comprendrais jamais ! Tu peux aller voir un autre de tes ex-amants pour obtenir tes documents, mais moi je ne lèverais pas le petit doigt pour t'aider. Maintenant tu m'excuses mais j'aimerais que tu sortes de mon bureau, j'ai du travail et pas de temps à t'accorder. »

Je sais qu'il est mon dernier espoir, le dernier obstacle à franchir avant d'atteindre les fichiers qui me sont refusés. Je ne veux pas l'obliger contre son gré, je n'utiliserai pas la magie, je vais donc m'expliquer, lui donner enfin ce qu'il veut. Je déglutis et me lance.

« Je suis parti parce que tu me fichais la trouille ! »

Il ouvre des yeux étonnés, ses joues s'affaissent sous la surprise.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Je...Tu tenais trop à moi, j'ai commencé à me sentir prisonnier de notre relation, tu voulais toujours plus, toujours trop, je ne pouvais pas te... donner ce que tu désirais, moi je n'étais pas prêt pour ça, je voulais juste avoir de la compagnie, m'amuser sans me prendre au sérieux... Je suis vraiment désolé pour tout ce gâchis. »

J'ai l'impression d'avoir des cailloux dans la bouche tant l'effort que je fais est immense. Il en est resté bouche bée ne s'attendant visiblement pas à ce que je lui présente des excuses.

« T'es quand même un beau salaud... » murmure-t-il.

« Je sais, je ne peux rien faire pour réparer de toute façon à part te dire que je me suis mal comporté et implorer ton pardon. »

« Oui mais... »

Je le coupe un peu énervé, ce n'est pas tous les jours que je m'abaisse à ce point.

« C'est OK je suis l'être le plus abject que tu aies connu ! »

Il ne faudrait quand même pas qu'il insiste trop parce que là, j'ai dépassé mon seuil de tolérance concernant les excuses à présenter. Je veux bien faire mon mea-culpa mais à dose homéopathique parce que ça froisse vraiment trop mon ego.

Il reste immobile et silencieux, le regard froid. Je le fixe tout aussi imperturbable attendant une réaction de sa part, j'ai joué mon dernier atout, j'espère juste l'avoir placé à bon escient.

« Ça porte sur quoi ton enquête ? » me demande-t-il soudain.

Je réprime un sourire de soulagement qu'il pourrait mal interpréter et essaie d'afficher un air penaud qui ne me ressemble pas. Je me contente de répondre.

« Je cherche des renseignements sur... »

Il fronce les sourcils, lève la main et me coupe la parole à son tour.

« Attends je devine... »

« Hein ? »

Il affiche un petit sourire désabusé.

« Ce ne serait pas sur Potter que tu enquêtes ? »

« Comment tu le sais ? »

« Un pressentiment sans doute… » me répond-il obscur.

« Tu vas m'aider ? » je demande un peu abruptement, jouer aux devinettes n'étant pas dans mes projets immédiats.

Il hausse les épaules et m'assène ironique.

« Oui ! Que puis-je te refuser maintenant que tu m'as fourni une explication plus que satisfaisante sur ton monstrueux comportement ? »

Il se fiche de moi mais je décide de l'ignorer, il a bien droit à une maigre revanche. Pour moi tout ce qu'il représente c'est une liasse de papiers planquée au fond d'un bureau d'archives.

« Explique-moi ce que tu cherches, je verrai si je peux t'apporter mon aide. »

« Voilà, je me suis procuré le dossier concernant l'enquête du Ministère à propos de la disparition de Potter, en remontant sur ses traces, je me suis aperçu qu'il y avait beaucoup de lacunes, beaucoup de détails oubliés volontairement ou pas et puis il manque certaines pièces, elles existent je le sais mais j'ai la vague impression que quelqu'un ne veut pas que je les consulte. »

Il me sourit.

« Tu ne deviendrais pas un tantinet parano ? »

« Non, il y a un truc bizarre concernant les informations de ce dossier, j'aimerais que tu juges par toi-même. »

Devant mon air sérieux, il demande.

« Vas-y explique-moi ce que tu sais et ce qui te fait soupçonner un complot du Ministère.» ajoute-t-il en se moquant gentiment.

Je déballe tout, les incohérences, les non-dits, les indices flagrants qui n'ont pas été étudiés, jusqu'à ma demande de compléments qui a été traitée avec beaucoup de mépris.

« Effectivement, raconté par toi ça me paraît obscur, il pourrait y avoir quelques vices de procédure. »

Il regarde l'horloge accrochée en face de son bureau, celle-ci affiche un visage en train de dormir signe que la journée de travail est terminée, j'ai toujours trouvé ces objets de très mauvais goût et passablement ridicules.

Il se tourne vers moi l'air préoccupé.

« Ecoute, il est presque vingt heure et nous devons être parmi les derniers présents dans ces lieux, je te propose d'aller dans la salle des archives pour voir ce que mes collègues ont pu te cacher. »

Cette fois il ne se moque plus de moi, je pense qu'il commence à croire mon histoire et je soupire de soulagement.

Nous déambulons lentement dans des couloirs obscurs. Théodore me fait faire de nombreuses circonvolutions dans le labyrinthe que forment les sous-sols du Ministère. Il m'impose cet étrange trajet parce qu'il veut être certain que nous ne ferons aucune rencontre compromettante. Cela fait presque trente minutes que nous montons, puis redescendons des escaliers dont je ne connaissais même pas l'existence.

« On arrive bientôt ? »

Il hoche la tête, le visage impénétrable, l'oreille aux aguets, je crois qu'il en fait tout de même un peu trop. Nous n'avons pas croisé âme qui vive depuis que nous avons quitté son bureau.

Brusquement il me pousse dans un recoin de mur.

« Mais... »

« Ferme là ! » chuchote-t-il en plaquant sa main sur ma bouche.

Je me fige et quelques secondes plus tard, je vois passer deux silhouettes noires et encapuchonnées. Je me demande comment il les a repérées, j'ai l'impression qu'elles glissent sur le sol sans produire le moindre bruit.

Au bout d'un long moment, il relâche sa prise et me fait signe de le suivre.

« C'était qui ces types ? »

« Des immuables, ce sont les gardiens des archives, on ne sait pas qui ils sont, ni même de quel sexe, ils glissent sans bruit dans les couloirs et s'évanouissent jusqu'au lendemain. Maintenant qu'ils sont partis on ne craint plus rien ils ne reviendront plus. Viens, nous sommes presque arrivés. »

Après avoir franchi une centaine de mètres de boyaux de plus en plus sombres, nous arrivons devant une porte monstrueuse, faîte dans un matériau brillant que je ne connais pas, elle ne comporte aucune poignée, ni même de gonds qui la rattacherait au mur massif l'encadrant.

Théodore se place devant elle et appuie contre la surface polie une sorte de petit talisman en forme de pentagramme.

L'imposante porte se déplace de gauche à droite sans le moindre grincement, je fixe le sol pensant y découvrir un rail ou quelque chose y ressemblant mais il n'y a rien, c'est la première fois que je vois ce genre de fermeture.

« Elle est faîte en quelle matière ? » je demande, mais Ted a déjà pénétré dans l'immense pièce et plonge dans des dédales d'étagères dont je n'aperçois même pas le sommet. Je marche rapidement derrière lui pour qu'il ne me distance pas. Je découvre avec stupéfaction cette fameuse salle d'archive, elle regorge de milliers de dossiers poussiéreux entassés là depuis des siècles. Nous arrivons à présent devant une autre porte scellant apparemment une petite salle blindée au cœur de la grande.

« C'est ici que sont préservés les documents les plus importants et secrets, si l'on t'a caché certaines choses sur Potter il est fort probable que nous le trouvions ici. » m'annonce mon guide.

« On y pénètre comment ? »

Il sort de sa poche un trousseau de clefs qu'il agrandit magiquement. Il saisit la plus imposante et ouvragée et l'enfonce dans la serrure qui vient d'apparaître au fronton de la porte. Un cliquetis bruyant et le panneau de métal pivote pour nous laisser entrer. Il fait sombre et nous devons nous éclairer à l'aide de nos baguettes.

« Tu as un pouvoir suffisant pour entrer là-dedans ? » je lui demande un peu inquiet.

« Bien sûr que non, ce que je fais est totalement illégal, je ne devrais pas posséder ce trousseau de clefs mais j'ai des amis bien placés qui me devaient quelques menus services alors ils m'ont procuré ce passe dont je me sert occasionnellement. »

« Et si tu te fais piquer ? »

« Azkaban... et pour toi aussi en ce moment. » ajoute-t-il en riant silencieusement.

Je siffle d'admiration, je ne le savais pas si courageux et effronté. Une question pourtant me taraude.

« Pourquoi fais-tu ça pour moi ? »

« Parce que la perspective de partager une cellule avec toi est vraiment trop tentante. »

Je hausse les épaules.

« Très fin... »

« Détends-toi, je plaisante voyons. »

J'ai quand même un petit doute là-dessus. Je l'observe à la dérobée mais il n'insiste pas et se détourne de moi. Je le vois chausser une drôle de paire de lunettes puis il se dirige vers une petite console où sont disposés en cercle des petits coffrets de merisier sculpté. Il en ouvre un, à l'intérieur sont classées de minuscules plaquettes dans un ordre mystérieux. Elles font à peine la taille d'un pouce et je ne distingue pas ce qu'il cherche avec tant d'attention.

« Voilà je l'ai ! »

« Quoi ? »

« Le dossier caché de Potter. »

« Ce truc microscopique ? C'est ça le dossier caché ? » je m'exclame une pointe de déception dans la voix.

« Regarde ! »

Il retire ses lunettes et place la mince plaque sous une sorte de loupe et je m'aperçois alors que la minuscule plaquette est en fait une longue succession de textes. Nous en lisons silencieusement l'intitulé, rien que cela en dit long sur l'intégrité du Ministère vis-à-vis des recherches faîtes sur Potter.

Les choses à éviter impérativement concernant l'affaire H.P.

Ne pas approfondir les recherches.

Éviter les endroits où il aurait pu être vu.

Se contenter de simulacre d'interrogatoires.

Faire traîner les demandes de renseignements, au besoin les égarer.

Ne contacter aucun moldu.

Mettre sur l'affaire des inspecteurs débutants et peu motivés comme d'anciens Serpentard par exemple.

Faire taire par quelque moyen que ce soit les témoins qui auraient le moindre renseignement et insisteraient pour le communiquer.

Le public doit continuer d'héroïser Potter et encenser le Ministèrequi fait le maximum pour le retrouver.

Un peu plus loin il y a un passage plus qu'inquiétant.

...Un de nos agents surveille Potter, il est entré en contact avec lui et essaie de fraterniser. Dans cette grande mégapole, rien de plus facile que d'entrer en relation avec un pseudo inconnu.Dans le dernier rapport qu'il nous a communiqué, il nous dit que le jeune homme garde ses distances, il semble sans cesse inquiet, il est sur ses gardes, peut-être se doute-t-il de quelque chose...

Je commence à avoir la trouille, ainsi le Ministère sait parfaitement où est Harry, il le fait même surveiller. Je me doutais qu'il y avait eu peu de volonté de le retrouver mais pas que c'était aussi grave. Je m'inquiète sérieusement pour lui maintenant.

« Merde ! » crache mon compagnon.

« Quoi ? »

« Lis ça ! » me conseille Ted en pointant une petite ligne écrite en rouge.

...L'inspecteur Malfoy a commencé une enquête sur le susnommé, il progresse vite et compte tenu de son expérience, il va certainement le localiser dans les semaines à venir. Nous devons prendre une décision rapidement ordre du Ministre...

« Potter est en danger ! » ajoute-t-il d'une voix blanche, moi-même je n'en mène pas large. Qu'ai-je fait en acceptant cette mission ?

Théodore continue de fouiller dans la mémoire du petit objet, il finit par pousser un cri de victoire.

« Il y a une brève du Ministre... là ! »

Nous nous penchons et nous écorchons les yeux pour la lire. Nous sommes statufiés par ce que nous déchiffrons.

...Informez votre agent qu'il doit supprimer Potter par le moyen qu'il jugera le plus approprié et ce, dans les plus brefs délais... De façon discrète il va sans dire.

Un héros mort ne fait plus d'ombre à personne...

Théodore se tourne lentement vers moi.

« Tu as intérêt à le retrouver rapidement je crois. »

« Je... Il n'y a aucune indication sur l'endroit où il se trouve »

J'ai l'impression de me battre contre des moulins à vent.

« Finissons de lire, peut-être y a-t-il un indice ou un nom qui pourrait te renseigner. »

Fébrilement, nous reprenons notre lecture du document ultra secret qui n'est qu'une nouvelle condamnation à mort pour le brun. Malheureusement, nous arrivons rapidement à la fin de la plaquette qui ne traite que des mises en garde et de la non-responsabilité du Ministère vis-à-vis de l'agent qui doit assassiner le Survivant.

Je me sens dans un état d'hébétude totale. Je n'y arriverais jamais à temps, je vais faillir à ma mission...

« Draco ? Eh tu te secoues mon vieux ! Nous devons filer d'ici, on ne sait jamais. Je ne pensais pas qu'on découvrirait un truc aussi grave alors je crois que si nous sommes pris la main dans le sac nous ne passerons même pas par la case Azkaban si tu vois ce que je veux dire. Grouille-toi je ne tiens pas à moisir ici. »

Il remet la loupe et la plaquette en place et me tire par le bras pour me faire sortir le plus rapidement possible de la petite alcôve dans laquelle nous nous trouvons. J'entends le chuintement des serrures qu'il referme puis nous nous dirigeons en silence dans le labyrinthe des étagères ogresses. J'entends qu'il pousse un soupir de soulagement quand nous quittons enfin la salle des archives. Nous marchons sans un mot vers son bureau lorsqu'au détour d'un couloir, il se jette voracement sur moi pour m'étouffer d'un baiser passionné, j'essaie de protester mais il musèle mes paroles de ses lèvres meurtrissant les miennes de façon bien peu agréable.

Soudain dans notre dos, alors que j'essaie de le repousser, une voix goguenarde s'élève.

« Allez faire ça ailleurs ! Nott tu es toujours au boulot tu vas finir par avoir des ennuis. Il y a des endroits spécialisés qui louent des chambres et vous accueilleront avec plaisir... »

Théodore se détache à peine de moi de sorte que je reste totalement immergé dans l'obscurité. Il répond faussement furieux.

« Barre-toi Goyle et tu as intérêt à la fermer demain ! »

« T'énerve pas, ce n'est pas la première fois que je te surprends en fâcheuse position et crois-moi si j'avais voulu cafter il y a longtemps que ça serait fait. »

« Merci pour ta mansuétude, maintenant tire-toi ! »

L'autre soupire avec dédain puis j'entends son pas massif qui décroît dans le silence des couloirs. Nous nous séparons et nous engouffrons dans le bureau de Ted où nous nous écroulons dans deux fauteuils moelleux.

« Merci. » je murmure essoufflé.

« Oui tu peux, je viens encore de te sauver la mise, je ne voulais pas qu'il te reconnaisse, après ce que nous venons de découvrir, tu risquais des ennuis. »

« Malgré tout... Tu n'étais pas obligé de fourrer ta langue dans ma bouche, tu as le sauvetage un peu trop consciencieux je trouve... »

Nous nous fixons quelques secondes puis éclatons ensemble d'un fou rire nerveux dont nous avons beaucoup de mal à nous calmer...

« Que vas-tu faire à présent ? »

« Je vais demander de l'aide à quelqu'un, maintenant que ses heures sont comptées toute contribution amicale sera bonne à prendre. »

« Il a de la chance. » me dit-il rêveur.

« Qui ? »

« Devine ! »

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Merci d'avoir lu jusque là…