Bonjour!

Je poste le deuxième chapitre juste avant d'aller à l'école... Je viens donc de me réveiller et je suis encore amorphe alors je ne vais pas trop blablater par ici. Par contre, je tiens à remercier ceux qui ont posté des reviews jusqu'ici... DramioneForever700 et Loufoca-granger, mes seules revieweuses, merci! XD

Ce chapitre-ci se concentre davantage sur Drago. J'espère que vous aimerez!

Lexa Nedra


Une leçon d'honneur

Chapitre 2
Les gros bras du Ministère

S'il croyait que le Manoir Malefoy était devenu l'environnement qui reflétait le plus de malveillance à son égard, Drago s'était carrément mépris ; ce cube sombre qui servait de salle interrogatoire au Ministère de la Magie dégageait une odeur de ruine inexorable en plus du tabac que Malone fumait devant lui. Dans la pièce, il n'y avait qu'un bureau et deux chaises installées de chaque côté. Drago en occupait une tandis que son geôlier se tenait debout devant la seconde, cigare en bouche, avec un air condescendant. Ça faisait plus de vingt minutes que le chef de la BPM lui soufflait sa fumée âcre au visage en tentant de lui tirer les vers du nez.

- Vingt minutes plus tôt, je te posais cette même question et tu y répondais avec beaucoup plus de conviction que tu ne le fais maintenant, indiqua Malone en plissant les yeux. Tu vas bientôt craquer, je le sens.

Drago soupira bruyamment, vidé de toute énergie. Depuis qu'ils étaient venus l'arracher de la Grande Salle vers dix-neuf heures, les autorités l'avaient fait attendre deux heures dans différentes salles afin de suivre toutes sortes de protocoles tous aussi ridicules les uns que les autres. Ils l'avaient, entre autre, fouillé à trois reprises et lui avaient confisqué sa baguette dans l'intention d'user une multitude de sortilèges spécifiques sur l'arme afin de connaître son historique exact et complet.

- Alors je te repose la même question, gamin : quel rôle as-tu joué dans l'évasion qui vient d'avoir lieu à Azkaban?

Les paupières lourdes, Drago baissa indolemment la tête ; s'il s'était fait moins convainquant dans les minutes précédentes, ce n'était qu'en raison d'un épuisement progressif.

- Aucun… répéta-t-il pour la millième fois. Je n'en ai joué aucun…

- Menteur.

S'il lui avait resté un tant soit peu d'insolence, Drago aurait prononcé ce dernier mot en même temps que lui tant le disque n'avait fait que passer et repasser depuis qu'il était assis sur cette chaise. Mais il ne lui restait plus rien. Il ne possédait même plus la force de pousser de misérables lamentations afin d'exprimer sa lassitude.

- Vraiment? Pourtant, nous venons à peine d'interroger les gardiens d'Azkaban et ils nous ont gentiment signalé que toi et Narcissa Malefoy avez été rendre une visite à Lucius Malefoy deux semaines avant l'incident.

- Et alors…? maugréa Drago en haussant effrontément les épaules. Qu'est-ce que c'est sensé prouver?

- Hum… Je l'ignore… marmonna Malone en feignant une méticuleuse réflexion. (Il se pencha sur la table et y plaqua ses paumes.) Peut-être le fait que vous vous y êtes rendus dans l'intention de planifier le plan d'évasion idéal?

- Mais ma mère et moi n'y sommes restés que dix minutes! signala Drago.

- Oh! Je vois! Et moi je suis le trompettiste des Bizarr' Sisters!

Drago lui décocha un regard dédaigneux. Malone se redressa, lança son cigare dans un coin de la pièce et fit craquer ses jointures.

- Je suppose que je suis sensé te croire? lui lança-t-il en esquissant une moue méprisante et en écartant les bras. Tu mens depuis le début. Tu ignores dans quel foutoir tu t'enfonces.

- Si vous faisiez vos interrogatoires convenablement, rugit Drago en perdant son sang-froid, vous seriez informés par les gardiens d'Azkaban qu'ils ne nous ont pas permis de rester plus de dix minutes avec mon père!

Poussé à bout par le comportement arrogant de son suspect, Malone se rua brusquement sur Drago par-dessus la table afin de saisir sa cravate verte et argent et de l'attirer vers lui. Apeuré par sa soudaine colère, le Serpentard tenta en vain d'écarter son visage qui s'était beaucoup trop rapproché de celui de son bourreau et lui saisit machinalement les poignets, comme si par ce geste il espérait lui faire lâcher prise.

- Tu vas me parler sur un autre ton, sale ingrat! éclata-t-il sous les yeux écarquillés de Drago. Tu ferais mieux de coopérer si tu ne veux pas croupir dans une cellule d'Azkaban comme ton père l'était sensé!

Le chef lâcha l'étoffe en repoussant brutalement son prisonnier contre le dossier de la chaise. Bon sang, ce fou l'avait presque étranglé! D'une main tremblante, Drago passa un doigt entre sa chemise et sa cravate afin de détendre le nœud. La peau de son cou était recouverte d'une fine pellicule de sueur. Était-ce à cause de la chaleur ou de la nervosité? Son bon sens lui indiqua qu'il s'agissait d'un mélange des deux.

Il ne riposta pas, jugeant qu'il avait suffisamment joué avec les nerfs de Malone. De toute façon, il lui fichait une peur bleue. Après tout, il était cent fois plus large et puissant qu'il ne le serait jamais, alors mieux valait rester courtois s'il ne voulait pas se retrouver à Ste Mangouste d'ici la fin de la soirée.

- Très bien… murmura Malone d'une voix mielleuse après s'être ressaisi. Tu ne veux pas parler? Je tenterai donc une approche différente…

Drago se déplaça sur son siège, inquiet ; cette brute ne semblait pas posséder la patience parmi ses qualités.

- Narcissa Malefoy est aussi portée disparue. Le savais-tu?

- J'aurais pu deviner…

- Ha bon? Et pourquoi aurais-tu été capable de deviner une telle chose?

- Elle a sûrement participé à l'évasion de mon père… Mes parents ont toujours été très amoureux et unis.

- Tout comme tu es uni avec eux, n'est-ce pas?

- Pas… Pas vraiment.

Un déclic se fit dans le regard de Malone. Le Serpentard comprit qu'il s'était sûrement attendu à ce qu'il opine du bonnet en déclarant que leur relation était comme elle avait toujours été, jadis, présentée en public, c'est-à-dire excellente.

- Tu m'expliques?

Drago déglutit avec difficulté. Ça n'allait pas être une mince tâche…

- Disons que… j'ai compris… j'ai compris bien des choses suite à la… à la Bataille de Poudlard… avoua lâchement Drago en jouant avec ses propres mains. J'ai réalisé que les activités auxquelles mes parents se prêtaient ne m'ont jamais… jamais vraiment… attiré… et que j'étais constamment effrayé à cause de leur implication… (Il s'humecta les lèvres. Jamais il ne s'était ouvert de la sorte et ça le rendait affreusement mal à l'aise.) En fait, j'ai pris conscience de l'importance qu'ils ont eue dans l'ascension du Seigneur des Ténèbres… et moi, je n'ai jamais voulu y prendre part… Je n'ai… jamais voulu être… du… du mauvais côté…

Un ange passa. Malone, dubitatif, analysa longuement l'attitude du jeune homme et fut obligé de constater, à contrecœur, qu'il était sincère sur ce point.

- Et pour cette raison, je leur en veux amèrement! renchérit Drago en posant sur son geôlier un regard déterminé. Jamais je n'aurais participé à l'évasion de tous ces gens! S'ils se trouvaient à Azkaban, c'était pour une raison qui ne m'a jamais séduit!

- Tu n'y vas pas un peu fort, gamin?

- Co-comment…? bredouilla le blondinet en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que vous insinuez?

Malone se rendit jusqu'au coin du bureau rectangulaire et y assit une fesse. Comme un professeur sur le point d'encrer une leçon dans le crâne de son élève, il croisa les bras et perça le regard gris de son prisonnier du sien, abyssal.

- Les Malefoy, selon les dires qui se sont propagés à travers le temps, ont toujours eu un penchant pour la magie noire. La plupart d'entre eux, dans les dernières générations, ont été des amoureux de l'illégalité tandis que d'autres, si on avance dans le temps et sur l'échelle de la gravité, ont été Mangemorts. Ton père, comme nous le savons tous, était l'un d'eux. Un des plus fidèles de Voldemort. Et toi, tu es en train de me dire tu n'es rien de tout ça et que tu aurais préféré batifoler dans les prés avec un élevage de fléreurs?

Faire quoi dans un quoi avec quoi? Cet homme disait vraiment n'importe quoi! Et puis croyait-il lui apprendre quelque chose en lui racontant tout ça? Drago se contenta de ne rien dire, interloqué.

- Alors? poussa fortement Malone afin de susciter une réaction. C'est ça? Oui ou non?

- Oui, oui, oui! s'empressa de répondre Drago. On peut dire ça comme ça…!

- Et eux, savaient-ils que tu n'approuvais pas leurs activités?

- Bien sûr que non! J'aurais été la risée de la famille et bien plus si j'avais osé partager mon avis…

- Donc ils avaient toutes les raisons de te faire complice d'une prochaine évasion, non? À défaut de te laisser y participer, ils t'ont sûrement, au moins, mis au courant de leurs plans, je me trompe?

Le cœur de Drago se ratatina. Devait-il dire la vérité ou était-ce préférable de mentir? D'un côté, s'il avouait qu'il avait su qu'une évasion allait avoir lieu deux semaines avant l'incident, il se réservait immanquablement une cellule à Azkaban en raison de son silence qui passerait pour une preuve de complicité, mais de l'autre côté, s'il mentait et qu'ils découvraient la vérité par après, il ne serait pas mieux loti…

Mais il n'avait pas le temps de réfléchir… Malone attendait et plus sa réponse tarderait, moins crédible il serait…

- Non, je n'étais au courant d'absolument rien, déclara-t-il solennellement.

Au même instant où Malone plissa les yeux sous l'effet de la suspicion, quelqu'un cogna à la porte et l'entrebâilla sans attendre la moindre invitation. Drago reconnut aussitôt l'homme qui apparut ; c'était celui à qui son très cher geôlier l'avait confié à Poudlard après lui avoir passé les menottes aux poignets.

- Alors, ça avance? demanda l'homme.

- Pas du tout. Il ment comme il respire.

Drago fronça les sourcils tandis que l'homme haussa les siens. Il s'adossa contre le cadre de porte avec une placidité insultante, comme s'il attendait un ordre bien spécifique qui ne trainassa pas bien longtemps :

- Va le chercher, ordonna Malone. Ça ira plus vite.

- Chercher qui? couina aussitôt Drago en se raidissant.

- Oh, et, Recksen… interpela le chef à l'adresse de l'homme qui s'apprêtait à aller « le » chercher. Fais venir Septimus.

La cadence du cœur du pauvre blondinet accélérait dangereusement. Qui est-ce que ce Recksen allait chercher? Et ce Septimus, qui était-ce? Tout d'abord, pourquoi avait-il si peur? N'était-il pas sensé se sentir en sécurité puisqu'il était entouré de gens appartenant au Ministère de la Magie? Pourquoi avait-il l'impression que ce qui était sur le point de se produire n'était pas dans le manuel de règlements? Tout ça était beaucoup trop inquiétant ; sans réfléchir à la signification équivoque de ses gestes éperdus, Drago quitta sa chaise et s'écarta dans un recoin de la salle interrogatoire. Malone, à l'affut d'une moindre tentative de fuite, sortit sa baguette magique :

- Qu'est-ce que tu essaies de faire là, gamin? grogna le chef en se rapprochant de la seule issue.

- Écoutez… geignit Drago en plissant le front, complètement paniqué. J'ignore ce que vous avez l'intention de faire, mais vous n'avez aucunement le droit de me cogner dessus…!

Malone pouffa bruyamment.

- Te cogner dessus? Tu crois vraiment que nous nous rendrons jusqu'à ce point? Ça va être bien plus facile que tu ne le crois, gamin.

La porte s'ouvrit de nouveau ; Recksen et un second homme – Drago se souvenait également l'avoir aperçu à Poudlard – pénétrèrent dans la salle en se postant à gauche et à droite de leur leader. Le troisième était sûrement le dénommé Septimus. Voir ces trois armoires à glace côte à côte avait quelque chose de très… préoccupant.

- Assis-toi, ordonna Malone.

- Qu'est-ce que vous avez l'intention de me faire? demanda prestement Drago.

En guise de réponse, Malone soupira bruyamment puis s'approcha de son prisonnier d'un pas rapide. La riposte fut instinctive ; Drago prit la fuite en direction de la porte même s'il savait pertinemment que deux gorilles lui barreraient la route. Il ne fut donc pas bien surpris lorsque Recksen et Septimus s'emparèrent brusquement de chacun de ses bras afin de l'immobiliser. Deux secondes plus tard, malgré ses hurlements de protestation et ses jambes qui battaient l'air, Drago retrouva son siège sans néanmoins reprendre l'usage de ses bras.

- Septimus, donne-moi immédiatement le Veritaserum, fit Malone en se positionnant derrière le blondinet. Penche-lui la tête.

- Quoi? Du Veritaserum? s'indigna Drago. Vous n'avez pas le droit! L'usage est totalement interdit au Ministère! Vous n'av-

Une main lui broya la mâchoire afin d'incliner sa tête vers l'arrière et de lui maintenir la bouche grande ouverte. Il se débattait comme un diable, mais rien ne semblait avoir effet ; Malone avait bien calculé son coup en ordonnant à ses deux gorilles de se saisir de lui. Sa vue se brouillait graduellement et il sentit bientôt une larme couler le long de sa tempe. Les doigts puissants qui lui écartaient les mâchoires semblaient vouloir déchirer la commissure de ses lèvres, et Drago tenta tant bien que mal de bloquer l'accès au Veritaserum lorsqu'il pratiqua un chemin fluide vers le fin fond de sa gorge.

Sa tête retrouva enfin sa libre mobilité mais tournoyait dangereusement. Malone contourna tranquillement la table, comme s'il venait tout simplement de mettre une Chocogrenouille dans la bouche de son prisonnier, puis s'assit sur la chaise qui lui faisait face.

- Sais-tu qui tu es? lui demanda Malone avec un professionnalisme parfait.

Drago cligna bêtement les yeux.

- Dra… Drago Malefoy.

- Et sais-tu où est-ce que tu te trouves?

- Au Ministère de la Magie.

Satisfaits, les trois membres de la BPM sourirent. Recksen et Septimus relâchèrent les bras du jeune homme et passèrent de l'autre côté du bureau.

- Très bien. Es-tu au courant du scandale qui a eu lieu plus tôt dans la journée?

- Bien sûr ; mon père et ses acolytes se sont évadés d'Azkaban.

- Y as-tu participé de quelque manière que ce soit?

- Non.

Mécontent, Malone se renfrogna. Il aurait été plus que ravi d'entendre le contraire. Tenace, il jeta son dévolu sur une autre direction :

- As-tu été mis au courant de cette évasion avant qu'elle n'ait lieu?

- Oui.

Touché. Le chef sourit narquoisement puis se leva.

- Raconte-moi un peu comment tu as été mis au courant de cette manigance…

- Lorsque j'ai été rendre une visite à mon père à Azkaban en compagnie de ma mère, ils m'ont annoncé qu'ils communiquaient ensemble via un Miroir à Double Sens. (Recksen sortit un calepin de ses poches et se mit à transcrire tous les détails que Drago livrait.) C'est ainsi qu'ils ont mis sur pied un plan afin de sortir mon père et les autres de cette prison. Les Mangemorts qui n'ont pas été condamnés à une sentence à vie suite à la Bataille de Poudlard ainsi que ma mère se réunissaient tous chez moi et complotaient à mon insu.

- Et toi, comment te l'a-t-on annoncé personnellement?

- C'est ma mère qui me l'a dit au même moment où elle m'a raconté tous ces derniers détails.

- Et qu'a été ta réaction?

- Je leur ai déclaré que cette idée n'était que pure folie.

- Et ces autres Mangemorts, qui sont-ils?

La porte s'ouvrit soudainement et un tonnerre de cris retentit. Les quatre paires d'yeux se posèrent aussitôt dans l'encadrement où un mélange disparate de bras et de jambes rendait la distinction des personnes présentes impossible.

- Nom d'une gargouille! jura Malone. Il y a un interrogatoire en cours! Qu'est-ce que tout ce cirque signifie?

- Laissez-moi passer! rugit une voix féminine à l'adresse de ceux qui lui bloquaient le chemin.

Recksen et Septimus s'approchèrent de l'action dans l'intention de la contrôler et d'y mettre un terme, mais le professeur McGonagall était enfin parvenue à pénétrer dans la pièce sans un seul cheveu de travers. En remarquant le néant qui flottait dans le regard de son élève, elle en tira rapidement une conclusion et la directrice s'empourpra instantanément de colère.

- Milles Gorgones! Qu'avez-vous fait à mon élève? (Elle se rua aux côtés de Drago et le secoua légèrement en enfonçant ses doigts dans la chair de ses épaules.) Malefoy, ont-ils utilisé du Veritaserum afin de vous faire parler?

- Oui, répondit le Serpentard avec impassibilité.

Outrée à l'excès, McGonagall écarquilla les yeux en dévisageant les trois bourreaux qui se tenaient dans la pièce.

- Comment avez-vous osé…?

- Madame McGonagall, fit calmement Malone en s'approchant d'elle, vous n'êtes nullement autorisée à pénétrer dans une salle interrogatoire lorsqu'il y a interrogatoire en cours.

- Et vous, messieurs, n'êtes nullement autorisés à utiliser du Veritaserum comme méthode afin de faire parler un étudiant! Et sans mandat à l'appui, en plus! J'espère que vous avez honte! Vous m'entendez? Honte!

Elle tira la chaise de Drago et le força à se lever en s'emparant de son bras.

- Venez, Malefoy. Il est temps de rentrer à Poudlard.

Malone lui barra la route.

- Madame, ce gamin n'ira nulle part! protesta-t-il en brandissant la fiole qu'il venait à peine de vider dans la bouche de son prisonnier. Le Veritaserum a révélé qu'il était au courant qu'il y aurait évasion plus de deux semaines avant qu'elle n'ait lieu! Il y aura procès et-

- Aucun procès n'aura lieu contre monsieur Malefoy puisque vous avez utilisé un moyen complètement illégal afin d'obtenir des informations de la bouche d'un enfant manipulé par un père malintentionné! (Le revers de sa main s'abattit sur celle de Malone qui lâcha involontairement la fiole.) Poussez-vous si vous ne voulez pas vous prendre un sortilège là où je pense!

McGonagall n'attendit pas qu'il obtempère ; elle-même le bouscula brutalement et passa la porte en trainant Drago avec elle.

- Professeur, vous avez été extraordinairement adroite, lui lança le Serpentard en lui décochant un sourire rempli d'admiration.

- Merci, Malefoy, rétorqua-t-elle du tac au tac.

oOo

Hermione n'arrivait pas à dormir. Certes, son immense lit était incroyablement confortable et la fatigue n'était pas ce qui manquait, mais il y avait ce petit hic purement psychologique qui l'insécurisait en raison de l'anomalie des lieux. La même chose s'était produite lors de sa première année à Poudlard ; puisqu'elle n'y avait jamais mis les pieds, l'environnement étranger autour d'elle avait agi comme une dose de caféine avant le coucher. Elle croisa les doigts pour que l'habitude s'installe le plus rapidement possible – plus rapidement qu'en première année, en tout cas –, car l'idée de s'installer à son pupitre lors de ses cours avec un esprit encore amorphe était impensable.

Couchée contre le dos, elle tendit l'oreille lorsqu'un bruit suspect – comme si, dans les ténèbres de la nuit, quelqu'un avait buté contre un meuble – retentit de l'autre côté des murs de sa chambre. À en juger par sa faible intensité, le son provenait de l'étage du dessous. Instinctivement, elle jeta un œil à l'horloge murale installée au-dessus de sa porte minuit. Qui pouvait bien avoir pénétré dans la salle commune des préfets à une telle heure si elle se souvenait très bien avoir aperçu chacun des préfets y entrer avant qu'elle ne s'enferme dans sa chambre?

Parfaitement éveillée, Hermione quitta son lit et enfila son peignoir léger par-dessus son pyjama de coton. Rapidement, elle se rendit jusqu'à sa porte de chambre et y plaqua son oreille afin de rester attentive aux prochains bruits. Elle entendait des pas lourds dans l'escalier situé près de la chambre voisine. La préfète-en-chef fronça les sourcils, s'écarta légèrement vers la droite et entrouvrit silencieusement sa porte histoire de vérifier qui se baladait ainsi à une heure semblable…

Drago s'immobilisa sur la dernière marche lorsqu'il vit, du coin de l'œil, le visage de sa rivale apparaître dans le cadre de porte. L'interrogatoire qu'il eut tout juste subi l'ayant rendu complètement parano, le Serpentard monta instantanément sur ses grands hippogriffes tandis qu'une expression stupéfaite se peignit sur le visage d'Hermione :

- Quoi? vociféra-t-il contre toute attente. (Hermione tressaillit violemment.) Non, je ne suis pas dans une cellule d'Azkaban! Vraiment désolé de te décevoir, Granger! Mon père s'est évadé et moi je reste quand même à Poudlard! C'est comme ça! Faudra vivre avec!

Sans demander son reste, il franchit en deux grandes enjambées la distance qui le séparait de sa chambre et s'y enferma en claquant la porte derrière lui. Hermione, interloquée par cette soudaine giclée de rage, cligna bêtement des yeux. Elle devina qu'il devait sans contredit avoir vécu une soirée singulièrement épuisante au Ministère de la Magie, car dans sa tirade tonitruante, il venait immanquablement de réveiller l'étage en entier.